EDIT : VIDÉO MODIFIÉE LE 02/01/09 (nouvelles photos)

Une petite vidéo que j’ai faite à l’arrache cette nuit, après le départ de Papatte (couchée 4h, levée 7h30, la journée va être youpie.)

La fin ne me satisfait pas du tout, je la retravaillerai donc probablement ce week-end, mais je voulais absolument poster ça le 31 décembre alors en attendant, voilà… Je pense que ça devrait à peu près refléter les personnes avec qui j’ai (plus ou moins) traversé cette année 2008.

Je leur dédie cette petite rétrospective : Mag, Nico, Mimine, Papatte, Raphaël, Djé, Vic, Jacques, Margaux, Cynthia, Manolo, Claudine, Marius, Valentin, Ishmael, Kunie, Arnaud, Baz, Charly, Ting, Romain

Et ceux qui ne figurent pas dedans parce que je les vois moins souvent… Julien, Thibault, Montserrat, etc. mais qui comptent aussi…

Et puis Serge, Elton, Joan, lui et tous les nouveaux visages rencontrés depuis…

Je vous souhaite un très joyeux réveillon, j’embrasse très très fort Mimine et Claudine dont c’est l’anniversaire aujourd’hui et je vous dis à demain pour les voeux…

PS : Ni la musique (Mika) ni la petite citation de fin (tirée du « Cimetière marin » de Paul Valéry, mais qui risque de sauter dans la prochaine version) ne traduisent un mal-être ou une dépression, hein !! 😀

La Vague - Hokusai

Dernières heures parisiennes avant une (trop) (courte) parenthèse lyonnaise bienvenue. Je regrette finalement de n’y passer que quatre jours, quand mes dernières vacances datent de fin août et que je me sens un peu flétrie de fatigue. Je compte bien, néanmoins, dans cette chère ville qui cache, sous une apparente froideur, une beauté rayonnante, voir quelques visages familiers qui manquent à mon quotidien…

En cette fin d’année, les choses s’emballent ; et les sentiments aussi. Je sens mon coeur gonfler comme une grand’ voile qu’appellent de nouvelles aventures. Intérieurement, j’aspire à autre chose. D’autres choses. Mais larguer les amarres nécessite un certain courage. Alors j’attends, toujours – un peu timide – à quai. Mais les cheveux déjà au vent.

C’est un début.

Comme je l’ai dit à quelques amis, 2009 devra, pour moi, porter fièrement son nom et être, réellement, deux mille neuf. On réclame, on exige du nouveau ! Mais du nouveau beau ! Du nouveau grand ! On veut de belles histoires, de grands sentiments, de l’élégance, de la classe, de la noblesse et du panache !

Que nulle niaiserie – je la hais ! – ne vienne gâcher cette année. Fuyons à toutes jambes les choses médiocres et mesquines. Ne cédons plus à la facilité. L’amour sera fol et passionné ; la chance insolente ; les désirs extravagants !

Il n’est pas encore tout-à-fait temps de vous formuler, tout comme Nicolas Sarkozy, mes voeux présidentiels pour la nouvelle année qui s’approche à grands pas (mais si, tendez l’oreille, elle accourt en Moon Boots !) mais bon, j’avais déjà envie de faire ma liste de résolutions-cons.

En fait, pas de résolutions traditionnelles pour 2009, du moins pas de celles que l’on (je) ne tient(s) jamais (commencer un régime sans calories, devenir une brute à la guitare, apprendre les claquettes – quoique j’en parle depuis 2005 ! -, lire tout Chateaubriand…) mais quelques grandes lignes directrices de « conduite », que je veux/vais m’efforcer de suivre, à présent que j’entre, paraît-il, dans le plus bel âge de la vie…

  1. « Avant tout, être un grand homme et un saint pour soi-même », Charles Baudelaire (et si Charles le dit, il faut essayer !) ;
  2. Refuser d’être blasée. S’émerveiller, toujours, de tout, de rien. Aimer aimer ;
  3. Cultiver l’humour et l’auto-dérision, la moindre des politesses. Tendre vers la légèreté mais sans frivolité ;
  4. Rester modeste. Être simple. Haïr la pose ;
  5. Loyauté. Sincérité. Curiosité. Spontanéité ;
  6. Savoir voir ; aimer écouter ;
  7. Apprendre pour mieux comprendre ;
  8. Redouter le niais, le tiède, le plat, l’ennuyeux – rechercher le piquant, le pétillant ;
  9. Surmonter ses craintes. Expérimenter. Essayer au moins. Oser.
  10. Devenir quelqu’un de bien. Tenter de.

4, 3, 2, 1, 0… c’est parti !

Et vous ???!!!

JOYEUX NOËL LES AMIS !!!

JOYEUX NOËL LES AMIS !!

L’autre jour, j’avais peur de ne plus avoir de boulot, je me sentais inutile comme une vieille chaussette dépareillée… Me voici rassurée. Il est 00h01, je suis au bureau depuis « avant 9h » (ce qui ne m’arrive pour ainsi dire quasiment jamais) et je suis encore en train de bosser avec Isa sur des fucking présentations powerpoint pour une convention sur laquelle je ne suis même pas la consultante en charge du dossier (j’ai la joie de remplacer une collègue partie en vacances…)

Le plus cocasse dans l’histoire ? L’autre collègue qui bosse dessus (depuis le début) est partie à 18h30.

Bah oui, elle a des enfants. Elle.

Tsssss…

*     *     *

Edit de 1h40 : Je rentre. Journée interminable. Minable tout court. Je suis un peu furieuse. Moi aussi, ce soir, j’avais des projets, notamment celui de voir Marius, que je ne vois hélas plus que très rarement. Finalement, je suis restée ; coincée ; pas le choix. Il arrivait à Palais Royal, avec toutes les emplettes qu’il avait gentiment faites pour mon compte chez Sephonnaud. Je l’ai décommandé au dernier moment. Chier. Et même merde.

16h au boulot dont près de 10 passées en rendez-vous client, truc de ouf comme dirait l’autre. Heureusement, j’avais pris mon ordinateur avec moi en salle de réunion, j’ai donc pu m’octroyer quelques furtives pauses « mails » durant ces looongues heures de chipotage autour de la typo ou la couleur d’un titre de slide (entre autres). J’ai bien cru que j’allais crever, tiens. Seule consolation : je bossais avec Isa, que j’affectionne particulièrement. Je sais aussi que c’est réciproque, alors je suis contente, tout de même. On a même bien rigolé, toutes les deux. Au final, on a fait un énorme boulot de correction sur moultes présentations atroces et, bien qu’on soit horriblement prises à la gorge par le temps, il me semble qu’on a pas mal fait les choses.

En sortant de l’agence, je crois que j’ai cassé la serrure de la porte d’entrée. Du coup, on est parti, chacune dans son taxi, dans la nuit, en laissant la porte de l’agence ouverte et une lumière allumée (par ma faute, mais à cette heure, moi, j’ai plus trop les yeux en face des trous, hein.)

Evidemment, dans le taxi, j’ai eu droit à mes 30 minutes de plan « drague » par le sosie du Père Noël avec grosse barbe grise et un style chelou à la Emile Louis. Je dis « évidemment », ça peut paraître prétentieux, mais vraiment, je déteste prendre le taxi seule à Paris car trois fois sur cinq, je me fais plus ou moins emmerder par le chauffeur et 30 minutes de trajet seule à seul avec un gros lourd, c’est long. Très long. Je sais pas, ma tête doit donner envie aux gens de lui parler, même quand je l’ai dans le seau. Les chauffeurs chinois croient voir en moi une compatriote donc je ne coupe jamais au sempiternel questionnaire de prout : « Vous êtes de quelle origine ? », comme si on avait cultivé du riz ensemble, quoi. Quant aux autres, visiblement, ils aiment bien les Asiatiques. C’est la mode. Wie exotisch.

En même temps, pas mal de taxis doivent en profiter pour essayer de draguer sec ! Je ne compte plus ceux qui ont essayé de me soutirer mon numéro de téléphone ou qui m’ont sorti les plus ignobles clichés sur les charmes de l’Asie en général et des femmes asiatiques en particulier (le ponpon étant un chauffeur de taxi m’expliquant un jour pourquoi il cherchait une gentille femme asiatique parce que les femmes asiatiques, elles sont quand même plus douces et dociles que les occidentales, hein) (et mon cul, il est doux et docile, peut-être ?!?! Grrrrrr !!!…)

Mein Gott.

Donc là, ça n’a pas loupé : et « De quelle origine vous êtes ? », « Est-ce que vous êtes du Nord ou du Sud ? », « On m’avait dit que les Coréennes étaient jolies… », « Votre nom, votre adresse et votre numéro de téléphone me suffiront… » et j’en passe des vertes et des pas mûres. A tel point que j’ai fini par lui demander de me déposer un peu avant chez moi, quitte à finir le trajet à pied.

Le truc chiant, c’est que je n’ai pas encore appris à gérer ce genre de relation pénible en huis-clos. Si je ne réponds pas, j’ai peur que le taxi m’en veuille et me jette dehors sans plus de façon, comme une pauvre crotte (à ce propos, Isa m’a demandé de ne plus dire « crotte ! » – mon expression favorite du moment – devant un client quand je faisais une petite bourde, ah ah ah !) et à 1h du matin, ce serait vachement dommage. Et puis, à la fin, tous ces lieux communs sur l’Asie, ça finit par me casser les pieds sévère. Non mais y’en a marre, la femme geisha, soumise et raffinée, qui se trimballe nue sous son kimono en attendant de servir sa soupe de tofu le soir à son amant fourbu mais fougueux, ça n’existe que dans les fantasmes de vieux machos. Du coup, quand ils ont bien chanté les louanges de l’Extrême-Orient (surtout que, comme j’habite dans le 13e, ils croient avoir affaire à « une authentique » !), j’adore leur répondre, le plus glacialement possible, que j’ai toujours vécu en France, donc les coutumes de là-bas, c’est peu dire que je m’en tamponne le ciboulot.

Le seul problème, c’est qu’après, j’ai droit à un véritable interrogatoire et que, dans la plupart des cas, je me laisse à avouer que mes parents sont Français (donc lâche-moi la grappe avec « Mais vos parents, ils sont de quelle origine ? ») et là ! c’est le drame : re-vive les lieux-communs sur l’adoption, les questions à la con (mais vous pouvez même pas imaginer ce que je peux entendre, tellement c’est nul et ridicule), bref…

Du coup, il faut que je mette sérieusement au point une tactique de conversation ou non-conversation avec le taxi parisien, qui se croit trop mon pote alors que je ne lui ai rien demandé. Soit je joue la froideur méprisante – mais ça, je ne sais pas encore faire – et je reste muette, soit je réponds mais je trouve quelque chose pour ne pas en dire trop sur moi. Parce qu’après tout, en quoi ça les regarde, ces braves gens, que je vienne de Biélorussie ou de Patagonie et que mes parents soient coréens ou français ? Après tout, est-ce que je leur demande quelle est leur origine à eux et la couleur de slip ?

Cette question sur mes origines, jusqu’alors, je n’ai jamais réussi à la contourner. Parce que je n’ai pas envie que la personne en face de moi ait l’impression que je renie mes origines, que j’assume aujourd’hui à peu près PARFAITEMENT – même si je reconnais que ça me saoûle d’être assimilée à une Asiatique, tant je me sens « blanche » à l’intérieur, de par mon éducation et ma culture. Mais en même temps, une fois que j’ai commencé à répondre, je me retrouve à en dire beaucoup plus que je ne voudrais sur ma vie, mon passé et ça m’énerve franchement. Comment faire pour éviter ça ? Et, en fait, comment dire à l’autre, tout simplement, qu’il me gonfle grave ?

Si vous avez des idées…

Je crois que rentrer à pied, c’est encore ma solution préférée (et c’est bon pour mon gras.)

« … est plus apte que toute autre à voiler les terreurs du gouffre. » Charles Baudelaire, le Spleen de Paris

La Chute dIcare - Jacob Peter Gowi

L’autre jour, alors que nous étions en train de plaisanter avec des amis (un peu bêtement, à nous envoyer des vannes idiotes – et je tiens à m’excuser pour la mienne, qui faisait en fait référence à ce fameux site et non pas ta vie en particulier), tu m’as dit, brusquement, que ma façon de vivre, tourbillonnante et éparpillée, trahissait chez moi une sorte de fuite devant les choses et probablement devant la vie.

Cette courte et lapidaire analyse psychologique m’a, sur le coup, surprise. Non pas blessée ou vexée, non, je te rassure. Surprise. Parce que, d’une part, ça fait un petit moment déjà que je réfléchis à tout ça et que j’essaie de m’expliquer ce qui fait que, depuis très longtemps, depuis toujours, je crois, je cours éperdument après quelque chose. D’autre part parce que, évidemment, tu n’as pas complètement tort. Même si, moi, je serais quelque peu plus nuancée.

J’aurais pu te répondre personnellement et longuement par mail mais en fait, j’avais envie depuis un moment de parler de tout ce qui va suivre, alors je me lance, un peu en vrac, sans trop savoir si quelqu’un comprendra vraiment, mais peu importe.

Au commencement, il y a cette phrase, célèbre, de Baudelaire : « Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous ! » (Le Spleen de Paris) et que j’ai, sans doute, inconsciemment, faite mienne, tant j’y adhère. Je reviendrai un jour à Baudelaire et l’importance, l’influence qu’il a (eue) sur ma façon de voir la vie ; je ne parle pas seulement du poète, mais de l’homme, déchiré entre ses tentations vers le bas et ses aspirations vers le haut, écartelé entre spleen et idéal, dans les écrits duquel j’ai retrouvé beaucoup de mes questionnements.

Effectivement, ma boulimie – et j’emploie ce terme à dessein, ayant été par le passé réellement boulimique – de « poésie » (puisque c’est cela que je recherche avant tout), s’apparente à une sorte de fuite : fuite devant le temps qui passe, si vite, et qui rend la vie insupportablement absurde, quand on y pense ; fuite devant la routine, ce quotidien qui rabougrit et qui, tu le sais, me révulse au plus haut point, mais que j’apprends aussi peu à peu à accepter et maîtriser, puisqu’il me permet de jouir pleinement de mes moments d’évasion ponctuels ; fuite, enfin, devant moi-même aussi, qui ne me satisfais jamais complètement, qui aspire à être plus que moi-même sans savoir comment et qui, lorsque je vois des choses belles et grandes, ai soudain l’impression gratifiante de m’élever un peu…

J’utilise tous ces termes un peu en désordre, sans trop réfléchir au sens réel que je leur donne, mais tels qu’ils viennent spontanément.

Maintenant, cette fuite n’est pas qu’une fuite, à mes yeux. C’est aussi une recherche, une poursuite, une quête ; appelle-la comme tu veux. L’envie irrépressible de profiter de ce que la vie (vie que j’aime passionnément, en réalité, depuis peu) peut nous offrir de plus beau, comme des petits miracles bouleversants, éphémères mais répétés. Toucher du doigt ces instants de grâce me tire vers le haut. Sans eux, je resterais sûrement recroquevillée sur moi-même, ratatinée sur mon petit moi sans rien faire d’autre que me questionner, sans avancer ni progresser.

Or, j’ai envie de progresser.

Dans l’Art, je ne trouve pas toujours les réponses que je recherche, mais parfois, j’y saisis quelque chose d’infime qui me parle et qui m’oriente un peu dans les chemins que je crois toujours prendre un peu à l’aveuglette.

Ce que j’y cherche, avec avidité, c’est quelque chose de sublime, de supérieur, qui donnerait à la fois un sens au fait d’exister et me remettrait également à ma place, place que j’ai toujours un peu de mal à trouver. Est-ce étrange de dire que j’éprouve souvent le besoin de baisser la tête devant quelque chose de magnifique, de plus grand que moi, non pas en signe de soumission, mais d’humilité ? Mais j’imagine bien que je ne suis pas la seule à chercher cela…

Donc voilà, mon grand « n’importe quoi », parfois, me fatigue, il est vrai, mais, contrairement à ce que je laisse visiblement supposer, je n’ai pas tant l’impression que ça de m’y perdre ; plutôt de m’y trouver, peu à peu, même si cela ne va pas sans doutes et essoufflements… Et, en fait, je dirais même que je suis profondément heureuse de pouvoir vivre tout ça (même si j’ai bien conscience qu’il n’y a pas que ça qui compte), parce que ma vie est souvent remplie de choses belles qui m’émeuvent et me transportent et je plains, oui je plains ceux qui ne connaissent pas ces émotions, car qu’est-ce que la vie sans passion(s) ?

Bientôt, je ne me contenterai plus simplement de vivre ce que font les autres, mais je ferai quelque chose, oui, je ne sais pas quoi encore, il me faut juste un peu de temps, le temps de me rassembler complètement. Un jour aussi, il me faudra apprendre à jouir aussi intensément de chaque petite chose de la vie et non plus seulement des moments extraordinaires.

Mais ça vient, je t’assure.

Youuuuhhhh fête du slaïp ! fête du slaïp !

Je suis partie sur un coup de tête, ce soir, rejoindre Jérôme et deux de ses collègues au concert de Duffy.

Chépa, à la base, j’étais pas spécialement fan, le côté « voix nasillarde rétro bluesy », c’est pas trop ma came habituellement, en plus, je ne connaissais que deux chansons de la demoiselle. Pour moi, c’était une sorte de sous Amy Winehouse blonde. Efficace, certes (« Mercy » c’est quand même aussi bon que « Rehab », hey !), mais moins sulfureuse – et donc moins intéressante – que sa brune rivale.

Mais bon, l’invitation était tentante : après tout, en dehors d’Elton et My Brightest Diamond deux ou trois fois, je n’ai pas le souvenir d’avoir beaucoup trainé mes chaussures chats à des concerts cette année ! Du coup, refuser un billet offert eût été un sacrilège peu justifiable devant le Dieu de l’amusement et de la joie de vivre, le seul qui guide dorénavant ma vie 😉

Malgré la fatigue, j’ai donc couru ventre à terre jusqu’au Bataclan, petite salle à taille humaine géniale où j’avais déjà vu, entre autres, Peter Von Poehl, il y a un ou deux ans (je suis pas sûre, note), pour y retrouver mon Djo et ses collègues Carole et Emilie (croisée la veille au one woman show de Valérie ! Le monde est petit…)

Je suis juste arrivée pour voir la fin de la prestation de… Jamie Lidell !!! Eh oui, le même mec qui faisait la première partie d’Elton, il y a tout juste dix jours ! (Et ça, je parie que Mimine adorerait aussi, tant c’est funky-soul à donf !)

Le garçon est charmant. Facilement abordable, il adore se laisser photographier à côté de toutes les (jolies) filles qui le sollicitent. HéHé, c’est clairement trop cool d’être une rock star (même pas encore très star) pour emballer facilement !

Emilie, Carole et moi avons donc demandé à Djé de nous photographier avec Jamie (Jean-Mi, comme l’appelle Benj’, HuHu) et j’en ai profité pour lui dire que je l’avais vu au concert d’Elton. Moi : « You were great! »« Oh really? Thanks! » m’a-t-il répondu avec un super sourire. « Have you been staying in Paris? » ai-je demandé. « No, noooo, we’ve turned around! » Definitely mimi.

Après l’entr’acte, Duffy est enfin apparue au terme d’une introduction parlée/slamée un peu longuette enregistrée sur l’air de la « Sonate au Clair de Lune » de Beethoven. Je me suis résolument éloignée de mes compagnons de concert pour me rapprocher de la scène. Et alors là, franchement, je ne m’y attendais pas du tout mais Duffy, c’est une blonde atomique. Simplement vêtue d’un haut noir à col marin blanc et d’un jeans, les cheveux relevés en une queue de cheval dorée négligée, les cils lourdement ombrés de mascara (enfin, là, j’extrapole un peu car je n’étais pas si près que ça, mais il me semble qu’elle avait un vrai regard de biche), elle était d’une beauté assez charismatique, comme une apparition lumineuse ; à la fois féline mais avec du chien. Je serais un homme (ou je laisserais parler mon « côté Lady Oscar », pour reprendre l’expression rigolote de Baz) (qui est d’ailleurs un contre sens puisque qu’Oscar n’est PAS homosexuelle, mais j’en reparlerai, j’en reparlerai), je tomberais immédiatement amoureux d’un tel genre de femme (bon, je viens de vérifier sur Youtube, elle est moins jolie en gros plan, mais de loin, l’aura très solaire qu’elle dégage est impressionnante.)

Elle exhale innocemment une sensualité lumineuse et mystérieuse assez troublante, c’est vraiment ce qui m’a le plus marquée lorsque je l’ai vue se mouvoir lentement, dans des lumières bleues du plus bel effet, sur sa chanson d’introduction, « Rockferry » :

Pourtant, elle bouge très peu sur scène et ses chorégraphies se limitent à un léger déhanché accompagné d’un langoureux geste du bras qui imite celui du lavage de vitre 🙂

Mais il suffit parfois de deux trois gestes savamment dosés pour distiller un érotisme étonnant (Madonna et ses chorégraphies vulgaires peut vite aller se rhabiller !) et là, Duffy m’a bluffée. Un geste suspendu pour se caresser furtivement les cils, un battements de paupières et il se passait vraiment quelque chose.

Elle était en cela bien aidée par les mélodies délicieusement surannées qu’elle chante et qui lui donnent un petit côté diva d’antan très sexy. S’ajoute à cette ambiance exquise la voix : sa voix, assez extraordinaire en live. Un poilichon nasillarde, oui, mais avec une vraie identité, un timbre et une tessiture magnifiques servis par une technique irréprochable.

Bon, autant dire que j’ai été plus que joyeusement stupéfaite et que j’ai passé ma soirée à dansoter tranquillou avec l’impression de porter une robe à carreaux vichy, un serre-tête et des socquettes blanches. Et même si la jolie Duffy s’est contentée de dérouler son unique album sans surprise ni rappel, son concert était d’excellente facture et je ne regrette en rien d’avoir loupé Plus belle la Vie ! 😉

Avant de reprendre où je m’en étais arrêtée, je tiens à remercier du fond du coeur les personnes qui m’ont envoyé un petit message ou sms chaleureux (voire vraiment touchant) – suite au post précédent – qui ne me semblait pas si désespéré que ça, même si je suis effectivement bien décalquée à l’heure où je vous parle. Grosse fatigue et gros coup de mou mais pas de blues. Mais merci merci merci, parfois j’ai honte de toute cette gentillesse…

Revenons-en donc à notre ami Elton, même si vous vous en foutez complètement, ce que je peux comprendre, surtout si vous n’aimez pas le genre petit gros rouquin à lunettes. Mais moi ça me fait plaisir de parler (écrire) toute seule et me remémorer ce concert d’anthologie qui m’a transportée, non seulement 10 ans en arrière mais également au 7e ciel (Elton, l’Artiste transversal.)

Bon, il va sans dire que quand Cynthia m’a proposé la place quelques jours avant le jour J (je ne sais plus trop où j’étais, mais dans un lieu public), j’étais évidemment toute jouasse. Mais ce n’était pas (encore) l’excitation torride. Elton, ça faisait dix ans que je m’en étais peu à peu désintoxiquée : entretemps, comme les djeun’s à cheveux fous et colliers de chien à pics, j’avais préféré fréquenter les concerts de rock moderne et crier ma « rebellitude » en levant mes poings à bracelets cloutés vers le ciel avec des gens de mon âge (bon, j’exagère, mais le collier de chien, je l’ai encore et je pourrais encore très bien l’assumer à mon âge avancé ^^ !)

Cependant, au fur et à mesure des jours, mon enthousiasme allait grandissant et, mardi soir, c’est le coeur tout frémissant que je quittai en trombe l’abominable routine du bureau pour filer à Bercy. Mon Dieu. Elton. ELTN ! MAIS ELTN QUOIIIIIIII !!!!!!

Nan mais vous n’imaginez même pas comme j’ai pu aimer ce type dans ma jeunesse, ça vous dépasse, c’est au-delà de l’humainement possible/normal, c’est… c’est… c’est dommage, tiens ; mais moi, je trainais cet antécédant avec moi, mardi. Et j’étais heureuse. Et j’étais reconnaissante. Et j’étais folle.

D’ailleurs, je crois que j’avais l’air franchement contente, non ? 😉

Une fois à Bercy, avec la mère Cynthia, nous avons bien galéré pour trouver le guichet des invitations VIP mais nous avons fini par y parvenir. Quelle émotion de tenir ce billet entre mes petits doigts boudinés : 111€ la 2e catégorie, c’est quand même franchement du délire, même s’il y a bien sûr toute la scénographie de David Lachapelle à rentabiliser… Et moi, je l’avais gratuitement.

Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Je n’en sais rien, mais j’en profite avant de devoir payer au centuple ces petits instants de bonheur inespéré.

Bercy s’est rempli peu à peu, d’un public hétéroclite (plutôt vieillot et pas très branchouille, entre quinquas nostalgiques et sages trentenaires, ce qui me déçoit toujours un peu dans ce genre de concert de « vieille star ») (cela dit, à ce prix-là, hein…) tandis que l’émotion me submergeait par vagues successives. En même temps, je me sentais d’une sérénité assez hallucinante (c’est ça aussi la zen attitude ^^). En effet, je m’étais promis de n’attendre pas grand chose du concert, redoutant une déception fatale pour mon pauvre coeur d’artichaud.

Après une première partie relativement intéressante, assez pop-rock-soul-funky (Jamie Lidell) et 20 minutes d’entr’acte plus tard… Enfin… L’ex-idole de ma vie, mon petit gros à lunettes favori, mon petit homosexuel roux chéri, mon pianiste pop de génie… ELTOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!

Une entrée sur les premières notes martelées de « Bennie and the Jets » et c’est bon, je suis partie au quart de tour : ce sera deux heures à chanter (pour ne pas dire m’égosiller) comme une dégénérée.

Et c’est trop bon.

Trop trop top trop bon.

Enorme même.

Réentendre tous ces tubes, revoir la petite tête bouffie mais tellement attachante d’Elton, ses mimiques adorables, que je connais par coeur, pour les avoir vues tant et tant de fois sur des K7 vidéos introuvables en France envoyées par JH, il y a plus de dix ans de cela…

Et puis, au-delà de la tendresse et l’affection que m’inspire le personnage, extravagant et foufou, bavard et rigolo, il y a la voix, certes très changée en 40 ans de carrière, mais magnifique, puissante, qui pénètre dans tout le coeur et fait frémir… et surtout, la musique… Ces mélodies efficaces, ce piano délirant, ces impros qui font, de chaque chanson mille fois entendue, une redécouverte…

Argh ! Je suis AMOUREUSE. Non, il faut que j’arrête, c’est mal, je sais 😀

Mais n’empêche, j’ai retrouvé, en l’écoutant, toute la fougue (heuh) de mes 16 ans et puis plein de sensations de l’époque (en fait, maintenant que j’y pense, à l’époque, je n’allais pas si bien que ça, mais bon, la musique d’Elton était justement une source de réconfort, et j’étais fan de lui comme devient fan toute petite âme désespérée en quête de héros ou de modèle). Mardi, c’était comme retrouver un vieil ami après des années de silence, c’était émouvant et chouette, mais je n’ai pas ressenti tant de nostalgie que ça ; au contraire, j’ai été euphorique durant tout le concert et même encore maintenant, en y repensant, sans cette espèce de descente déprimante bizarre que j’éprouve souvent après avoir vécu un grand moment (peut-être que j’ai vieilli ?)

Ce soir-là, Elton n’a joué que des tubes archi-connus (hormis peut-être « Believe », sous-estimé à sa sortie et « Tiny Dancer », plus connu aux USA qu’ici), qu’évidemment, je connaissais par coeur. Grosso merdo et plus ou moins dans l’ordre :

  • « Bennie and the Jets », fabuleuse intro,
  • « Philadelphia Freedom », enlevé comme il faut,
  • « Believe », magnifique (l’une de mes chansons favorites d’Elton…)
  • « Daniel », bien, mais j’en ai un peu marre de celle-là, depuis quasiment toujours ^^,
  • « Rocket Man », formidaaaaaaable, LE morceau sur lequel il improvise très souvent, de façon hallucinante : pas moins de 11 minutes de délire pianistique, génialissime,
  • « I guess that’s why they call it the blues », moui, bon, pourquoi pas, pas l’une de mes préférées, mais un bon moment quand même,
  • « Goodbye Yellow Brick Road », superbe, même si Elton ne monte plus du tout dans les « ahaaaahaaaaahhh aaah aaah aaah aaah aaaaaaaaah », hélas,
  • « Someone saved my life tonight », l’une de mes préférées aussi, je ne pouvais être qu’aux anges ! (Elle ne figure même pas sur le DVD de Las Vegas, argh, argh…)
  • « Sorry seems to be the hardest word », j’aime bien, mais c’est déjà le Elton sirupeux des 80’s…
  • « Tiny dancer », un morceau génial du non moins génial album « Madman across the water » (qui ne vaut cependant pas le titre éponyme…),
  • « Don’t let the sun go down on me », une institution depuis sa version en duo avec George Michael… Mille fois mieux en concert que sur la version album (que je trouve horriblement momolle) : parfait pour la nouvelle voix tonitruante d’Elton !
  • « Candle in the wind », arf, que dire, si ce n’est que j’ai du mal avec cette chanson, plus encore depuis qu’elle a servi pour Lady Di…
  • « Pinball Wizard », j’adore, j’adhère !
  • « The Bitch is back », un morceau plein d’entrain, toujours sympa en concert mais que, personnellement, j’écoute rarement sur album 😉
  • « I’m still standing », l’un des rares titres des années 80, mais quel titre ! Juste génial !
  • « Saturday night’s alright for fighting », géant, forcément géant…
  • « Your song », la plus belle chanson du monde. Un concert sans « Your Song » serait franchement incomplet (ça lui est arrivé de la zapper !)

Par bonheur, il a privilégié les chansons des années 70, sa meilleure période – exit les bluettes des années 80 et 90 comme l’exaspérant « Sacrifice » (l’une de ses pires compositions, sans rigoler.)

Musicalement, donc, une grosse tuerie même si, en tant que fan, j’estime qu’il y a de nombreux chefs d’oeuvres méconnus dans le répertoire monstrueux de Tonton John (que j’ai parfois en versions live sur des K7, toujours fournies par JH…)

Sur le plan de la mise en scène, j’attends de regarder le concert de Las Vegas que je viens de recevoir en DVD pour me prononcer car il faut reconnaître que j’ai passé plus de temps à filmer et photographier qu’à réellement regarder (il faut vraiment que je me souvienne que je ne peux pas à la fois vivre l’instant, photographier et filmer l’instant, puis monter l’instant et enfin commenter l’instant, à moins de devenir complètement barge !)

Mais bon, a priori, j’ai trouvé le côté kitsch et grandiloquent de la scénographie lachapellienne absolument adéquat à la démesure d’Elton et le bon goût n’étant pas forcément la qualité principale de ce dernier, eh bien je dirais que les hotdogs géants, les bananes phalliques et les citrons en formes de seins étaient plutôt bien choisis pour orner la scène. Tout cela m’a semblé très festif, très joyeux, très gai (gay)…

Quand au clip « This train don’t stop there anymore » projeté sur l’écran, avec Justin Timberlake en young Elton, il est tout bonnement sublime, mais ça, vous pouvez le voir sans problème sur Youtube (ici par exemple, regardez-le, il est vraiment SUPER !) (je crois qu’il n’y a que trois plans séquences dedans, c’est un assez joli tour de force et même si Justin ne ressemble pas du tout à Elton, il l’incarne plutôt bien.)

Enfin, Elton lui-même a été tellement adorable, plaisantant en français (bon, je viens de réaliser qu’il dit évidemment les mêmes choses – et fait donc les mêmes blagues – durant une même tournée, mais là, il a quand même fait l’effort de parler un peu français !), papotant entre chaque morceau… Un vieux copain, trop cool. Je l’adore, non, franchement, je l’adore.

Seul moment de déception : quand j’ai tenté de rejoindre la fosse, sur « Pinball wizard »… Après avoir dévalé la volée de marches qui me séparaient de mon endroit préféré (la fosse) – laissant lâchement Cynthia derrière moi – et être passée sous la barrière (rebelle toujours ! ^^), j’ai juste eu le temps de me déhancher trois secondes à quelques mètres de la scène, avant qu’un cerbère patibulaire ne m’attrape violemment par les deux bras et ne me renvoie valser rageusement dans les gradins, d’où j’avais l’outrecuidance de venir. Tssss… J’ai essayé de me défendre bravement mais comme j’en avais marre qu’il me postillonne sa mauvaise haleine à la figure tout en me broyant les bras, j’ai fini par retourner derrière la barrière, un peu vexée et surtout très frustrée de voir ceux qui avaient payé 150€ danser contre la scène. Voire sur la scène (argh !) lors de « Saturday night’s… »

Enfin, je m’en fous, on a quand même fini le concert assises beaucoup plus près qu’au départ ! 😉

Voilà. Elton cuvée 2008, quasiment 10 ans jour pour jour après que je l’ai vu pour la dernière fois, ça a été magique, féérique, extatique, fantastique… Je ne regrette qu’une chose : que le public soit toujours un peu compassé devant une star un peu vieillissante et surtout, qu’il vienne en n’étant absolument pas connaisseur et qu’il se contente d’écouter sagement les tubes qui défilent.

Putain, rock n’ roll les mecs, quoi !

Elton, quand tu veux tu viens chez moi, moi je mets le feu à tout le 13e arrondissement toute seule !!! 🙂

Elton, trognon comme tout

Il ne joue plus sous son piano mais prend quand même quelques risques…

La mise en scène de David Lachapelle, tout en finesse

Grand moment de jalousie : quand une partie du public de la fosse est montée danser autour d’Elton sur Saturday night’s alright for fighting !!! (J’ai failli en faire une crise d’apoplexie, ça va que je suis grande, maintenant…)

Quelques articles :

Elton John à Paris et dans une centaine de cinémas de France et d’Europe, AFP

Elton John surprend encore, Le Figaro

Des tonnes d’Elton John, L’Express

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