ANGOULÊME 2009 – 36e Festival International de la BD (part 1)

Youplaaaa, me revoilà après une semaine bien remplie, pour faire (enfin) un petit compte rendu de mon week-end fabuleux au pays des bulles et phylactères avec la Papatte.

Je vais faire succinct (quoique…) parce que j’ai pas que ça à faire et puis aussi parce que ça sent un peu le réchauffé une semaine après et puis enfin parce que, au fond, vous vous en fichez tous de savoir qu’on a croisé Christophe Blain et souri à Chris Ware, sinon, vous nous auriez accompagnées, pas vrai !

En tout cas, mi-mars, on remet ça – cette fois avec Mimine (et Raph ? et Kim ? et kikiveut !) – au Salon du livre de Paris, où il y aura un espace spécial BD / mangas ! (Mais selon les auteurs, on ne se cantonnera pas forcément aux BD, hein !)

Olé !

*     *     *

JOUR 1 – Samedi 31 janvier

Il est 5h, Paris s’éveille, moi aussi, après une courte nuit, et je tire Papatte du lit en l’appelant à 5 minutes de la sonnerie de son propre réveil, ce qui a le don de la rendre grognon (Papatte, le petit ourson).

6h40 et des poussières, j’arrive en retard à notre rendez-vous Gare Montparnasse, après avoir voulu recopier à la main, juste avant de partir, le programme du premier jour… Idée très pertinente, vu que le programme complet est évidemment distribué un peu partout sur place, mais quand j’ai des lubies… Par chance, la catastrophe est évitée : nous prenons notre train (Papatte, les yeux pas en face des trous, composte même tous ses billets d’un coup), rempli de djeun’s boutonneux qui ont encore droit à la carte 12-25 ans (p’tits cons, va !!!) et de gens à l’air un peu louche.

9h35, arrivée à Angoulême, dans le gris et le froid de l’hiver. Papatte nous a réservé un logement chez l’habitante qui l’a déjà herbergée l’an passé avec Benj’ : Catherine, une petite dame adorable et pimpante, prof de musique au conservatoire, qui nous attend déjà à la gare. Charmante, elle nous déleste de nos bagages qu’elle rapporte chez elle, tandis que nous nous mouvons jusqu’aux stands. Après un café et un croissant fabuleux à un prix dérisoire (vive la Province), Papatte et moi entrons dans le vif du sujet, à savoir l’espace Fnac / SNCF sélection officielle puis le chapiteau Nouveau Monde regroupant un certain nombre d’éditeurs (sauf les mastodontes genre Dargaud-Dupuis-Delcourt-Casterman…)

L’aventure commence !

Les chevaux sont mes amis

En fin de matinée, comme je souhaite assister à la rencontre avec Daniel Clowes, nous prenons le bus pour la CIBDI (la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image), un peu excentrée. La précédente rencontre, avec Adrian Tomine, qui m’intéresse aussi, a pris du retard, aussi nous retrouvons-nous à l’écouter, dans un forum plongé dans une semi-pénombre propice à la sieste. D’autant plus propice que l’entretien est d’une chiantise incommensurable grâce à l’intervieweur, qui se la raconte en croyant poser des questions trop trop intello-intelligentes, d’une voix molle et pénétrée. Echange de sms atterrés et crises de fous rires étouffés avec Papatte (notre grand passe-temps quand on s’ennuie). Dès la fin de la conférence, on file dare-dare, tant pis pour Dan Clowes, on verra bien plus tard, on a autre chose à faire qu’à dormir en écoutant des trucs soporifiques ! On en profite tout de même pour jeter un oeil à la petite expo consacrée aux traits délicats de la mangaka Kiriko Nananan. Magnifique.

Pour l’heure, il est temps de retourner au pas de charge dans le centre ville car Christophe Blain, le chéri de ces dames (et en particulier Papatte), nous attend (ah ! si seulement !…) à l’espace Fnac / SNCF.

Papatte, amoureuse...

Papatte ne s’en est pas encore remise 😀

L’après-midi, direction le Pavillon Jeunes Talents pour la conférence « Comment monter une maison d’édition quand on est jeune et qu’on a du talent », animée par Wandrille et Benoit Preteseille, créateurs de la maison d’édition Warum (Moi je d’Aude Picault, c’est eux !) Ultra intéressant d’écouter ces deux jeunes, vifs et drôles, raconter leur expérience. J’en ai surtout retenu les aspects difficiles (c’est mon petit côté défaitiste) : en gros, il vaut mieux avoir un minimum de relations dans le milieu (artistique / librairies), un minimum de bagage en compta – beurk – et la foi chevillée au corps pour accepter de ne se payer aucun salaire durant 4 ans et démarcher chaque libraire parisien à pied ! Du coup, je ne sais pas si j’oserai me lancer un jour. A méditer… (Papatte ?) Mais une chose est sûre : quel beau et passionnant métier !

Petit hasard rigolo : j’ai croisé dans ce même pavillon Ben, un collègue de travail. Comme j’étais pressée, je lui ai dit : « Je te rappelle » et je m’avise que je ne l’ai jamais fait. Mais bon. On se reverra au bureau, HéHé…

Fin de journée plus ou moins séparées : je retourne de mon côté à l’espace Nouveau Monde à la rencontre de Dan Clowes et Adrian Tomine tandis que Papatte va au Monde des Bulles, le chapiteau des gros gros éditeurs où elle pleure en apprenant qu’elle a loupé Blain et José Muñoz. Quant à moi, je suis ravie, je réussis à décrocher une dédicace de chacun de mes deux auteurs, même si l’éditeur rend l’achat obligatoire (1 dédicace = 1 ticket = 1 achat), ce qui me fait un peu suer car j’ai déjà du Clowes sur moi.

Dan Clowes, bien que cordial, est très intimidant, le regard aigu et tranchant. Quand je lui demande où il est allé chercher l’intrigue de son incroyable Like a Velvet Glove Cast in Iron, il me regarde droit dans les yeux et me répond : « I dunno. My dreams… and my own insanity ». Du coup, ça me coupe un peu la chique et je le regarde dessiner, perplexe, sur mon livre le personnage le plus laid de son histoire (ne me demandez pas ce que c’est, lisez et vous saurez !)

Tina, la femme patate

Pendant que Dan Clowes me dédicace son livre, j’en profite pour jeter un coup d’oeil à son voisin, Chris Ware, distingué il y a quelques années pour son Jimmy Corrigan. C’est un géant à l’air doux et débonnaire, au crâne immense et au sourire, ma foi, fort sympathique. Comme je le fixe un peu bêtement, il finit par me sourire et me dire : « Hi ». Je lui réponds « Hi » aussi (j’ai des conversations passionnantes) en baissant un peu les yeux, pour ne pas le perturber.

Puis je me dirige à sa gauche pour me rendre dans la file d’Adrian Tomine. Quand vient mon tour, il me voit de nouveau et me fait de nouveau un gentil sourire genre « Ah tiens, maintenant vous êtes là ! ». Et là, c’est bête, mais comme je le trouve super choupignole, je culpabilise de me faire dédicacer les livres de ses deux collègues mais pas de lui. Du coup, je n’ai qu’une envie : revenir le lendemain pour me planter enfin devant lui et lui dire « Hi » droit dans les yeux, de façon, disons, légitime 🙂

En tout cas, Adrian me fait un très joli truc sur son Shortcomings :

Ben Tanaka and co

Vers 19h, je reçois un sms de Papatte : « T’as entendu que Berberian dédicace à 19h ? ».

Nan, j’ai pas entendu, mais ouais, je sais. Il doit animer un truc sur Moebius à la CIBDI. M’en fous : « Ouais mais non, c’est bon. T’es où ? Je te retrouve. »

19h10. Pas versatile pour un sou, je me reprends et réponds, penaude : « Heuh, finalement, j’veux bien y aller… »

Voir Charles et mourir.

Hop, en route pour la CIBDI. On attend la navette trois plombes, ce qui nous fait arriver en retard : l’entrée à la conférence nous est donc refusée. Heureusement, Papatte est gentille (et curieuse, aussi, de voir le fameux phénomène dont je rebats les oreilles à tout le monde depuis août.) On patiente en arpentant la librairie et en visitant l’expo consacrée à Dupuy-Berberian, les présidents de cette trente sixième édition du festival, donc.

(Sur cette vidéo, on voit plus Philippe Dupuy que Charles Berberian, mais il a beaucoup de charme aussi – avec ou sans barbe !)

Pas mal l’expo, mais un peu sage, en dépit d’une ou deux installations rigolotes.

Vers 20h et des poussières, enfin, les portes de la conférence s’ouvrent pour laisser passer le public puis les auteurs. Et là : pas de Charles ! On attend, on attend. Il ne reste plus personne. On nous aurait menti !?

Je m’approche d’un type du staff : « Excusez-moi, il est pas là Charles Berberian ? »
– « Non, il n’est pas venu. »
– « Ah bon ? »
– « On ne l’a pas vu de l’après-midi, on ne sait pas où il est, il devait venir inaugurer l’expo Dupuy-Berberian et il n’était pas là non plus. »

C’est bien ma veine.

Le plus cocasse c’est qu’avec tout ça, on a loupé le dernier bus qui remonte en ville ! A nous, donc, la marche à pied dans la nuit, dans les pelouses humides (fermées au public par des grilles sous lesquelles nous passons courageusement), pour remonter la colline le plus rapidement possible. Nos mollets ont bien senti passer le dénivelé.

Et Berberian, que faisait-il ce petit sacripant ? Il était bien, en tout cas, à 21h, au concert dessiné de Rodolphe Burger. Mais pour le voir, il fallait encore débourser 22€ supplémentaires ! (Eh oui, c’est un budget, Angoulême !)

Tant pis pour moi, donc.

Fin de cette première journée dans une crêperie où la serveuse nous rend plus de monnaie que prévu (HiHi) et retour chez Catherine, qui vient nous chercher royalement.

Soirée fort sympathique à discuter avec elle et son neveu (garçon étrange qui me dit dès les premières minutes qu’il est un gros fana de mangas « yaoi », « hentai » – des mangas avec des intrigues homosexuelles – et pornographiques). Mais c’est super mon garçon, dis-moi ! – Je me demande pourquoi, dès qu’on me voit, on me parle de mangas (et pourquoi pornos ?) Même s’il m’arrive d’en lire (du coup, à chaque fois, j’énumère les cinq pauvres séries que j’ai jamais lues de toute ma vie), je suis avant tout, une grande fana de BD franco-belge (Tintin, Johan et Pirlouit, Gotlib, tout ça, quoi !) Zut !

Catherine nous fait même l’honneur de nous jouer un peu de clavecin, à ma demande.

Pat et moi nous couchons à une heure assez avancée de la nuit avec pour objectif un réveil de bonne heure, histoire de commencer le dimanche en beauté : avec le surdoué Bastien Vivès !

Mais c’est une autre histoire et pour l’heure, je suis fatiguée de revivre tout cela en différé et avec tant de platitude, c’est pourquoi je vous raconterai (et montrerai) la fin de mes dédicaces demain.

Dans les rues d'Angoulême

A suivre…

9 comments / Add your comment below

  1. Ishmael >> Angoulême, personnellement, j’ai trouvé ça moche, mais bon, Papatte a bien aimé la première fois qu’elle y est allée et Manolo aussi, m’a-t-il dit l’autre jour. Donc ça vient peut-être de moi. J’ai trouvé ça mort, même en plein festival (plus personne dans les rues le samedi soir, sauf les vieux papiers gras : glauuuuque !) et architecturalement, ça m’a moyennement parlé. Et en plus, il faisait un peu moche et un peu froid.
    (Et oui, GENIAL l’autographe de Clowes, I was so happy!)
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    Micky >> Oui, j’ai juste oublié de préciser que ce festival est une pompe à fric terrifiante : 13€ l’entrée CHAQUE jour + bouffe + hébergement + parfois obligation d’acheter au stand pour avoir droit à une dédicace + certaines manifestations comme les concerts dessinés sont payants en plus (entre 8 et 25€)… Angoulême, c’est génial, mais c’est carrément l’usine et j’y retournerai tous les 2-3 ans, parce que ça m’a fait un week-end à genre 250€… Ouch !
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    Thia >> Ouhla, mais tout le monde a craqué sur Christophe, là ! Mouais, il a son petit charme. Mais Charles B. est bien mieux ^^
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    Papatte >> HiHiHi… Je confirme, depuis le temps qu’elle m’en parle, de son Christophe !…

  2. Pour l’hébergement et la bouffe, y’a ptêt moyen d’économier en squattant une tente quelque part ou une voiture et se faire des sandwiches? Et éventuellement se laver dans la rivière? C’est un peu Koh Lanta, mais bon…

  3. Micky >> Le problème du Festival d’Angoulême, c’est qu’il a lieu en plein hiver, fin janvier… Mais tu peux toujours essayer de te laver dans la Charente ! ^^
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    Mimine >> Alors toi aussi, tu craques pour le style rouquin ? 😉

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