Budapest (part 1)

Parlement

De retour de Budapest où nous avons, Mimine et moi, passé un week-end excellent.

Arrivée jeudi soir, reparties ce matin. Au final, nous n’avons réellement passé que deux jours pleins à découvrir cette ville étrange et étrangère. C’était un peu court, peut-être : un jour de plus nous eût permis de visiter confortablement les quelques autres lieux remarquables que nous avons loupés ; ce fut toutefois suffisant pour que Mimine réalisât à quel point, NON ! je ne suis PAS facile à vivre : j’ai boudé tout l’après-midi d’hier dans la rue parce que je ne trouvais pas de Poste ouverte pour envoyer ma quinzaine de cartes*… (alors qu’il suffisait de demander à l’hôtel de s’en charger, Hi Hi, sacrée moi…)

Bon, j’ai clairement été chiante une (petite) partie de la journée (et je m’en excuse maintenant, là) (mais en même temps, ça fait con d’envoyer des cartes de Hongrie de France, merde quoi !), mais pas tout le week-end néanmoins.

D’ailleurs, Mimine ne me contredira pas si je dis que nous avons rigolé, mais rigolé à en pleurer, sur tout et n’importe quoi pendant ces 48h, du petit déjeuner au dîner. Nous avons le tourisme ludique. Et même si elle a passé beaucoup de temps, aussi, à attendre patiemment que je prenne mes cinq cents photos – avec l’argentique, avec le numérique, en couleurs, en noir et blanc (par bonheur pour elle, je n’avais plus de place pour trimballer mon pola et par malheur pour moi, je n’ai pas eu le temps de trouver des piles pour le Lomo que j’ai acheté sur place) -, j’ose avancer que ma compagnie lui a tout de même été plaisante.

Pour ma part, j’ai adoré ce petit séjour, même si j’ai un peu ronchonné et prétendu avoir trouvé la ville moche. Il faut encore que je debriefe avec moi-même les points positifs et négatifs de cette Europe de l’Est qui était à mes yeux, il y a encore quelques mois, un endroit du monde absolument anti-glamour, pour pouvoir en parler le plus justement possible.

Pour être honnête, Budapest ne serait pas une destination que je conseillerais en priorité, au vu de toutes les villes magnifiques qui existent autour, dans un rayon plus ou moins étendu (Prague, Vienne…), à moins d’être particulièrement nostalgique de l’Empire austro-hongrois ou du Communisme : dans ces cas-là, vous serez servi en style pompier-pouetpouet-tartalacrème (le plus souvent décrépi) et en bâtiments gris, tristes et symétriques comme des prisons… Hormis le quartier du Château, mignon mais kitsch et surtout, le beau Danube bleu, au bord duquel se dresse fièrement le Parlement, au style néogothique qui n’est pas sans évoquer le Parlement de Londres, je n’ai pas été franchement émerveillée.

Maintenant, avec le recul et en triant mes photos, je trouve cette diversité architecturale et ce petit côté « fin d’Empire décadent » assez fascinants. Mais l’on sent une certaine pauvreté ambiante, pauvreté dont je n’ai réellement pris conscience que cet après-midi, en cherchant des infos sur internet a posteriori, en tombant sur un forum de types s’échangeant des bons plans pour baiser pas cher aux quatre coins du globe. Visiblement, il semble que Budapest soit une place de choix pour trouver de la (très) jeune fille/femme blonde à forte poitrine désireuse de gagner quelques Forints avec son corps !

Il me semble que je vois ce soir d’un autre oeil ces hommes seuls dans notre avion, apparemment en voyage d’affaire pour le week-end et ces très jeunes adolescentes habillées comme des péripatétiputes, très à l’aise sous l’oeil d’un vieux lubrique à moustaches, samedi soir !!!

Mais foin de considérations désabusées sur la nature humaine sordide (ou tout simplement humaine).

Budapest, je vous en parlerai au fil de la semaine, quand j’aurai un peu de temps pour trier et ordonner les souvenirs et les centaines d’images que j’ai prises.

Sachez juste pour l’heure que nous nous sommes (malgré mon mauvais caractère) fort amusées et que ces deux jours ont été ensoleillés, sportifs, récréatifs, hilarants, éreintants, surprenant, culturels, gourmands, humides, stressants, sensuels voire érotiques (non, pas entre Mimine et moi, Ha Ha)… On est passé par mille émotions diverses et variées, on a vécu des moments intenses de suspense et d’angoisse, je suis tombée amoureuse au détour d’un centre commercial (et en plus, il est JEUNE ! HuHu…), j’écoute du rock hongrois depuis tout à l’heure, bref !…

Touristiquement parlant, je dirais que j’ai commencé modestement, par une destination intéressante mais moyennement belle – pour mon goût ; tant mieux ! Ca ne pourra être qu’encore mieux les fois suivantes (Madrid, puis Rome d’ici juin !)

L’important, c’est de bouger, être curieux, en éveil et attentif et, si l’on peut toujours se moquer, ne pas juger trop catégoriquement (pas facile, pas facile !)… Ce week-end, j’ai appris à découvrir et ressentir quelque chose de nouveau, pour lequel je n’avais a priori aucun goût ni aucune attirance (parce que Budapest, soyons sincères, j’avais choisi en fonction du billet d’avion très modiquement cher !)… Pour les quelques personnes à qui nous avons parlé, les quelques sourires échangés et l’accueil général des Hongrois, je dirais que voyager nous apprend à nous remettre à notre modeste place et considérer les autres comme des sources inépuisables d’intérêt, où qu’ils soient et quels qu’ils soient.

Oui, voyager, ce n’est pas seulement changer de place, c’est aller à la rencontre, même fugitive, de l’autre et sa culture et oui, c’est passionnant et stimulant et oui, dans la vie, dans ma vie, j’ai aujourd’hui envie de voyager et sourire à plein de gens partout ailleurs ! [*mode cucul off*]

9 comments / Add your comment below

  1. Je fantasme complètement sur les thermes Gellert depuis que ma soeur m’a parlé de ces têtes de lion en marbre qui crachent de l’eau chaude…Mon dieu que je suis un être simple à contenter, parfois…

    ( mais merci pour le compte rendu, j’ai tres envie d’y aller moi à Budapest…J’aime bien l’ambiance « fin de règne et vieilles gloires ternies » )

  2. Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, on a été l’hôtel Gellért prendre un bain (DES bains : chauds et froids, aglagla !) et se faire faire un massage !…
    Mais je n’ai même pas remarqué que c’était des têtes de lions qui crachaient de l’eau chaude (vive le sens de l’observation)… J’ai trouvé ça (très) joli mais moins extraordinaire que ce que je pensais…
    (En revanche, on a bien vu les dames obèses nues qui trempaient dans la même eau que nous, beeuuhh…)

  3. Quelle galère pour trouver des cartes postales là-bas ! Et je ne me souviens pas d’avoir vu le moindre bureau de poste. J’avais eu l’impression que les hongrois se foutaient pas mal d’attirer les touristes chez eux. C’est ce qui m’avait plu.

  4. perché c’è il diavolo in te …

    j’ai tant de choses à dire, je t’écrirai une belle lettre …

    même quand ça ronchonne en fin de compte c’est constructif …

    elle est un peu chiaannnnte mais on l’aime tant 😉

  5. Med >> Aaahhh, je suis contente de te lire, Med !!! J’ai désespéré trouver une Poste dans ce pays, à croire qu’il n’y en avait qu’une pour toute la ville. Côté Pest, il n’y avait RIEN !
    Pour les cartes postales, en revanche, j’en ai trouvé pas mal et même des plutôt jolies dans le Musée du Château.
    Quand es-tu allé à Budapest, toi ?

    MiMiNe >> « Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan. L’invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre. » (Baudelaire)
    Tout est dit et je pense pareil.
    Dieu que je l’aime, ce Charles ! Tout ce qu’il écrit (ou presque) fait écho en moi.
    Merci de m’aimer quand même… Est-ce que je mérite tant d’indulgence ?… 🙂

  6. Coucou , ça faisait longtemps que je n’étais pas venue chez toi ça fait plaisir!
    Je te trouve dure avec Budapest ça restera ma plus belle ville d’europe, par sa beauté son ambiance et par ses habitants ( qui t’explique gentiment comment poinconner les billets dans le tram) d’un côté moi j’y suis allée en 2002 sac à dos style… (j’avais dormi dans un pensionnat de jeune ou il y avait les portrait de toutes les promos acrochés dans le couloir ) cette ville m’a laissé un gout d’iréel que j’ai adoré.
    Aprés je trouve que Vienne et Prague c’est un peu carton pâte, trop lisse pour être vrai, c’est peu être cette « rugosité » que j’ai aimé à Budapest !
    Et que dire du Sitget Festival sur l’île Magrit , bref que du beau et du vrai ou on a vraiment plus l’impression d’être en Europe.
    Pour moi une vrai coup de coeur !

  7. J’y ai passé deux jours en mai ou juin 2007. Nous avions eu la chance d’avoir un guide d’exception (un expat au chômage) pour nous faire visiter la ville. La vie n’était vraiment pas chère : je n’ai pas réussi à dépenser 40 euros pendant le séjour en mangeant au restaurant à chaque repas et en buvant pas mal (trop) d’Unicum. J’avais surtout aimé l’ambiance et le cadre des cafés associatifs, l’architecture toujours asymétrique des bâtiments (tu parles de symétrie ?), la sensation d’être dans un autre monde et le témoin d’une grandeur et d’une déchéance révolues. Après, les goûts, les couleurs…

  8. Belegaer, Med >> Je VOIS TRES BIEN tout ce que vous voulez dire et j’y répondrai très prochainement !
    Je crois aussi que j’ai été très agacée par l’absence de Poste le deuxième jour, ce qui fait que j’ai passé mon temps à en chercher une plutôt qu’à jouir des bâtiments (j’ai des tendances obsessives assez fortes)…
    Néanmoins, je maintiens mon impression de symétrie (les logements prolétaires gris et déprimants) J’ai des tas de photos pour le prouver !…
    Incohérence et dysharmonie architecturales, oui, asymétrie non (pour moi, bien sûr !)
    Bizarrement, moi, j’ai dépensé 70 000 HUF en 2 jours (soit l’équivalent de 230€) !!! P*tain, je sais pas comment j’ai fait, sérieusement, ça craint (déjà que je suis à la rue…)
    Et justement, c’est ce côté déchéance et décadence qui m’a foutu un coup… A certains endroits (rue Andrassy ?), je me croyais limite dans une ville fantôme.
    Promis, j’en reparle, je développe et on échange à fond nos impressions divergentes !!! 😀

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