He’s still standing (part 2)

Avant de reprendre où je m’en étais arrêtée, je tiens à remercier du fond du coeur les personnes qui m’ont envoyé un petit message ou sms chaleureux (voire vraiment touchant) – suite au post précédent – qui ne me semblait pas si désespéré que ça, même si je suis effectivement bien décalquée à l’heure où je vous parle. Grosse fatigue et gros coup de mou mais pas de blues. Mais merci merci merci, parfois j’ai honte de toute cette gentillesse…

Revenons-en donc à notre ami Elton, même si vous vous en foutez complètement, ce que je peux comprendre, surtout si vous n’aimez pas le genre petit gros rouquin à lunettes. Mais moi ça me fait plaisir de parler (écrire) toute seule et me remémorer ce concert d’anthologie qui m’a transportée, non seulement 10 ans en arrière mais également au 7e ciel (Elton, l’Artiste transversal.)

Bon, il va sans dire que quand Cynthia m’a proposé la place quelques jours avant le jour J (je ne sais plus trop où j’étais, mais dans un lieu public), j’étais évidemment toute jouasse. Mais ce n’était pas (encore) l’excitation torride. Elton, ça faisait dix ans que je m’en étais peu à peu désintoxiquée : entretemps, comme les djeun’s à cheveux fous et colliers de chien à pics, j’avais préféré fréquenter les concerts de rock moderne et crier ma « rebellitude » en levant mes poings à bracelets cloutés vers le ciel avec des gens de mon âge (bon, j’exagère, mais le collier de chien, je l’ai encore et je pourrais encore très bien l’assumer à mon âge avancé ^^ !)

Cependant, au fur et à mesure des jours, mon enthousiasme allait grandissant et, mardi soir, c’est le coeur tout frémissant que je quittai en trombe l’abominable routine du bureau pour filer à Bercy. Mon Dieu. Elton. ELTN ! MAIS ELTN QUOIIIIIIII !!!!!!

Nan mais vous n’imaginez même pas comme j’ai pu aimer ce type dans ma jeunesse, ça vous dépasse, c’est au-delà de l’humainement possible/normal, c’est… c’est… c’est dommage, tiens ; mais moi, je trainais cet antécédant avec moi, mardi. Et j’étais heureuse. Et j’étais reconnaissante. Et j’étais folle.

D’ailleurs, je crois que j’avais l’air franchement contente, non ? 😉

Une fois à Bercy, avec la mère Cynthia, nous avons bien galéré pour trouver le guichet des invitations VIP mais nous avons fini par y parvenir. Quelle émotion de tenir ce billet entre mes petits doigts boudinés : 111€ la 2e catégorie, c’est quand même franchement du délire, même s’il y a bien sûr toute la scénographie de David Lachapelle à rentabiliser… Et moi, je l’avais gratuitement.

Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Je n’en sais rien, mais j’en profite avant de devoir payer au centuple ces petits instants de bonheur inespéré.

Bercy s’est rempli peu à peu, d’un public hétéroclite (plutôt vieillot et pas très branchouille, entre quinquas nostalgiques et sages trentenaires, ce qui me déçoit toujours un peu dans ce genre de concert de « vieille star ») (cela dit, à ce prix-là, hein…) tandis que l’émotion me submergeait par vagues successives. En même temps, je me sentais d’une sérénité assez hallucinante (c’est ça aussi la zen attitude ^^). En effet, je m’étais promis de n’attendre pas grand chose du concert, redoutant une déception fatale pour mon pauvre coeur d’artichaud.

Après une première partie relativement intéressante, assez pop-rock-soul-funky (Jamie Lidell) et 20 minutes d’entr’acte plus tard… Enfin… L’ex-idole de ma vie, mon petit gros à lunettes favori, mon petit homosexuel roux chéri, mon pianiste pop de génie… ELTOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!

Une entrée sur les premières notes martelées de « Bennie and the Jets » et c’est bon, je suis partie au quart de tour : ce sera deux heures à chanter (pour ne pas dire m’égosiller) comme une dégénérée.

Et c’est trop bon.

Trop trop top trop bon.

Enorme même.

Réentendre tous ces tubes, revoir la petite tête bouffie mais tellement attachante d’Elton, ses mimiques adorables, que je connais par coeur, pour les avoir vues tant et tant de fois sur des K7 vidéos introuvables en France envoyées par JH, il y a plus de dix ans de cela…

Et puis, au-delà de la tendresse et l’affection que m’inspire le personnage, extravagant et foufou, bavard et rigolo, il y a la voix, certes très changée en 40 ans de carrière, mais magnifique, puissante, qui pénètre dans tout le coeur et fait frémir… et surtout, la musique… Ces mélodies efficaces, ce piano délirant, ces impros qui font, de chaque chanson mille fois entendue, une redécouverte…

Argh ! Je suis AMOUREUSE. Non, il faut que j’arrête, c’est mal, je sais 😀

Mais n’empêche, j’ai retrouvé, en l’écoutant, toute la fougue (heuh) de mes 16 ans et puis plein de sensations de l’époque (en fait, maintenant que j’y pense, à l’époque, je n’allais pas si bien que ça, mais bon, la musique d’Elton était justement une source de réconfort, et j’étais fan de lui comme devient fan toute petite âme désespérée en quête de héros ou de modèle). Mardi, c’était comme retrouver un vieil ami après des années de silence, c’était émouvant et chouette, mais je n’ai pas ressenti tant de nostalgie que ça ; au contraire, j’ai été euphorique durant tout le concert et même encore maintenant, en y repensant, sans cette espèce de descente déprimante bizarre que j’éprouve souvent après avoir vécu un grand moment (peut-être que j’ai vieilli ?)

Ce soir-là, Elton n’a joué que des tubes archi-connus (hormis peut-être « Believe », sous-estimé à sa sortie et « Tiny Dancer », plus connu aux USA qu’ici), qu’évidemment, je connaissais par coeur. Grosso merdo et plus ou moins dans l’ordre :

  • « Bennie and the Jets », fabuleuse intro,
  • « Philadelphia Freedom », enlevé comme il faut,
  • « Believe », magnifique (l’une de mes chansons favorites d’Elton…)
  • « Daniel », bien, mais j’en ai un peu marre de celle-là, depuis quasiment toujours ^^,
  • « Rocket Man », formidaaaaaaable, LE morceau sur lequel il improvise très souvent, de façon hallucinante : pas moins de 11 minutes de délire pianistique, génialissime,
  • « I guess that’s why they call it the blues », moui, bon, pourquoi pas, pas l’une de mes préférées, mais un bon moment quand même,
  • « Goodbye Yellow Brick Road », superbe, même si Elton ne monte plus du tout dans les « ahaaaahaaaaahhh aaah aaah aaah aaah aaaaaaaaah », hélas,
  • « Someone saved my life tonight », l’une de mes préférées aussi, je ne pouvais être qu’aux anges ! (Elle ne figure même pas sur le DVD de Las Vegas, argh, argh…)
  • « Sorry seems to be the hardest word », j’aime bien, mais c’est déjà le Elton sirupeux des 80’s…
  • « Tiny dancer », un morceau génial du non moins génial album « Madman across the water » (qui ne vaut cependant pas le titre éponyme…),
  • « Don’t let the sun go down on me », une institution depuis sa version en duo avec George Michael… Mille fois mieux en concert que sur la version album (que je trouve horriblement momolle) : parfait pour la nouvelle voix tonitruante d’Elton !
  • « Candle in the wind », arf, que dire, si ce n’est que j’ai du mal avec cette chanson, plus encore depuis qu’elle a servi pour Lady Di…
  • « Pinball Wizard », j’adore, j’adhère !
  • « The Bitch is back », un morceau plein d’entrain, toujours sympa en concert mais que, personnellement, j’écoute rarement sur album 😉
  • « I’m still standing », l’un des rares titres des années 80, mais quel titre ! Juste génial !
  • « Saturday night’s alright for fighting », géant, forcément géant…
  • « Your song », la plus belle chanson du monde. Un concert sans « Your Song » serait franchement incomplet (ça lui est arrivé de la zapper !)

Par bonheur, il a privilégié les chansons des années 70, sa meilleure période – exit les bluettes des années 80 et 90 comme l’exaspérant « Sacrifice » (l’une de ses pires compositions, sans rigoler.)

Musicalement, donc, une grosse tuerie même si, en tant que fan, j’estime qu’il y a de nombreux chefs d’oeuvres méconnus dans le répertoire monstrueux de Tonton John (que j’ai parfois en versions live sur des K7, toujours fournies par JH…)

Sur le plan de la mise en scène, j’attends de regarder le concert de Las Vegas que je viens de recevoir en DVD pour me prononcer car il faut reconnaître que j’ai passé plus de temps à filmer et photographier qu’à réellement regarder (il faut vraiment que je me souvienne que je ne peux pas à la fois vivre l’instant, photographier et filmer l’instant, puis monter l’instant et enfin commenter l’instant, à moins de devenir complètement barge !)

Mais bon, a priori, j’ai trouvé le côté kitsch et grandiloquent de la scénographie lachapellienne absolument adéquat à la démesure d’Elton et le bon goût n’étant pas forcément la qualité principale de ce dernier, eh bien je dirais que les hotdogs géants, les bananes phalliques et les citrons en formes de seins étaient plutôt bien choisis pour orner la scène. Tout cela m’a semblé très festif, très joyeux, très gai (gay)…

Quand au clip « This train don’t stop there anymore » projeté sur l’écran, avec Justin Timberlake en young Elton, il est tout bonnement sublime, mais ça, vous pouvez le voir sans problème sur Youtube (ici par exemple, regardez-le, il est vraiment SUPER !) (je crois qu’il n’y a que trois plans séquences dedans, c’est un assez joli tour de force et même si Justin ne ressemble pas du tout à Elton, il l’incarne plutôt bien.)

Enfin, Elton lui-même a été tellement adorable, plaisantant en français (bon, je viens de réaliser qu’il dit évidemment les mêmes choses – et fait donc les mêmes blagues – durant une même tournée, mais là, il a quand même fait l’effort de parler un peu français !), papotant entre chaque morceau… Un vieux copain, trop cool. Je l’adore, non, franchement, je l’adore.

Seul moment de déception : quand j’ai tenté de rejoindre la fosse, sur « Pinball wizard »… Après avoir dévalé la volée de marches qui me séparaient de mon endroit préféré (la fosse) – laissant lâchement Cynthia derrière moi – et être passée sous la barrière (rebelle toujours ! ^^), j’ai juste eu le temps de me déhancher trois secondes à quelques mètres de la scène, avant qu’un cerbère patibulaire ne m’attrape violemment par les deux bras et ne me renvoie valser rageusement dans les gradins, d’où j’avais l’outrecuidance de venir. Tssss… J’ai essayé de me défendre bravement mais comme j’en avais marre qu’il me postillonne sa mauvaise haleine à la figure tout en me broyant les bras, j’ai fini par retourner derrière la barrière, un peu vexée et surtout très frustrée de voir ceux qui avaient payé 150€ danser contre la scène. Voire sur la scène (argh !) lors de « Saturday night’s… »

Enfin, je m’en fous, on a quand même fini le concert assises beaucoup plus près qu’au départ ! 😉

Voilà. Elton cuvée 2008, quasiment 10 ans jour pour jour après que je l’ai vu pour la dernière fois, ça a été magique, féérique, extatique, fantastique… Je ne regrette qu’une chose : que le public soit toujours un peu compassé devant une star un peu vieillissante et surtout, qu’il vienne en n’étant absolument pas connaisseur et qu’il se contente d’écouter sagement les tubes qui défilent.

Putain, rock n’ roll les mecs, quoi !

Elton, quand tu veux tu viens chez moi, moi je mets le feu à tout le 13e arrondissement toute seule !!! 🙂

Elton, trognon comme tout

Il ne joue plus sous son piano mais prend quand même quelques risques…

La mise en scène de David Lachapelle, tout en finesse

Grand moment de jalousie : quand une partie du public de la fosse est montée danser autour d’Elton sur Saturday night’s alright for fighting !!! (J’ai failli en faire une crise d’apoplexie, ça va que je suis grande, maintenant…)

Quelques articles :

Elton John à Paris et dans une centaine de cinémas de France et d’Europe, AFP

Elton John surprend encore, Le Figaro

Des tonnes d’Elton John, L’Express

1 comment / Add your comment below

  1. aaah c’était top … même si helais j’aurais aimé connaître les chansons par coeur.
    J’ai été impressionné par sa puissance vocale !!!
    Ce fut un show digne de ce nom !!

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