Volt, star malgré lui / Ricky

Deux bons films pour passer les dernières soirées d’hiver froides au chaud devant le grand écran.

Volt, Star malgré lui

volt

de Chris Williams, Byron Howard

Dis(re)naît ! C’est par ce jeu de mots complètement capillotracté mais parfaitement assumé que j’applaudis de mes deux mains pleines de petits doigts boudinés le dernier film des studios Disney (non non, pas Pixar, mais produit par John Lasseter).

J’en vois déjà râler et soupirer, là-bas, au fond. Oui, oui, je sais, les films avec des animaux en 3D, ça fait maintenant plus de quinze ans qu’on en voit fleurir un par trimestre : des fourmis au panda en passant par les poissons, les souris ou les pigeons voire les mammouths, difficile de trouver un animal qui n’ait pas encore été érigé en héros de synthèse. Difficile, donc, aussi, de continuer à trouver du plaisir dans tous ces dessins animés plus ou moins beaux, qui délivrent tous leur lot de petites chansons entraînantes et leur morale gentillette.

Oui mais bon. Disney reste quand même Disney et dans le genre, on ne peut nier que leurs character designs d’animaux sont les plus réussis. Et Volt ne déroge pas à la règle : comment résister, dès l’affiche, à la bouille adorable du héros principal, petit chien blanc court sur pattes aux grandes oreilles ; et que dire de celle, impayable, de sa copine la chatte noire malingre aux grands yeux dubitatifs ? Je ne parle même pas du hamster, personnage qui s’avère tout simplement hilarant.

C’est donc toute joyeuse et confiante que je suis allée voir ce film l’autre soir, malheureusement en français et malheureusement sans les lunettes en 3D qui doivent lui donner une dimension encore plus fun ! Mais quelle rigolade !

Vraiment, ne boudez pas votre plaisir. Si vous avez envie de rire de bon coeur, courez voir Volt, sorte de Truman show canin complètement craquant, avec trois animaux génialement krokromeugnon à donf ! Volt, cousin à poils éloigné de Buzz Lightyear (Buzz l’Eclair, le jouet de Toy Story), qui se croit héros et en devient finalement un, vous emmènera dans un périple frais et drôlissime, enlevé et même assez spectaculaire (les premières minutes sont bluffantes.) Aucun temps mort dans le scénario : c’est simple mais pas niais et les personnages secondaires sont formidables (mention spéciale au hamster déjanté, cultissime, et aux pigeons idiots !)

Un dessin animé pour tous, de 7 à 77 ans (et même de 1 à 111 ans), l’un des meilleurs Disney depuis des lustres !

*     *     *

Ricky

ricky

de François Ozon

L’un des films les plus étranges et déroutants que j’ai jamais vus, non pas parce qu’il fait surgir le fantastique à mi-parcours mais parce que François Ozon, téméraire et audacieux comme peu de (aucun ?) cinéastes français osent l’être, brasse tant de styles et de thèmes à la fois, frôle si souvent le grotesque sans jamais y tomber, qu’on reste éberlué devant cet objet complètement atypique.

Tout d’abord, je ne remercie pas la chronique ciné de France Inter d’avoir grossièrement révélé hier la particularité de ce fameux Ricky, personnage qui va bouleverser la vie de cette famille modeste et improbable. Malgré tout, bien que connaissant, du coup, une bonne partie de l’histoire, j’ai parfaitement ressenti la tension anxiogène qui baigne toute la première partie du film. De ruptures de tons (film social réaliste à la Frères Dardenne, film fantastique avec des mutations charnelles à la Cronenberg, fable et conte…) en scènes très drôles, François Ozon nous balade dans son histoire dérangeante et intrigante.

Le casting est pour beaucoup dans la réussite : Alexandra Lamy est très juste, très touchante, loin de son rôle d’éternelle trentenaire sentimentale, avatar de Chouchou d’un Gars, une fille ; Sergi Lopez, à la fois extrêmement sympathique et opaque, est toujours excellent ; la petite fille, Mélusine Mayance, est exceptionnelle, avec son petit visage mélancolique ; et le choix du bébé incarnant Ricky est parfait, à la fois adorable (un visage poupin avec de grands yeux bleus) et monstrueux (il semble parfois énorme et disproportionné).

Les critiques ont déjà beaucoup parlé de tous les thèmes abordés par François Ozon : la différence, l’impact de l’arrivée d’un nouveau membre dans une famille (que ce soit un compagnon ou un enfant), la nécessité de laisser son enfant voler de ses propres ailes, l’amour maternel, etc. etc. Tout cela est vrai et plus encore puisque le film, en ne donnant aucune explication, laisse la porte ouverte à toutes les interprétations (certains y verront sans doute aussi le deuil d’un enfant.)

Quoiqu’il en soit, c’est un film, malgré ses moments parfois à la limite du ridicule, qui m’a particulièrement marquée et énormément émue (la scène du lac qui, pourtant, objectivement, pourrait être d’un pathos crétignole achevé !), à tel point que j’en avais la gorge nouée et la larme à l’oeil. Et la fin, pour une fois solaire (ce qui est assez rare, dans les films où un élément pertubateur devient aussi un élément révélateur) est empli d’une douceur tellement apaisante (très belle symbolique des bras des parents croisés dans le dos de la petite fille) qu’on ressort de cette séance complètement chamboulé, après être passé par toutes les émotions possibles (surprise, anxiété, tristesse, sérénité…)

François Ozon s’affirme définitivement, avec Ricky, comme l’un de nos réalisateurs les plus originaux du moment. Que vous aimiez ou non, je vous le conseille fortement, tant ce film est, dans sa globalité, et à l’instar du personnage éponyme, différent.

3 comments / Add your comment below

  1. Tiens tiens tiens… Voilà un article qui ne ferait pas tache sur Pop’eye, par exemple ? 😉

    (Juste à côté de celui que je ferais bien d’écrire sur Le bal des actrices d’ailleurs…)

  2. Vouzici !?
    Oh mon Dieu, mais pour Pop’eye, je ne peux pas présenter ça tel quel, il faudrait au moins une analyse filmique complète de l’utilisation de la lumière et des couleurs (très beau passage du bleu/gris à la lumière), des cadrages, etc. etc.
    Gloups.
    C’est bien « Le bal des actrices » d’ailleurs ? J’ai bien envie d’aller le voir ce soir, tiens !

  3. Pour parler cinéma, j’ai fini par voir « the dark knight »
    je suis sideré du succé à la fois critique et publique de ce film

    3 heures de bla bla pontifiant sur le theme « un heros c’est bla bla bla », »le bien et le mal bla bla bal »

    et puis le fameux joker avide de « chaos » (sic) (par contre il incarne bien PHYSIQUEMENT le role)

    Quand je pense au regard ironique des gens quand je leur dis que le nouveau « hulk » est tres bien,ca me desole

    En fait à l’instar de Tarik ramadan,je propose un moratoir sur les films de super heros

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