Mirlitontaine

Oh la la. Ce soir, je viens de retrouver avec plaisir le groupe sur les alexandrins de ma chère Claudine, que j’avais délaissé au profit d’un site rose et noir chronophage.

Je ne résiste pas au plaisir de poster ici quelques unes de nos productions, à Cuauh, Med (doué, le bougre !) et moi.

On s’amuse, quand même. D’un rien.

*     *     *

SONNET « AYOTL » (défi d’un ami de Cuauh)

Contrainte : rimes suivantes, à notre guise, mais en mettant la consonne d’appui : échec – cicatrice – vexant – arôme + une rime en ex

Ardent Ayotl (Cuauhtli)

Le Petit Prince a dit au renard, chez Saint Ex
« A tout jamais amis », parole initiatrice !
Nous, nous avons gravé la double cicatrice :
Ayotl et Cuauhtli, sur la peau des codex.

… En slip, en sarouel, ou parka gore-tex,
Le jour, tu écumais la ville tentatrice,
Puis écrivais la nuit : c’était là ta matrice,
Sans jamais séparer le corps et le cortex.

Cornes, François, Eric, et souvenirs mex : cent
Moments doux partagés ! Grave, nourri, vexant :
Tel fut notre courrier, de Madrid jusqu’à Rome…

Dans nos vers, aujourd’hui, exhalons donc l’arôme
De Bruxelles, d’Angkor, et dessinons le check-
Point de nos deux amours, en mode sans échec.

*

Je me suis incrustée dans leurs histoires de cul (et d’amour et d’amitié) ^-^ Mais n’ayant pas trop compris ce qu’était la fameuse consonne d’appui au moment où je l’ai écrit, je me suis un peu plantée :

J’ai connu en amour uniquement l’échec,
Mais n’ai jamais gardé au coeur de cicatrice
Car c’est moi qui partais par peur ou par caprice,
L’esprit tout allégé, l’oeil parfaitement sec.

J’ai toujours détesté les « mon chéri », « mon mec » :
Ces formules gnangnans me filent la varice !
Du bonheur niais je suis l’acerbe spectatrice
Et j’aime à conserver mon air très pète-sec.

Pourtant, j’avoue que je trouve parfois vexant
De ne pas rencontrer l’amour éblouissant
Dont je n’ai pas goûté encor l’amer arôme !

Je veux sortir un jour de ce temps monochrome,
Connaître la passion, conjuguer love and sex
Et cesser de n’avoir dans ma vie que des ex !

😀

*     *     *

SONNET « UN FILM, UN LIVRE OU UN AUTEUR » (autre défi d’Ayotl)

Contrainte de rimes :
2 quatrains : populaire – colère – inventaire – délétère – enfantin – destin – célestin – hautain
2 tercets : délicat – magnificat – (in)utile – futile – Cuauhtli – (af)faibli

A Pierre Benoit (Cuauhtli)

Pierre Benoit, d’Albi, un faiseur populaire !
… Il a pourtant formé mon regard enfantin :
Par mes livres d’alors, je rêvais d’un destin
Plein de bruit, de frissons, d’amour ou de colère.

Ses romans surannés ont un goût d’inventaire :
Ses femmes dirigées par un doigt célestin,
Vénales et vaincues, mais le regard hautain,
Ont marqué de leur A son oeuvre délétère.

Et pourtant, son récit peut être délicat,
Et même, s’élever jusqu’au magnificat
Sublime à l’occasion, à défaut d’être utile.

Las ! Il n’aura commis qu’une œuvre assez futile,
Bien propre à provoquer l’ire de Cuauhtli :
Mais mon douteux plaisir n’a toujours pas faibli.

*

Sonnet de Med

Pense à Georges Perec, Oulipien populaire
Pour écrire des vers sans te mettre en colère
Et respecter les mots dont tu fais l’inventaire.
Et j’espère créer ce texte délétère !

C’est un nouveau défi, stupide et enfantin
Auquel je me soumets car c’est là mon destin
Au risque de passer pour plaisant célestin !
Mais comment éviter tout jugement hautain ?

Tout d’abord respecter un rythme délicat
Même si j’atterris loin du magnificat
Ce malgré un effort que je trouve inutile.

Mais laissons de côté ce poème futile :
Où est passé Perec ? demande Cuauhtli,
Où a-t-il disparu ? dans un cri affaibli.

*

A mon tour… Evidemment…

A Charles Baudelaire

Toi qui de ton vivant ne fus pas populaire,
Toi qui toujours traînas ton chagrin enfantin,
Toi qui choisis, furieux, ton sinistre destin,
Et qui mourus sans doute en un cri de colère ;

Toi qui des fleurs du mal fis l’infâme inventaire,
Toi qui avais pourtant un esprit célestin,
Toi qu’on a cru
souvent amer ou bien hautain,
Et dont on méprisa l’oeuvre trop délétère ;

Si tu savais combien ton style délicat
A chanté dans mon âme – ô quel magnificat -,
Et combien à ma vie ton génie fut utile !

Oh non ta poésie n’est pas aussi futile
Que le dit mon amie, la stricte Cuauhtli,
Car elle parle au coeur de tout être affaibli !

Un autre…

A Cyrano de Bergerac

Ce roc, ce pic, ce cap, ce grand nez populaire
N’a d’égal que ce coeur, ce grand coeur enfantin :
Ils pointèrent ensemble à l’assaut du destin,
Le panache à tous vents, sans remords ni colère.

Cyrano, dans tes nuits, tu faisais l’inventaire
Des robes qui passaient, quand Christian, célestin,
Obtenait de Roxane un baiser trop hautain.
La beauté a souvent le succès délétère.

Tu te voyais si laid, fier être délicat,
Que tu prêtas ton chant, noble magnificat,
A ce joli garçon… Cadeau bien inutile !

C’est trop tard que l’on sait : la beauté est futile !
Héros de ma jeunesse, héros de Cuauhtli,
Notre admiration n’a pour toi jamais faibli !

*     *     *

Je viens de me consoler de ces dix derniers jours en une soirée de mirlitonnade amicale et pourtant je dois me lever tôt demain pour trimballer du matos technique que le type que j’avais engagé n’est jamais venu chercher, avant de courir à Clamart pour un comité de pilotage quelconque. Vivement demain soir. Putain. Oui je suis vulgaire, je sais.

Vivement le Cher Homme (je lui ai quasiment parlé tous les jours cette semaine et ce fut un bonheur tellement pur que je me demande comment j’ai pu me gâcher la vie durant des mois à cause de lui…) ! Dominique Blanc ! Mimine ! Thia ! Kim ! Papatte ! Raph !… J’ai été une amie tellement nulle ces derniers jours.

5 comments / Add your comment below

  1. Juste un petit mot pour exprimer mon plaisir de retrouver hier soir nos échanges versifiés et véhéments : ah, ça me manquait..

    Donc, voilà, c’est reparti. le Cadavre est mort: vive le Rondeau ! (oui, c’est là notre prochain défi, avec pour nous deux, en plus, la consonne d’appui, maintenant que tu sais ce que c’est ) 😉

    Et puis, à partir de demain, on va les danser, nos vers, non? Sous la pluie, bien sûr.

  2. Quelques corrections (variantes) des vers originaux…
    Oh oui vivement les claquettes ! J’ai hâte !
    A domani chère amie… 14h30.
    J’essaierai d’aller acheter des chaussures pour le prochain cours !

  3. Comment ,14h30: ce n’est pas à 14h ? je vais vérifier sur le site (fais-le aussi)

    Et nous, on ne devait pas se voir à 13h30?

    Marre de ce CDI où je n’ai pas accès à Facebook :-(: il y a du nouveau ce matin?

  4. Cuauh >> Mein Gott, en effet, c’est bien à 14h ! Décidément, j’ai un cerveau passoire en ce moment (j’ai perdu ma carte Intégrale ce matin, rhhhaaahhhh !) Donc rdv 13h30 effectivement !

    Med >> Tu plaisantes, tu te débrouilles HYPER bien. Et quid du sonnet « un film, un livre, un auteur » ?

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