Rêve et psychanalyse

Serge Lutens

La nuit dernière, j’ai fait un rêve magnifique, pour ne pas dire merveilleux. Malheureusement, à l’heure où je veux vous le raconter, je ne m’en souviens plus trop. Au réveil, déjà, tout s’était plus ou moins estompé, ne me laissant qu’une vague nostalgie d’un moment simplement imaginé.

J’ai rêvé (pour la première fois je crois !) que je rencontrais SL. Mais pas une rencontre arrangée, non ! pas l’un de ces rendez-vous officiels en présence de son attachée de presse, prévu un an à l’avance, entre deux présentations de parfums à la presse. Non, c’était une rencontre impromptue et plutôt déplacée, puisque dans un endroit qui ressemblait à un établissement scolaire où je trainais, comme à mon habitude, mon mortel ennui.

Tout de noir vêtu, il se trouvait dans une salle de classe et nous nous mettions à discuter, en toute simplicité, en toute complicité… en toute amitié (vive le gros fantasme !) Evidemment, c’était un homme charmant, brillant, élégant… spirituel… Nous prenions l’ascenseur ensemble et j’étais à la fois fière et émue de lui adresser la parole devant des étudiants ignorant son identité. Il était un peu à moi seule et moi seule savais la valeur et goûtais la saveur de cet instant privilégié.

En fait, il ne se passait pas grand-chose dans ce rêve. Mais c’était bien, génialement bien, parce que Sergeounet correspondait à ce que j’imagine de lui et qu’il ne me trouvait pas nulle ou insipide.
Quand je me suis réveillée, j’étais à la fois heureuse et mélancolique (douce amère, oui, je ne peux pas ne pas la faire ^^…) Bien sûr, impossible de me rendormir pour le retrouver ! >_<

L’une des raisons (foireuses) pour lesquelles je redoute de le rencontrer en vrai c’est que je crois, après cela, qu’il me manquerait trop. Bon, je l’idéalise peut-être un peu trop aussi. Si ça se trouve, il est exécrable ! ^^ Mais à lire ses interviews, je me suis quelque part attachée à lui – ou plutôt à l’image que je me fais de lui. Alors je ne veux pas de cinq minutes ou même d’une heure simplement. Si le rencontrer ne doit être que cela, je préfère repousser le plus loin devant moi ce moment, pour le rêver, encore et encore, avant de le vivre et de le voir mourir à jamais.

« Je veux un bien, un rêve, une espérance enfin qui soit toujours devant moi, au-delà de moi, plus grande que mon attente elle-même, plus grande que ce qui passe. » (Senancour, Obermann)

D’autant plus que, telle que je me connais, je ne vivrais pas à fond l’instant présent, pour me complaire ensuite dans la mélancolie la plus pénible. Déjà que j’ai tendance à déprimer plusieurs jours après un concert qui m’a enthousiasmée…

Oui, bon, ça va, pas la peine de rigoler, hein. Je vous ai vus, là-bas dans le fond. Ougnougnou, elle est amoureuzeeeuuuh / psychopaaaatheuh (rayez la mention inutile.) Je frise peut-être l’excessivité du fan, pourtant, je ne pense pas à Serge chaque seconde, loin de là. Mais il existe dans ma vie, il l’a peut-être même un peu changée (ne serait-ce qu’en me faisant rencontrer des gens adorables) et c’est avec une vraie tendresse que je pense : « how wonderful life is while [he is] in the world » (Elton John.)

« Comment se peut-il que ce qui fut rencontré et connu au hasard, par le hasard devienne nécessaire ? » Paul Valéry, Cahiers

Ne vous est-il jamais arrivé de penser, avec étonnement et ravissement, cela de quelqu’un – quelqu’un, même, que vous ne connaissez pas vraiment ? C’est une illusion, en fin de compte car il est plus facile d’oublier qu’on ne le croit. « Avec le temps, va… » Toujours est-il qu’il arrive parfois que la simple existence d’une âme qui vous paraît belle et noble vous comble de bonheur et vous paraisse indispensable à ce monde. Si elle venait à disparaitre, vous avez l’impression que votre chagrin serait infini. Moi, cela m’arrive régulièrement ! – En écrivant cela, j’ai l’impression d’être d’une naïveté mystique confondante.

Bon, bref, mon rêve, il était chouettement cool. Et j’aime Serge. Et je vous embête tous, vous qui vous esclaffez dans le fond.

« Comme l’âme s’agrandit lorsqu’elle rencontre des choses belles et qu’elle ne les a pas prévues ! »
Senancour, Obermann

Je n’arrive pas à ordonner mes pensées et exprimer bien ce que je ressens. Il est temps que je consulte au lieu de chercher compulsivement chez les auteurs des phrases pour tenter de comprendre le monde, les humains, la vie, les sentiments… moi…

Ce qui me fait un peu flipper, c’est que le Dr C. avait l’air de penser que j’avais besoin d’une vraie psychanalyse (elle a signé le manifeste, je suis fière d’elle !) « Chaque psychanalyse est une expérience singulière qui déroute tout programme et toute garantie a priori. Elle se fonde sur un rapport au symptôme qui vise à en extraire la vérité et non à l’éradiquer en vue d’une normativité. » Ca ne m’étonne pas trop parce qu’une fois, elle m’avait dit, alors que je blaguais sur son divan qui avait l’air bien moelleux (c’était même un petit lit, je crois), que je pourrais m’y allonger quand je voudrais.
Je ne pense pas que cette invitation fût une proposition indécente ^^ mais elle fut une raison suffisante pour me faire prendre mes jambes à mon cou. Dix ans (peut-être pire !) sur un divan, non merci, non merci, non merci.

D’un côté, je crois beaucoup aux vertus de la psychanalyse (j’avais lu « l’Analyse des rêves » de Freud à 17-18 ans et cela m’avait époustouflifiée) ; de l’autre, m’allonger sur le divan, ça me paraît marrant, cocasse, démesuré pour moi. La psychanalyse, c’est pour les autres. Pour Woody Allen ^^’

Mais bon, pourquoi pas finalement. Maintenant, je trouve cela plutôt excitant. Est-ce que je vais m’endormir sur le divan comme je m’endormais sur mon tapis à la fin des cours de yoga ? Est-ce que je n’aurai pas envie de me retourner pour voir la tête de la psy et vérifier qu’elle n’est pas horrifiée par mes propos – ou qu’elle ne dort pas ?

L’autre jour, j’ai donc laissé un message sur le répondeur du Dr C-H., recommandée par le Dr C. et apparemment, ma recommandation a joué en ma faveur puisque que le Dr C-H. m’a rappelée (!) et que j’ai décroché, super rapidement, un premier rendez-vous. Youplalilala. Pas à dire, ça va plus vite que la recherche d’emploi, nomdidju.

Si elle aussi estime que je dois me coucher sur son divan et qu’il se passe des trucs rigolos, j’essaierai d’en faire des petites chroniques. « Ma psy, ma meilleure amie ». J’espère que je lui raconterai des choses plus intéressantes qu’à cette pauvre Mme C. HuHuHu… Mais je me sens bien partie pour !

Bon voilà. C’est un peu la fin de cet épisode. Sinon, la nuit dernière, j’ai aussi pas mal zoné sur youtube.com et j’ai trouvé plein de perles que je partagerai ici… Bon, allez, ça suffit, dégagez de ce blog maintenant, bande de petits voyous voyeurs !

PS : aujourd’hui, le coach a dit « malgré que vous n’ayez pas… » !! Ouch !! J’ai franchement hésité à le reprendre et je me suis dit que j’allais encore faire ma péteuse à deux balles. Alors je me suis stoïquement tue et j’ai souffert en silence.

PPS : ouuaaarrggl, ma première piqûre de moustique ! Vite un voeu !

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