Chronique d’un week-end de novembre

Fin d’un week-end bien rempli. Je n’ai eu le temps de penser à rien durant ces deux jours et demi, je me suis contentée de suivre les mouvements des uns et des autres et me voici, dimanche soir, à 22h30, tapant la lecture quotidienne de Cuauhtli (HuHuHu), un peu fatiguée mais contente tout de même, bien que je me sente parfois complètement dépassée par mon propre emploi du temps.

Vendredi après-midi, après être allée chez l’acupuncteur d’Amélie, the girl from Shiseido, avec l’espoir, en sortant, de « remettre en place mon énergie et retrouver ma vraie personnalité » (grosso merdo, c’est ce qu’il m’a dit) et perdre dix kilos (au moins ! ^^) (il m’a promis : « Revenez dans quinze jours en notant tout ce que vous avez mangé et bu et on va vous faire perdre du poids ! ») (youpie !), j’ai invité ma petite Môman au Musée Jacquemart-André, très charmant musée que je ne connaissais pas, sis dans un ancien hôtel particulier – dans un quartier laid -, pour y voir la collection Bruckenthal de peintures flamandes. J’avais posé mon après-midi exprès pour passer du temps avec elle, parce que je ne descends plus si souvent sur Lyon et que je regrette que nous ne soyons pas plus près, géographiquement, pour aller de temps à autres ensemble au restaurant, au théâtre, cinéma… se voir, tout simplement, et profiter l’une de l’autre tant qu’il y a de la vie. Donc après-midi mère-fille. Très chouette. Nous avons malheureusement été carrément déçues par l’exposition, malgré la présence de trois ou quatre chefs d’oeuvre effectivement remarquables (notamment le Massacre des Innocents à Béthléem de Brueghel et l’Homme au chaperon bleu de Van Eyck, superbe). Le soir, je suis allée dîner chez mes parents puis suis rentrée relativement tôt dans la perspective d’un week-end qui s’annonçait fourni.

Samedi, rencontre avec Med, un lecteur de ce blob (après Kim, j’avoue que ça me fait bizarre de rencontrer des gens via ce blob, mais bon…), rimailleur fou, skateur casse-cou, luxembourgeois de son état. Galant, il nous a offert le restaurant, à Cuauh et moi, avant que nous le laissions pour aller, ingrates, suer seules au son d’Amy Winehouse avec ce cher Allan… Retrouvailles à 15h, à la fin du cours. Incrustation de la fille qui-veut-toujours-me-parler (et dont j’ai encore oublié le prénom !) dans notre groupe. Elle étudie le maquillage artistique (théâtre, cinéma, effets spéciaux) et je lui ai suggéré qu’elle nous maquille, en fin d’année, genre en zombies ou morts-vivants pour qu’on fasse une sorte de « Thriller » michaeljacksonien version claquettes. Cuauh a lancé une autre idée, peut-être encore plus fun : tous nous maquiller en hommes genre Fred Astaire et faire une choré habillés et grimés de la même façon. Ce serait drôle ! 🙂 On pourrait même faire la surprise à Allan (enfin bon, je m’emballe !) N’empêche, plus j’y pense et plus je me dis que ce serait une super idée, si on avait bien progressé.

Nous avons quitté notre « nouvelle copine » en partant du côté du cimetière Montparnasse, afin de rejoindre le Musée Rodin que, finalement, nous n’avons jamais atteint. En revanche, nous avons déambulé un long moment dans les allées du cimetière, entre les tombes de Gainsbourg, Sartre et Beauvoir et, bien sûr, Baudelaire, dont je suis absolument indigne puisque je ne me souvenais même plus de son emplacement ! Honte sur moi ! Nous avons fini par la retrouver, toujours simple et modeste, enfermant pour l’éternité ce pauvre Charles, mort à 46 ans, avec ce beau-père qu’il avait tant détesté. Quelle tristesse. Sur la tombe blanche, des fleurs, quelques poèmes. Moins que sur celle de Gainsbourg. Cela m’a chagrinée. Un jour je reviendrai y déposer quelque chose.

Le Baiser de Brancusi, cimetière du Montparnasse

Saisis par le froid, nous avons marché jusqu’à la gare Montparnasse pour prendre un bus qui nous mènerait jusqu’au Centre Culturel Suédois, découvert à l’occasion du concert d’Ane Brun. Finalement, dans le Marais, après être passés à côté du collège de Cuauh, nous avons opté pour un petit salon de thé délicieusement douillet, tenu par un monsieur adorable, où nous avons bu un chocolat chaud / crème (paaaas du toooouuuut riche) en discutant de mille et une choses (enfin, surtout Cuauh, mais ce n’est ni une moquerie, ni un reproche, bien au contraire ! ^^) L’amie Cuauhtli, plus je la vois et plus je me dis que l’amitié n’a pas d’âge. Nous avons beau avoir trente ans d’écart, avoir des visions de la vie parfois différentes, des agacements réciproques, au final, nous avons aussi et surtout une vraie relation d’affection, de respect et complicité qui transcende tout ce qui pourrait nous séparer. Même, je trouve que faire cet effort d’enjamber le fossé (réel) qui sépare nos deux générations pour nous donner la main nous rend meilleures : plus ouvertes, plus tolérantes, plus curieuses aussi. Je ne sais pas trop ce que Med a pensé de tout ça ; il était un peu seul face à deux amies aux références communes. Je l’ai trouvé bien courageux d’oser se confronter à notre duo a priori improbable, fan de claquettes, de cinéma, de littérature pour enfants 🙂 Moi, je ne suis pas sûre que je l’aurais fait !

Nous nous sommes quittés en début de soirée et j’ai, de mon côté, couru chez mon frère et Vic pour le dîner qu’ils organisaient pour mes parents tandis que Med allait se faire héberger dans sa famille et que Cuauh rentrait chez elle.

Aujourd’hui, déjeuner chez mes parents. J’ai quitté ma famille au milieu d’un débat houleux entre mon frère et ma mère sur la torture en Algérie, la Shoah pré-camps de concentration, les exactions japonaises en Asie et la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki. Je ne sais pas comment ça s’est fini mais entre le petit coeur de gauche (Môman) et l’avocat du diable (Djé), le ton commençait à s’enflammer, sous l’oeil amusé de Vic.

Retrouvailles avec Cuauh vers 16h20 puis avec Med vers 17h00. Direction la Bellevilloise (entre le Marais et Belleville, nous sommes pour le moins éclectiques), en passant par le Théâtre de Ménilmontant, où a lieu le cours de claquettes du lundi soir, le seul que je n’ai pas encore testé. Nous avons même pu rentrer dans la salle, spacieuse et agréable. En sortant, j’ai rappelé Allan, qui avait justement tenté de me joindre un peu plus tôt (hasard et coïncidences !)

« – Allô Allan ? C’est Céline… (silence à l’autre bout du fil) (ça commence bien)… des claquettes !…
– Ah ! J’ai essayé de te joindre tout à l’heure !

Oui, j’ai vu. C’est drôle parce que je suis justement avec Claudine et nous sortons du Théâtre de Ménilmontant, qu’elle me montrait (re-silence)… (Un peu gênée) Tu dois vraiment nous prendre pour des psychopathes des claquettes !… (On notera que j’ai lâchement inclus la pauvre Claudine dans ma névrose !) (Hi Hi…)
Heuh oui, je vois ça. Alors ça veut dire que je vous verrai lundi soir ?
– Moi non pas ce lundi mais elle me montrait pour une prochaine fois. »

On a un peu discuté des différentes salles (il semble préférer le cours du samedi, moins rempli, avec une salle plus jolie – elle est effectivement très chouette). Puis, j’ai proposé de le rappeler plus tard dans la semaine car je n’avais pas trop le temps de parler : « Je peux te rappeler par exemple mercredi ? Tu es dispo en fin d’après-midi ou soirée ? »

Allan : « Oui, je suis libre tout l’après-midi. Tu travailles où ?
– Dans le 17e.
– Bon alors je te rappelle dans l’après-midi et on essaie de se voir, prendre un verre ?
– Heuh OK ! Avec plaisir. Comme ça, on pourra discuter !
– Voilàààà. »

Bon. Alors là, je trouve ça fun parce que, comme je l’ai dit, j’adore les claquettes, j’adore Allan (enfin, en même temps, je le connais pas, mais ça sera l’occasion…) mais au final, je me demande ce qu’on va se dire ? On va discuter du site internet, très vraisemblablement, mais d’un autre côté, ça m’embête maintenant de m’être mise en avant comme ça, n’importe comment, alors qu’on ne peut pas dire que je brille spécialement aux claquettes (on peut adorer et être médiocre, si si, hélas). Enfin bon, on verra, mais j’aurais bien aimé être une star des claquettes avant de lui parler *_*’

Drink à la Bellevilloise, un endroit merveilleusement joli et original. Le Banana Colada sans alcool mais avec noix de coco et banane était un peu sucré. Nous avons discuté un bon moment là-bas avant de nous mettre tranquillement en route vers République. En passant rue de Ménilmontant, j’ai avisé une vitrine dans laquelle il y avait plusieurs gravures de squelettes et têtes de mort me rappelant les dessins mexicains que Cuauh m’avait montrés pour la Fête des Morts. Nous sommes entrés dans l’atelier de gravure et la jeune femme qui le tient, Caroline Bouyer, nous a indiqué alors qu’une amie à elle faisait un vernissage, une rue plus loin, sur le Jour des Morts, rue des Cascades. Ni une ni deux, nous nous sommes mis en route, à l’improviste, vers cet atelier où Cuauh a été prise d’émotion devant un autel reconstitué avec des petits crânes en sucre, des roses d’Inde et la photo d’une défunte, rite du Mexique si cher à son coeur. Nous sommes descendus dans une petite salle où avait lieu une joyeuse dinette à base de soupe de maïs et guacamole mexicain. Devant l’immense saladier vide, se tenait une ravissante jeune femme qui sauçait les dernières traces de guacamole avec du pain. Chaleureusement, elle m’en a tendu un morceau et nous avons engagé la conversation, tandis que Cuauhtli discutait avec l’artiste puis un monsieur mexicain, en espagnol. C’est une jeune artiste graveur (graveuse ?) qui exposait aussi. De fil en aiguille, je lui ai dit que j’avais toujours rêvé faire de la gravure (d’ailleurs, deux lecteurs de ce blog avaient voté pour la gravure pour mon activité de l’année : dénoncez-vous ! ^^) et elle m’a mise en relation avec un grand type à l’air sympathique qui m’a filé son numéro de téléphone en me précisant que : « Tu ne sauras si tu aimes la gravure qu’une fois que tu auras soulevé le papier de la plaque et vu le résultat. Le premier cours est gratuit. » Il n’y a aucun engagement à l’année. Je crois que je vais essayer, je suis très excitée ! (Et Med, essaie de ton côté ! ^^)

J’ai adoré ce très court moment où l’on était complètement incrusté dans un truc qui ne nous concernait pas du tout. Le reste de guacamole était succulent. Les gens charmants. C’était super.

Galerie Velasco-Meller

Nous avons quitté Med vers 20h, après avoir descendu la rue de Belleville puis la rue du Faubourg du Temple jusqu’à République. Au final, un garçon extrêmement gentil, doux, à l’air calme et posé, peut-être un peu intimidé mais ça se comprend. A refaire, ici ou là. (NB : et il a téléchargé le film de Reygadas, du coup ! Enorme, quand même. Et Cuauh et moi voulons le voir aussi, évidemment ^^)

Je suis rentrée chez moi, un peu rafraichie par la nuit tombée, j’ai appelé Mimine pour caler notre dernière séance de This is it demain soir (je ne le dirai pas à R. – Hi Hi) et apprendre de sa bouche que Raphaël, encore malade (le pauvre) ne viendrait pas (alors que j’ai fait le ménage et acheté des oranges et bananes au marché ce matin pour lui !) Il y aura les Herbes folles de Resnais mardi soir avec elle et Guillaume/Ishmael. Kim mercredi, peut-être Allan. Plutôt jeudi, probablement, je ne vais pas l’enlever à sa compagne un jour férié. Samedi Véronèse, le Titien, Tintoret au Louvre avec Valentin, Steph et je-sais-pas-qui-voudra. Dimanche Salon Marjolaine. Je sais p’us. Les minutes m’échappent. La vie déborde de toutes parts. Je cale les gens dans mon agenda au petit bonheur la chance, je vis en flux tendu, je suis parfois une amie décevante (que deviennent mes amis lyonnais, les plus anciens ?) Et en même temps, j’adore ça, passionnément, à la folie, ce bordel rempli de personnes que j’aime un peu n’importe comment.

En 2010, je vais quand même songer à faire un peu de rangement là-dedans.

Mais on n’y est pas encore. Jouons encore un peu.

Blah blah blah

PS : Ah bin finalement, non, c’est okay pour mercredi soir avec Allan ! Claquettes powaaaaaaa !!

PPS : HORREUR. C’est la lose, là. Quand on tape « A. + claquettes + le nom de l’asso », le premier résultat qui apparaît, ce n’est pas SON site, mais MON blob ! RHAHAAAAAAAAAAAAHHHHH !!! La te-hon *_* Bon, je vais changer son prénom en Allan, okay ?

4 comments / Add your comment below

  1. oh !!! heureusement que je lis ce blog !!!!!!!!!!!!!!! rivalités à Venise !!!!!!!!!! nous nous étions promis Céline .. 
    I’ll be there si vous voulez bien avec Valentin !!!

  2. Tiens je t’ai pas dit que j’avais vu une hermine hier dans la galerie de l’évolution … c’est une petite bête en fait … 🙂

    hihihhihi ! vivement samedi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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