J’hal-lu-cine

Dieu de la Patience, de la Miséricorde et de la Compassion Humaine, retenez-moi. Retenez-moi ou je me roule par terre et fais un caca nerveux doublé d’un delirium tremens.

J’aime Sephonnaud. Enfin, à petites doses, faut pas déconner non plus. Mais jusqu’à présent, je trouvais :

  • certains de mes « collègues » plutôt sympathiques (je pense notamment à mon ami Fruitopia, mais aussi à Delphine, Aurélie, Laëtitia et quelques animatrices extérieures qui, tout « vendeuses » – et donc esclaves, selon les gens – qu’elles sont, sont loin d’avoir un Q.I. de bulot),
  • l’ambiance, bien que frisant parfois la fête du (des) boudin(s) (je pense notamment à la « soirée prestige » de ce soir où l’on vit quelques caissières bien en chair se trémousser sur les tables avec une classe unique sur « World, hold on » de Bob Sinclar), plutôt sympathique,
  • la directrice parfums, avec son sourire direct et son regard franc, plutôt sympathique.

Evidemment, j’avais également remarqué un certain manque d’organisation, une communication interne déficiente (l’accueil des nouveaux et leur formation laissent un peu à désirer, mais bon… on ne va pas se plaindre, hein, on est dans une entreprise djeun’s et dymanique, motivante, innovante, audacieuse, youpie tralala…) Mais sur tout cela, je fermai les yeux dans une douce atmosphère parfumée, persuadée d’avoir trouvé un job certes fatiguant mais plus amusant qu’un emploi administratif quelconque. Toute heureuse d’avoir repris une activité un tant soit peu lucrative, je m’voyais déjà en CDI, côtisant pour mon épargne retraite, enfin à l’abri du besoin, du chômage, de la dépression nerveuse et des angoisses parentales.

Je devais tomber de bien haut en ce fatal jour funeste qui restera comme un petit camouflet dans ma béatitude naïve.

Aujourd’hui, croisant ma directrice, qui me serra, comme à son habitude chaleureusement et longuement la main (ce qui est assez rigolo car on continue généralement de parler 1 ou 2 minutes main dans la main à chaque fois… Ca fait très Sheila, je trouve… Manque plus que les couettes ^^), je lui fis part de mon contentement d’avoir vu affiché mon planning pour le mois d’octobre. Candidement, prête à dégainer les larmes d’émotion, le champagne et les petits fours, je demandai donc : « Alors cela signifie que mon contrat est reconduit !? »

La directrice, toute surprise, me lâcha alors la main pour porter ses deux petits pognes manucurées sur ses deux petites joues blushées et, avec un sourire désarmant, s’exclama : « Ooooohhh ! C’est Machinchose qui a fait les plannings, en oubliant que vous étiez en CDD ! Votre contrat se termine quand ? Samedi ? Oh la laaaaaaa ! J’ai complètement oublié d’en parler à notre responsable RH. J’aimerais beaucoup vous garder, mais je ne sais pas si ça sera possible ! Je vais me renseigner, je croise les doigts pour que ça marche! »

Et, hihihi-ant toujours aussi gentiment, elle partit, active et pétillante, je ne sais où, tandis qu’un froid polaire s’abattait sur mes épaules, soudain alourdies d’un poids titanesque.

« Je croise les doigts ! »

Non mais on se fout de moi, là !? Je suis une quantité négligeable, c’est ça !? Ce n’était pas prévu, peut-être, que je signerais un CDI si mon CDD se passait bien !

Notez, peut-être que mes trois semaines de CDD ont été à chier. Après tout, je m’auto-évalue peut-être un peu trop optimistiquement, hein. Il est vrai que ces derniers jours, on m’a reprise parce que je discutais 1/2 seconde avec une collègue, que je ne marchais pas assez le long des linéaires ou bien parce que je proposais de moi-même un échantillon à une cliente, pour une fois, sympa et chaleureuse (les clients chiants et mal élevés qui réclament dédaigneusement ont droit à un échantillon mais ceux qui ne demandent rien, on va quand même pas leur offrir, hein !)… Mais il me semblait, globalement, que ça allait.

Je veux dire, je suis plutôt bonne pâte, gentille, bien élevée, j’essaie de booster ce qu’on me dit de booster et je crois être un peu appréciée de certains (l’animatrice Nina Ricci m’offre des cuillers en argent Haagen Dasz (sic !) et celle de Lanvin me met généreusement deux testeurs – Rumeur de Lanvin et Burberry Touch – de côté) et voilà ce que je récolte de ma direction. Une indifférence assez vexante, je dois dire. Car la directrice avait quand même l’air de s’en foutre royalement de ma situation. Et mes enfants à charge ? Et ma pauvre môman impotente (nan, pardon môman, c’est pour l’image…) ? Et ma psy, que je ne vois même plus car je n’ai plus de quoi la payer (et parce que j’ai eu la flemme de la rappeler… Hum… ^^) Et mes prochaines vacances en Thailande qui tombent à l’eau !??? NON MAIS OH BORDEL DE MERDE.

Bref. Après cette courte entrevue qui coupa court à mes rêves d’élévation sociale, j’avoue que j’eus un peu de mal à retrouver mon entrain. Mon rouge sourire s’éteignit de temps à autres. J’allai même jusqu’à « halluciner » auprès de quelques collègues qui eurent le bon ton de m’encourager et me rassurer (« Mais nooooon, t’inquiète pas… »)
N’empêche que je m’inquiète moi.

J’ai déjà dépensé tout l’argent que je n’ai pas encore gagné (notamment en pantalon et chaussures pour ce job >_< !) Je regrette déjà les quatre BD et les deux poches que j’ai achetés l’autre jour, ainsi que mon livre pour apprendre la guitare (que je touche une fois par semaine, quand j’y pense), mon nouveau pantalon kaki, mon téléphone portable… Arrrggghhh… Et dire que j’ai trois anniversaires hyper importants ce mois-ci.

Donc voilà. Ce soir c’est coup de mou, coup de blues, coup de massue. Heureusement que Charly, Cuau, Manolo et Virginie (une très sympathique et inattendue surprise !) m’ont rendu visite ces deux derniers jours. Un peu d’amitié et de chaleur humaine dans le monde impitoyable de la flexibilité capitaliste.

Allez, je vais prendre un Valium, un Tranxen et une tisane et je vais me calmer sous la couette avec Matt et le Jean-Christophe Grangé conseillé par Charly (et qui m’a l’air vraiment prenant…) Si vous voulez que je vous fasse quelques petits échantillons n’hésitez pas à passer me voir avant samedi minuit car il se peut que lundi, je commence (moulée dans du latex comme Fruitopia l’aime et avec du rouge à lèvres qui pète) Rue St Denis (mon fantasme « Belle de Jour » ? ^^)

Allez, bonne nuit les gens !

4 comments / Add your comment below

  1. le manque d’organisation et de communication je connais.
    et concernant une de mes collegues, (on a une periode d’essai de 6mois) ils ont completement oublié de l’évaluer donc , au bout des 6 mois obliger de la garder, alors qu’elle fait moyennemant l’affaire, du coup je dois faire mmon boulot de commercial+ ce qu’elle ne fait pas , et je vais avoir une nouvelle à former des vendredi , et on apprend tellement mieux sur le tas laché dans l’arène.
    c’est a peu partout la meme galere, faut tout relativiser et et prendre du recul sur nos organisation d’entreprises à la française
    on dis m***e pour la suite .

  2. HuHuHu… Lors de l’entretien, on m’avait dit que, durant la première semaine, je bosserais en binôme avec un conseiller plus expérimenté… Après une formation de 15 minutes dans la réserve, où l’on m’a simplement expliqué comment accrocher le chaland et, si possible, lui proposer tout plein de produits complémentaires et de services superflus, j’ai été lâchée seule dans le magasin (alors que je n’y connaissais QUE DALLE !!!) et j’attends toujours mon binôme. Moi qui rêvais de faire l’assistante de Fruitopia ^_^
    Enfin bon la bonne nouvelle du jour, c’est que « nemo, vous restez », m’a dit la directrice parfums aujourd’hui, après que j’ai passé une journée « au placard Hypnôse » (4H d’affilée à essayer de proposer Hypnôse, Hypnôse et encore Hypnôse à tout le monde… La prochaine fois que je sens du Hypnôse, je vomis, je vous le dis !)

  3. Alors ne me demande pas le pourquoi de l’heure ahem..matinale de cette note.
    Je suis vraiment contente pour toi que tu puisses rester ! C’est pas forcément le job de tes rêves, mais au moins ça te fait des sous, et c’est plus sympa, comme je l’ai dit à Nego que d’aligner des boîtes de petits pois dans un rayon chez Carrefour.

    En ce qui concerne, la formation des nouveaux, c’est pareil partout, dans la Cage aux Lions aussi ! C’est le bordel, la fille qui s’occupe des formations n’en a rien à foutre ( tu sais, c’est Cosette, la nana aux mille et un problèmes conjugaux), donc, en général, si le nouveau me revient, je m’occupe de le briefer…Ils ont embauché une commerciale il y a 3 mois, et ils n’ont daigné lui donner une formation produit cette semaine. Elle, elle s’était mise à jour toute seule depuis trois mois …

    On a un petit nouveau dans le service, et mon chef l’a balancé sur mes dossiers pendant mes congés au bout de trois jours, sans que j’ai eu le temps de vraiment lui expliquer. Résultat, je dois repasser derrière un tas de trucs grrrr.

  4. Ouffff !

    En fait je n’ai découvert ton post qu’hier soir, et du coup je ne savais plus à quel moment précis tu m’avais raconté l’histoire, enfin bref. Content pour toi, en tout cas, et merci pour Dior Homme, merci pour Dior Homme, et… merci pour Dior Homme !!!!! 😉

    C’est quand même un peu des sales batards, en tout cas. (Tiens, et si Claudine avait eu raison, au sujet du CPE ?… hé hé)

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