Clés

Je crois que j’ai un problème avec les clés.

Il doit y avoir une symbolique là-dessous, il doit s’agir d’une acte manqué qui a un signification, chépa, quoiqu’il en soit, il semble que mes aventures avec les serruriers parisiens (et M. Sanchez) ne m’aient pas servi de leçons.

Mardi soir, comme Môman souhaitait dormir une grande nuit avant de prendre le volant pour le sud le lendemain, elle avait suggéré que Djé et moi prenions un taxi à notre arrivée à Lyon à minuit. Il était convenu qu’elle préparerait tout (de nos lits à la caisse pour le chat) pour que nous puissions arriver et nous coucher sans bruit avant de tous nous lever à 7h.

Sur le quai de la Part-Dieu, rejoignant mon cher frère, je demande la bouche en coeur : « Au fait, qui est-ce qui a les clés ? » Vu que je suis la seule à posséder les clés de l’appartement de Lyon en dehors de mes parents et que je le sais pertinemment, on m’appelle désormais dans la famille « le boulet »…

Nous avons donc réveillé ma pauvre mère à près de 1h du matin… en insistant un peu… car elle croyait cauchemarder le bruit de la sonnette !

Durant ces cinq jours, j’ai d’ailleurs un peu excédé tout le monde avec mon étourderie ou plutôt, d’après mon frère, mon « je-m’en-foutisme » désinvolte et mon incapacité à anticiper les choses les plus simples… Enfin bon, c’est une autre histoire. Il va bien falloir que je finisse par m’accommoder de la vie réelle et ses aspects un peu chiants mais j’ai toujours du mal à me dire que je ne vis pas dans une BD, un film ou une aventure du Club des Cinq ! (Hum.)

Hier soir, j’ai fait encore plus fort en rentrant chez moi. Vers 23h, après avoir défait mes bagages et lancé une machine, accablée de chaleur et de moiteur, je me fous en t-shirt de nuit et culotte et m’avachis sur le canapé pour regarder la télé quand j’entends sonner à ma porte. Panique à bord. Je suis absolument imprésentable, en plus, à 23h, c’est limite flippant d’entendre sa sonnette retentir dans le silence.

Bali est en arrêt devant la porte.

Réflexe grotesque et ridicule, je baisse le son de la télé (comme si la personne ne l’avait pas déjà entendue !) et éteins toutes les lumières puis m’avance à pas de loup, recroquevillée sur moi-même (c’est là que je me dis qu’il faut vraiment que j’arrête de m’inventer des histoires)  jusqu’à la porte d’entrée, dont je tire le loquet le plus silencieusement possible. La personne insiste. Dring et redring. Et même toc toc.

Je reste muette, le coeur battant, comme dans un film d’horreur. D’ailleurs, j’avoue que sur le coup, j’étais limite excitée de me croire dans une situation un peu dangereuse (!!) Je n’ose pas tirer le verrou, la personne m’entendrait derrière la porte. Je fais signe à Bali de se taire (!!) et nous attendons, immobiles et frémissantes, dans la semi obscurité. La personne est toujours là. Puis je l’entends partir.

Soulagée, je m’apprête à me coucher quand, rebelote, ça recommence ! Et dring ! Et toc ! Morbleu, je suis harcelée par un maniaque nocturne ! Que faire ? Passer un pantalon puis la tête par la porte entrouverte ? J’hésite, presque plus par flemme de me rhabiller que par réelle anxiété.

Finalement, de guerre lasse, l’inconnu s’éloigne et monte les escaliers. Je me couche, vaguement intriguée, mais pas assez tout de même pour fermer les fenêtres que je laisse ouvertes depuis maintenant plusieurs semaines.

Ce n’est que ce matin, en cherchant désespérément durant dix minutes mon trousseau de clés avant de partir au boulot que je soupçonne les avoir oubliées hier sur ma porte… à l’extérieur. Bingo ! En sortant, je vois un petit mot : « Bonsoir, vous avez oublié vos clés sur votre porte, c’est nous qui les avons, 5e étage etc. »

Alors là, je dis bravo ! Entre le mec qui ramène la carte grise perdue de mes parents dans leur boîte aux lettres et les voisins qui récupèrent mes clés, je ne tombe que sur des gens sympas. Parce que, dans l’immeuble de mes parents, où il n’y a pourtant que de huit familles propriétaires, de type « bourgeois lyonnais », eh bien une personne qui avait oublié ses clés sur sa porte ne les a jamais retrouvées !

(Tiens, à Madrid aussi, j’avais oublié les clés à l’extérieur de notre chambre et le responsable de la pension nous avait enfermées, ma mère et moi, pendant quelques minutes, croyant que nous étions parties ! Il avait rouvert quand j’avais tapé et crié comme une idiote…)

Je suis donc partie au boulot tranquillement confiante et suis allée récupérer mes clés ce soir, trois étages au-dessus. Une jeune asiatique ravissante et sympathique m’a ouvert et m’a dit qu’elle était venue sonner plusieurs fois chez moi dans l’après-midi pour me les rendre. Son copain avait vu mes clés hier soir pendouillant à la serrure et comme j’habite au deuxième étage et qu’il y a pas mal de passage jusqu’au cinquième, ils ont pris l’initiative de mettre mon trousseau à l’abri, en l’absence de réponse de ma part.

Du coup, comme je les ai trouvés vraiment trop adorables, je suis allée déposer dans leur boîte aux lettres une invitation à l’apéro pour la semaine prochaine. Je ne sais pas s’ils viendront, mais en tout cas, je suis vraiment contente de penser qu’il y a des gens aussi agréables dans mon immeuble !

En tout cas, il serait temps que je fasse attention à ce que je fais. Car les étourderies et oublis sont tellement fréquents en ce moment, que je crains la cata – surtout sur le plan professionnel. Vivement l’été, les vacances, le grand RIEN.

A part ça, mon séjour au soleil et à la mer a été extrêmement plaisant. Je n’ai rien foutu, j’ai regardé plein de vieux films, bouquiné, pris le soleil, rattrapé un peu les heures de sommeil perdues, au son de Joan Baez et David Bowie (of course !), me suis baignée (dans la piscine), n’ai pas mis le pied à la plage…

Pas d’aventure à proprement parler (j’ai juste failli marcher, en tongs, sur un petit serpent) mais de jolies découvertes cinématographiques…

A ce propos, je crois que je vais militer activement pour le retour de la cape et du costume noir pour les hommes !

Je vous reparle de lui (et de plein d’autres) bientôt :

B.

Lecture Proust

Il nous vient, il est vrai, quelquefois (lorsque lassés d’une vie qu’on ne pourrait qualifier que de trop banale, nous aspirons avidement à des choses qui nous dépassent amplement), la folle prétention – ou la pathétique faiblesse ? – de vouloir côtoyer un monde qui nous est étranger et, par bien des aspects, intimidant.

C’est ainsi que ce soir, à la faveur d’une invitation Télérama – magazine chéri de votre serviteuse -, nous eûmes la possibilité, Patricia, David, Kim et moi, d’assister à une représentation de la lecture de à la Recherche du temps perdu par trois comédiens d’envergure et de renom : Robin Renucci (amour !), Bernadette Lafont (gloire !) et Xavier Gallais (beauté !)… Difficile, pour la petite pédante que je suis parfois – j’ai dit parfois – et surtout la grande amatrice de quinquagénaires bruns et séduisants que je suis – parce que vous pensez que j’eusse pu laisser passer Robin Renucci pour 10€ ? -, de résister à pareille affiche !

Etait-ce dû au spectacle lui-même ? ou au lieu ?… je ne me doutais pas qu’il existât un si grand fossé socioculturel entre les spectateurs de la Comédie des Champs-Elysées et ceux, pour prendre le plus proche exemple à vol d’oiseau rachitique, d’un Théâtre du Rond-Point (je n’ose mentionner le Marigny à ce stade !)

Alors que chez Ribes, un public relativement jeune, plutôt bobo et branché-décontracté, papote bruyamment et gaiement dans l’entrée, avenue Montaigne, la moyenne d’âge passe soudainement à plus de soixante ans, les perruques poussiéreuses et les rides enfarinées, souvent enveloppées d’effluves autoritairement ambrées, font leur apparition, endimanchées et parfumées dans leurs manteaux de vison ou, éventuellement, pour les représentants les plus jeunes de cette population élevée au bon grain distribué à la cuiller en argent, leurs pardessus Burberry simples mais de bon goût, dont l’élégance sans ostentation est pimentée par une coupe chalala parfaitement tête-à-claques.

Nous glissons ici dans un monde parallèle, celui des petits fours Lenôtre, des pains surprises au caviar et des Ferrero Rochers ; c’est assez fascinant.

Mais peu importe l’endroit tant qu’on a le plaisir, si je puis dire !

Le public prout-prout du spectacle n’allait point m’empêcher d’en jouir, d’autant plus que nous étions idéalement placés en baignoire, c’est-à-dire dans une petit loge à quatre sièges, comme une bande de mafieux cinématographiques, au niveau de l’orchestre, exactement en face de la scène.

M’étant attribué de fait et de droit l’une des chaises placées tout devant la balustrade, reléguant sans leur demander leur avis Patricia et David au second plan, j’eus donc l’intense satisfaction de pouvoir me vautrer tranquillement au-dessus des perruques exhalant leur odeur doucereuse et vaguement assoupissante, durant toute la lecture, en dévorant des yeux Robin et Xavier (Bernardette, c’est déjà moins mon style – physiquement du moins) et en buvant avec une certaine volupté leurs paroles.

Car c’est avec un réel régal que j’ai redécouvert la langue incroyablement complexe, précise et ciselée de Proust, dignement servie – car il faut tout de même rendre hommage à leur diction parfaite et leur intelligence du découpage de la phrase proustienne infinie ! – par ces trois comédiens aux talents différents et complémentaires. Chacun lisait trois extraits choisis au gré de la Recherche : à Robin, tout en retenue élégante, les souvenirs liés à « Maman » de Marcel – qui, comme chacun sait, longtemps, s’est couché de bonne heure – et ses réflexions sur la mémoire et la puissance de la littérature, avec en point final, le fameux passage de la madeleine trempée dans le thé ; à Bernadette, gouailleuse à souhait, les évocations de Françoise ou la tante de Marcel, l’univers familial et familier qui l’entourait et qu’il décrit avec une tendresse non dénuée d’ironie ; à Xavier, enfin, chien fougueux et joueur, qui était parfois à la limite d’en faire trop mais qui, en même temps, faisait ressortir avec une gourmandise vive la cruauté caustique de leurs descriptions, les passages mondains (Charlus, Verdurin, la duchesse de Guermantes…)

Trois comédiens de haute noblesse qui, chacun dans son genre, éclairaient finement les divers aspects et la richesse, qui m’est réellement apparue ce soir, de l’écriture du sensible et précieux moustachu.

Je passai donc une soirée très plaisante, ne boudant ni mon plaisir ni ne retenant mes rires, mais néanmoins vaguement blasée par cette nouvelle mode du « comédien célèbre qui décide de lire un grand texte dans un décor noir à la lueur d’une lampe de chevet ». Tout cela vous a un petit côté « nous passons une soirée intime entre gens de bonne compagnie » assez irritant. D’un autre côté, il est aussi amusant de participer à ce genre de soirées de l’Ambassadeur, si en plus, le spectacle est vraiment de qualité, ce qui était le cas.

Quoiqu’on en dise, qui n’a pas eu envie, au sortir de ces deux heures qui sont passées très vite, de se (re)plonger, conquérant et motivé, à l’ombre des jeunes filles en fleurs ?… …avant de refermer, déjà vivement terrassé par la montagne culturelle à gravir, le deuxième tome de la saga !…

En tous les cas et pour terminer sur une note ô combien triviale, je dois vous avouer que je suis tombée sous le charme de Xavier Gallais, grand gaillard brun ténébreux à la barbe de trois jours, à la cravate et au costume noirs davidbowiens (rhhaaah !), à la nonchalance édouardbaerienne (bon, ça j’aime un peu moins), à la voix éclatante, au dandysme étincelant, à l’arrogance et l’insolence tout juste équilibrées pour que toute femme normalement constituée (se) déteste (de) l’adorer.

Si je n’étais pas déjà amoureuse de Serge Lutens, Didier Sandre, David Bowie, Robin Renucci (et tous les autres), je crois que je lui vouerais dès ce soir l’un de mes cultes païens un peu foufous.

Mais cher Xavier, rien n’est perdu, rassure-toi : je reviendrai vers toi dans une vingtaine d’années !

PS : oui bon bref, en gros, c’était (très) bien, malgré ce petit côté lecture pour vieux riches oisifs : allez-y maintenant que la place vous en coûtera 40€, mwhahaha !

NB : en fait, je me gausse et « lâche quelques grosses fariboles » sur le public de ce théâtre alors que je le connais déjà un peu car je suis déjà allée à la Comédie des Champs-Elysées, notamment pour voir les Couleurs de la vie avec Didier Sandre il y a quelques années, donc le public prout-prout, je connais bien – et au fond, j’aime bien aussi… (Vivement que je sois assez riche pour devenir un jour prout-prout moi aussi, hi hi !)

de et par Vanessa Van Durme

Hier, je disais un peu désinvoltement que j’allais voir ce soir un « transexuel ». Comme s’il s’agissait d’une bonne blague ou de quelque chose de croustillamment cocasse en soi. Il est vrai que ma fascination réelle pour le transexualisme – et plus généralement l’androgynie, le travestissement etc. – a souvent été un sujet de plaisanterie dégagée entre certains amis et moi.

Or, en réalité, il s’agit moins d’une curiosité voyeuriste et malsaine que d’une empathie profonde et mélancolique pour ces personnes aux identités dédoublées et disjointes, « flottantes », ces parcours hésitants et souvent douloureux vers l’acceptation (par elles-mêmes) et la reconnaissance (par autrui) de leur « moi » intime.

Non, je ne rêve pas secrètement de m’appeler Robert et porter la moustache, pourtant, dans une moindre mesure, je les comprends, je comprends et ressens leur souffrance, cette tragique inadéquation entre ce que l’on éprouve à l’intérieur et ce que l’on montre à l’extérieur. Les histoires de personnalités multiples et/ou ambiguës, de doubles, de sosies, de jumeaux etc. m’ont toujours passionnée pour cette raison un peu trouble.

Ce soir, oui, je suis donc allée voir un transexuel. Et quel transexuel ! Son nom est Vanessa Van Durme et, entre rires et larmes, elle m’a littéralement bouleversée. A maintes reprises, un sanglot m’a prise à la gorge et, si je n’avais pas eu peur de me laisser complètement aller et d’avoir l’air ridicule entre deux éclats de rire francs et sonores, je crois que j’aurais pleuré, pleuré sans m’arrêter.

Vanessa est née homme, en 1948. Elle a donc aujourd’hui plus de 60 ans ; la chair laissée nue par sa fine combinaison rose ne le dément pas et pourtant, elle est belle. D’une beauté sans doute étrange, comme l’est souvent la vraie beauté, mais surtout elle rayonne d’intelligence et d’humanité.

Il en faut du courage pour raconter, comme ça, avec ce qu’il faut de crudité et d’émotion brutes, ce cheminement vers ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Une femme ? Un peu plus qu’avant physiquement, oui, mais elle le sait, quels que soient ses efforts, elle demeurera toujours une sorte de phénomène. Différente.

Dans son spectacle, qu’elle joue en quatre langues à travers le monde comme un hymne à la tolérance, Vanessa se livre, tour à tour caustiquement impitoyable (elle se moque beaucoup d’elle-même) et tendrement fragile. Elle a souffert, oh oui, d’être ce petit garçon qui se rêvait danseuse plutôt que pirate ; puis ce jeune comédien qui se voyait Juliette plutôt que Roméo. Elle a souffert de faire souffrir ses parents mais, comme elle le (leur) répète souvent, « je ne pouvais pas faire autrement ». L’épreuve qu’elle a subie pour être extérieurement ce qu’elle était intérieurement lui a coûté bien des larmes et du sang, de la prostitution dégradante à l’opération sanglante, au milieu des années 70 –  soit la préhistoire de la chirurgie pour transexuels -, grand moment de boucherie hilarant (et terrifiant) au Maroc par un médecin juif (ça l’a un peu rassurée : « il devait avoir l’habitude des circoncisions. »)

Tout cela, elle le raconte directement, sans langue de bois, appelant une chatte une chatte – ou une bite une bite.

Ce pourrait être sordide, complaisant ou un peu gratuitement provocant : en lançant parfois quelques répliques bravaches, qui feront grincer des dents les vieux schnocks coincés, sans doute voulait-elle éviter le misérabilisme larmoyant. Mais non, c’est drôle. Très, la plupart du temps. Et drôlement bien équilibré.

Car les moments crus alternent avec les instants tendres.

Combien de fois nous tire-t-elle ainsi les larmes lorsque, avec une douceur foudroyante, elle évoque/imite ses parents : sa mère, aimante, qui comprend que son fils est différent et tente de le protéger de la colère de son mari ; et ce père, bourru, irrité par ce mioche timide et efféminé, qui danse en chiffons de couleurs avec du rouge à lèvres devant sa maman. Mais qui, lorsque Vanessa reviendra, l’opération subie, dira simplement : « Bon. Tu es à jamais mon enfant. J’ai donc une fille de plus. »

Le public a longuement applaudi l’artiste qui en pleurait, comme elle versait de vraies larmes sur scène à certains passages. Il y a tellement d’amour dans ce spectacle, qu’on a constamment le coeur serré et qui palpite au gré des rencontres et aventures de cette femme extraordinaire, qu’on a envie de prendre dans ses bras pour lui dire qu’elle est l’une des plus belles femmes qu’on ait jamais vues et qu’elle est aimable et aimée.

Parce que, comme tout le monde au fond, sa longue quête éperdue a été aussi celle d’être aimée pour ce qu’elle était.

  • Regarde maman, je danse de et avec Vanessa Van Durme
  • Vu le jeudi 14 mai 2009 au Théâtre des Abbesses (Paris)

Comme promis hier, un post cinéma. Cinémagique.

Vous le savez (ou peut-être pas), Georges Méliès est l’un de mes héros (parmi tant d’autres, comme dirait malicieusement Raphaël) : son inventivité, sa créativité, son sens aigu de la magie et du merveilleux, à l’heure où chaque trucage demandait une ingéniosité astucieuse, tout cela m’émeut profondément.

Plus tard, le cinéma eut la chance d’être servi par Ray Harryhausen, artiste total, dont les animations fabuleuses sont empreintes d’une poésie rare.

Entre eux deux, je viens de découvrir : BUSBY BERKELEY, injustement méconnu car ses chorégraphies sont absolument extraordinaires. D’autant plus que la première prise devait être la bonne : il ne filmait qu’après des heures et des heures de répétition pour serrer les coûts de prod !!

Je vous laisse donc juger de l’avant-gardisme de ses compositions visuelles, géométriques et fascinantes (tout cela date des années 30 !). Si vous avez vraiment la flemme de tout voir, ne regardez que les deux dernières vidéos.

« Dance until the dawn » (1931) : on commence gentil mais très représentatif du style Berkeley.

(Commencez à 1:05)

*     *     *

« Sittin’ On A Backyard Fence » (1933) : une amusante scène avec des chattes, un chat et une petite souris… mais le meilleur reste à venir…

*     *     *

« By a waterfall » (1933) : une chorégraphie aquatique des plus exceptionnelles. Les tableaux de fin sont particulièrement impressionnants.

(Allez directement vers 1:50)

*     *     *

« Brazil / You discover you’re in New York » (1943) : le must. Deux plans séquences (prises uniques : la caméra tourne sans s’arrêter) d’une précision et fluidité absolument époustouflantes. Ah, on est loin des montages clipesques survoltés ultradécoupés d’aujourd’hui qui cachent bien souvent un déficit de talent.

Ici, tout s’enchaîne avec une élégance folle… Il fallait être drôlement doué pour imaginer un tel parcours de caméra sans jamais couper (le deuxième plan séquence est vers 3:45) !

Je suis fan.

Bref. Busby Berkeley était un génie.

Maintenant que j’ai vu toutes ses vidéos sur YouTube, je vais essayer de trouver ses films en DVD !

Bon, en ce moment, je n’ai pas grand chose à raconter, enfin si, mais j’ai pas vraiment le temps de me mettre sérieusement à passer en revue Budapest (je viens à peine de finir de trier mes 500 photos pour n’en garder que 300 et quelques), Madrid, films, concerts, théâtre, expo William Blake… – alors à la place, je vais vous montrer plein de trucs chouettes. Et puis on va continuer jusqu’à ce que j’aie le temps de reprendre le rythme de ce blog.

Hier soir, Raphaël est venu à la maison et, après avoir écouté quelques morceaux de Leonard Cohen, Bob Dylan et David Bowie, on s’est mis à regarder des vidéos sur YouTube, histoire de partager nos souvenirs musicaux et chanter à tue-tête (jusqu’à près de 4h du matin, tout de même) : on a commencé par ma chanson préférée de Freddie Mercury de quand j’avais 13-14 ans, « In my defence » qu’il a rappelée à mon bon souvenir (15 ans, que je ne l’avais pas réécoutée, je l’avais oubliée !) ; ensuite on a re-re-re-re-regardé la fameuse Susan Boyle, puis son modèle Elaine Page qui nous a entraînés vers 15 versions différentes de « Memory » (de Barbara Streisand à Christophe Willem en passant par des tas de YouTubers anonymes), qui est sans doute notre hymne culte depuis (« Touch meeeeeeee!!!! It’s so easy to leeeeeaaaaaaave meeeeeee!!! ») et enfin, des tas de chansons des années 60 (Joan Baez), 70 (Elton John) et 80 (Europe, Queen, Whitney Houston, Bowie…)

Et donc, comme la soirée avait commencé par mon CD de Bowie, Raphaël m’a dit : « Tiens, tu devrais regarder son clip de « Jump they say ». Je suis sûr qu’il va te plaire. Autant le clip que lui. Tu vas adorer. »

Mouais.

Bon.

David Bowie, j’aime bien voire beaucoup certaines de ses chansons, surtout les plus connues en fait : « Life on Mars », « Ziggy Stardust », « Heroes », « Let’s dance », « China Girl » (j’ai juste réalisé il y a quelques jours, en achetant son best of, que « Under pressure », que j’adore, était un duo qu’il faisait avec Queen, c’est pour dire ! Pourtant j’ai le best of de Queen depuis quinze ans au moins mais je n’avais jamais remarqué que Freddie Mercury ne chantait pas tout seul !)… Mais le type en lui-même me faisait plutôt peur, pour ne pas dire me révulsait (!), avec sa maigreur, son androgynie, son hétérochromie… brrr…

M’enfin, je vais faire plaisir au petit Raph, on va regarder, on va bien voir.

Et là… vous avez deviné : CHOC EMOTIONNEL ! ♥ ♥ ♥

David Bowie, C’EST LA CLASSE ABSOLUE !! Devant la vidéo, j’arrête pas de faire des « ha », des « ho » comme l’esthète à l’air bête de Mylène Farmer derrière son ouvrage (au fait, en passant, les premières vidéos de sa tournée commencent à circuler sur YouTube, vivement le 11 septembre, ça s’annonce ENORME !)… A mes côtés, Raphaël se marre : « Ha ha, je le savais !! Je commence à bien te connaître, je connais tes goûts maintenant !! »

Eh oui ! A tel point que depuis qu’il est parti tout à l’heure, je rattrape 30 ans d’inculture bowienne et suis à la limite de la transe quand je le vois. Au début des années 2000, il était tout simplement parfait, exactement mon type d’homme : l’élégance britannique dans toute sa splendeur, silhouette impeccable, mèche blonde rebelle, voix sexy en diable, charisme de folie, pffffiooouuu. Je ne m’en lasse pas.

Alors comme je pense que la Beauté doit être démocratisée, voici trois petites vidéos parmi mes préférées (chansons et looks parfaits à mon goût) :

On commence par ma chanson préférée « Ziggy Stardust » (absolument magnifique en version acoustique) – quelle voix, au début, arrrgh :

On continue avec « Heroes », où il est tout simplement à tomber et se rouler par terre de désir sexuel (rhololo ce costume noir, cette chemise blanche et la touche rock : la cravate fine, mammamia !) :

Et pour terminer, « Ashes to ashes », spéciale dédicace à Raphaël qui adore cette chanson – il y a une autre version tirée du Reality Tour où l’on voit sa silhouette de jeune homme parfaitement mise en valeur par un t-shirt noir moulant sans manches mais le son ne rend pas hommage à l’énergie de la chanson, donc je vous mets cette version où David est tout de même terriblement séduisant – libre à vous ensuite d’aller baver sur YouTube :

Bon, voilà. Il n’est jamais trop tard pour se rendre compte de son erreur. David Bowie est magnifique. Merci Raphaël pour cette révélation.

J’espère que mes pauvres voisins sont prêts à passer une semaine musicale de folie avec Ziggy et Major Tom (après une semaine de Joan Baez à fond, ça les changera.)

Edit de 2h00 : OMG, toute la période 1969-74 de David Bowie est absolument génialissime. Mais comment ai-je pu ignorer si longtemps cet artiste ???

Joan Baez

Parce que j’y reviens toujours…

Parce qu’à chaque fois que je regarde l’une de ses vidéos sur YouTube, qu’elle ait 30 ou 60 ans, je la trouve toujours aussi charmante et adorable, avec ce sourire franc et cette pointe de mélancolie dans le regard qui la rendent si touchante…

Parce que sa voix, qui s’est presque bonifiée avec le temps – même si elle commence à faiblir un peu (mais la dame a tout de même 68 ans !) – me donne toujours des frissons d’émotion, me serre la gorge, voire me met les larmes aux yeux…

Parce que j’aime autant la chanteuse que je respecte et admire la femme, pacifiste, humaniste et tolérante, fidèle à ses convictions qui vont toujours dans le sens des droits de l’homme…

Parce que cette semaine a été très Joan Baez, entre M. qui m’a dit l' »adorer » et lui avoir souri à l’époque dans les couloirs de… l’ORTF (!) (bah non, on n’a pas tout à fait le même âge, lui et moi – hem) et l’une de mes collègues (la cinquantaine bien passée – re-hem) qui m’a accompagnée avec enthousiasme tandis que je chantonnais sans m’en apercevoir « Here’s to you » (elle connaissait même les paroles : « and agony is your triumph » !…)

Parce que Delfouine m’a dit à cette occasion qu’on n’était pas très à la page question musique et qu’en fait, j’en n’ai rien à foutre d’être à la page…

Parce que Joan est et restera ma chanteuse préférée depuis que je l’ai découverte il y a 8 ou 9 ans, que ses chansons m’accompagnent tout le temps dans mon MP3, que sa musique est la BO de ma vie et que si je meurs, il faudra passer « Diamonds and Rust » à ma « crémanation »…

Parce que je l’aime (comment ça, c’est une femme ?! comment ça, elle a 68 ans ?!) et voilà tout…

… J’ai envie de partager ici l’une de ses plus belles chansons, écrite en 1968, en hommage à son nouveau beau-frère. Sa jeune soeur, Mimi Fariña avait perdu son premier mari dans un accident de moto. Lorsqu’elle rencontra son second mari, Joan leur composa cette chanson et la chanta à leur mariage.

Aujourd’hui, Mimi et Melvin, dont elle s’est séparée deux ans après, sont morts tous les deux… Mais Joan continue d’interpréter cette chanson en concert.

Les paroles sont trop jolies et sur cette vidéo, qui doit dater des 70’s, elle a l’air si simple, si timide, si généreuse… tout ce qu’elle est encore aujourd’hui…

« but oh, was I born too late, and do you think I’ll fail at every single thing I try? »

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