Manolo a 30 ans

Mon cher Emmanuel, Manu, Manolo, Manolito…

Mon cher ami, plus simplement…

Voilà. Cinq mois après moi, jour pour jour, tu fêtes tes 30 ans et bien que, dans ma distraction habituelle, je manque ta grande fête pleine de « putes et de Banga® » samedi soir pour partir à Rome et y mourir un peu (à cause de toi, d’ailleurs), je n’en pense pas moins très fort à toi en ce 25 juin et te souhaite, de tout coeur, tout le meilleur à venir.

Nous ne nous connaissons pas depuis si longtemps. Si la mémoire de ma boîte mail est exacte, le premier message que tu m’as envoyé, qui est aussi notre premier contact personnel, date du 12 mai 2005 et, à l’époque, nous nous vouvoyions. Tu venais à peine d’arriver sur la première mouture de mon forum dédié à Serge Lutens, au moment où une participante avait remarqué tes posts merveilleusement bien écrits sur un autre site. Suite à des problèmes de modération, je m’apprêtais à le fermer et tu m’avais envoyé ce mail qui m’avait beaucoup touchée et se terminait par :

« Je vous souhaite bon vent, bonne route pour les projets nouveaux, et espère de tout coeur vous retrouver autour de Lutens bientôt. Très amicalement, Emmanuel »

« Amicalement » n’était encore à l’époque qu’une formule de politesse et nous ne doutions pas, sans doute, de l’affection (en tout cas de mon côté !) qui allait naître de cette rencontre, rendue possible grâce à internet… et Serge Lutens ! (Chaque jour je l’en remercie secrètement…)

Nous nous sommes rencontrés, « pour de vrai » (comme dirait Guillaume Musso) (ou Marc Lévy), un peu plus tard, je ne sais plus trop quand. Je me rappelle juste qu’il faisait froid mais que nous avons rigolé avec chaleur. Nous sommes allés dîner dans un restaurant thaï ; il y avait le beau Marius, notre chère Claudine (Cuauhtli) et quelques autres que l’histoire a moins retenus.

Tout de suite, tu m’as plu parce que tu étais en adéquation avec ce que laissaient transparaître tes mots écrits – tu ne « jouais » pas à être lettré et cultivé : tu l’es ! – et tout de suite, j’ai voulu secrètement devenir ton amie.

Il y avait ce charme naturel doublé d’une élégance vestimentaire rare, d’un raffinement précieux mais sans préciosité et cette classe tout simplement renversante ; tout en toi respirait l’amour du beau, de ta façon de parler, calme et posée, à tes gestes, harmonieux et mesurés. Un dandy moderne, sans la pose. Et puis le sourire. Doux et direct à la fois. Avec des yeux parfois nostalgiques. Je parle au passé car la première impression demeure, quatre ans après, toujours aussi forte, mais aujourd’hui encore, bien sûr, tu continues d’être un chic type autant qu’un type chic.

Donc le Manolo, dès la première rencontre, j’ai été un peu jalouse de toutes les amies qu’il avait eues avant moi, parce que je suis parfois mesquine moi aussi et que ce qui me plaît, je le veux pour moi toute seule. Je voulais le connaître. Mais le Manolo n’est pas un animal si facile à apprivoiser. Il tient respectueusement à distance car il est secret, voire mystérieux. Délicatement discret. On ne pénètre pas si facilement dans son intimité. Il ouvre certaines fenêtres pour mieux fermer d’autres portes.

Alors de toi, j’attends patiemment que tu veuilles bien me dire ce que tu veux bien me dire (logique.) Et au fond, c’est un privilège que de recevoir une confidence de toi. J’ai bien cru perdre, à un moment, le peu que j’avais gagné, en parlant trop, trop vite, étourdiment. Et je ne sais même pas si tu peux imaginer à quel point j’en ai été malheureuse, profondément, à ce moment-là ; plus encore qu’à l’idée de perdre cette amitié gagnée petit à petit, à l’idée de t’avoir blessé et trahi quand tu aurais eu besoin de confiance et silence.

Heureusement, comme un véritable ami, tu m’as pardonné aussi. Et je suis heureuse et fière de te considérer comme l’un de mes amis les plus chers, même de fraîche date, de ceux que je peux compter sur les doigts d’un moignon. J’aime ta capacité d’écoute et surtout, de réconfort ; ta franchise et ta gentillesse (une gentillesse qui n’est pas niaise) ; ton intelligence et ta culture ; ta sensibilité et ton humour. Et puis un type qui offre de la pâte à prout à une fille ne peut être qu’un type chouette 🙂

Si je pars à Rome, demain, et que je loupe ton anniversaire bêtement, c’est parce que je n’ai jamais oublié la description que tu m’as faite, un jour, chez moi, de ton court séjour, seul, là-bas. Tu étais monté en haut de Saint-Pierre, je crois et là, la vue sur la ville qui s’étendait sous ton regard t’avait tellement émerveillé que des larmes d’émotion avaient jailli de tes yeux. En t’écoutant, ce jour-là, je croyais écouter Stendhal. Tu m’as fait rêver alors tu vois, à cause de toi, je pars aussi. Je suis un peu dégoûtée de rater ta soirée, ton moment, mais d’un autre côté, je penserai très fort à toi, là-bas, où tu as su m’emmener juste par la magie de tes mots.

Je suis contente d’avoir fait ce petit bout de chemin jusque-là, à tes côtés, et heureuse de cette amitié pudique et tout en retenue (quoique de mon côté, heuh…) Je pense qu’il nous reste encore beaucoup à découvrir et partager, puisque l’amitié se construit aussi et avant tout sur des aventures et souvenirs communs et j’ai plaisir à penser qu’à 30 ans, il nous reste toute la vie pour continuer de bâtir et consolider cette amitié qui m’est chère. J’espère que l’on se verra un peu plus, même si j’ai toujours un peu peur d’empiéter sur ta liberté et ton indépendance qui me semblent au moins aussi grandes, si ce n’est plus, que les miennes ! En tout cas, si tu as besoin d’une oreille ou d’une épaule, tu sais que j’en ai deux de chaque et que je peux te les prêter quand tu veux !

Joyeux anniversaire, cher Manolo, et sache que dans une quinzaine d’années, je suis sûre que tu seras le genre d’homme dont je tombe amoureuse aujourd’hui. Evidemment, à tes yeux, ça ne doit pas être un compliment mais aux miens, c’est probablement le plus beau que je puisse te faire !

😀

3 comments / Add your comment below

  1. … La mémorable soirée au restaurant thai dont parle Nemo a eu lieu en décembre (ou fin novembre?) 2005 : 7 longs mois plus tard, durant lesquels nous t’avons lu tous les jours (presque) avant de t’entendre!

    A mon tour de te souhaiter un très bon anniversaire, Manolito, en attendant d’assister à ta fête samedi, et de te voir avant pour les préparatifs, bien sûr! 🙂

  2. Moi aussi moi aussi : bon anniversaire Emmanuel ! je ne t’ai rencontré qu’une fois mais moi aussi je t’ai trouvé super sympatisch !

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