L’Immédiat

Vu vendredi dernier, sur les caniculaires recommandations d’un homme de goût, le dernier spectacle d’un tout jeune homme au talent renversant – c’est le cas de le dire – : Camille Boitel, acrobate-danseur-musicien qui élève, dans L’Immédiat, au rang d’art la science de la chute.

L’ouverture de sa dernière création est à ce titre absolument extraordinaire, où l’on voit des hommes et des objets choir à qui mieux mieux dans un enchaînement spectaculaire et réjouissant.

On retrouve, dans ce « nouveau cirque » aux frontières de multiples genres (théâtre – sans parole -, danse, mime…), une parenté évidente avec la poésie de l’absurde d’un James Thierrée, avec qui Camille a par ailleurs travaillé (sur la Symphonie du hanneton) après avoir fait ses armes avec Annie Fratellini.

Drôle et délirant, rempli de trouvailles visuelles (la femme qui s’envole, la course poursuite rampante, l’homme qui fait des roulades), dans un joyeux bordel fait de bric et de broc savamment (dés)organisé, L’Immédiat nous plonge dans un mouvement perpétuel, celui de la vie, imprévisible et accidentée. Le spectacle lui-même, selon les lieux, les objets récoltés, sera mouvant, changeant. La prouesse physique des sept interprètes est impressionnante, réglée au cordeau et l’on oscille, grâce à eux, entre hilarité et infime angoisse devant ce monde qui n’en finit par de s’écrouler mais qui tient tout de même debout, vaille que vaille.

Voilà du spectacle vivant très vivant qui enchantera petits et grands. Je souhaite à Camille Boitel un succès au moins aussi beau (qui sera mérité !) que celui de James Thiérrée.

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