ANGOULÊME 2009 – 36e Festival International de la BD (part 2)

Okayyyy, alors là, mon petit rapport sur Angoulême va vraiment sentir le moisi après tout ce temps, mais j’avais quand même vachement envie de poster mes dédicaces, alors en voiture Simone !

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JOUR 2 – Dimanche 1er février

« Le soleil vient de se lever, encore une belle journée, il va bientôt arriver, l’ami Ricorééééé… » Mouais. Si le soleil nous fait timidement coucou à travers les volets (des vrais volets de maison, wahouuuu !), y’en a une, à côté de moi, qu’est pas contente : l’ourson Papatte, qui râle encore parce que j’ai mis le réveil à 8h alors qu’elle avait prévu de ronfler (oh, ça va, je sais, c’est moi le « petit tracteur vert » ! HuHu) jusqu’à 9h. Feignasse ! On avait pourtant dit qu’on se levait tôt pour courir après nos idoles, nan ?

Bon, du coup, ce n’est que vers 10h que nous paraissons enfin à la table du petit déjeuner dressée royalement par notre hôtesse, décidément très prévenante. Au menu, que des mets faits maison, absolument délicieux : de la madeleine succulente, du pain à la fleur d’oranger, un yaourt artisanal… Terrific. Je me croirais dans un livre d’Enid Blyton (les petits déjeuners et goûters du Club des Cinq ou de Oui-Oui m’ont beaucoup marquée…)

Ce n’est qu’une heure plus tard, le ventre bien rempli, que nous nous mettons en route, accompagnées des deux autres invités de Catherine (son neveu et un ami à lui). A 11h30, une fois arrivés dans le centre ville, séparation définitive du groupe, les filles dans le grand chapiteau Dargaud and co, les garçons… probablement vers le building mangas – que nous avons complètement zappé, d’ailleurs…

Première cible : Bastien Vivès, tout jeune auteur d’une vingtaine d’années remarqué pour son magnifique album le Goût du chlore, autour duquel s’est créé un certain buzz à sa sortie. Je l’avais d’ailleurs acheté à ce moment-là, attirée par la très belle couverture, simple et épurée, et l’atmosphère contemplative des pages à l’intérieur. Le trait est vif, spontané, d’une grâce aérienne ; l’album est superbe. Quant à Bastien lui-même, quoiqu’un peu jeune à mon goût, il est plutôt mignon dans son genre (mais c’est un autre débat, ha ha).

Bastien dédicace

Bref. Quand on arrive, on nous apprend que c’est trop tard : Bastien ne dédicace plus et la file s’arrête ! Double, triple argh de fureur. Décidément, on loupe tout !

Papatte est désemparée : le deuxième jour commence, elle n’a toujours aucune dédicace et elle ne sait plus trop ce qu’elle veut. Mais repartir d’Angoulême sans une seule petite signature, ce serait quand même le comble.

Je pars de mon côté, histoire de voir ce que proposent les autres mastodontes. Ce qui me rassure, c’est qu’au fond, il y a peu d’auteurs pour lesquels je me damnerais. Certes, Masbou, le dessinateur de la géniale série de Cape et de crocs est présent l’après-midi chez Delcourt, mais il faut venir une demi heure à l’avance pour tirer au sort un ticket et c’est le hasard qui décide si c’est ok pour la dédicace ou si je peux me gratter. Avec ma chance, je sais déjà que je peux me gratter et puis, de toute façon, j’ai déjà une dédicace d’Ayrole (même deux !) alors on verra une prochaine fois, quand le tome 9 sortira…

Chez Delcourt, j’avise néanmoins, en pleine séance d’autographes… Adrian Tomine et… Chris Ware !!! Dieu tout puissant ! Vite, un sms à l’amie Papatte et je cours à la boutique acheter ce fameux Jimmy Corrigan et un autre Tomine (soyons fou !) Aïe, ouille, j’en ai pour 60€ d’un coup, j’ai rien compris, mais pas grave, je retourne au pas de course au stand… Mais… mais… Où sont-ils passés ? Il n’y a plus personne ! Que… AAAAAAAAAAAAARRRRGHHHH !!! Ils ont fini pour la matinée ! Maintenant, il faut qu’ils partent en interview ! Ils seront de retour, mais ce soir, au stand de Buenaventura, ces chacals qui obligent à acheter sur place. Et je viens juste de claquer mon fric dans ces deux bouquins.

Pat arrive juste à temps pour me voir décomposée.

Soudain, je vois Adrian et Chris, juste à côté de nous. J’y vais ? J’y vais pas ? Oh et pis zut, j’y vais. Timidement : « Mister Ware, Mister Ware ? »
Il se tourne vers moi, gentil géant au sourire généreux : « Hi! How are you? »
Moi : « Excuse-me, are going to sign again this afternoon? »
Lui : « Well I think so. »
Moi : « You’ll be at the Buenaventura stand? »
Lui : « Yeah… »
Moi : « But I guess I’ll need a ticket there to get a drawing… »
Lui : « I guess so. »
Moi : « Cause I’ve just bought your book and you’ve just left… Will it be possible to come anywyay? »
Lui : « Of course, come and I’ll be happy to sign it! »

Avec une gentillesse tellement désarmante ! Je suis ravie de cette promesse et j’espère qu’il ne m’oubliera après la centaine de personnes qu’il va sans doute voir défiler devant lui toute la journée.

Retour au stand Casterman où la file pour Bastien semble avoir repris, contrairement à ce qu’on nous avait dit. Décidées, nous nous plantons dans la queue à notre tour. Finalement, après moults comptages et recomptages d’une personne du staff, nous sommes les avant-dernières à espérer avoir un dessin de Bastien. Au bout de quelques minutes, nous nous approchons du garçon, charmantissime, qui me dessine en deux trois coups de stylo hallucinants ceci :

Le Goût du chlore

Je crois néanmoins que je l’ai un peu traumatisé en lui disant que je chercherais dans mes archives de Télérama l’article que j’avais lu sur lui (il ne pensait pas avoir été chroniqué dedans mais moi, j’en suis quasiment sûre car je ne lis aucun magazine culturel en dehors de Télérama)… Il m’a prise pour une psychopathe de l’archivage (et de Télérama en plus !) (Nan mais les mecs, faut arrêter de croire que Télérama, c’est forcément intello-chiant, la preuve, est-ce que je le suis ? Hein ?)

Donc voilà, Bastien Vivès, c’est fait. Papatte a aussi eu son dessin, elle est contente. Et moi, j’ai beaucoup regardé Lax, son voisin de table (auteur du Choucas) dont le visage m’est fort sympathique.

Je n’attends plus rien que le soir, pour revoir Chris Ware.

En attendant, nous déambulons donc entre les stands, où je vois Benoit Springer, qui m’avait déjà dédicacé son Volunteer en octobre 2007 (je ne retrouve plus le post, visiblemement des archives ont disparu, oh well !) ; on a loupé Larcenet, mais on récupère plein de cartes postales SuperDupont au stand Fluide.

A l’heure du déjeuner, nous passons devant l’hôtel Saint-Simon qui recèle une formidable exposition sur de Cape et de crocs (et Garulfo et la Nef des fous, mais je suis moins fan.) L’occasion d’admirer en vrai les planches originales incroyables de Masbou. Impressionnant !

Papatte lit le Libé tout en BD (avec un dessin de Dupuy-Berberian au dos !)

Armand de Maupertuis

Après un déjeuner excellent dans un restau de salade, nous repartons, bon pied bon oeil, pour un concert dessiné au Conservatoire… qui s’avère bien glauque et décevant. Du coup, nous remettons les voiles au bout de 10 minutes, un peu crevées…

Retour au Nouveau Monde – après un détour par une expo flamande – où nous flânons, dans l’attente des résultats du Jury (j’espère toujours apercevoir, même 1/2 seconde l’ami Berberian, mais bon…)… que nous finirons par manquer aussi.

Je termine la journée en achetant :

Sous la Peau du loup, d’une jeune (un an de plus que moi !) dessinatrice d’origine coréenne, Choi Juhyun, adorable, dont la finesse du trait m’a tapé dans l’oeil :

Choi Junhyun

J’aurais beaucoup aimé discuter un peu plus avec elle, mais je n’en ai pas eu l’occasion car une dame voulait absolument bavarder avec elle. Mais j’ai beaucoup aimé son livre, très étrange, à la fois onirique et inquiétant…

Sur le même stand de la maison Cambourakis, j’ai acheté Mourir partir revenir le Jeu des hirondelles de Zeina Abirached, que l’on compare souvent à Marjane Satrapi – alors qu’en fait, si ce n’est le dessin en noir et blanc et le thème du pays en guerre, c’est assez différent. Zeina m’a fait une petite dédicace rigolote mais elle ne s’est pas foulée non plus (les petites voitures et l’immeuble ; le dragon est déjà sur la page :-)) :

Zeina Abirached

Enfin, 18h approche et tandis que Papatte va vivre ses aventures (notamment auprès d’Adrian Tomine), je fais donc la queue pour Chris Ware…

Adrian Tomine, Chris Ware et Dan Clowes

Je suis l’une des dernières à passer ; heureusement, les Cerbère de Buenaventura ne remarquent pas que je n’ai pas le ticket. Chris me reconnaît : « Hi! I’m sorry for this morning! »

Mais non chéri, ne sois pas désolé, au moins je te vois là, maintenant, tranquillement, le meilleur pour la fin. Je lui demande s’il n’est pas trop fatigué, s’il repart le lendemain, s’il va revenir en France. Il est doux comme un pull en cashmere, j’adore. Juste dommage que je n’ai rien d’autre à lui dire sur son oeuvre que je n’ai pas encore lue. En tout cas, à la fin de la dédicace, il me serre la main à l’américaine : « Nice to meet you », comme il le fait à tout le monde et j’en profite pour lui souhaiter un bon retour et m’exclamer, spontanément : « Hope to see you again, someday », ce qui l’a un peu surpris, je crois.

Oh mais bon, je suis comme ça, moi : je socialize à mort et pourquoi on devrait se priver de montrer aux gens qu’on les aime bien, hein ??

Et voilà !!

Chris Ware

C’est le tout petit bonhomme en haut ! 😀 Il a aussi écrit son nom de façon minutieuse sur la page suivante, mais je ne l’ai pas scanné.

Mission accomplie ! J’ai 6 dédicaces, dont 4 que je voulais absolument (Vivès, Clowes, Tomine et Ware) et j’ai vu pas mal de trucs super intéressants (conférences, expos…) Et en plus, j’ai croisé la jolie Gally – dont je vous recommande les drôlissimes blogs BD (voir à droite : Gally et le Blog d’une grosse, dont est tiré l’album qui a gagné un prix) – qui nous a fait coucou. En revanche, je n’ai jamais vu Charles Berberian ! 😀

La journée se termine chez Catherine, qui vient nous chercher pour nous inviter à partager un dernier dîner avec son fils, avant de nous raccompagner à la gare. D’ailleurs, Papatte, j’y songeais tout à l’heure, il faudra qu’on lui envoie une carte.

Le retour se passe sans encombre, bien que le train ait pas mal de retard. Je rentre donc ravie mais ruinée (et vice et versaaa, comme chanteraient les Inconnus). Et puis un peu éreintée aussi. Mais Angoulême, bien que ce soit l’usine et la pompe à fric, c’est überguénial ! (Surtout quand on y va détendu du string, comme Pat et moi, qui étions juste là pour en profiter, sans contrainte…)

Prochain rdv : le salon du livre, le week-end du 14-15 mars ! Papatte fêtera ses 30 ans et on kidnappera Christophe Blain pour elle 🙂

Papatte à l'expo Margerin

6 comments / Add your comment below

  1. allez Céline finis la bouteille !!! sinon les bulles vont être raplapla …
    ah oui j’avais bien envie de venir vous voir le 14-15 mars …
    le 14/15 mars 2009 …: son anniversaire, son salon du livre, son champagne ruinart (hihihihiiiiii 😉 c’est trop Céline, c’est trop !!

    je suis en train de t’écrire un mail hongrois d’ailleurs tiens !

  2. Lu la suite/fin de tes avantures avec interêt. Je suis peu prolixe ces temps-ci, car obverbookée avec le concours lecture que j’organise dans mon collège et dans lequel je m’éclate, bien qu’hélas il y manque une dimension BD -nous le déplorions justement avec ma collègue 🙁 – Il me faudra remédier à cela l’an prochain, et faire d’ici là mon éducation dans ce domaine.

    Pour l’heure, Rv au Salon du Livre – invité d’honneur cette année: le MEXIQUE-, ou avant?

  3. Mimine >> J’ai déjà fini le vin toute seule !! Pour la Hongrie, ça t’ennuie de réserver l’hôtel (j’ai fait la recherche, mais les démarches administratives, c’est au-dessus de mes forces) ? Je te rembourserai oeuf corse.
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    Papatte >> Et moi j’attends toujours mon Charles B. pour mes 30 ans. Enfin, je vais être sympa, vous avez le choix aussi avec, disons, Didier Sandre, ou bien « mon vieux »… HaHa HoHo HuHu.
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    Cuauhtli >> Ai vu le site du concours, il est très sympa. C’est mignon comme tout ce petit concours ! Bonne idée d’y intégrer la BD dans le futur. C’est intéressant aussi d’éduquer les élèves à l’image, comme on peut le faire aussi avec le cinéma.
    J’imagine qu’on se verra avant le Salon du Livre (j’espère !)

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