Le galop bleu des souvenances

C’est bizarre les coïncidences.

Cet après-midi, à cause de je-ne-sais quelle tristesse nostalgique étrange, j’ai tapé dans Google le nom de Nadia, notre copine, à Cynthia et moi, décédée il y a un an et demi. Je suis retombée sur le blog de l’une de ses copines, que j’avais trouvé à l’époque, avec quelques photos qui la figent à jamais dans ses 27 ans éternels ; et puis son profil viadeo, qui existe toujours, un peu absurdement.

Nous n’étions pas assez proches pour qu’elle manque énormément à mon quotidien, néanmoins, régulièrement, je pense à elle avec émotion. Je n’ai pas encore réussi à effacer son adresse mail ni son numéro de téléphone ; et quand je saute son nom, lors d’un mail collectif, parce que je sais bien qu’elle ne me répondra jamais, je n’arrive toujours pas à y croire vraiment ; c’est plutôt comme si nous étions dans l’une de ces longues périodes où l’on ne se donnait pas trop de nouvelles, en attendant la prochaine soirée commune, l’occasion suivante de rigoler un bon coup et parler de tout et de rien…

Je me dis que c’est incroyable et injuste que l’on puisse continuer à vivre sans être terrassé de chagrin par la disparition d’une personne que nous aimions – enfin, j’imagine que pour ses parents et ses frères, c’est encore autre chose. Parfois, je repense au spectacle de Luchini, auquel nous devions aller toutes les trois. Finalement, nous n’y sommes allées qu’à deux, Cynthia et moi et cela ne nous a pas empêchées de rire, de prendre du plaisir et du bon temps, sans Nadia, qui ne verrait jamais ce spectacle qui lui faisait tant envie.

La vie est tellement plus forte ; d’un côté, je trouve ça insondablement triste pour ceux qui nous ont quittés : peu à peu, on apprend à vivre sans eux et ils deviennent de chers fantômes, des ombres discrètes… que parfois, on finit par presque oublier ou qui ne vacillent plus que très doucement dans la pénombre d’un souvenir vague.

D’un autre côté, on n’a pas trop le choix, hein, et il vaut sans doute mieux aller du côté de la vie, ne pas s’attarder sans cesse sur les disparus. Mais ça fait bizarre, quand on y pense, d’avancer comme ça en perdant définitivement en chemin des compagnons de route, dont on sait qu’ils ne mèneront même pas leur vie en parallèle et qu’ils n’ont pas eu le temps de faire tout ce qu’ils auraient rêvé de faire.

Aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à tout ça et puis surtout à Nadia, son sourire, sa gaité, son optimisme.

Et puis ce soir, j’ai reçu un mail de Cynthia m’indiquant que la maman de Nadia voulait réunir certains de ses amis, le 10 avril prochain pour son anniversaire ! Dingue.

Je ne connais aucun des autres amis de Nadia, en dehors de son copain (et sa maman), je ne sais même pas s’il est légitime que je participe à ce repas, vu les contacts irréguliers que nous avions. Mais j’ai envie d’y être, ça me semble une évidence, parce que parfois, elle me manque un peu et parler d’elle avec des gens qui l’ont aimée mieux et connue plus, penser à elle, tout simplement, c’est encore un peu la faire vivre ; parce qu’elle aurait eu le « droit » de vieillir avec nous…

2 comments / Add your comment below

  1. En tout cas je trouve genial de la part de la maman de Nadia de mettre cete energie en oeuvre pour justment continuer à faire vivre notre amie Nad’ même si effectivement cela ne doit pas etre évident pour elle, et même nous étions moins proches d’elle que les personnes qui seront presente ce soir là.

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