Histoires de clés

Clés

Je crois que j’ai un problème avec les clés.

Il doit y avoir une symbolique là-dessous, il doit s’agir d’une acte manqué qui a un signification, chépa, quoiqu’il en soit, il semble que mes aventures avec les serruriers parisiens (et M. Sanchez) ne m’aient pas servi de leçons.

Mardi soir, comme Môman souhaitait dormir une grande nuit avant de prendre le volant pour le sud le lendemain, elle avait suggéré que Djé et moi prenions un taxi à notre arrivée à Lyon à minuit. Il était convenu qu’elle préparerait tout (de nos lits à la caisse pour le chat) pour que nous puissions arriver et nous coucher sans bruit avant de tous nous lever à 7h.

Sur le quai de la Part-Dieu, rejoignant mon cher frère, je demande la bouche en coeur : « Au fait, qui est-ce qui a les clés ? » Vu que je suis la seule à posséder les clés de l’appartement de Lyon en dehors de mes parents et que je le sais pertinemment, on m’appelle désormais dans la famille « le boulet »…

Nous avons donc réveillé ma pauvre mère à près de 1h du matin… en insistant un peu… car elle croyait cauchemarder le bruit de la sonnette !

Durant ces cinq jours, j’ai d’ailleurs un peu excédé tout le monde avec mon étourderie ou plutôt, d’après mon frère, mon « je-m’en-foutisme » désinvolte et mon incapacité à anticiper les choses les plus simples… Enfin bon, c’est une autre histoire. Il va bien falloir que je finisse par m’accommoder de la vie réelle et ses aspects un peu chiants mais j’ai toujours du mal à me dire que je ne vis pas dans une BD, un film ou une aventure du Club des Cinq ! (Hum.)

Hier soir, j’ai fait encore plus fort en rentrant chez moi. Vers 23h, après avoir défait mes bagages et lancé une machine, accablée de chaleur et de moiteur, je me fous en t-shirt de nuit et culotte et m’avachis sur le canapé pour regarder la télé quand j’entends sonner à ma porte. Panique à bord. Je suis absolument imprésentable, en plus, à 23h, c’est limite flippant d’entendre sa sonnette retentir dans le silence.

Bali est en arrêt devant la porte.

Réflexe grotesque et ridicule, je baisse le son de la télé (comme si la personne ne l’avait pas déjà entendue !) et éteins toutes les lumières puis m’avance à pas de loup, recroquevillée sur moi-même (c’est là que je me dis qu’il faut vraiment que j’arrête de m’inventer des histoires)  jusqu’à la porte d’entrée, dont je tire le loquet le plus silencieusement possible. La personne insiste. Dring et redring. Et même toc toc.

Je reste muette, le coeur battant, comme dans un film d’horreur. D’ailleurs, j’avoue que sur le coup, j’étais limite excitée de me croire dans une situation un peu dangereuse (!!) Je n’ose pas tirer le verrou, la personne m’entendrait derrière la porte. Je fais signe à Bali de se taire (!!) et nous attendons, immobiles et frémissantes, dans la semi obscurité. La personne est toujours là. Puis je l’entends partir.

Soulagée, je m’apprête à me coucher quand, rebelote, ça recommence ! Et dring ! Et toc ! Morbleu, je suis harcelée par un maniaque nocturne ! Que faire ? Passer un pantalon puis la tête par la porte entrouverte ? J’hésite, presque plus par flemme de me rhabiller que par réelle anxiété.

Finalement, de guerre lasse, l’inconnu s’éloigne et monte les escaliers. Je me couche, vaguement intriguée, mais pas assez tout de même pour fermer les fenêtres que je laisse ouvertes depuis maintenant plusieurs semaines.

Ce n’est que ce matin, en cherchant désespérément durant dix minutes mon trousseau de clés avant de partir au boulot que je soupçonne les avoir oubliées hier sur ma porte… à l’extérieur. Bingo ! En sortant, je vois un petit mot : « Bonsoir, vous avez oublié vos clés sur votre porte, c’est nous qui les avons, 5e étage etc. »

Alors là, je dis bravo ! Entre le mec qui ramène la carte grise perdue de mes parents dans leur boîte aux lettres et les voisins qui récupèrent mes clés, je ne tombe que sur des gens sympas. Parce que, dans l’immeuble de mes parents, où il n’y a pourtant que de huit familles propriétaires, de type « bourgeois lyonnais », eh bien une personne qui avait oublié ses clés sur sa porte ne les a jamais retrouvées !

(Tiens, à Madrid aussi, j’avais oublié les clés à l’extérieur de notre chambre et le responsable de la pension nous avait enfermées, ma mère et moi, pendant quelques minutes, croyant que nous étions parties ! Il avait rouvert quand j’avais tapé et crié comme une idiote…)

Je suis donc partie au boulot tranquillement confiante et suis allée récupérer mes clés ce soir, trois étages au-dessus. Une jeune asiatique ravissante et sympathique m’a ouvert et m’a dit qu’elle était venue sonner plusieurs fois chez moi dans l’après-midi pour me les rendre. Son copain avait vu mes clés hier soir pendouillant à la serrure et comme j’habite au deuxième étage et qu’il y a pas mal de passage jusqu’au cinquième, ils ont pris l’initiative de mettre mon trousseau à l’abri, en l’absence de réponse de ma part.

Du coup, comme je les ai trouvés vraiment trop adorables, je suis allée déposer dans leur boîte aux lettres une invitation à l’apéro pour la semaine prochaine. Je ne sais pas s’ils viendront, mais en tout cas, je suis vraiment contente de penser qu’il y a des gens aussi agréables dans mon immeuble !

En tout cas, il serait temps que je fasse attention à ce que je fais. Car les étourderies et oublis sont tellement fréquents en ce moment, que je crains la cata – surtout sur le plan professionnel. Vivement l’été, les vacances, le grand RIEN.

A part ça, mon séjour au soleil et à la mer a été extrêmement plaisant. Je n’ai rien foutu, j’ai regardé plein de vieux films, bouquiné, pris le soleil, rattrapé un peu les heures de sommeil perdues, au son de Joan Baez et David Bowie (of course !), me suis baignée (dans la piscine), n’ai pas mis le pied à la plage…

Pas d’aventure à proprement parler (j’ai juste failli marcher, en tongs, sur un petit serpent) mais de jolies découvertes cinématographiques…

A ce propos, je crois que je vais militer activement pour le retour de la cape et du costume noir pour les hommes !

Je vous reparle de lui (et de plein d’autres) bientôt :

B.

3 comments / Add your comment below

  1. Je ne sais pas, les hommes avec cape n’ont pas de sac/cartable/mallette… mais plutôt des gants blancs et une canne ^_^
    Oh et le haut de forme, c’est très beau aussi.
    En hiver, j’aime bien porter mon manteau comme une cape, juste jeté sur les épaules (le problème, c’est que je suis une fille, donc ça fait moins style mais quand même, je me sens un peu comme Mandrake ou Dracula !)
    Si j’étais un homme grand et mince, je crois que je serais un dandy ultra old fashioned ! 😀

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