Overdose de guimauve

Burp

Les copains, les copains, je n’en puis plus.

Je me suis exilée dans la salle de réunion, en bas, dans l’obscurité. Le casque sur les oreilles. La porte donnant sur la cour intérieure (sombre, hélas) ouverte, pour laisser entrer l’air printanier vivifiant. Un verre de Coca à portée de main, parce qu’il faut bien s’hydrater.

Je souffle.

Je me calme.

Les filles de mon agence sont insupportables. Je pèse mes mots. J’en connais, pourtant, pas mal de filles, hein, mais des comme ça, j’en n’avais encore jamais côtoyées. Heureusement. Parce que là, on atteint les limites de l’humainement tolérable. Ca jacasse. Ca piaille. Ca caquette. Ca s’extasie sur les robes de mariage, sur les enfants, les histoires d’amoûûûûr à deux balles ; ça a des voix aiguës et geignardes de petites filles. Je crois que personne, personne, PERSONNE ne peut imaginer l’ambiance filles-cuculs-la-praline qui règne dans cette agence et plus particulièrement dans ce bureau où l’on m’a mise contre mon gré.

Les conversations y volent très haut ; d’ailleurs, c’est bien simple, les anciennes occupantes se surnomm(ai)ent elles-mêmes le « Club Dentelle » (je change le nom car j’ai peur qu’on puisse retrouver ce blog en tapant les deux vrais mots.) Club Dentelle mon cul ouais. Je veux pas en faire partie de leur club de filles gnangnans, moi.

Quand je suis rentrée de la pause déjeuner, elles étaient toutes là, attablées comme un comité de lecture du club Harlequin, à discuter de robes de cérémonie.  Pour être polie et sociable, je lance : « Ah, ça parle de mariage ici. » Et l’une de mes collègues, la quarantaine, de me rétorquer, un peu ironique, avec une voix d’ado attardée : « Bah oui, un sujet qui intéresse TOUTES les VRAIES filles, quoi. »

Okay.

Je crois que je vais faire une demande officielle pour changer de sexe.

Dès demain, appelez-moi Bob.

*     *     *

Edit : Ha ha ! La petite nouvelle qui vient d’arriver pour deux mois et partage notre bureau depuis deux jours est venue me voir dans la salle de réu, complètement défaite : « Non mais attends, c’est toujours comme ça ? J’en peux plus, je n’arrive pas à me concentrer. Là, ça fait UNE HEURE que trucmuche raconte la vie de sa voisine… EN DÉTAILS ! »

T’inquiète Gérard, tu vas t’y faire. Bienvenue au club des transexuels de l’agence.

13 comments / Add your comment below

  1. Ben alors… L’ambiance fille C yeurk yeurk, pauvre de toi. C con parce que vu l’image ça m’a tout de suite mise en appétit…
    Mais là… juste beaucoup de compassion et de soutien.
    Ah…. juste une petite chose… même si Robert c’est super glam… je m’oppose à Bob -l’éponge carrée-, je me lève et je dis non.

  2. Merci ! Tu as de la chance d’avoir So comme collègue, toi !
    Rhaaah, enfin le calme, le silence, la paix !
    La réunion « dentelle » est terminée, chacune travaille désormais muette sur son ordinateur, dans une belle lumière dorée. Quel temps magnifique !
    Je suis revenue à ma place, j’écoute l’ami Charles Aznavour – qu’est-ce qu’il a pu faire comme chansons sur les amours tristes et terminées (« Il faut savoir », « Sur ma vie », « Et pourtant », « Non je n’ai rien oublié », « Que c’est triste Venise », « Mourir d’aimer », « Désormais »…) !!!
    C’est louche ^_^’

  3. ma pauvre …
    mais dis donc !! tu pourrais dire qui t’a lancée sur les chansons de Charles !!!! (c’est moi ce matin !) na, je me remercie pour toi.. 😉

  4. MiMiNe >> Si je puis me permettre, il faut penser à descendre un peu plus bas sur la page ! Il arrive que j’actualise plusieurs fois en journée !
    Je t’ai créditée et plutôt généreusement, non ?

  5. Si ma grande, j’imagine et je compatis. Et je pense même que la ou je bosse, c’est encore plus « poulette en folie ». Et c’est mon lot quotidien depuis….pfiouuuu super longtemps.

    Je te donne pas de détails, because internet et tout ça, mais combien de fois n’ai je pas lancé « Too much information ! »

  6. Princesse >> Oh je me souviens très bien de ta rubrique « la cage aux lions » !!! Dommage qu’elle n’existe plus, it was quite funny. J’adore le « too much information », j’envisage de le lancer également un de ces jours 😉

  7. Hi hi hi ca me rappelle mon « harem » du lycée, entouré de toutes mes « femmes »…. C’était aussi des fois radio-potin. Et maintenant que je bosse à la CRAM où il y a 75% de femmes, il y a des bureaux qui ressemblent au tien. Cà piaille… Bon courage !

  8. Rom’s >> C’est horrible, j’espère que quand je suis avec d’autres copines, je ne ressemble pas à ça ! Mais je ne crois pas non plus que mes amies ressemblent à ça, Dieu merci…
    Que c’est niais, une fille.
    Beurk.

    Valentin >> Heuh c’est une menace ? 😉 Je ne pense quand même pas qu’on puisse me licencier pour avoir écrit que mes collègues sont des grosses bavardes cucul. De toute façon, mon patron, je l’adore et je ne dirai JAMAIS du mal de lui.

  9. Muahahahahahaaaaaaaaaaaaa alors moi au taff parfois je me sens (trop) intelligente, en esperant que personne ne passe par chez toi… Te jure j’en peux plus, elle parle que tes reportages d’M6; personne ne lis (quasiement) et on n’aime jamais les mêmes films…Pas culcul, mais ça vole pas haut! Difficile de dire si le corps médical vole plus haut, on ne mélange pas les infirmières et les médecins…J’ai adoré ton récit du salon du livre, pauvre Sempé, je suis fan depuis longtemps aussi tiens!

Laisser un commentaire