Japkora : encore meilleur

Il n’y a pas si longtemps, l’un de mes restaus préférés car très honnête (c’est à dire assez bon et pas trop cher pour Châtelet), Japkora, était un « nippo-coréen » qui proposait aussi bien des maki, sushi et autres sashimi que des barbecues et bibimbap coréens.

Je l’avais découvert grâce à Baz. La nourriture n’y était certes pas gastronomique, mais plus que correcte et copieuse tout en restant goûteuse, tout ça pour 10 à 13€ en moyenne. J’y allais assez souvent et Al. autant que moi appréciait l’endroit. On y mangeait simplement mais tout y sentait le frais.

Quelle ne fut pas ma surprise, mardi soir, en sortant du dernier spectacle de Pina Bausch (Como el musguito en la piedra ; ay, si, si, si…) au Théâtre de la Ville, de découvrir un lieu complètement réaménagé : « On a changé de formule », m’apprend la jeune fille qui nous accueille. « Maintenant, on fait plaque chauffante et buffet à volonté ». Haaaannn ! Et le bibimbap ? Fini. Et le barbec’ ? Fini aussi. Damned. Nous qui étions motivés pour en manger un… « C’est moins cher et très bon », ajoute-t-elle, pour nous convaincre. Ah.

Nous voici donc devant un buffet à moitié dégarni en raison de l’heure tardive (plus de 23h). Comme la plaque chauffante a été fermée, nous bénéficions du tarif « midi ». Notre petit appétit du soir fait peu honneur à la nourriture ; nous prenons un nem, un samosa, 2 makis… rien que du très banal, me dis-je. Je ressors à moitié convaincue par ce changement. « Reviens tester la plaque chauffante ! » me dit la jeune fille. Mouais.

Aujourd’hui, entre midi et deux, ma collègue Zibeline (c’est un pseudo) et moi décidons d’aller faire les soldes rue de Rivoli, histoire de tenter de rentrer dans un maillot de bain kangourou (je parle pour moi). Comme on aime bien discuter bouffe, je lui parle ce restau, que j’avais déjà évoqué lors d’une précédente virée et de sa nouvelle formule. « Bin, on n’a qu’à essayer », qu’elle me dit ! Allez, pourquoi pas, hop, en voiture Simone.

Nous voici au Japkora. Cette fois-ci, la plaque chauffante tourne à plein régime. Comme d’habitude, cette petite cantine sobre et sans chichi est bondée de monde. Ca sent bon. Depuis le temps que je viens, l’accueil s’est un peu déridé, le garçon, d’habitude un peu fermé, me fait même un sourire (youpi c’est la fête). Nous prenons la formule buffet, la seule qui existe en fait, désormais. A midi : 12,50€ et tout à volonté. Wahou !

Tout semble très frais (j’ai vu avant-hier qu’ils jettent tout ce qui reste en rab’), Zibeline prend en entrée des nems et un samosa ; moi, je commence par 1 sushi, 1 maki, 1 nem et une petite part de nouilles sautées accompagnée de boeuf aux oignons. Pas maaaal. Zibeline me dit : « Mais attends, pourquoi tu prends le boeuf déjà préparé ? Faut faire la plaque chauffante ! » Oh bah dis, je vois pas en quoi ça change grand chose, ça reste du boeuf, quoi.

Docilement, je la suis, par curiosité, pour prendre un peu de boeuf cru, comme elle. Une partie du buffet est en effet dévolue à la viande et au poisson crus, que l’on accompagne des légumes et de la sauce (attention : à prendre à part car le chef ne la rajoute qu’au dernier moment pour ne pas abîmer sa plaque !) de son choix, puis on se dirige vers le chef, qui fait griller tout ça sur sa grande plaque, même que c’est chouette à voir et que ça donne trop l’eau à la bouche. Bon, notre premier passage fut un fiasco puisque nous avions mis la sauce directement sur notre viande, donc tout est parti à la poubelle (gloups). La seconde fois, j’ai fait bien attention de mettre uniquement la viande et les légumes (poivrons, oignons, champignons, carottes…) dans l’assiette et la sauce piquante à part. Puis j’ai accompagné tout ça d’une nouvelle petite portion de nouilles. Superbon !

Après ça, je me suis dit qu’il fallait quand même que je me calme sur la nourriture et que je résiste au chant mélodieux des samosas (et je ne parle pas des bouchées vapeur, des beignets de crevettes, des rouleaux de printemps, du riz cantonais, etc. etc.) qui me faisaient de l’oeil grave. Je suis donc directement passée au dessert : pas de fruits ni de biscuit chinois, non, « juste » trois grosses boules de glaces (basiques mais okay) recouvertes de chantilly et d’un nappage chocolat en libre service.

Au final, que dire : nous nous sommes bien régalées, bien plus que dans les bouibouis qui jouxtent l’agence dans le 17e. Oui, bien sûr, il existe meilleur ailleurs, mais à 12,50€ le buffet diversifié – et goûtu – et à volonté, franchement, Japkora est définitivement l’une de mes petites cantines préférées de Paris*. Le bon plan pour tous ceux qui ne savent pas où aller à Châtelet ! Miam !

*(Un jour, je vous parlerai peut-être des délicieux bánh cuốn de l’Hawaïenne, vers Belleville).

  • Japkora, 6 rue Saint-Denis, 75011 PARIS

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