Me voici donc dimanche, après avoir passé ma nuit à contempler amoureusement mes trois premières dédicaces (à ce jour, je suis encore extatique devant…)

Aujourd’hui est un autre grand jour puisqu’après avoir eu la joie de voir l’immense Lewis hier, je vais sans aucun doute récupérer aujourd’hui un dessin de Juanjo Guarnido et revoir ce Charles Berberian qui m’a rendue toute chose 🙂

Arrivée à Solliès Ville en début d’après-midi. Le monde est encore pire qu’hier : impossible de se garer aux alentours du festival, il me faut redescendre une bonne partie de la route qui monte au village pour me garer en dehors de Solliès. A moi la côte à monter à pied, youpie, c’est bon pour mon gras !

Mission impossible : se garer !

Il fait toujours aussi beau et chaud. La petite place envahie de tentes et strapontins me semble plus familière et amicale qu’hier. La feuille avec le nom de Guarnido est toujours à la même place. Et juste à côté de lui, que lis-je ? Berberian ! Eh bien voilà. Je n’ai plus qu’à me poser là tranquillement. J’ai mon ticket n°23 (donné hier par un galant jeune homme qui s’est désisté juste devant moi, ne pouvant revenir aujourd’hui) mais il y a déjà une bonne trentaine de Guarnidomaniacs qui poireautent en ligne devant le stand. D’après ce que j’entends, certains seraient là depuis 9h du matin (Guarnido, aussi fort que Mylène Farmer !) Je sais pas trop quoi faire. Attendre ou ne pas attendre ?

Je commence par me mettre en bout de queue mais il n’est même pas 15h et Guarnido doit venir à partir de 16h, 17h. Toujours un peu hésitante dans ce genre de situation floue, je décide de faire un petit tour parmi les bouquinistes. Il y a des trésors devant lesquels je bave telle cette édition des aventures de Mandrake le magicien à 50€ chaque volume. Hélas, ce ne sera pas pour moi. Je ne furète pas trop, craignant pour mon compte en banque et doutant de ma force de caractère légendairement trop faible pour résister à l’appel du désir et du plaisir immédiat de l’achat compulsif. Sage et raisonnable par obligation, je me contrains donc à retourner dans la file Guarnido, sans trop savoir si je dois d’abord faire la queue pour ce dernier ou pour Berberian, qui est juste à côté.

Finalement, j’opte pour Guarnido. Le meilleur pour la fin !!! 😉

Durant l’attente, qui s’avérera extrêmement longue, je discute avec un grand type, élitiste de la BD, qui attend pour un autre auteur, plus « underground », et me conseille de courir après une dédicace de Sicomoro ou Sandoval (effectivement sublimes) plutôt que d’attendre pour un Guarnido décevant. Il m’apprend ainsi que l’édition originale du premier tome de Blacksad vaut désormais entre 100 et 150€ et que sa cote a explosé très rapidement. Très vite, Guarnido a été inapprochable en festival et ses dessins sont aujourd’hui loin de ce qu’il pouvait se permettre de faire à ses débuts. Si vous êtes curieux, vous pourrez voir quelques unes de ses oeuvres (certaines en couleurs ! – JALOUSIE !) sur ce site. (Impressionnant, non ?) Le type en profite pour me dégoûter en me faisant remarquer que j’ai racheté une réédition de Âme rouge – clairement le moins bon des trois albums – et que c’est un peu dommage de se faire signer une édition qui n’est pas originale.

Moi qui n’ai JAMAIS réfléchi un instant au type d’édition que j’achète, n’ayant pas toujours l’argent au bon moment pour me payer un album dès sa sortie, j’en ai été étrangement chagrinée et il m’a fallu un bon moment pour me remettre de cette remarque qui dévalorisait d’un coup ma modeste collection de BD que je chéris alors qu’elle ne contient peut-être qu’une majorité de rééditions ! Passé ce temps de désabusement cruel, je reprends du poil de la bête et profite de l’attente pour observer ce que font Sicomoro et JC Denis – dont j’ai trouvé tous les dessins superbes, même à l’envers.

Vers 16h et des poussières, l’organisateur de la veille qui a distribué les tickets débarque pour mettre un peu d’ordre dans notre file, ce qui est plutôt de bon augure. Guarnido sera là ! Je me souviens de Rom’s qui, une année, au Festival de Brignais (69), avait eu un ticket pour Marini et était revenu exprès le lendemain tôt pour apprendre qu’en fait, celui-ci ne viendrait pas. L’organisateur annonce alors une nouvelle choc à tous les sans-tickets qui font la queue depuis le matin : tous les tickets d’hier vont leur passer devant ! Soit 34 personnes a priori.

La tête des pauvres refoulés, un peu abasourdis pas cette annonce !!!! Je crois qu’à leur place, j’aurais fait un caca nerveux monstrueux, mais telle est la dure loi de la jungle bédéesque. Tous les avec-tickets se rangent donc sagement en ordre et ceux qui étaient arrivés trop tôt se voient refoulés à leur place numérotée officielle. Moi, du coup, je progresse. Et, devant moi, il n’y a clairement pas 22 personnes. Plutôt une grosse quinzaine. Bon, évidemment, il y a toujours les pros qui n’hésitent pas à venir s’insérer au dernier moment après être partis vers d’autres stands en attendant.

Tout de même, il me faudra plus de deux heures pour obtenir cette dédicace tant convoitée. Plus je m’approche de Guarnido, plus je peux voir son voisin, qui n’est autre que le charmantissime Charles B. J’avoue, oui, j’avoue, que d’où j’étais, je le regardais avec une attention et un intérêt extrêmes et tendais l’oreille pour écouter ce qu’il racontait à ses admirateurs.

Affable et amusant, « Charlie » raconte des anecdotes à ses lecteurs, mais aussi à son voisin Guarnido. A un moment, je lui souris, mais je ne sais pas trop s’il me reconnaît. Peu importe. J’ai une vue fabuleuse sur deux dessinateurs de folie, il n’en faut pas plus à mon bonheur. Comme une grosse groupie bien beauf (avec des yeux bridés, en plus), j’en profite pour mitrailler mes deux héros avec mon petit Lumix qui me suit désormais partout.

La fille juste devant moi n’arrête pas de dire à Guarnido combien elle l’admire et aime ce qu’il fait, combien ses personnages « animorphosés » sont géniaux et tout et tout. D’un côté, je trouve ça un peu pathétique et inutile (bien que je fasse bien pire, HuHu, lorsque j’écris à mes « idoles »), de l’autre, je l’envie d’être capable d’oser dire à voix haute ce qu’elle pense tout bas. Et même si, parfois, cela sonne un peu naïf ou maladroit, je me dis que, pour un artiste, ce doit toujours être émouvant de s’entendre complimenter et dire qu’il a touché quelqu’un par son art.

Enfin mon tour pour Guarnido !

Juanjo Guarnido écoute Charles Berberian avec attention

« Quel personnage ? » me demande-t-il en français, avec son accent espagnol craquinou. – « Je vais pas être très originale : Blacksad. »

Mon coeur bat la chamade. C’est stupide, mais dès que je me trouve face-à-face avec quelqu’un que j’admire, même si je n’ai rien de spécial à faire ou dire, je suis dans un état émotionnel violent. Evidemment, je suis incapable de lui parler, alors je me contente de le regarder tout en ayant mille questions qui se bousculent dans mon cerveau… et que je garde bêtement.

Bon, là encore, Guarnido a fait mille fois mieux juste avant moi (un immense portrait de Blacksad de profil, au type qui envoyait sa famille entière aux quatre coins du festival) mais je suis néanmoins ravie et complètement bouleversifiée d’avoir un Blacksad original de sa main chez moi… En plus, on a eu de la chance à Solliès car à Angoulême, il n’acceptait de dédicacer que son dernier album, un truc plus enfantin à base de sorcières très disneyennes…

Il est bôôôôôôô Blacksad ! Comment ça, c’est un chat ? Et alors, on n’a pas le droit d’être amoureuse d’un chat ? Merdalors.

Et voilà ! Guarnido, c’est fait. A lui tout seul, il a bien dû prendre 5h de ma vie ce week-end-là ! Je ne comprends toujours pas pourquoi ça allait aussi lentement quand on voit le peu de temps qu’il met par dédicace (moins de dix minutes, je pense.)

Il est plus de 18h, le festival se termine à 19h. Il est clair que je peux abandonner l’idée de saluer Tardi, Schuiten, Makyo et compagnie. Mais il me reste Berberian. Il y a pas mal de monde devant lui aussi. Rien à voir toutefois avec Guarnido, devant lequel attendent encore une cinquantaine de fanatiques optimistes (je pense que certains auront fait la queue tout l’après-midi pour rien à cause du système de tickets.)

Je me retrouve en septième ou huitième position. Je me décale un peu pour voir Berberian. Bien qu’il m’ait clairement vue tout à l’heure devant Guarnido, ce n’est que maintenant qu’il me lance un sympathique : « Bonjour ! » avec un signe de reconnaissance. Youuuhhouuu c’est la fête ! Durant l’attente devant Guarnido, j’ai eu confirmation qu’il était adorable avec son public. Soudain il s’écrie : « Ah non, il y a un moustique ! S’il y a un moustique, j’arrête tout là ! » et m’avisant, d’un air malicieux : « Décidément, vous n’avez pas de chance, hein ! »

Trop mignon.

Enfin bref. Je ne vais pas me répéter cent sept ans, je suis tombée amoureuse de Charles Berberian, là, d’un coup, j’y peux rien, il avait qu’à pas me sourire, mon coeur est fragile !

Charles Berberian parle à Juanjo Guarnido

Quand enfin j’arrive devant lui, je suis dans mes petits souliers, à la fois über heureuse et complètement terrorisée.

« – Je suis contente ! je dis simplement d’un air constipé.

– Eh bien… Je suis content… que vous soyez contente« , répond-il de sa voix douce et un peu traînante.

Je tends mon album sans rien oser ajouter. Bon, j’aurais bien aimé un Monsieur Jean, mais ce sera pour une prochaine fois 🙂

Le voyant dessiner les pieds nus de son personnage au pinceau, je me hasarde à une question d’une platitude incommensurable : « C’est dur à dessiner les pieds, non ? »

Il prend son temps avant de répondre : « Heuh… Oui… C’est pour ça qu’il ne faut jamais essayer de faire des pieds en fait. Moi, par exemple je fais… heuh… des mains ! Et ça donne des pieds ! »

On rigole. Oh la la. Il a un charme qui déchire tout. J’ai juste envie qu’il passe sa soirée (voire sa vie ^^) à dessiner devant moi.

– Vous dessinez ? me demande-t-il soudain.

– Hein ??… Heuh… Oui… Heuh… Enfin, pour ce que je fais, on peut pas vraiment dire que je dessine… (Super, la réponse !)

– Ah bin si vous dessinez, vous dessinez ! (… silence …) Et vous faites un peu de couleur ?

– Ah non, je suis nulle !!! (Aaarrrghh, mais pourquoi tu dis ça ?)

– Moi aussi !!! (Il se marre. J’adore.) D’ailleurs, c’est comme pour les pieds ! Faut pas essayer de faire de la couleur et puis ça finit par faire quelque chose…

J’aimerais bien, une fois dans ma vie, dire à quelqu’un que j’admire quelque chose d’un tant soit peu intelligent, l’interroger sur son livre Playlist, sur ses projets, lui dire n’importe quoi qui lui montrerait que je ne suis pas là par hasard, mais je reste désespérément muette, les lèvres tremblottantes dès qu’il lève la tête pour tenter de lui sourire amicalement.

Je parviens tout juste à articuler que je trouve ses dessins particulièrement élégants et il me dit, tout doucement : « Merci, c’est gentil. » La seule chose idiote que je lui demande, c’est si Dupuy dessine aussi alors qu’en fait, je sais très bien qu’ils bossent en tandem très fusionnel.

La fin de la dédicace approche. J’ai encore brillé par ma banalité et mon idiotie. Je reprends mon album, déprimée.

– « C’est quand la prochaine fois qu’on pourra vous revoir ? » J’utilise le pronom impersonnel volontairement.

– Ah, la prochaine fois, c’est à Lausanne. Pourquoi ?

– Heuh, parce que j’ai plein d’autres albums à vous faire dédicacer.

– Ah nooon, j’aime pas ça, dit-il en souriant.

– Bon, Lausanne, c’est trop loin. Et plus proche de Paris ?

– Ah vous, vous êtes plutôt de Paris ? Heuh, non, pour l’instant, non.

– Bon. Eh bien tant pis. Merci. Bonne soirée. »

Les histoires d’amour, surtout à sens unique et imaginaires, finissent toujours mal.

Snif.

Charles qui parle et bouge (bien plus beau qu’en photo !) :

Samedi, je suis donc allée au Festival de Solliès Ville, joli petit village perché sur une colline, à quelques kilomètres de Carqueiranne, faire le plein de BD et de dédicaces.

Enfin, le plein de BD… N’ayant pas prévu cette excursion, dont j’ai pris connaissance en voyant les affiches une fois arrivée dans le Var, je n’avais évidemment pas pensé à emporter ici mes BD originales et je savais que j’allais être obligée de racheter certains albums. Du coup, j’ai prudemment restreint mon budget à 50-60€ d’achat – pasque sinon, je crois que je ne partirai jamais au Japon au printemps prochain.

La liste des auteurs invités à cette 20e édition était assez exceptionnelle. Pour n’en citer que quelques uns : Arleston (scénariste de Lanfeust de Troy et tous ses dérivés), Berberian, Boucq, JC Denis, Guarnido, les frères Jouvray, Lax, Le Gall, Loustal, Makyo, Margerin, Peeters et Schuiten (invité d’honneur), Ptiluc, Tardi, Trondheim… et même Marcel Marlier, le créateur de la fameuse petite Martine, victime innocente de nombreux détournements aujourd’hui taris suite à la demande de Casterman. C’est désormais un monsieur âgé, qui continue immuablement de produire des albums et qui a attiré à son stand pas mal de monde, même s’il me semble qu’il ne dessinait pas vraiment à proprement parler (il dédicaçait plutôt les livres et offrait des ex-libris, mais je n’en suis pas sûre car il y avait foule lorsque j’ai tenté de m’approcher.)

François Schuiten

Bref ! J’ai la big flemme de mettre des liens vers tous ces gens monstrueusement talentueux. Mais sur la soixantaine d’auteurs invités, il y en avait près d’un tiers qui m’intéressait ! Il m’a donc fallu faire un douloureux et draconien choix.

Parmi mes incontournables : Lewis Trondheim, raté il y a quelques années grâce, hum, à mon sens de l’orientation hors du commun et dont Djé et moi sommes fans depuis des lustres. Il y a environ 10 ans, j’avais échangé quelques mails avec lui alors que son site n’en était qu’à ses balbutiements. Il était très drôle et sympa ; maintenant, il est largement plus sollicité. Il me fallait à tout prix lui soutirer DEUX dédicaces, une pour moi et une pour Djé.

Ensuite, Guarnido était lui aussi ma priorité : si les scénarii de Blacksad ont un peu baissé en qualité depuis le premier tome qui était canonissime de la couv à la dernière page, le dessin est, lui, resté extraordinaire. Guarnido a bossé pour Disney et son impressionnant bestiaire s’en ressent. Il était sans conteste l’une des stars du week-end et l’immense file d’attente devant son stand décourageait d’emblée.

Puis venaient, dans ma liste, les frères Jouvray (dont la série Lincoln m’avait été recommandée il y a longtemps par PaM) et Berberian (du duo Dupuy-Berberian) dont le trait et l’humour tout en élégance me plaisent.

Dans l’idéal, j’aurais également adoré pouvoir me faire dédicacer Kiki de Montparnasse par Catel et Bocquet, et pouvoir approcher Tardi, Schuiten, Makyo, Le Gall, Lepage, Lax, Loustal, JC Denis, Sicomoro et Sandoval, mais seule, c’était tout bonnement impossible. J’ai à peine eu le temps de flâner entre les stands de bouquinistes qui proposaient de vieux albums d’occaz pas chers ou des EO à prix exhorbitants – cela dit, c’est peut-être pas plus mal pour mon compte en banque ^^. Car ce qu’il faut savoir, quand on est « chasseur de dédicaces », c’est qu’on passe la majeure partie de son temps à attendre pour obtenir un précieux dessin de l’une de nos idoles. Et plus le dessinateur est célèbre, plus l’attente est longue !!! Et avec les gros monomaniaques atteints de collectionnite aiguë qui passent leur temps à écumer les festivals BD (et qui font parfois la queue depuis des heures, comme pour un concert de rock), la concurrence est rude.

Personnellement, j’adore la BD, je suis prête à faire 3h de queue seule sans hésiter, s’il le faut, pour approcher un auteur que j’apprécie et admire particulièrement, mais élaborer des stratégies de malade pour être au bon endroit au bon moment, entraîner mes proches dans une telle folie ou être encore un puriste de l’édition originale me paraît un poilichon exagéré. Un jeune homme (légèrement, hum) fanatique avait visiblement dépêché sa mère et sa soeur (ou sa copine) à la chasse aux dédicaces et il les boostait en disant à sa pauvre mère qui avait fait 2h de queue pour Le Gall, qui ne s’était finalement pas pointé : « Machine est plus efficace que toi », tout en trimballant sa valise (sic !) de BD ! C’est sûr qu’avec un tel escadron, il a eu dix fois plus de dédicaces que moi 🙂

Mais foin de digressions…

Arrivée à Solliès Ville, après une grosse suée d’angoisse dans les petites ruelles étroites en pente du village, dans lesquelles je m’étais inconsciemment engouffrée et où j’ai cru casser la Clio, j’ai été saisie d’un énorme découragement à la vue de la charmante place envahie de stands divers et variés. Moi, plus j’ai le choix, plus je stresse. Du coup, le premier sentiment que j’ai eu, en traversant avec des yeux exhorbités la foule joyeuse de BDphiles, BDvores et BDphages, est un sentiment de complète impuissance et de déplaisir total. Comment procéder ? Par quoi commencer ? Et seule parmi cette foule, à quoi bon ? Le stand de Guarnido était déjà pris d’assaut par au moins une quarantaine de fans, celui des Jouvray ne déméritait pas, je ne voyais Berberian nulle part et Trondheim était introuvable.

Stands de Guarnido, d’Arleston et Schuiten

Après un instant de panique désorganisée, je me suis décidée à aller acheter 3 albums au stand Fnac : un Blacksad, que j’avais déjà puisque je les ai tous, une réédition (alors que j’ai l’originale chez moi !), un Monsieur Jean et le tome 1 de Lincoln. Puis, j’ai commencé par faire la queue pour Guarnido. Mais voyant la foultitude de sièges et sacs posés devant moi, j’ai vite compris que j’allais passer mon après-midi à attendre pour me faire refouler en soirée, les auteurs ne dédicaçant qu’entre 16h et 19h ! Je me suis donc mise en route pour Trondheim, que j’ai finalement trouvé à un autre stand. A peine deux ou trois personnes attendaient devant moi, équipées de strapontins. Elles avaient posé sacs et sièges et étaient parties, peut-être se désaltérer ou se mettre à l’ombre. On sentait les pros de la stratégie. Moi, ça m’énerve un peu cette mentalité « j’ai-la-gagne » dans ce contexte, comme si ce qui devrait être un plaisir était une bataille ou une course ! Pffff…

Vite, vite, je suis retournée en vitesse à la Fnac, racheter deux Lapinot. Le vendeur, charmant, m’a offert un ex-libris de De Cape et de Crocs, l’une de mes séries favorites (bon, je lui ai un peu forcé la main – subtilement -, mais après tout, il l’avait offert à la dame devant qui n’avait acheté qu’une BD alors que j’en payais cinq. Et je suis réellement fan de DCeDC !)

L’après-midi débutait finalement bien.

Mon sac Fnac en toile sous le bras, je reviens m’installer dans la file Trondheim, debout, en plein soleil. Juste après moi, la file s’allonge. Ah ah. Quelques instants plus tard, une voix s’élève à côté de moi : « Ah, j’avais posé mes sacs là. Mais bon, je vais pas vous passer devant, je vais aller en fin de queue. » Je lève les yeux. Un grand gaillard me sourit en désignant le sac posé devant moi. « Bin non, il est bête lui », je pense, tout en lui disant : « Vous plaisantez, si vous étiez là avant, allez-y. » Je le laisse donc passer devant moi et me replonge dans ma lecture de Lincoln.

« Ah, je l’ai jamais lue, cette BD ».

OoooOoooooOooh le gros relou !

Alors là non ! Je suis là bien tranquille, on en a sûrement pour plus d’une heure de queue avant que Lewis se pointe, j’ai pas envie qu’un mec que je connais ni d’Eve ni des dents vienne me faire la parlotte. Mais bon, il s’entête, le gars, même si je réponds d’abord par monosyllabes, d’un ton poli mais qui est censé signifier clairement : « Parle à mon cul, ma tête est malade. » Rien n’y fait. Il parle, il parle. En même temps, il faut bien reconnaître qu’il EST sympathique et nature. Après tout, je peux essayer de lui parler une heure, mon album ne me durera pas aussi longtemps. On se met donc à discuter et c’est à ce moment que je réalise ce qu’il y a de vraiment sympa dans un festival BD, hormis le fait d’approcher des auteurs que l’on admire et nonobstant les espèces de fous extrêmistes de la dédicace : c’est de rencontrer des gens agréables qui partagent la même passion, voire sont de vrais spécialistes aux avis enrichissants. Je me retrouve donc à faire la causette et rigoler avec ce grand type et une autre fille derrière nous dont le copain, bénévole sur le festival, possède plus de mille BD !!! La fille est prof des écoles et a fait bosser ses élèves sur un album de Trondheim. Le grand gars vient d’Antibes, il est venu en train et s’est tapé toute la montée de la colline à pied ce qui l’a obligé à changer de t-shirt. Il s’appelle Denis, je crois, d’après ce que j’ai entendu lorsqu’il s’est fait dédicacer son album, mais j’en mettrais pas ma main à couper. Je l’ai recroisé un peu plus tard mais on n’a pas osé s’échanger nos adresses mails et on s’est bêtement dit : « A un prochain festival ! »

C’est ça. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu !

Lewis arrive vers 16h15, avec son air d’oiseau taciturne, le même qu’il se donne dans ses BD. Il est sympa, bien qu’un peu intimidant car il a pas toujours l’air commode – et puis il a l’humour pince-sans-rire qu’on lui connaît :-)… En plus, mon problème, quand je suis devant quelqu’un que j’aime / admire, c’est que je deviens très bête et que je ne sais pas trop quoi dire et pire encore, je souris en tremblottant et j’ai la bouche qui devient toute sèche, ce qui est un peu compliqué pour parler en ayant l’air intelligent. Ou avoir l’air intelligent tout court. Et il n’y a rien de plus désespérant que de sentir idiot devant quelqu’un qu’on admire. ‘fin bon.

Lewis bosse sur mon dessin

Avec Lewis, les dédicaces, ça va vite. Il dessine tout au stylo, à main levée et avec une rapidité hallucinante quand il s’agit des personnages de Lapinot ! C’est fascinant de le regarder.

Voici les deux magnifiques dessins qu’il m’a faits :

Lapinot pour Jérôme

Richard, pour moi

Richard Mammouth, mon personnage préféré, le type de mauvaise foi, chiant, immature, despotique, pénible MAIS attachant et drôle dans son côté hyper énervant et insupportable. Et en plus, c’est un chat ! Lewis m’a dit qu’il espérait pouvoir développer quelque chose autour de ce personnage seul – maintenant qu’il a tué Lapinot (et qu’a priori, il ne le fera JAMAIS revivre, ou alors « uniquement pour me faire de l’argent et ça sera mauvais signe »). Je suis enthousiasmée par cette nouvelle et attends avec fébrilité la parution d’un album centré uniquement autour de ce sacripant de Richard !

Après cette dédicace, je file chercher Berberian. Introuvable. Au stand Fnac, où il devrait dédicacer, on m’indique qu’il s’est installé ailleurs, là-bas, « en face ». C’est où en face ? Le seul stand que je vois, c’est un stand de « BD Jazz » avec effectivement Loustal qui dessine. Mais Berberian, je n’ai aucune idée de ce à quoi il ressemble et là, de ce côté, y’a trop de monde pour que je voie qui c’est.

Direction Guarnido. C’est l’enfer par là-bas. Il est déjà 17h et ils sont plus de quarante à attendre !!! Aucune chance.

Vite, les Jouvray. Devant moi, seulement une grosse quinzaine de personnes… beaucoup plus réalisable que Guarnido. Je m’installe, je discute un peu avec la dame qui vient pour son fils (?) et qui me fait penser à la maman de Matt. Comme dans l’autre file, on se met à parler avec les voisins, c’est convivial comme tout. Enfin, au bout d’un loooooong moment, j’arrive devant Jérôme Jouvray (qui s’applique pour ses dédicaces), quelques instants après qu’Olivier, le scénariste est malheureusement parti. Mais Jérôme a une bonne tête et son fils est rigolo.

Je lui ai demandé de me dessiner Dieu ET Lincoln, la dédicace est mignonne mais il a fait franchement mieux avant moi…

Je dois avouer que toutes mes dédicaces (sauf celles de Lewis) me semblent un peu en deça d’autres que j’ai pu voir – et souvent juste avant moi ! -, mais là, c’est mon côté insatisfait et mochement envieux qui s’exprime. Cela dit et c’est vrai, je suis tout de même ravie et enchantée de ce que j’ai pu avoir et je suis encore, deux jours après, sur un petit nuage de bonheur (il m’en faut peu, je sais, je sais…)

Donc Jouvray, c’est fait. Trois albums dédicacés en plus de quatre heures de présence. Pouf pouf. Je cours de nouveau vers Guarnido. Toujours du monde, mais le nombre de fans semble se stabiliser. Pensant que c’est mort pour lui, je décide de me remettre à la recherche de Berberian.

« Charlie ? Alors, il est où mon Charlie ! » : à l’accueil, une dame très gentille, qui semble bien aimer « son Charlie », m’indique qu’il est vers le stand de Lewis, chez Planète Livre. J’y cours. Je fais le tour des dessinateurs, à l’extérieur, à l’intérieur des stands. Rien qui ressemble à du Berberian. Putainfaitchier.

Je retourne à l’accueil. « Ah ! Mais non, attendez, je vous dis des bêtises ! Il est au stand de la Fnac ! » Désespérée, je m’énerve à voix haute : « Je cherche Berberian ! », un mec se retourne et me dit : « Moi aussi je le cherche depuis tout à l’heure ! »

Je retourne au stand Fnac, épuisée. L’heure tourne. Bordeldemerde. Rebelote. Le tour des dessinateurs, à l’extérieur et à l’intérieur. Mais non bon sang, il est pas là, Berberian !!! Une vendeuse me dit : « Mais si, mais il est allé dédicacer ailleurs : là-bas ! » Mais oùùùùùùùùùùù là-bas ????!!!

Finalement, le seul stand dont je n’ai pas fait le tour correctement, c’est le stand de « BD Jazz » de la maison d’édition Nocturne. Je m’approche, pas fastoche de voir par-dessus l’épaule des gens quand on fait 1,58m. Il ne me reste qu’un côté à explorer.

BINGO !!!!!

Il est là !! Charles Berberian en chair et en os !! Je m’approche un peu plus. En fait, il ne reste plus que deux personnes devant moi. Et là ! Coup de massue : « Après moi, il arrête ». Le mec de devant vient de me lâcher ça, sans plus de façon. Déjà ? Eh ouais, c’est la fin de journée de Charlie ! Et rien n’y fera. « J’ai passé la journée à vous chercher ! », je m’écrie spontanément dans sa direction.

Le Charlie en question lève alors les yeux vers moi. « Ils exagèrent à la Fnac, je leur avais dit que j’étais ici, ils le savaient ! »

Là. BAM ! Coup de foudre instantané. Imaginez un mix entre la grâce de dandy élégant d’Adrien Brody, la virilité ténébreuse d’Al Pacino et la sensibilité poético-sensuelo-romantico-jazzy d’André Manoukian (il a le même genre de voix) avec un petit côté intellectuel juif new-yorkais (enfin, ça, c’est ma vision ^^) et vous aurez le portrait très très grossier de Charles Berberian, séduisant presque-quinquagénaire, à la voix douce, au regard troublant et au sourire chavirant.

Mon Dieu. Je suis amoureuse.

« J’ai fini. Revenez demain », me dit-il avec un sourire renversant qui ferait fondre la plus frigide des banquises.

Mais heuh. J’avais pas spécialement l’intention de revenir le lendemain, moi.

« D’accord », je fais machinalement, complètement sous le charme. Et là, je sais que je reviendrai, plus pour lui que pour la dédicace. « Vous serez là à quelle heure ? »

Berberian se marre : « Ohla, j’en sais rien encore ! Je serai là, quoi ! »

Le mec devant moi fait de l’humour : « Ah ouais, mais surtout tu seras où demain ? Ici, là-bas ou à la Fnac ? » Berberian se remarre : « Aaaaaah, ça, ça va pas du tout, j’apprécie pas ce genre de remarques hein, pour la peine, tu vas laisser ta place à la demoiselle ! » Un autre mec devant ajoute son grain de sel : « Ah, fallait pas lui dire ça ! » Le premier mec, singulièrement susceptible, marmonne : « Pfff, alors là, j’en ai rien à foutre, si ça lui chante, moi j’m’en fous des petits Mickey, hein. »

Charles Berberian, lui, il s’en fout complètement que j’aie passé mon après-midi à le chercher et qu’au moment où je le trouve, il ferme boutique. Il s’est remis à parler à la personne qui est devant lui. Je tourne les talons, sans dire au revoir, à la fois dépitée et déstabilisée.

Je retourne vers Guarnido, l’esprit tout encombré par l’image de Charles Berberian. Je me plante dans la file d’attente, sans espoir particulier. Au bout d’une grosse demi heure, un organisateur s’approche pour nous apprendre que Guarnido va s’arrêter… MAIS qu’il va distribuer un certain nombre de tickets pour le lendemain ! Je récolte le ticket n°23 sur 34.

Voilà donc deux excitantes raisons de revenir après cette première journée géniale : la certitude d’avoir une dédicace de Guarnido et l’espoir de revoir Charles Berberian… Je retourne une dernière fois vers son stand :

« Excusez-moi, je vous harcèle, hein. Mais c’est sûr que vous serez là demain hein ??!! A quelle heure je pourrai vous trouver ? »

« Eh bien, pas avant 15h30. Et cette fois, je serai au stand de la Fnac. »

A suivre…

Presqu’île de Giens

Un rapide bilan de cette première semaine de vacances très… familiales. Deux semaines avec Pôpa-Môman, y’a pas de quoi se vanter à mon âge, dirait mon cher frère, mais il n’empêche : je vis les meilleures vacances de ma vie !! Non seulement il fait un temps idéal (ensoleillé, ni trop chaud ni trop frais, globalement sans vent, avec une mer d’une température parfaite) mais en plus, j’éprouve une sensation de liberté quasi absolue.

J’ai un contrôle total sur mon emploi du temps, je fais ce que je veux, quand je veux, sans avoir à (m’)occuper des invités (attention, ce n’est pas une critique contre les invités, hein, c’est sympa aussi) ou à me préoccuper des envies d’un autre, qui m’obligerait à faire des concessions. Outre la piscine, la mer et le vélo, qui sont mes activités récurrente (au moins un bain par jour, en piscine et/ou en mer), j’ai ainsi pu me faire totalement plaisir en passant deux après-midi complètes au Festival BD de Solliès Ville – mais cela fera l’objet d’un prochain post, parce que y’en a à raconter (et surtout montrer !) – et je me suis octroyé mon petit temps de randonnée équestre, avec la ferme intention de commencer l’équitation cette année, tant je me sens naturellement à l’aise sur un cheval !

Avec tout ça, mes parents et moi avons eu aussi le temps de faire des balades, de voir pas mal de monde, entre ma grand-mère, une amie de la famille qui est restée près d’une semaine avec nous, ma collègue Gigi de passage dans la région et les apéros dinatoires en terrasse avec vue sur la mer, avec les voisins du haut (le mari a le même sourire plein de dents que Serge Lutens, forcément, je le trouve trèèèèèèèèès sympathique), les voisins d’à côté… Et même de visiter la mine de cuivre du coin, l’une des 5 mines au monde les plus riches en minéraux ! (Et ouais, tout ça à côté de chez nous !)

Bon, j’ai été un peu déçue, j’espérais faire du « petit wagon » comme les vrais mineurs et surtout, comme Indiana Jones, mais on s’est contenté d’en voir passer un avec des mannequins dedans… La visite était un peu longuette, heureusement, il y avait un gamin qui n’arrêtait pas de se casser la gueule à chaque pas (je l’ai surnommé Pierre Richard) qui nous a mises en joie, Irène et moi… Et notre guide était assez choupinet :

Bien entendu, j’ai vu le petit Raphaël, pour la dernière fois de l’année dans ce cadre qui nous rappelle notre enfance, avant qu’il ne débarque sur la région parisienne. Nous avons passé plus de 12h ensemble vendredi, entre 14h30 et 2h30 du matin !!! C’est donc avec lui que j’ai fait du cheval… dans LE club que j’avais essayé d’éviter à tout prix mais sur lequel je suis incompréhensiblement retombée, comme dans un film de Lynch… Bon, on a survécu aux hurlements du vieux bourru qui nous accompagnait, mais il y a sûrement plus zen pour débuter le cheval (par bonheur, la jeune fille était, elle, très gentille)… En tout cas, je suis définitivement fana du cheval, il faut à tout prix que je me dégage du temps… et des fonds… pour pratiquer cette activité ô combien génialissime.

Sur un cheval, on se sent incroyablement libre. Faire corps avec la bête, comprendre ses réactions, les anticiper ou y répondre est un défi palpitant et réussir à contrôler cette masse de muscles et de puissance tient du miracle. Quand je suis en selle, j’ai un sourire niais qui me fend le visage et en même temps, je me sens tout émouvue… Je me sens un peu mongole, voire « Hun », un peu chevalier, un peu héroïne, il y a quelque chose comme des retrouvailles avec tout ce qui me faisait rêver enfant, les chevaliers du Moyen-Age, Johan et Pirlouit, Silas (oui oui, la série allemande qui passait dans Récré A2 !), l’Etalon Noir… C’est magique et fascinant.

Au ranch maudit

Dynamiques et plus résistants que des piles Duracell, Raph et moi sommes allés le soir nous baigner dans la mer (une mer vide de monde entre 19h et 20h et « veloutée » dixit Raph) puis dîner comme des princes… avant de nous rendre malades en expérimentant une attraction « sensation 4G » au Magic World

Raphaël à la plage

On s’était promis d’expérimenter la « boule », cette fameuse boule qui projette ses deux occupants en l’air, à la manière d’un siège éjectable. Tous les deux, on rêve de « s’envoyer en l’air » alors pourquoi pas ensemble ? 😉 Mais après ce repas copieux, je me suis dégonflée comme un vieux flan, redoutant de vomir et de ne pas profiter de cette attraction tout de même assez onéreuse. Du coup, sur mes conseils, nous nous sommes rabattus sur le « Shake off », un plateau tournant muni de banquettes elles-mêmes tournantes, qui me semblait bien inoffensif. Je n’avais pas vu la mention « sensation 4G ».

Habituellement, je suis assez résistante aux sensations fortes, mais là, j’ai cru que j’allais mourir (ou vomir, mais au point où j’en étais, c’était kif-kif) et la torture m’a semblé horriblement longue. Secouée, brassée en tous sens, à une vitesse impressionnante, j’ai commencé à éclater de rire de plaisir avant de rigoler très très hystériquement d’angoisse en sentant mes côtes s’écraser sur mes poumons (quand j’arrivais à rire, parce que 4G, ça comprime bien la poitrine) et mon dîner remonter dangereusement régulièrement… Je hurlais « Maman, au secours ! », ce qui faisait beaucoup rire ma voisine de droite… C’est ça, rigole, rigole, tu rigoleras moins quand tu auras reçu sur la tête mes moules-frites pré-digérées.

En sortant de ce shaker géant, Raph et moi oscillions entre le jaunâtre et le grisâtre et il nous fallut bien du courage pour rentrer chez nous…

Mais bon, on ne peut pas dire que je m’ennuie, quand on se voit ! Et il nous reste plein de choses à faire : la boule, du kart (car j’adore ça), des randos, des voyages… du parapente… (on viendra voir Micky, j’ai vu qu’on pouvait en faire vers Toulouse) 🙂

Au Magic World, devant le Shake Off

Après m’être couchée vers 3h, je me suis réveillée le lendemain, à bloc, prête à passer une journée à nouveau bien remplie à Solliès Ville, pour le Festival BD qui fêtait sa 20e édition. Il y a quelques années, alors en vacances à ce moment avec Matt et Nico, je m’étais perdue comme une pauvre crotte sans réussir à parvenir à destination.

Mais cette année, ENFIN, j’y suis arrivée et ça a été deux journées FORMIDABLES, dont je suis encore extatique et tout excitée, même si j’ai passé sans aucun doute tout mon temps (soit près de 8h) à attendre patiemment pour cinq dédicaces… Mais quelles dédicaces !!!

Et puis… j’y ai rencontré l’Homme de ma vie… ^^

A suivre…

… mais y’a des bestioles…

Jump!

A part ça, je m’amuse bien, le soleil brille, la mer est bonne, j’ai vu du monde, mais j’ai pas encore fini de faire tout ce que j’ai à faire… Bonne fin de semaine à tous !

Swimming pool

de Safy Nebbou

Formidables ! Extraordinaires ! Exceptionnelles ! Sublimissimes !

Je vais encore passer pour la grosse excitée du coin mais les mots me manquent, à la sortie de l’avant-première de L’Empreinte de l’ange, deuxième film de Safy Nebbou, pour exprimer tout ce que j’ai ressenti devant l’immense talent de ces deux grandes actrices que sont Catherine Frot et Sandrine Bonnaire.

Mais commençons par parler du film qui est lui-même une vraie réussite.

Elsa (Catherine Frot), femme visiblement fragile psychologiquement, fraîchement divorcée, va un jour chercher son fils Thomas à une fête d’anniversaire. Parmi les enfants déguisés, son regard tombe par hasard sur une petite fille qui la bouleverse. Elsa sent, Elsa sait, viscéralement, qu’il s’agit de sa petite fille. Rongée de douleur, frôlant la folie, elle s’immisce de façon de plus en plus inquiétante dans la vie de Claire, la maman de Lola qui finit par prendre peur. Deux instincts maternels, deux inquiétudes, deux douleurs s’affrontent alors au fur et à mesure que surgissent les interrogations et les zones d’ombres. Elsa est-elle folle ? Claire a-t-elle quelque chose à dissimuler ? Que s’est-il passé sept ans plus tôt ?

L’Empreinte de l’ange est, dans sa forme, un vrai bon thriller psychologique français, dans la veine de la Tourneuse de pages (déjà remarquablement interprété par Catherine Frot et malheureusement mésestimé à sa sortie) qui distille habilement une tension de plus en plus angoissante. Suivant le parcours obsessionnel d’Elsa, fait de filatures et d’attentes – en cela, le film m’a curieusement évoqué Vertigo, particulièrement dans l’utilisation des couleurs rouge et verte lors du « climax » du gala de danse -, le réalisateur n’a pas peur de prendre son temps, de laisser le spectateur s’interroger sur la folie éventuelle d’Elsa ou le comportement de Claire. Ce dernier assiste, fasciné et bouleversé, à l’affrontement violent (psychologiquement ET physiquement), poignant et désespéré de deux lionnes autour d’une enfant, innocente et étrangère au drame intime qui lie les personnages. Fort en émotions mais évitant tout pathos, le film ménage intelligemment des pauses humoristiques et un basculement de situation subtil, lorsque Claire se met à son tour à traquer Elsa.

Malgré des choix de mise en scène parfois un peu appuyés (toute la symbolique autour de l’eau, une scène de cauchemar un peu facile et donc frustrante), la réalisation est plutôt réussie : les lumières (la scène de la piscine dans la nuit avec le visage d’Elsa, tache pâle et fantomatique ; la scène du gala de danse avec une Elsa de plus en plus anxiogène), les décors (la scène finale au bord de la piscine, vidée de son eau, avec cette plongée au-dessus des personnages qui met en valeur le gouffre qui s’est ouvert au sein du couple), la gestuelle (dans la voiture, l’une des mères lève la tête tandis que l’autre la baisse, lentement) et surtout la direction des acteurs sont remarquables.

Catherine Frot, tour à tour pathétique, effrayante, bouleversante, donne ici toute la dimension de son talent chavirant (son meilleur rôle à ce jour !) face à une Sandrine Bonnaire égale à elle-même, c’est-à-dire parfaite. Toutes deux arrachent des larmes chacune à son tour et restent toujours d’une justesse épatante. Pour épauler ces deux incroyables et magnifiques actrices : les solides Wladimir Yordanoff, Michel Aumont et Antoine Chappey. Et pour compléter ce casting sans faute, la fillette qui joue Lola, étrangement fragile, est presque aussi inquiétante, avec sa grâce de poupée ballerine un peu perdue, que celle qui prétend être sa mère.

On craint, l’ombre d’un instant, au moment où la vérité est enfin dévoilée (un peu décevante dans un premier temps), être tombé sur un film au discours fumeux sur la force implacable de l’instinct maternel et des liens du sang. Il n’en est rien. Plus qu’un thriller psychologique haletant, l’Empreinte de l’ange, oeuvre assez dérangeante et d’une infinie tristesse, est aussi un film doux-amer sur le deuil, la douleur, la maternité (liens du sang… ou pas), autant de questions qui nous interrogent intimement et qui, ici, ne trouvent pas de réponse toute faite ni parfaite.

Sans aucun doute le film (intelligent) de l’été à voir.

Rencontre avec Sady Nebbou, Sandrine Bonnaire et Catherine Frot à l’issue de la projection – UGC CinéCité Les Halles – Mardi 12/08/08

Catherine Frot, très drôle

Sandrine Bonnaire, un peu émue et balbutiante

Le réalisateur, à gauche

Une spectatrice a un peu « plombé » l’ambiance de la rencontre en racontant, des sanglots dans la voix, sa propre douleur après avoir perdu son bébé… Glauquy. Le film l’avait visiblement personnellement bouleversée. Témoignage pas forcément très approprié dans une telle circonstance. Personne n’osait plus parler ensuite ; ni le réalisateur, ni les actrices n’ont fait de commentaire, tout le monde était muet et désolé pour elle.

Il n’y avait qu’une autiste qui continuait à flasher la scène en ricanant bêtement, toute à sa joie de voir des actrices tant aimées, tandis que Mr. A. lui filait de grands coups de genoux pour l’appeler à plus de décence : moi !

Hum.

Opération pique-nique réussie :

  • Pas mal de monde, en dépit des habituels désistements de dernière minute… peut-être même un peu trop ? Au-delà de 15 personnes, taille à peu près raisonnablement viable d’un cercle convivial, les gens ont tendance à se regrouper en mini-conglomérats de personnes qui se connaissent déjà et à ne plus bouger de leur place,
  • Des participants sympathiques, néanmoins,
  • Un lieu charmant, peu bruyant, bien pourvu en herbe moelleuse, avec vue sur la grande roue des Tuileries (merci Charly pour cette bonne idée),
  • Un temps plutôt clément, malgré l’humidité de l’herbe et la fraîcheur du soir,
  • Et des trucs faits maison et souvent délicieux à manger en pagaille (vive les cakes, les salades et les gâteaux !)…

Quelques photos du groupe (on a dû dépasser les 20 personnes en fin de soirée…)

Evidemment, ce genre de regroupement massif ne permet pas trop les longues conversations personnelles mais au final, j’ai quand même échangé quelques mots avec certaines personnes très agréables et que j’aurai, je crois, plaisir à revoir et mieux connaître dans d’autres circonstances : les deux souriantes copines de boulot de Papatte, Julien, l’ami de Ting et Charly, Christophe, le pote de Valentin…

Merci à celles qui ne connaissaient pas grand monde d’avoir fait le déplacement (Célia, Virginie, Lyse – qui nous a amené Mimine…) et rdv sur Facebook pour faire plus ample connaissance (ou pas…) ! ^^

Une petite sélection de photos des copinous (de mon côté) – pardon pour ceux qui ne figurent pas dessus :

Valentino, geek inside

Cynthia, contente ou pas contente ?

Le couple choupi : Ting et Charly

Quand Claudine rencontre Célia (ça papote, ça papote)

Le couple sexy : Elodie et Quentin (vraiment beaux tous les deux…)

Les retrouvailles IEPiennes : Papatte, Mimine et moi !

Et oui ! Et je suis vachement contente d’avoir retrouvé la mère Papatte ! (A condition qu’elle me prête aussi ses BD ! ;-))

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