Gembloux, c’est fou

Les copains ! Les copains !

Ayé !! Je suis, telle une valeureuse VRP, saine et sauve dans un motel (en fait un hôtel 4 étoiles paraît-il, pas très sexy architecturalement parlant mais très propre et avec une chambre de genre 30m² rien que pour moi) gembloutois (et non gemblouxois).

Comme convenu, P. est venu me chercher à l’agence à 18h, on a roulé droit vers le nord dans le brouillard pendant 3h30, pour arriver, au terme de longues recherches surréalistes le long d’une route nationale sombre digne d’un film de Lynch (et longée de clubs à prostiputes aux châtoyants noms de « Le Jet Set », « Le Rio », etc.), à ce fameux hôtel au nom un peu énigmatique : Les 3 Clés. Pas tout à fait en centre ville mais cela ne nous empêchera pas, demain soir, de nous en échapper pour dîner dans un troquet chaleureux de cette petite bourgade ma foi plutôt mignonnette.

Vous le savez, j’étais peu enchantée à l’idée de passer 2 jours et 2 nuits avec un homme que je ne connais guère (c’est mon côté prude et timide, ça) et qui me paraissait, de prime abord, un peu trop bavard et fatigant (c’est mon côté méfiant et grognon, ça) et en fait, comme souvent, je me suis trompée de A à Z !!! Certes, P. est extrêmement bavard (je connais une bonne partie de sa biographie – il ne sait toujours quasiment rien de moi mais peu importe, j’adore écouter les autres et je n’ai pas grand chose à raconter par rapport à sa vie, plus longue et plus mouvementée que la mienne) mais son côté un peu « tonitruant-brut-de-décoffrage » dissimule, j’en suis sûre, une vraie bonne pâte, un vrai bon coeur. Le genre bourru-sympa-réglo, à la gouaille à la fois égocentrique et généreuse, en tout cas, agréable compagnon de voyage (et je crois qu’il a également apprécié ma compagnie attentive et « répondante ») (je ne suis pas sûre que ce mot ait grand sens mais après une aussi longue journée, je n’en trouve pas d’autre.)

On a quand même discuté sans discontinuer de 18h à 23h30, de… lui (hihi), de boulot, de France Inter (aaaahhh, il adore Paoli, Demorand, Guillon et Calvi et il connaît Serge Lutens, forcément, hein, il ne pouvait m’être que sympathique !), de cinéma et aussi de musique, sa grande passion avec les livres : il possède 2000 vinyls, presque autant de CD et, après avoir comparé nos goûts musicaux, on a décidé de se faire mutuellement une compil de MP3 sur clés usb pour se faire découvrir des trucs (HéHé, il ne connaît pas encore Antony and the Johnsons !)

Ce soir, déjà, il m’a fait écouter sur son I-Phone (ils ont tous un I-Phone ma parole !) Asa et Ludovico Einaudi – et je l’ai un peu bluffé en lui disant : « Dis donc, ça me fait penser à Philipp Glass ! » (ce qu’il trouve aussi) – et on a papoté, papoté, papoté dans nos canapés, lui devant son énième verre de blanc (il a la descente facile, HéHé) et moi, allongée sous mon manteau, fatiguée, mais contente et confiante, comme avec un vieux bon pote.

La conversation coulait de source et, même quand il s’agissait de lui et de gens que je ne connaissais absolument pas, j’étais intéressée, parce qu’il parle spontanément, il te raconte sa vie, oui, mais sans chichi, simplement, sincèrement et avec bonne humeur et « positive attitude », même lorsque c’est triste…

Et puis il est curieux, gourmand de la vie, optimiste, gai : c’est attachant ce genre de personnalité qui ne semble blasée de rien, qui s’enthousiasme encore, se crée son bonheur et son plaisir, malgré les malheurs et souffrances de la vie…

Je n’en reviens pas moi-même d’avoir passé une aussi bonne soirée.

Comme quoi… Je pars toujours un peu négative et grognon, je me stresse souvent pour n’importe quoi et au final, je me rends compte que je me suis fait une montagne d’un rien. Et là, ce soir, à l’heure où j’écris ces lignes (je serai peut-être d’un autre avis demain, hein, ah ah), je suis sincèrement contente de passer ces deux prochains jours avec lui, loin du ronron de l’agence, des potins niais de filles qui se disent « ma chérie », « ma trucmuche d’amour » à tour de bras en se parlant (sic), des mails ambigus et perturbants, du métro qui pue…

Alors pour fêter ça, je vais profiter de la baignoire (ô luxe !) et prendre un bain (cooooooooooooooooooooool !!!)

Bonne nuit de Belgique !

8 comments / Add your comment below

  1. et en plus t’as droit au wifi à gembloux ^^ Cool, t’as pas perdu au change finalement avec P. haha En plus je suis complètement lessivé par le travail, mes yeux ressemblent à ceux d’un panda, j’aurai pas pu articuler 3 mots… Et demain les grèves gloups, t’as vraiment du bol d’être à Gemblouxe – en fait n’importe ou ailleurs qu’à Paris lol. Vérifie quand même qu’il n’y ait pas un Norman Bates à l’accueil…

    « prostipute »: génial comme un invention ^^. Ca me fait penser à « croustibat » dans la prononciation

  2. Kim, ne t’inquiète pas, même un panda lessivé peut sûrement avoir une super conversation ^-^ D’ailleurs, je n’oublie pas notre dîner chez le père de Lucile-Embrasse-moi la semaine prochaine ! Yesss !
    Bon courage pour demain, c’est clair que les grèves, aïe aïe aïe…
    Quant à « prostipute », ce n’est pas de moi (je ne sais pas qui l’a inventé, mais c’est juste guénial) mais absolument d’accord pour le « croustibat » également relevé à l’époque par un copain (Benj’, je crois) 😉

  3. Merci Mimine pour ce soutien psychologique… J’aime savoir que tu vis ma vie par procuration (ha ha ha hi hi hi ho ho ho)…
    Oui, Gembloux, son jambon, ses genoux…
    Ce soir, je suis allée dîner dans le centre avec mon compagnon de boulot, je voulais « voir la ville » (j’ai fait mon Emma Bovary en refusant de rester dans ce triste hôtel 4 étoiles excentré) et en fait, c’était plutôt ambiance « ville morte ». Pas un chat, les restaus plus ou moins fermés et déserts… Wow.
    Enfin, c’était quand même rigolo et j’ai appris plein de trucs sur la vie de P. et les gens (connus) qu’il a connus…
    Je côtoie de ces types, moi. Je me sens toute minuscule minuscule.

  4. bah oui pour une fois que c’est pas moi qui me retrouve dans un endroit inconnu de tous, ça me passionne de te voir en immersion dans une ville dont on découvre soudain le nom et l’existence !!!

    et pis ben t’es comme moi dans ces cas-là, ça te fait rire cette escapade je vois bien !!!

    allez Gembloux !!!!

    bonne nuit, nom d’une frite !!

    ps : et pis maintenant que j’ai trouvé ça http://www.3cles.be/ , la visite continue !!!

  5. Alors d’abord premierement:

    « prostipute » c’est dans l’incal, ce sont des prostitué androide d’on decide soi meme l’apparence avant consommation.

    secondement:

    demorand est une grosse ****** j’interdit qui que ce soit de l’aimer

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