L’outsider

C’est amusant la vie. C’est passionnant, aussi. C’est pourquoi, au fond, je ne m’en lasse pas.

Nous attendons, nous espérons, nous recherchons tous, ou disons pour la plupart d’entre nous, quelqu’un à aimer (et si possible, qui nous aimerait en retour.) La solitude ne nous effraie pas nécessairement, mais elle nous pèse, parfois ; c’est bien compréhensible : nous sommes individualistes, mais peu d’entre nous sont de vrais solitaires au fond. Echanger, partager sont des besoins vitaux.

Oui, aimer est un besoin vital pour ne pas s’atrophier, se ratatiner dans son petit univers étriqué et finir desséché.

« Moi, comme les chiens, j’éprouve le besoin de l’infini… » (Lautréamont). Moi, comme les autres, j’ai la tentation de l’absolu. Alors je tombe parfois (souvent ?) amoureuse et c’est violent. Mon petit goût du tragico-romanesque. Sans doute que j’en rajoute. Mais parce qu’il faut bien lui donner du rythme, à cette vie, nom de Dieu !

Bref.

Nous avons tous nos méthodes (avouées ou non) pour « trouver » la perle qu’on souhaite rare. Moi, récemment, j’ai testé pour vous les sites de rencontres (plus particulièrement un, branchouille et bobo, je vous le recommande si vous voulez vous amuser), avec une vraie motivation et un intérêt réel. Finalement, je n’en ai que peu parlé. J’aurais pu. On y rencontre des gens dignes d’être aimés, si si. Des hommes séduisants (je parle en tant que femme et selon mes propres critères, évidemment), parfois très (séduisants), intelligents, cultivés, intéressants etc. etc. qui correspondent, si l’on sait sélectionner les profils selon ses affinités, d’assez près à pas mal d’aspirations objectivement « critérisées ».

Mais si l’amour se trouvait facilement d’après un cahier des charges précis (le fameux appel d’offre ! ^^), ça se saurait, pas vrai ?

On joue le jeu, on rencontre quelques personnes ; on en isole deux ou trois, charmantes. Le coeur balance un peu, l’esprit hésite. Un rien retient le corps (ou pas, d’ailleurs…)

Et puis…

Et puis, contre toute attente, c’est la personne la plus inattendue qui soit qui, telle un Deus ex machina, s’impose, lumineusement, surgie du fond de la scène de notre vie. Par la grâce des hasards. On ne l’avait pas vue venir tant il était improbable, a priori, que l’on s’attache à elle, que l’on s’y intéresse, même… et pourtant, pas de doute possible. C’est elle qui nous plaît, qui nous enchante, qui nous enthousiasme, pour de multiples raisons que l’on découvre avec ravissement. Elle ne correspond pas – moins en tout cas que d’autres – à l’idéal que nous av(i)ons en tête, mais c’est une évidence, pourtant : « Vous savez ce qu’est le charme : une manière de s’entendre répondre oui sans avoir posé aucune question claire. » (Albert Camus, la Chute)

Je suis charmée. Mais gravement. Mais follement.

Ca fait un petit moment que je lui ai dit « oui » dans le secret de mon âme lyrico-exaltée. Je ne sais pas s’il répondra de la même façon à toutes mes innombrables « aucune question claire », mais peu importe : pour l’instant, je suis heureuse parce qu’il existe, là, dans ma vie et qu’il la rend sacrément chouette.

16 comments / Add your comment below

  1. Oh la chance!!! On le connaît? Dis nous tout!!!
     
    Pour ma part le problème n’est pas tant de tomber amoureux (quoique) , mais de le rester et de l’être en retour. Mon cœur est faible, mon esprit peu clément.
     
    Je crois aux rencontres improbables, aux histoires  romanesques, aux passions dévastatrices, aux cœurs qui s’exaltent jusqu’à cesser de battre.
     
    Ou peut-être devrais-je cesser de m’abreuver de films et de séries télé?

  2. Ah ! si je le dis, ce sera répété, amplifié et déformé, je vous connais ! Donc, non, pas de nom ; un jour, cette personne se reconnaîtra (ou pas) et moi, j’en aurai fini avec ce petit état euphorique « d’entre deux » où tout est possible, encore… 🙂

    Oui, tomber amoureux, c’est fastoche (c’est pour ça qu’on aime tous ça ^^) ; c’est aimer dans la durée qui est plus compliqué. Et oui, on en avait discuté, on aime bien les trucs romanesques tous les deux. Mais le romanesque ne se trouve pas toujours où on le croit… Et c’est aussi à nous (pas seulement à l’autre) de répondre chaque jour à ce (grand) problème : « Le désir (la continuité du désir) est une question qui se pose chaque matin au réveil » (dixit Mme la Psy)…

    Mais c’est encore un autre sujet 😉

  3. Meuh noooon voyooooons :p
     
    Bah, un truc suffisamment romanesque pour accrocher les lecteurs de son blog en tout cas. Mais j’aime bien les histoires qui sortent de l’ordinaire; c’est ce qui me motive dans la durée et la continuité. Quant au réveil, mon esprit brumeux ne se pose pas tant de questions… « Mmmhh cafééé… mhhh clooooope »
     
    Le truc c’est que, chez les pédés, le romanesque se résume à des approches plus sophistiquées que le sempiternel « slt sa va, tu ch koi? » sur les sites de rencontre. Et on peut déjà s’estimer heureux d’y échapper. La plupart des pédés sont assez médiocres et superficiels je dois dire. Et plus ils sont jeunes et beaux, plus ils sont creux.

  4. Micky >> Un truc romanesque genre « Jo » ? 😉 😉

    Moi, sur mon site de rencontres, j’ai rarement eu droit (ou répondu à) ce fameux : « slt sa va, tu ch koi ? » (j’ai eu du mal à l’écrire !) et HEUREUSEMENT ! Mais après, tout dépend aussi de ta propre présentation.

    Pour le reste, homos, hétéros, la proportion de « médiocres et superficiels » doit être la même… non ? ^^

  5. Ah oui, genre. Le bonheur vient quand on ne s’y attend pas. C’est quoi ton site de rencontre?
    Pour ma présentation elle n’est souvent limitée que par les possibilités techniques du site, et est rarement succincte. De quoi offrir justement à mes potentiels interlocuteurs de la matière pour m’aborder. Mais je ferai un copier-coller un jour du genre de discussion auquel j’ai droit, bien trop souvent hélas.
     
    La superficialité est d’autant plus flagrante chez les homos, chez les mecs en tout cas, où les critères esthétiques dominent l’intérêt au détriment de l’esprit ou de l’originalité. Il n’est pas rare qu’on te ferme la fenêtre de discussion à la gueule parce que tu ne plais pas, purement, simplement, et sans notification de préavis. Le monde des gays est cruel.

  6. http://www.adopteunmec.com (Le design est hideux… Ca fait maison close ! ^^)

    « Il n’est pas rare qu’on te ferme la fenêtre de discussion à la gueule parce que tu ne plais pas, purement, simplement, et sans notification de préavis. Le monde des gays est cruel » : c’est pas un truc de gays, ça. C’est un truc de MECS 🙂

  7. Oh les mecs hétéros font moins les difficiles hein 🙂
     
    Moi je l’ai jamais fait, et même quand c’est justifié (omniprésence de ok lol mdr en guise de conversation), je m’en excuse toujours le plus platement possible… J’suis trop la bonne poire sur les sites de rencontre…

  8. je suis assez d’accord avec Celine,Pas vraiment de différences chez les hommes,qu’il soit gay ou hetéro.
    Si les hetero n’avaient qu’a descendre dans un parc (oui je sais c’est passé de mode ) pour coucher,il n’y aurait jamais assez de parc en France.Les gays « peuvent » eux,mais les hetros en ferait bien autant.

  9. Micky >> C’est bizarre, moi je trouve que les hétéros sont très difficiles aussi…

    Les hommes attachent, je pense, énormément d’importance au physique (les femmes aussi, évidemment, mais d’autres choses les font craquer, je pense, en plus d’un corps simplement beau ; alors qu’un homme peut n’être attiré sexuellement que par un beau corps… ou me trompé-je ?) et donc au sexe. Mais tout simplement parce que vous (les hommes, gays ou hétéros) y pensez bien plus souvent que nous (les femmes) (au sexe) (je crois).

    Je pense que c’est la différence fondamentale entre hommes et femmes, même si je caricature exagérément.

    J’avais le cliché que les gays étaient beaucoup moins difficiles que les hétéros (obligés un peu de faire « la cour » avant d’avoir le « droit », la plupart du temps, de coucher avec une fille/femme) puisqu’ils peuvent coucher avec un peu n’importe qui du moment que leur désir en rencontre un autre. Il me semblait qu’il n’y avait pas toutes ces petites circonvolutions de séduction 🙂

    Chez Sephonnaud, il y avait un mec qui racontait des trucs vraiment crados, comment il allait dans des parcs/bois chelous se faire prendre dans le noir par des types qu’il ne voyait même pas… Bon… Pour moi, ça c’est typiquement gay.

    C’est un cliché ?

     

    Val >> Les hétéros vont aux putes. Mais c’est moins verdoyant que le parc.

     

    Bon, en fait, c’est quoi l’idée : au fond, qu’un homme, même galant en apparence, n’a qu’une idée en tête ? Le sexe ? 🙂

  10. Le sexe pour le sexe me dérange pas, mais la galanterie se perd en tout cas! Finis les numéros de séduction, les belles paroles et les beaux discours qui sentent le pipotage à plein nez!
     
    D’accord le sexe facile est très répandu chez les gays, des coins les plus glauques aux côtés les plus glamours. Mais la séduction est un art qui se perd chez les gays, sous prétexte justement que les rapports sont plus directs « je te plais, tu me plais, baisons! »
     
    J’ai envie qu’on me fasse la cour, bordel! 😀
     
    C’était qui ce mec chez Séphonnaud? Tiens, tu te souviens de Thomas? J’ai pensé à lui aujourd’hui, j’me demandais ce qu’il devenais.

  11. Sinon les gays sont moins difficiles quand ils sont en manque, mais en temps normal ils sont aussi impitoyables que des hyènes affamées.
     
    Et les gays ont ce que les hétéros n’ont pas: une date de péremption.

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