Marilyn Manson au Zénith, le retour

Troisième concert de Marilyn Manson pour moi, hier. Au Zénith, comme en 2009.

Cette fois, avec une amie, Montse, l’une des rares filles que je connais qui adore, entre autres, le gros son bourrin (Rammstein, Nightwish, Linkin Park…) Le dernier concert vu ensemble remonte à… 1999, année de notre première rencontre : Mylène Farmer ! Souvenirs !… Montse était là, donc, et c’était vraiment sympa de partager ce moment avec elle. Mais pas que. Car cette fois, une troisième petite personne, encore en formation, nous accompagnait : le « lardon ». Cinq mois, à quelques jours près. Déjà.

Montse avait pris nos places, en fosse, avant que j’apprenne que j’étais enceinte – et même que je m’en doute. Depuis plusieurs semaines, Al. râlait un peu à l’idée que MM soit le premier « vrai » concert qu’entende « le petit ». « Il va sortir traumatisé, névrosé, etc. » était sa plaisanterie, mi-figue mi-raisin, récurrente. Pour moi, il était hors de question de penser à annuler ce concert. Marilyn Manson n’a jamais tué personne à ce que je sache et il paraît qu’il faut, dès qu’il peut commencer à entendre (c’est-à-dire vers 5 mois, justement, je crois), faire écouter de la (bonne ;-)) musique au foetus. Voilà qui lui apprendrait un peu la vie. Et puis je n’ai jamais envisagé de modifier trop mon existence (même si je sais qu’elle va changer, bien sûr) pour un enfant, eh oh, faut pas déconner non plus.

Ca, c’était ma vision des choses ; avant.

Pourtant, hier soir, il faut bien dire que j’ai ressenti, pour la première fois de ma vie, une espèce d’anxiété profonde et bizarre, liée à la prise de conscience d’être soudain responsable de quelqu’un d’autre, pour l’instant totalement dépendant de moi, de mes actes. Quand la première partie (dont j’ignore le nom) a débuté, alors que nous nous trouvions dans la fosse, à quelques mètres des enceintes, la puissance de la musique, que je n’avais jamais ressentie comme telle quand j’étais djeun’s, seule, belle et rebelle, m’a soudain submergée avec une force incroyable. Chaque vibration de guitare, de batterie et de cri qui pénétrait mes oreilles et mon corps me semblait une violence que j’infligeais sans qu’il l’ait choisie, à l’enfant à venir. Au bout de deux morceaux, debout contre une barrière, le dos déjà en compote et collant d’une fine sueur froide due à mille questions existentielles teintées d’une vague culpabilité, j’ai suggéré à Montse de sortir et écouter la musique de l’extérieur de la salle. Evidemment, j’étais un peu embarrassée de « gâcher » la première partie (moyenne, mais pas déshonorante, d’après le peu que j’ai capté) de cette façon, mais une angoisse un peu irrationnelle m’avait envahie. Je n’ai pas lu grand chose sur la grossesse, les modes d’emploi m’ont toujours ennuyée et les making of me gâchent un peu la magie ; je me contente donc de la vivre un peu « au jour le jour », laissant le soin à Al. de se renseigner sur les détails techniques (allaitement et cie) ou à mes médecins de me dire que faire ou non. Mais du coup, ignorante de l’impact que pourrait avoir un déluge de décibels agressifs sur un bébé, je me suis sentie un peu nouvellement déstabilisée durant le concert. C’est amusant comme la vision des choses change, même si on s’en défend et qu’on voudrait rester toujours « cool ».

Le concert a commencé deux heures après l’horaire prévu sur le billet. Bon, si j’avais relu mes anciens comptes rendus qui me tiennent lieu de mémoire, j’aurais prévu le coup et me serais rappelé que le bonhomme est coutumier du fait. Mais à 22h, j’ai commencé à être légèrement fatiguée, après une grosse journée de travail, et Montse aussi. Heureusement, nous avons finalement pu accéder à des places assises, en hauteur, donc le plus loin possible des enceintes et de la fosse. Montse m’a rassurée en me disant qu’elle pensait que le bébé était bien protégé et que, « si la maman prend du plaisir, il doit le ressentir ». Certes. Néanmoins, c’est avec une petite appréhension (et trois couches de vêtements enroulés autour du bide) que j’ai essayé de goûter, le mieux possible, au concert de MM.

Quand le rideau est tombé et que « Hey cruel world » a commencé dans un délire de hurlements transis, j’avoue que j’ai quand même été super contente, avec un petit frisson d’excitation propre à tout début de concert. En revanche, j’ai vite déchanté quand tout le monde, même dans les gradins, s’est levé, pour dansoter. Bon, moi aussi, j’ai tortillé mes fesses pendant 2-3 chansons et puis, trop fatiguée, je suis allée m’asseoir comme une vieille chose au bout de la rangée, d’où j’ai tout de même bien vu (bien mieux que les deux fois précédentes dans la fosse).

Personnellement, j’ai trouvé le son assez médiocre, très saturé, qui transformait pas mal de chansons en soupe de cris assez inaudible. Mais on s’en fiche, on n’était pas là non plus pour entendre du subtil. En matière de bourrin, on a donc été bien servi, avec une setlist comprenant de nombreux « tubes » (« Disposable teens », « The love song », « mOBSCENE », « The dope show », « Rock is dead », « Tourniquet » – trop heureuse de l’entendre, celle-là -…), les deux reprises dont on se serait passé (« Sweet dreams », « Personal Jesus ») et deux ou trois morceaux du dernier album (« No reflection », « Slo-mo-tion » – qui me fait penser un peu au « Hang me up to dry » de Cold War Kid, dans la rythmique). Il en manquait plein d’autres que j’adore (et « The nobodies » %#!$@ ?!?!) mais bon. MM, c’est un peu le minimum syndical depuis que je le vois : jeu de scène réduit à des sautillements désordonnés, des caresses de quéquette de temps à autres (pas bien vu, cette fois, vu qu’on était loin), des lancer de micro sur scène, obligeant les techniciens à courir en tous sens en arrière-plan pour rebrancher des trucs, ou de serviettes humides de sueur sur une foule en transe (beurk), et d’accroupissements au devant de la scène pour serrer quelques paluches velues. Pour le décor et les costumes, on se contentera de fumigènes, de paillettes dans le ciel, de casquettes et casques bizarroïdes et d’un grand pupitre fasciste lors du rappel (je ne me souviens même plus de la chanson). Au bout d’à peine plus d’une heure de spectacle, Marilyn nous quitte abruptement sur « The beautiful people », exactement comme en 2009.

Voilà. C’était un concert de MM. Assez consensuel (la foule de spectateurs était hyper hétéroclite, avec des ados assez jeunes, des trentenaires proprets, des gothicos-métalleux et même un couple de femmes qui semblait complètement hors contexte, sans doute une dame quadragénaire et sa maman sexagénaire, habillées assez « bourgeois » (!)), pas très ébouriffant.

Sentiment un peu mitigé, pour moi, donc. Peut-être parce que j’étais plus préoccupée du bien être du « petit H. » que de mon propre plaisir ? Mais pour 40 €, je reste un peu sur ma faim – même si ce n’était peut-être pas plus mal que ça se termine rapidement. En tout cas, Montse a bien aimé, elle qui l’avait raté si souvent. Bon, et si le petit ne naît pas sourd, j’aurai quand même été contente de le rerevoir, le bougre. Mais il est possible que ce soit la dernière fois – en tout cas enceinte ;-).

  • Vu le mardi 5 juin 2012 au Zénith (Paris)

Ce soir, complet changement d’ambiance. Après Manson le vilain petit canard, Merry et moi allons voir des cygnes à Chaillot (Luc Petton, ce sera une découverte pour moi). J’ai hâte car je l’avais repéré, mais sans donner plus de suite à cet intérêt. Plus d’infos demain ou ce week-end…

2 comments / Add your comment below

  1. Enceinte de 5 mois et tu vas à un concert (de rock/métal) ? Je plains ton gosse et son éducation. Lorsque l’on est responsable d’une personne fragile encore, on ne va pas à ce genre d’évènement.

  2. Mais non, il faut les stimuler tôt ces petites choses !
    Pour info, après m’être renseignée (certes un peu tardivement, mais bon, Marilyn Manson, s’est largement « pépèrisé », je pense qu’il y a franchement pire en matière de métal), il paraît qu’il n’y a aucun risque, en tout cas au niveau du son. La seule chose qui peut être potentiellement dangereuse, c’est les mouvements de foule pour les éventuels coups, mais bon, je n’avais pas l’intention d’aller pogoter dans la fosse non plus… Voilà pour ceux que ça intéresse, aucune raison de s’arrêter de vivre.
    Bon, en revanche, faudrait peut-être que j’arrête le saut à l’élastique, l’équitation et la boxe thaï maintenant 😉

Laisser un commentaire