Cro, Cro, Cro, Conenberg !

A History of Violence

de David Cronenberg

Bizarrement, bien que les quelques films de Cronenberg que j’ai vus jusqu’à présent (de Chromosome 3 à Spider en passant par Dead Zone ou encore eXistenZ) m’aient toujours passionnée, aucun jusque-là ne m’avait touchée ou émue, contrairement à certaines œuvres d’un autre David, considéré dans une certaine mesure comme son rival : Lynch (Elephant Man et Mulholland Drive figurant au panthéon de mes films préférés.)

Pourtant, au fil du temps, force est de constater que Lynch se cantonne à faire du Lynch (Elephant Man et The straight Story – moins expérimentaux – mis à part) tandis que Cronenberg, sans délaisser ses thèmes de prédilection, prend plus de risques. Aujourd’hui, ce dernier nous a peut-être offert son plus beau film : A History of violence, injustement oublié au dernier Festival de Cannes, mais cependant magistral. J’en écrirai une petite critique plus tard, lorsque mes idées se seront mises en place. Mais ce soir, après l’avoir vu, je suis époustouflée.

Tout d’abord, par ce qui crève l’écran : les acteurs. En particulier Viggo-la-chips-Mortensen, dont je me suis assez moquée pour sa prestation dans l’ennuyeux Seigneur des anneaux où il campait avec virilité un Aragorn à l’oeil bleu impétueux et au cheveu noir gras… Ici, il incarne avec une ambiguité parfaite un mari et père de famille modèle confronté à un passé plus que trouble… Son visage doux et innocent sait, au détour d’une scène particulièrement sanglante, laisser passer un éclair inquiétant. Il est entouré d’un casting quatre étoiles : la belle Maria Bello, dans le rôle de l’épouse aimante trahie, Ed Harris, glaçant, William Hurt, très drôle… Ensuite, la mise en scène est fabuleuse, belle, sobre et percutante : cadrages soignés (le plan sur le fusil), scènes de violence (physique, sexuelle) fulgurantes. L’introduction du film, d’une dureté flegmatique, nous donne d’ailleurs directement le ton du film. Nous serons confrontés à la violence, mais une violence dérangeante – parce qu’intrinsèque. Je ne vous en dis pas plus pour le moment. Juste que, malgré quelques facilités scénaristiques, c’est un film magistral, qui soulève plus de questions qu’il n’en résout.

Un autre petit bonheur cinématographique récent : Wallace & Gromit et le Lapin Garou, estampillé « premier film d’horreur végétarien » par son créateur Nick Park. Comme d’habitude dans les Wallace & Gromit, la qualité est au rendez-vous : montage parfait, scènes d’action plus vraies et enlevées que nature, personnages hauts en couleurs, british humor and nonsense… Mais voilà, il manque un tout petit quelque chose qui fait qu’on serait aussi émerveillé que devant The wrong Trousers (le meilleur, à mon avis, car sans aucune longueur) ou même Chicken run. Peut-être parce qu’on commence à connaître les morceaux de bravoure dont sont capables les studios Aardman – les folles courses-poursuites et les inventions génialement stupides de ce cher Wallace… Ou bien parce que, malgré les petits lapinous super choux, les autres personnages sont très laids (notamment les deux personnages secondaires, véritablement hideux… et puis ça fait bizarre de savoir que Wallace et Gromit habitent dans un village peuplé d’autres personnages dont on n’a jamais entendu parler auparavant.) En tout cas, j’ai trouvé qu’en passant du moyen au long métrage, Nick Park avait oublié de semer un peu de poésie dans son film. Mais bon, c’est un micro-reproche au vu du plaisir que m’a procuré ce film d’animation somme toute épatant, bourré de fantaisie (ce qui n’est déjà pas mal.)

Sur ce, une fois n’est pas coutume, je vais me coucher avant 3H du matin, pour finir ma journée sympathique (coucou à Cuauhtli et Nego – et ses copines – avec qui j’ai déambulé à la Butte aux Cailles sous un beau soleil glacial) avec Boileau et Narcejac (Les Magiciennes, toujours un peu décevant, après l’excellentissime Les Louves jamais égalé…)

Bonne nuitée à tous !

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