Blanche-Neige, ballet d’Angelin Preljocaj

Tudieu.

Je rentre du Blanche-Neige d’Angelin Preljocaj, donné à Chaillot pour encore quelques malheureux jours. Les mots me manquent pour dire à quel point le spectacle est magnifique. merveilleux. magique. Et le peu de qualificatifs qui me reste se bouscule en pagaille dans ma tête : superbe. sublime. fabuleux. fantastique dans tous les sens du terme.

D’une beauté époustouflante. Pourtant atteinte d’une incommensurable fatigue (je me suis octroyé le droit de piquer du nez quelques minutes sur la danse des « courtisans » au château, qui me rappelait le Parc, avant de me réveiller définitivement pour l’entrée fracassante de la marâtre), j’ai été happée par l’imagination visuelle déployée par Preljocaj pour donner corps et chair à ce conte archi-connu.

Angelin Preljocaj réussit à le faire vivre sous nos yeux, en nous éblouissant de mille idées formidables. Tous les tableaux sont d’une telle beauté que j’en avais le souffle coupé : l’enfantement de Blanche-Neige et la mort de la reine dans la scène d’ouverture d’une force crépusculaire ; l’ellipse élégante sur l’enfance de Blanche-Neige (quelle grâce !) ; l’entrée sur fond de tonnerre et d’éclairs de la reine/marâtre, qui évoque celle de Maléfique dans la Belle au Bois Dormant version Disney ; le premier duo entre le Prince et Blanche-Neige, dans la forêt ; toutes les scènes avec le miroir magique ; l’attaque de Blanche-Neige dans la forêt nocturne (les décors ! la lumière !) ; l’arrivée des sept nains, grandiose ! qui dansent contre la paroi du mur ; la mort de Blanche-Neige, dans une danse sensuellement violente avec la reine transformée en sorcière ; le désespoir du prince et le réveil de Blanche-Neige…

Bon, okay, en fait, je suis en train de vous énumérer toutes les scènes. Normal : tout, je vous dis, TOUT est à tomber à la renverse ! A la fin, lors de la danse du prince et de Blanche-Neige inanimée, les larmes me remplissaient les yeux. Beau à pleurer, beau à mourir, je sais pas. J’en avais le coeur qui étouffait un peu, jusqu’à la fin, dynamique, extrêmement bien trouvée, qui évite de finir tout à fait sur le happy end sirupeux avec robe de mariée et lâcher de cotillons dorés.

Enfin bon, bref. En rajouter serait inutile. Tout est réussi, parfait à mon goût, à deux ou trois détails près (les vêtements de Blanche-Neige, du Prince et des gardes chargés de tuer Blanche-Neige, moches) : les costumes par Jean-Paul Gaultier (la méchante reine est woooooowww, ses deux chattes aussi), les décors et lumière (pffffiou et re-pffffiou quoi), la musique de Malher d’un romantisme poignant… Et les chorégraphies sont enthousiasmantes.

Le spectacle est accessible à tous, universel : encore une fois, c’est un spectacle populaire dans le sens le plus noble du terme.

Si j’avais des enfants, je les y emmènerais, forcément. Je n’en ai pas, mais j’ai quelques lecteurs.

Alors je vous en prie. Non, je vous l’ordonne. C’est un ordre. Débrouillez-vous. Trouvez des places. N’importe comment. N’importe où. Courez-y. C’est magique. Même si vous n’aimez pas la danse, vous ne pourrez pas ne pas trouver ça fort. Sinon, je sais pas, c’est triste pour vous.

Bon voilà. J’aime pas donner des ordres, mais là si. C’est pour votre bien.

Joyeux réveillon !

5 comments / Add your comment below

  1. Bah justement, on avait l’impression qu’elle ne dansait pas, on aurait dit un corps mou et désarticulé avec lequel le Prince dansait… C’était trop trop beau !

    Quant à la scène de la pomme, waow, c’était fort.

    Faut le voir pour comprendre, c’est tout 🙂

  2. « on aurait dit un corps mou et désarticulé avec lequel le Prince dansait »
    >Haha, ça me rappelle certains mecs en boite 😀
     
    « Faut le voir pour comprendre »
    >J’imagine, oui, ptêt en dévédé alors… 🙂

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