HA-HA-HA, ce matin, en partant, devinez quoi : j’ai ENCORE oublié mes clés (j’aime bien écrire clefs aussi et prononcer clèfes pour rigoler) (bref).

Eh oui, je suis allée courir hier soir (d’ailleurs, à force, j’ai les tibias, les chevilles et les petons concassés mais j’y retournerai demain soir, no way !), j’ai enlevé les clèfes de mon trousseau, je les ai reposées négligemment en rentrant hier soir, patati patata, vous connaissez la suite.

Ce matin, la tête dans le seau, après une trop courte nuit, paf, je prends le mauvais trousseau. C’est au moment de fermer la porte que je m’en aperçois.

Sauf que ouaiiiiis !!! Cette fois, j’avais le double qui m’attendait dans le tiroir de mon bureau au boulot !

C’est con à dire mais j’étais limite ravie de la crèche d’avoir oublié mes clèfes pour pouvoir utiliser ma solution de rechange si maligne (conseillée par les collègues). C’était comme une petite blague que je me faisais à moi-même. Je me suis trouvée bien astucieuse sur ce coup.

Okay.

Il est où l’asile psychiatrique le plus proche ?

Je sais pas vous, mais moi, je trouve que tomber amoureux, c’est hyper fatigant.

A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’un amour impossible (en même temps, les amours impossibles sont les meilleures puisque n’étant pas réalisables, elles gardent leur caractère idéal absolu… L’argument est imparable, je vais d’ailleurs me spécialiser dans l’amour impossible.)

En tout cas, en ce moment, je suis é-rein-tée.

Je crois que je vais écrire un roman sur la Frustration avec un grand F.

*     *     *

A part ça, je suis dans une phase de bouffitude tellement extrême que je songe sérieusement à me faire liposucer les joues.

De retour de l’Opéra Bastille où j’ai eu le plaisir d’assister à une représentation de Madame Butterfly de Puccini, dans la fameuse mise en scène de Bob Wilson – qui tourne, paraît-il, depuis des années et a été plusieurs fois reprise à Paris ! (Je me réveille, désolée.)

Je voulais absolument le voir et j’en avais parlé à Môman, dont c’est l’un des opéras préférés, en janvier dernier. Je lui avais proposé d’acheter des places à la mesure de mes finances (25€) mais comme l’opéra, pour elle, c’est sacré, hors de question ! D’autant plus que mes parents avaient déjà vu cette mise en scène et l’avaient adorée. Du coup, youpie ! je me suis retrouvée malgré moi invitée avec Pôpa au parterre (89€ la place, tout de même, et ce n’était « que » la 3e catégorie ! Et comme tout était presque complet, on était sur des strapontins super inconfortables ; pas très cool de faire payer plein tarif ce genre de sous-siège !)

Petite note en passant : il est dommage que l’opéra ne soit pas plus démocratique (même si je sais bien qu’il s’agit souvent de spectacles lourds à financer), parce que c’est quand même quelque chose à voir au moins une fois dans sa vie (conseil pour débuter : aller voir un opéra classique et « facile » d’accès, genre Verdi, Puccini ou Mozart, avec de « grands airs » connus qui donnent des frissons partout quand on les entend en vrai…)

La prochaine fois, je vais par curiosité tenter les places entre 5€ et 25€ pour voir ce que ça donne. Si ça se trouve, ça peut convenir à la pauvresse que je suis !

En tout cas, si une majorité du public était d’un âge assez avancé (et de catégorie socio-culturelle très ciblée), j’ai été surprise du nombre assez important de jeunes de 25 à 35 ans, qui occupaient la salle et parfois à des super places ! Je ne sais pas pourquoi, mais cela m’a enchantée (cela dit, je suis assez sidérée de constater que des jeunes puissent mettre 89€ dans une place d’opéra, mais bon, tant mieux pour eux…)

Mais STOOOOOP LES DIGRESSIONS (ah la la, je suis incorrigible) !!! Revenons au Papillon…

Qui ne connaît ce célèbre livret ? Madame Butterfly, jeune geisha de 15 ans tombe éperdument amoureuse d’un marin de passage, Pinkerton, qui l’épouse par amusement, lui fait un enfant et retourne vivre sa vie aux Etats-Unis. Durant trois ans, la jeune fille, obstinément fidèle, qui a tout renié pour lui, l’attend, oscillant entre espoir et désespoir. Lorsqu’enfin Pinkerton revient, il est accompagné de sa femme et c’est pour lui reprendre son fils afin de lui assurer un avenir (pas facile d’être un « bâtard » sans père au Japon). Madame Butterfly accepte, pour le bien son enfant, et se donne la mort, laissant Pinkerton seul face à son remords.

Triple snif, évidemment.

Et évidemment, j’ai versé ma petite larme sur la fin (si vous voulez me voir pleurer à chaudes larmes, emmenez-moi à l’opéra) ! Qui n’aurait pas le coeur réduit en bouillie de miettes devant une histoire aussi cruelle ?

En revanche, je dois avouer que mon émotion a été moindre que celle que j’ai pu ressentir devant La Bohème (à Lyon, il y a longtemps) ou Rigoletto (il y a quelques années, à Bastille, déjà.) Et si j’ai pleuré, c’est plus à cause de l’intrigue, horriblement triste, qu’en raison d’un soudain bouleversement esthétique devant la Beauté (ce à quoi m’avait habituée l’opéra.)

La faute, sans doute, aux voix, qui ne m’ont nullement transportée. N’ayant pas acheté le programme, j’ignore qui tenait les rôles principaux ce soir mais l’interprète du personnage éponyme m’a semblé un peu « fade », avec une palette restreinte pour un rôle aussi écrasant. En dehors de quelques passages où sa voix, dans sa pleine puissance, était assez belle, celle-ci paraissait bien souvent fragile et peu assurée  – notamment dans les passages entre les graves et les aigus. Du coup, ce manque de fermeté dans l’interprétation m’a tenue quelque peu à distance de l’émotion.

De même, Pinkerton (le chanteur était en plus souffrant ce soir) était décevant : à mon oreille, il sonnait terne et sans relief (attention, je donne mon avis de béotienne, je ne prétends nullement m’y connaître en opéra). L’orchestre couvrait parfois sa voix à tel point que je ne l’entendais plus beaucoup. Et puis il était tellement loin, physiquement, du personnage du film de Frédéric Mitterrand (dans lequel Pinkerton y était charmant) que cela m’a déstabilisée. J’ai eu du mal à comprendre la passion de la pauvre Madame Butterfly pour cet homme d’âge mûr très bedonnant. Mais bon…

Au final, j’ai eu l’impression, musicalement parlant, d’un opéra-magma (ce que j’ai dit à Môman dès l’entr’acte) : étrangement, peu de passion était véhiculée dans cette façon de jouer l’oeuvre. Peut-être le chef d’orchestre souhaitait-il mettre en avant autre chose : la mélancolie ? Je ne sais pas. Mais le tout m’a paru carrément mou du genou, mollasson de chez mollasson. Encéphalogramme plat.

Le côté très statique de la mise en scène de Bob Wilson n’en ressortait alors que plus.

Légère déception, donc, sur le plan musical et vocal. J’ai été la première surprise de ne pas plus vibrer alors que j’en attendais beaucoup. D’ailleurs je n’ai mouillé qu’un mouchoir, alors que d’habitude, je vide au moins la moitié d’un paquet tellement je peux pas m’arrêter de pleurer (pas uniquement parce que c’est triste : parce que c’est BEAU.)

En revanche, je suis ravie d’avoir pu voir, une fois dans ma vie, cette mise en scène, que j’ai personnellement trouvée magnifique. Tout en épure et stylisation (influence du théâtre Nô ?), proche de l’abstraction, complètement fascinante par ses jeux d’ombres et de lumières (un simple écran lumineux en arrière plan évoque le jour, la nuit…) Un émerveillement constant pour les yeux.

Rien que pour ça, ce Madame Butterfly mérite donc d’être vu ! Mais j’aimerais beaucoup le réécouter avec une autre distribution.

  • Madame Butterfly de Giacomo Puccini, mise en scène : Bob Wilson
  • Vu le mercredi 18 février 2009 à l’Opéra Bastille

Okayyyy, alors là, mon petit rapport sur Angoulême va vraiment sentir le moisi après tout ce temps, mais j’avais quand même vachement envie de poster mes dédicaces, alors en voiture Simone !

*     *     *

JOUR 2 – Dimanche 1er février

« Le soleil vient de se lever, encore une belle journée, il va bientôt arriver, l’ami Ricorééééé… » Mouais. Si le soleil nous fait timidement coucou à travers les volets (des vrais volets de maison, wahouuuu !), y’en a une, à côté de moi, qu’est pas contente : l’ourson Papatte, qui râle encore parce que j’ai mis le réveil à 8h alors qu’elle avait prévu de ronfler (oh, ça va, je sais, c’est moi le « petit tracteur vert » ! HuHu) jusqu’à 9h. Feignasse ! On avait pourtant dit qu’on se levait tôt pour courir après nos idoles, nan ?

Bon, du coup, ce n’est que vers 10h que nous paraissons enfin à la table du petit déjeuner dressée royalement par notre hôtesse, décidément très prévenante. Au menu, que des mets faits maison, absolument délicieux : de la madeleine succulente, du pain à la fleur d’oranger, un yaourt artisanal… Terrific. Je me croirais dans un livre d’Enid Blyton (les petits déjeuners et goûters du Club des Cinq ou de Oui-Oui m’ont beaucoup marquée…)

Ce n’est qu’une heure plus tard, le ventre bien rempli, que nous nous mettons en route, accompagnées des deux autres invités de Catherine (son neveu et un ami à lui). A 11h30, une fois arrivés dans le centre ville, séparation définitive du groupe, les filles dans le grand chapiteau Dargaud and co, les garçons… probablement vers le building mangas – que nous avons complètement zappé, d’ailleurs…

Première cible : Bastien Vivès, tout jeune auteur d’une vingtaine d’années remarqué pour son magnifique album le Goût du chlore, autour duquel s’est créé un certain buzz à sa sortie. Je l’avais d’ailleurs acheté à ce moment-là, attirée par la très belle couverture, simple et épurée, et l’atmosphère contemplative des pages à l’intérieur. Le trait est vif, spontané, d’une grâce aérienne ; l’album est superbe. Quant à Bastien lui-même, quoiqu’un peu jeune à mon goût, il est plutôt mignon dans son genre (mais c’est un autre débat, ha ha).

Bastien dédicace

Bref. Quand on arrive, on nous apprend que c’est trop tard : Bastien ne dédicace plus et la file s’arrête ! Double, triple argh de fureur. Décidément, on loupe tout !

Papatte est désemparée : le deuxième jour commence, elle n’a toujours aucune dédicace et elle ne sait plus trop ce qu’elle veut. Mais repartir d’Angoulême sans une seule petite signature, ce serait quand même le comble.

Je pars de mon côté, histoire de voir ce que proposent les autres mastodontes. Ce qui me rassure, c’est qu’au fond, il y a peu d’auteurs pour lesquels je me damnerais. Certes, Masbou, le dessinateur de la géniale série de Cape et de crocs est présent l’après-midi chez Delcourt, mais il faut venir une demi heure à l’avance pour tirer au sort un ticket et c’est le hasard qui décide si c’est ok pour la dédicace ou si je peux me gratter. Avec ma chance, je sais déjà que je peux me gratter et puis, de toute façon, j’ai déjà une dédicace d’Ayrole (même deux !) alors on verra une prochaine fois, quand le tome 9 sortira…

Chez Delcourt, j’avise néanmoins, en pleine séance d’autographes… Adrian Tomine et… Chris Ware !!! Dieu tout puissant ! Vite, un sms à l’amie Papatte et je cours à la boutique acheter ce fameux Jimmy Corrigan et un autre Tomine (soyons fou !) Aïe, ouille, j’en ai pour 60€ d’un coup, j’ai rien compris, mais pas grave, je retourne au pas de course au stand… Mais… mais… Où sont-ils passés ? Il n’y a plus personne ! Que… AAAAAAAAAAAAARRRRGHHHH !!! Ils ont fini pour la matinée ! Maintenant, il faut qu’ils partent en interview ! Ils seront de retour, mais ce soir, au stand de Buenaventura, ces chacals qui obligent à acheter sur place. Et je viens juste de claquer mon fric dans ces deux bouquins.

Pat arrive juste à temps pour me voir décomposée.

Soudain, je vois Adrian et Chris, juste à côté de nous. J’y vais ? J’y vais pas ? Oh et pis zut, j’y vais. Timidement : « Mister Ware, Mister Ware ? » Il se tourne vers moi, gentil géant au sourire généreux : « Hi! How are you? » Moi : « Excuse-me, are going to sign again this afternoon? » Lui : « Well I think so. » Moi : « You’ll be at the Buenaventura stand? » Lui : « Yeah… » Moi : « But I guess I’ll need a ticket there to get a drawing… » Lui : « I guess so. » Moi : « Cause I’ve just bought your book and you’ve just left… Will it be possible to come anywyay? » Lui : « Of course, come and I’ll be happy to sign it! »

Avec une gentillesse tellement désarmante ! Je suis ravie de cette promesse et j’espère qu’il ne m’oubliera après la centaine de personnes qu’il va sans doute voir défiler devant lui toute la journée.

Retour au stand Casterman où la file pour Bastien semble avoir repris, contrairement à ce qu’on nous avait dit. Décidées, nous nous plantons dans la queue à notre tour. Finalement, après moults comptages et recomptages d’une personne du staff, nous sommes les avant-dernières à espérer avoir un dessin de Bastien. Au bout de quelques minutes, nous nous approchons du garçon, charmantissime, qui me dessine en deux trois coups de stylo hallucinants ceci :

Le Goût du chlore

Je crois néanmoins que je l’ai un peu traumatisé en lui disant que je chercherais dans mes archives de Télérama l’article que j’avais lu sur lui (il ne pensait pas avoir été chroniqué dedans mais moi, j’en suis quasiment sûre car je ne lis aucun magazine culturel en dehors de Télérama)… Il m’a prise pour une psychopathe de l’archivage (et de Télérama en plus !) (Nan mais les mecs, faut arrêter de croire que Télérama, c’est forcément intello-chiant, la preuve, est-ce que je le suis ? Hein ?)

Donc voilà, Bastien Vivès, c’est fait. Papatte a aussi eu son dessin, elle est contente. Et moi, j’ai beaucoup regardé Lax, son voisin de table (auteur du Choucas) dont le visage m’est fort sympathique.

Je n’attends plus rien que le soir, pour revoir Chris Ware.

En attendant, nous déambulons donc entre les stands, où je vois Benoit Springer, qui m’avait déjà dédicacé son Volunteer en octobre 2007 (je ne retrouve plus le post, visiblemement des archives ont disparu, oh well !) ; on a loupé Larcenet, mais on récupère plein de cartes postales SuperDupont au stand Fluide.

A l’heure du déjeuner, nous passons devant l’hôtel Saint-Simon qui recèle une formidable exposition sur de Cape et de crocs (et Garulfo et la Nef des fous, mais je suis moins fan.) L’occasion d’admirer en vrai les planches originales incroyables de Masbou. Impressionnant !

Papatte lit le Libé tout en BD (avec un dessin de Dupuy-Berberian au dos !)

Armand de Maupertuis

Après un déjeuner excellent dans un restau de salade, nous repartons, bon pied bon oeil, pour un concert dessiné au Conservatoire… qui s’avère bien glauque et décevant. Du coup, nous remettons les voiles au bout de 10 minutes, un peu crevées…

Retour au Nouveau Monde – après un détour par une expo flamande – où nous flânons, dans l’attente des résultats du Jury (j’espère toujours apercevoir, même 1/2 seconde l’ami Berberian, mais bon…)… que nous finirons par manquer aussi.

Je termine la journée en achetant :

Sous la Peau du loup, d’une jeune (un an de plus que moi !) dessinatrice d’origine coréenne, Choi Juhyun, adorable, dont la finesse du trait m’a tapé dans l’oeil :

Choi Junhyun

J’aurais beaucoup aimé discuter un peu plus avec elle, mais je n’en ai pas eu l’occasion car une dame voulait absolument bavarder avec elle. Mais j’ai beaucoup aimé son livre, très étrange, à la fois onirique et inquiétant…

Sur le même stand de la maison Cambourakis, j’ai acheté Mourir partir revenir le Jeu des hirondelles de Zeina Abirached, que l’on compare souvent à Marjane Satrapi – alors qu’en fait, si ce n’est le dessin en noir et blanc et le thème du pays en guerre, c’est assez différent. Zeina m’a fait une petite dédicace rigolote mais elle ne s’est pas foulée non plus (les petites voitures et l’immeuble ; le dragon est déjà sur la page :-)) :

Zeina Abirached

Enfin, 18h approche et tandis que Papatte va vivre ses aventures (notamment auprès d’Adrian Tomine), je fais donc la queue pour Chris Ware…

Adrian Tomine, Chris Ware et Dan Clowes

Je suis l’une des dernières à passer ; heureusement, les Cerbère de Buenaventura ne remarquent pas que je n’ai pas le ticket. Chris me reconnaît : « Hi! I’m sorry for this morning! »

Mais non chéri, ne sois pas désolé, au moins je te vois là, maintenant, tranquillement, le meilleur pour la fin. Je lui demande s’il n’est pas trop fatigué, s’il repart le lendemain, s’il va revenir en France. Il est doux comme un pull en cashmere, j’adore. Juste dommage que je n’ai rien d’autre à lui dire sur son oeuvre que je n’ai pas encore lue. En tout cas, à la fin de la dédicace, il me serre la main à l’américaine : « Nice to meet you », comme il le fait à tout le monde et j’en profite pour lui souhaiter un bon retour et m’exclamer, spontanément : « Hope to see you again, someday », ce qui l’a un peu surpris, je crois.

Oh mais bon, je suis comme ça, moi : je socialize à mort et pourquoi on devrait se priver de montrer aux gens qu’on les aime bien, hein ??

Et voilà !!

Chris Ware

C’est le tout petit bonhomme en haut ! 😀 Il a aussi écrit son nom de façon minutieuse sur la page suivante, mais je ne l’ai pas scanné.

Mission accomplie ! J’ai 6 dédicaces, dont 4 que je voulais absolument (Vivès, Clowes, Tomine et Ware) et j’ai vu pas mal de trucs super intéressants (conférences, expos…) Et en plus, j’ai croisé la jolie Gally – dont je vous recommande les drôlissimes blogs BD (voir à droite : Gally et le Blog d’une grosse, dont est tiré l’album qui a gagné un prix) – qui nous a fait coucou. En revanche, je n’ai jamais vu Charles Berberian ! 😀

La journée se termine chez Catherine, qui vient nous chercher pour nous inviter à partager un dernier dîner avec son fils, avant de nous raccompagner à la gare. D’ailleurs, Papatte, j’y songeais tout à l’heure, il faudra qu’on lui envoie une carte.

Le retour se passe sans encombre, bien que le train ait pas mal de retard. Je rentre donc ravie mais ruinée (et vice et versaaa, comme chanteraient les Inconnus). Et puis un peu éreintée aussi. Mais Angoulême, bien que ce soit l’usine et la pompe à fric, c’est überguénial ! (Surtout quand on y va détendu du string, comme Pat et moi, qui étions juste là pour en profiter, sans contrainte…)

Prochain rdv : le salon du livre, le week-end du 14-15 mars ! Papatte fêtera ses 30 ans et on kidnappera Christophe Blain pour elle 🙂

Papatte à l'expo Margerin

Dialogue du jour dans le taxi :

– Question habituelle : « EXCUSEZ-MOI-MADEMOISELLE-MAIS-VOUS -ÊTES -DE -QUELLE-ORIGINE ? » (Le jour où l’on arrêtera de s’interroger à ce sujet, j’imagine que c’est le jour où les Chinois auront colonisé le monde…)

– Moi (lasse) : « Co-ré-enne ».

– Lui : « Je vais vous dire un truc, mademoiselle : j’apprécie énormément les Coréens… et les Japonais, parce que vous êtes polis, vous avez du savoir vivre, alors que les Parisiens, ils sont cons. »

– Moi (très très très lasse) : « Non mais j’ai toujours vécu en France, hein, je ne suis pas vraim… »

– Lui, catégorique : « Peu importe, vous avez ça en vous, c’est votre culture ! Ca vient de vos parents, qui vous ont inculqué ces valeurs… »

Oh f*ck.

Deux bons films pour passer les dernières soirées d’hiver froides au chaud devant le grand écran.

Volt, Star malgré lui

volt

de Chris Williams, Byron Howard

Dis(re)naît ! C’est par ce jeu de mots complètement capillotracté mais parfaitement assumé que j’applaudis de mes deux mains pleines de petits doigts boudinés le dernier film des studios Disney (non non, pas Pixar, mais produit par John Lasseter).

J’en vois déjà râler et soupirer, là-bas, au fond. Oui, oui, je sais, les films avec des animaux en 3D, ça fait maintenant plus de quinze ans qu’on en voit fleurir un par trimestre : des fourmis au panda en passant par les poissons, les souris ou les pigeons voire les mammouths, difficile de trouver un animal qui n’ait pas encore été érigé en héros de synthèse. Difficile, donc, aussi, de continuer à trouver du plaisir dans tous ces dessins animés plus ou moins beaux, qui délivrent tous leur lot de petites chansons entraînantes et leur morale gentillette.

Oui mais bon. Disney reste quand même Disney et dans le genre, on ne peut nier que leurs character designs d’animaux sont les plus réussis. Et Volt ne déroge pas à la règle : comment résister, dès l’affiche, à la bouille adorable du héros principal, petit chien blanc court sur pattes aux grandes oreilles ; et que dire de celle, impayable, de sa copine la chatte noire malingre aux grands yeux dubitatifs ? Je ne parle même pas du hamster, personnage qui s’avère tout simplement hilarant.

C’est donc toute joyeuse et confiante que je suis allée voir ce film l’autre soir, malheureusement en français et malheureusement sans les lunettes en 3D qui doivent lui donner une dimension encore plus fun ! Mais quelle rigolade !

Vraiment, ne boudez pas votre plaisir. Si vous avez envie de rire de bon coeur, courez voir Volt, sorte de Truman show canin complètement craquant, avec trois animaux génialement krokromeugnon à donf ! Volt, cousin à poils éloigné de Buzz Lightyear (Buzz l’Eclair, le jouet de Toy Story), qui se croit héros et en devient finalement un, vous emmènera dans un périple frais et drôlissime, enlevé et même assez spectaculaire (les premières minutes sont bluffantes.) Aucun temps mort dans le scénario : c’est simple mais pas niais et les personnages secondaires sont formidables (mention spéciale au hamster déjanté, cultissime, et aux pigeons idiots !)

Un dessin animé pour tous, de 7 à 77 ans (et même de 1 à 111 ans), l’un des meilleurs Disney depuis des lustres !

*     *     *

Ricky

ricky

de François Ozon

L’un des films les plus étranges et déroutants que j’ai jamais vus, non pas parce qu’il fait surgir le fantastique à mi-parcours mais parce que François Ozon, téméraire et audacieux comme peu de (aucun ?) cinéastes français osent l’être, brasse tant de styles et de thèmes à la fois, frôle si souvent le grotesque sans jamais y tomber, qu’on reste éberlué devant cet objet complètement atypique.

Tout d’abord, je ne remercie pas la chronique ciné de France Inter d’avoir grossièrement révélé hier la particularité de ce fameux Ricky, personnage qui va bouleverser la vie de cette famille modeste et improbable. Malgré tout, bien que connaissant, du coup, une bonne partie de l’histoire, j’ai parfaitement ressenti la tension anxiogène qui baigne toute la première partie du film. De ruptures de tons (film social réaliste à la Frères Dardenne, film fantastique avec des mutations charnelles à la Cronenberg, fable et conte…) en scènes très drôles, François Ozon nous balade dans son histoire dérangeante et intrigante.

Le casting est pour beaucoup dans la réussite : Alexandra Lamy est très juste, très touchante, loin de son rôle d’éternelle trentenaire sentimentale, avatar de Chouchou d’un Gars, une fille ; Sergi Lopez, à la fois extrêmement sympathique et opaque, est toujours excellent ; la petite fille, Mélusine Mayance, est exceptionnelle, avec son petit visage mélancolique ; et le choix du bébé incarnant Ricky est parfait, à la fois adorable (un visage poupin avec de grands yeux bleus) et monstrueux (il semble parfois énorme et disproportionné).

Les critiques ont déjà beaucoup parlé de tous les thèmes abordés par François Ozon : la différence, l’impact de l’arrivée d’un nouveau membre dans une famille (que ce soit un compagnon ou un enfant), la nécessité de laisser son enfant voler de ses propres ailes, l’amour maternel, etc. etc. Tout cela est vrai et plus encore puisque le film, en ne donnant aucune explication, laisse la porte ouverte à toutes les interprétations (certains y verront sans doute aussi le deuil d’un enfant.)

Quoiqu’il en soit, c’est un film, malgré ses moments parfois à la limite du ridicule, qui m’a particulièrement marquée et énormément émue (la scène du lac qui, pourtant, objectivement, pourrait être d’un pathos crétignole achevé !), à tel point que j’en avais la gorge nouée et la larme à l’oeil. Et la fin, pour une fois solaire (ce qui est assez rare, dans les films où un élément pertubateur devient aussi un élément révélateur) est empli d’une douceur tellement apaisante (très belle symbolique des bras des parents croisés dans le dos de la petite fille) qu’on ressort de cette séance complètement chamboulé, après être passé par toutes les émotions possibles (surprise, anxiété, tristesse, sérénité…)

François Ozon s’affirme définitivement, avec Ricky, comme l’un de nos réalisateurs les plus originaux du moment. Que vous aimiez ou non, je vous le conseille fortement, tant ce film est, dans sa globalité, et à l’instar du personnage éponyme, différent.

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