2 0 0 9

Chaque année c’est pareil : quel ennui, rebelote,
Il nous faut adresser tous nos voeux de bonheur,
Afin de leur montrer qu’ils sont dans notre coeur,
A l’ami, à l’amant, au parent, voire au pote.

En trente ans, la formule ampoulée et idiote
Que j’écris en janvier sans entrain ni ardeur

Sur une mignonnette bien kitsch en couleur
S’est toute desséchée comme une vieille crotte.

Alors pour une fois, adieu tous les grands mots !
La joie c’est nul à chier ! L’amitié, c’est pas beau !
A mort l’amour, à mort ! La santé, j’en ai marre !

Les succès on s’en fout ! Les projets tous à l’eau !
Cette année tout sera complètement nouveau,
Différent, farfelu, insolite et bizarre !

*

Retour du boulot… Pas (encore) sommeil. Envie de composer des vers de mirliton. Envie de poésie. Pas forcément classique (la seule poésie que j’ai longtemps appréciée), d’ailleurs. En ce moment, avec moi, dans mon lit, dorment en pagaille des recueils de Rilke, Char, Roy et Supervielle (trop méconnus à mon goût)… Je les aime. Et puis envie de fantaisie, de folie, de « fantasquerie » (ce mot n’existe pas, je crois, tant pis, je l’écris !)

Non, sincèrement, je vous souhaite de tout coeur, à vous qui passez ici, que je connais ou non, une grande année 2009, un millésime particulier s’il en est !

Trinquons donc gaiement tous ensemble, en nous étouffant dans la frangipane épiphanienne, aux amours fantasmées, aux fantasmes assouvis, aux rêves aboutis, aux voyages entrepris, aux passions enflammées, aux projets démesurés, aux risques encourus, aux illusions perdues, aux amis retrouvés, aux grandes espérances, aux coeurs simples, à vous, à nous, à tout ! Soyons fous !

Que 2009 soit pétillante, explosive. Décisive.

Hips.

(PS : en prime un petit test daltonien amusant… Bon, c’est facile – et un peu absurde car je n’ai pas trouvé le « 0 » qui va entre les 2 autres chiffres, mais ho hé hein bon !)

12 comments / Add your comment below

  1. .. Ravie, Nemito, de voir qu’il y a en encore une pour partager avec moi le goût des sonnets classiques, et une relative facilité à en commettre 😀

    Voilà donc juste le pinaillage de rigueur de mamie Cuau, entre connaisseuses (tu effaceras tout cela après avoir corrigé: assez facilos!): dans le vers suivant, tu as mis un pied de trop:

    A mort l’amour, à mort ! La santé, qu’elle se barre !

    … Patrice Lecomte avait fait la même erreur dans Ridicule, et presque personne ne l’avait remarqué. Mais nous SI!! 🙂

    Et sinon, à propos, Pop’eye???

  2. Exact, exact, horreur, horreur, honte sur moi !!!
    Nous mettrons cela sur le compte de l’heure tardive… 😉
    J’ai modifié le vers par une pirouette typographique pas très heureuse mais je ne trouve pas d’autre rime féminine en « arre » pour l’heure ! Tant pis !
    C’était quoi le vers défectueux dans « Ridicule » ? Je ne m’en souviens plus, bien que j’aie, à l’époque, adoré le film (l’un des rares de Leconte que j’ai aimé, à vrai dire…)
    Pop’Eye, j’y songe grandement ! Lundi soir, Papatte et moi allons voir Jacques Vergès (« Serial Plaideur ») au théâtre de la Madeleine. Je compte bien écrire quelque chose dessus 🙂
    Sinon, j’ai toujours un truc sur « La Veillée des Abysses » et « Blackbird » en attente… La semaine prochaine, tout commence !

  3. Patrice Lecomte:

    « Toujours fidèle à sa conduite,

    L’abbé sans nuire à sa santé,

    Peut faire deux mots d’esprit de suite…

    L’un en hiver, l’autre en été ».

    Horreur! …Je l’ai entendu(e) tout de suite, et j’ai trépigné de rage tout le long (restant) du film. Je me suis demandé aussi comment il se faisait qu’aucun des acteurs présents sur la scène, et accoutumés aux octosyllabes (?), (Berling, Fanny Ardant, Giraudeau, etc) n’ait tiqué, et suggéré une modification (facile!) à P. Lecomte?Alors que pour une partition musicale, par ex, aucun musicien un peu pro n’accepterait d’interpréter un morceau avec un temps de trop dans une mesure?? Ou si?

    Mais je viens (pour retrouver le vers) de me mettre sur un site sur Ridicule, et je m’avise que des erreurs de versification de ce genre, ou pire, il y en a PLEIN. Et justement dans un film qui montre l’importance sociale que revêtaient alors ces erreurs!! Cela seul suffit pour moi à discréditer l’entreprise!

    Justement, j’avais un peu envie d’en parler dans Pop’Eye ?? Qu’en dis-tu?

    Voilà le site:

    http://educine.chez-alice.fr/analyses/ridicule.htm

    et pour le vers, bien sûr, c’est le 3ème:
    (..) peut faiRE deux mots d’esprit de suite (..)

    …Ce qui est interessant, c’est que certains auteurs modernes écrivant des pastiches ne font AUCUNE erreur de versification ( Rappeneau -ou son dialoguiste- dans la réécriture de Cyrano de Bergerac;
    Jacques Rampal dans Célimène et le Cardinal), alors que d’autres, et non des moindres, ne les ENTENDENT pas. Pas plus d’ailleurs que la majorité des spectateurs/lecteurs :-(. Les mêmes qui hurleraient à la fausse note dans un concert, etc.

    Sinon, pour ton sonnet, je continue à pinailler: tu as fait rimer un pluriel (”mots”) avec 3 singuliers (”eau”). Aucune importance, me diras-tu? Certes. Mais alors, pourquoi t’imposer les contraintes du sonnet classique, si tu ne les respectes pas TOUTES? C’est justement là le jeu… 😉

  4. Ahhhh, bonne idée !!! Toutes les idées sont bienvenues pour Pop’Eye !! Je m’y mets ce week-end !! 🙂
    Oui, moi aussi, en général, les erreurs de pieds m’exaspèrent. Mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une inattention (hélas).
    Dommage pour « Ridicule », il faudrait que je le revoie !!!
    Cela me fait penser au « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau, que j’avais pourtant adoré (Géraaaaaard !) : lui et son scénariste (Jean-Claude Carrière ?) avaient eu l’outrecuidance de faire 2-3 coupes et arrangements dans le texte original d’Edmond Rostand, ce qui m’avait horrifiée (d’autant plus que ça s’entend énormément !)
    M’enfin bon…

  5. Nous nous sommes croisées..

    Pour Cyrano, j’ai aussi entendu les coupes/arrangements, mais justement, là, TOUT m’a semblé métriquement correct (+alternance respectée de rimes masculines/féminines, etc.). Et assez justifiable au niveau de l’intention et du sens. Encore que, comme toi, je n’aime pas trop qu’on retoque les textes…

  6. Il faut que je revoie « Cyrano » aussi alors ?
    A l’époque, j’étais une fervente fan du bouquin, j’avais été fort déçue de voir l’une de mes tirades favorites (« non merci, non merci, non merci ») hardiment tronquée !!
    Pour « Célimène et le Cardinal », j’avais adoré… et pourtant, je n’ai vu que la captation pour télé ! Mais Gérard Desarthes et Ludmila Mikael étaient excellents.
    Pour la rime singulier/pluriel, j’ignorais la règle !!!?? Est-ce que Baudelaire et Racine la respectent ??? (Je vérifie) 😉

    Oh la la, mais oui !!! C’est fou ! C’est fort ! J’avoue que je n’avais JAMAIS remarqué cette contrainte supplémentaire (car je n’ai jamais non plus appris, dans toute ma scolarité, les règles de versification : la poésie, à mon époque, c’était déjà bien désuet, HéHéHé…) (ou alors, à l’époque, ça ne m’intéressait nullement !)

  7. Singulier/singulier et Pluriel/pluriel; alternance rimes masculines/féminines, attention aux e muets (toutes les erreurs dont on a parlé, et que je retouve dans tous les quatrains de « Ridicule » 🙁 ): c’est vraiment la BA ba. AUCUN auteur classique, dès le Moyen-âge (v. Villon et Rutebeuf, puis ensuite Ronsard, du Bellay, et évidemment Molière, Racine et Corneille, puis V Hugo, etc.) ne déroge à cela

    Ensuite, il y a les régles plus subtiles, que ne respectent pas toujours les versificateurs plus « modernes » (Verlaine, Rimbaud): par ex, les deux quatrains des sonnets qui riment ensemble (mais pas les tercets: contrainte que je m’impose mais qui n’est pas la règle). Et puis, le problème des hiatus (deux voyelles en contact, là, deux é dans ton texte) et des diérèses (chi-er, alors qu’on dit en revanche ami-tié), la césure soit au milieu, soit découpant régulièrement le vers (en 3, en 4), etc. Il est très difficile de ne pas faire d’erreur (et pourtant, dans des pièces entières, les grands auteurs classiques n’en faisaient aucune: c’est que pour eux, c’était aussi audible qu’un temps en trop pour un musicien -exemple bis-)

    Et justement, je prétends avec forfanterie 😉 que dans mes derniers textes (v blog), il n’y a aucune erreur (de versification. Pour la « poésie », c’est autre chose!). Défi? Avec ta virtuosité et ton aisance, Célinette, tu devrais le relever, et désormais, toi aussi, les éradiquer impitoyablement dans tes textes.

    Oh oui, amusons-nous: je m’emmerde à mourir dans ce CDI.

    Le e muet, c’est un e qui ne se prononce pas: soit en fin de vers: rebelote,pote,

    soit au milieu car il y a une liaison qui l’escamote:
    voire au pote.

    L’erreur de Patrice Lecomte (et de la plupart des versificateurs rapides) c’est d’avoir mis des e qui justement ne sont pas muets car devant une consonne:
    faire deux mots
    il faudrait donc dire “fai-re deux mots”,etc., ce qui donne un pied de plus.

    Tiens, je retouve ma Ballade du thé (qui m’avait fait gagner il y a 15 ans un voyage à Hong-Kong, où je ne suis pas allée
    :-() :

    Outre la présence incongrue des alizés dans le Pacifique ;-), il y a une petite erreur (diérèse) : la retrouveras-tu?

    LA BALLADE DU THE

    Moussons et alizés ont soufflé leur haleine
    Sur le thé du Yunnan et de Chandernagor,
    Kipling en a goûté la saveur indigène,
    Quand les clippers anglais naviguaient loin du port;
    Les chinois le cueillaient avec des ciseaux d’or,
    Du céladon moirait la coupe coréenne;
    On y met beurre et sel en terre tibétaine:
    La symphonie du thé vibre d’un seul accord.

    Le samovar gémit sous la tente turkmène:
    Dans son eau tremble encor l’âme du Prince Igor.
    A Tanger parfumé de menthe marocaine,
    Le thé sent le jasmin près des temples d’Angkor.
    Dans le jardin brumeux d’un cottage Tudor,
    Des scones sont posés près du cosy de laine;
    Le matcha de Kyoto verdit la porcelaine:
    La symphonie du thé vibre d’un seul accord.

    ENVOI:

    Prince, entre le Marais, Ivry, la Goutte-d’Or,
    La ronde continue jusqu’aux bords de la Seine;
    Si chacun dans son thé trempe sa madeleine,
    La symphonie du thé vibre d’un seul accord.

  8. Pour la diérèse : « Kyoto » ? 😉
    En tout cas, cette ballade tue vraiment tout ! Elle est superbe. Tu m’étonnes que tu as gagné un voyage ! Et dire que tu n’es même pas partie à Hong-Kong alors que d’autres se seraient damnés pour y aller (moi, par exemple) ! Tssss !
    Bon, malheureusement, j’ai 2-3 formations à caler, je dois repartir mais je reviendrai (il faut que je réfléchisse car avec tant de contraintes poétiques, l’inspiration vient difficilement… LOL)
    Courage au CDI !!
    Ce matin, après m’être couchée vers 3h, j’ai été réveillée en panique vers 9h (sinon, j’aurais dormi toute la journée, je crois) par les appels sur mon portable de notre fou furieux de client (un sadique refoulé, j’en suis sûre !), j’en ai encore froid dans le dos ! Du coup, j’ai un peu bossé de chez moi, super embarrassée (et stressée) même si Isa ne m’a rien dit (heureusement qu’internet et les serveurs ftp existent, hein, sinon, j’étais grave dans le caca pour envoyer des documents que j’avais laissés au bureau !)
    Vivement demain soir, qu’on « oublie touuuuuut » !

  9. … Oui, c’est « Kyoto ». Remarque que si j’avais mis « Tokyo », c’était bon!! (car on dit ky-o-to (3), mais to-kio (2) ). Et dire qu’en plus, on ne sait pas comment ça se prononce en japonais!..:-).

    Ici, ma journée (cool) se termine: courage pour la tienne! Comme tu dis, vive internet :-). Où ça en est, avec ce client refoulé? Ce sera fini demain soir??

    Pas de nouvelles des uns et des autres(Tibo, Manu): as-tu reçu mon mail collectif d’hier? et as-tu des infos fraîches?

    Tout ça m’a donné envie de reversifier à nouveau! Tu te souviens de notre ballade à 6 mains? En voilà une qui était bien! Et sans aucune erreur, en plus! On s’y remet?

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