Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal

de Steven Spielberg

POUR (mon avis à moi que j’ai)

Franchement, on ne va pas le nier, quand le film commence, on ne peut s’empêcher d’avoir une banane étirée jusqu’aux deux oreilles. La perspective de retrouver un vieil ami est toujours réjouissante et Indy est un ami d’enfance ! Aussi savoure-t-on avec une délectation teintée d’excitation les premières minutes de sa quatrième aventure tant attendue.

L’ouverture est impeccable : une course de voitures insouciante et ensoleillée entre des jeunes et un cortège militaire, que Spielberg s’est amusé à filmer dans tous les reflets possibles et imaginables (rétroviseurs, jantes…) avec son habileté habituelle. En fond sonore : Elvis. Nous voici dans les années 50. Quelques minutes plus tard, après avoir ramassé son chapeau tombé par terre, sur les premières notes du célèbrissime et joussifissime thème composé par John Williams, le Dr Jones apparaîtra enfin. Un peu flétri par les ans, mais il suffira que l’aventure démarre pour qu’il retrouve tout son charme bourru.

Et de l’aventure, il y en a ! Il n’y a que ça, en fait. On n’a pas besoin de réfléchir, ça court, ça tombe, ça explose, ça s’écroule dans tous les sens : on est emporté, comme dans un jeu vidéo géant ou un simulateur de sensations, dans un tourbillon d’action, plutôt entraînant, jusqu’aux dernières minutes. De la jungle touffue aux cascades géantes, des sables mouvants aux temples poussiéreux, des fourmis tueuses aux momies mystérieuses, des méchants méchants aux peuplades inconnues, aucun de nos fantasmes d’aventure n’est oublié.

Je le dis comme je le pense, contrairement à toutes les critiques déçues ou mitigées que j’ai lues ou entendues ici ou là, j’ai trouvé le film très distrayant et très amusant – j’ai beaucoup rigolé. A vrai dire, je ne comprends même pas trop d’où peut venir la déception, tant ce quatrième « Indiana Jones » ressemble quasiment en tous points à ses prédécesseurs et donc, à ce que nous – fans d’Indy – avons tant aimé : de l’action (beaucoup), de l’humour (un peu), de la violence qui fait peur (aux enfants de 10 ans) (un chouïa), de l’amour (soft !), une intrigue complètement tirée par les cheveux et imbitable, des messages codés que seul Indy peut comprendre en 30 secondes – comme si c’était naturel de parler Maya -, des vieilles légendes mythiques, des décors en carton pâte exotiques, des méchants qui veulent prendre le contrôle de tout, des traîtres, une femme fatale (Cate Blanchett, la pauvre ! mais toujours très belle, même emperruquée) et, depuis « La dernière Croisade », le thème de la filiation (ah, Indy prend un coup de vieux et nous aussi… Nostalgie, nostalgie…) Je ne me suis non seulement pas sentie dépaysée mais encore moins trahie, étrangement, alors même que la fin, complètement hallucinée (vas-y que Steven nous sort ses extra-terrestres de derrière les fagots) aurait pu/du me faire rire cyniquement.

Bref. C’est peut-être ce qu’on lui reproche : de ne pas s’être trop foulé. Mais bon ! Céline Dion, c’est Céline Dion et Indy, c’est Indy. Spielberg n’allait pas nous infliger une débauche d’effets spéciaux, il a eu raison de rester dans le côté un peu « old school » de la réalisation (les décors artificiels avec leurs grosses toiles d’araignée), comme son personnage. Au contraire, cela rend son héros touchant et attachant.

L’adulte que je suis a beaucoup aimé cette vieillesse assumée. Et l’enfant que je suis restée tout au fond de moi a adoré cette grosse BD qui rassemble tout ce pour quoi elle a vibré dans sa jeunesse : « Les mystérieuses Cités d’or » et, surtout, « Tintin ».

Car, je suis surprise que personne ne l’ait souligné avant, cette quatrième aventure d’Indy ressemble étrangement, sur certains aspects, à – au moins – deux albums du génialissime Hergé : « Le Temple du soleil » (le temple caché derrière la cascade) et « Vol 714 pour Sydney » (l’écroulement final avec extra-terrestres) !!! Evidemment, il y a la « patte Spielberg » (on connaît son intérêt pour les petits hommes verts-en-fait-gris-et-moches depuis « E.T. », « Rencontre du 3e type » et « La Guerre des mondes ») mais celui-ci n’est-il pas aussi un grand admirateur de « Tintin » ??? – dont il prépare d’ailleurs une adaptation !!!

Forcément, étant moi-même une amatrice de BD et particulièrement de « Tintin », j’ai beaucoup aimé et le parallèle m’a sauté aux yeux. Je vous laisse (re)lire ces classiques, je serais quand même étonnée que Spielberg n’ait pas eu des réminiscences en écrivant son scénario !!!

Ce n’est sans doute pas le meilleur Indy de la série (le meilleur étant « La dernière Croisade », pour moi, Sean Connery oblige), non, mais il se se laisse regarder si l’on accepte de garder ses yeux d’enfant (des années 80), pas encore blasé par tous les films d’action actuels.

Et même si Shia LaBeouf ne sert pas à grand’ chose (on est loin du face-à-face Ford/Connery), même si le happy end final est un peu cucul (je rêve où il y a une fine allusion à l’homosexualité des deux amis d’Indy ?), même si une ouverture éventuelle vers un « Le Fils d’Indy le retour » reste possible (quoique…), je trouve que tous les défauts de ce film qui termine cette trétalogie d’anthologie font justement son chouette charme.

C’est un peu désuet, mais ça colle à l’univers. Et même avec ses cheveux gris, Harrison Ford garde un sourire d’enfer !

*

Pour faire balance avec ma critique d’enfant de 10 ans, je vous mets une critique d’une copine (pas fausse et bien tournée ^^)

*

CONTRE (La critique de Célia)

Il faut abattre le soldat Spielberg. Cette ordure qui se prend pour un Père Noël en nous pondant un quatrième Indiana Jones a tué un personnage, que dis-je, un mythe, un fantasme (oui oui…).

Bref, Spielberg a commis une immonde daube qui aurait pu être un film chouette. Il aurait ravi tous les nostalgiques de cette époque bénie qu’étaient les années 80. Ca commençait bien d’ailleurs : Pour la crédibilité du personnage vu l’âge avancé de Harrison Ford, l’action se déroule en 1957. Jusqu’ici, tout va bien. L’ambiance oscille entre l’insouciance de l’après-guerre (et là, déjà, on se dit : « Putain, les 2, Spielberg et Lucas, ils se fatiguent pas trop. Ils nous refont « American Graffiti ») et le MacCarthysme de la guerre froide. Mais bon, c’est crédible. Jusqu’à ce que, contraint et forcé par une dominatrice du KGB (Cate Blanchett) à retrouver une mystérieuse momie, on voie un alien de Roswell, et on a l’impression d’être dans X-Files. Et là, c’est le drame.

A partir de là, tout part en sucette : Un môme de 20 ans qui apporte à Indy une lettre barbouillée de symboles lui permettant de retrouver l’Eldorado lui affirme que Ford connaît sa mère, et là, on flaire plus qu’une embrouille facile. Et merde, on est dans « La Guerre des Etoiles », et on imagine déjà la phrase qui tue : »Je suis ton père », prononcée à un moment critique un peu plus tard.

… Merde, merde, merde… Le film s’enfonce, malgré de l’action en-veux-tu-en-voilà (jamais très crédible, comme les adaptations de Comics). Ils retrouvent l’Eldorado et les extra-terrestres, qui repartent sur leur planète et tuent la méchante ambitieuse au passage.

Le film se termine par un « happy end » : Le mariage de Indy et Marion, la mère du petit con, qui se trouve être l’héroïne des Aventuriers de l’Arche Perdue. Trop facile comme fin. Bref, une jolie petite famille comme les Ingalls en moins larmoyant repart vers l’aventure. Ou pas. Il ne vaudrait mieux pas, en fait.

Tout ça pour dire que Spielberg pourrait faire des remakes géniaux à très gros budgets de « La Soupe aux Choux » et « Le Gendarme et les Extraterrestres », mais cet Indiana Jones 4 est une Eldoradaube (désolée pour le jeu de mots facile. On va mettre ça sur le compte de la fatigue et de l’énervement).

EDIT du 09/06 : Suite à une remarque de Cuauhtli me demandant si j’avais noté une confusion entre Incas et Mayas (à vrai dire, non, n’ayant absolument pas compris le parcours géographique de notre ami Indy – et ayant une très vague culture en histoire Inca/Maya – quelle honte pour quelqu’un qui rêve d’aller au Pérou – bref -), je me suis renseignée et suis tombée sur cet article du Monde très intéressant : « Indiana Jones fâche les Péruviens » (écrit pas une étudiante de ma promo de l’IEP cocoricooo !)… Bon, Steven, il a quand même vraiment bâclé son film ! 😉

10 comments / Add your comment below

  1. ben je pense plutot pour ta critique tite Nemo !
    beaucoup d’aventure, et de message codés comme dans les précédents…
    mais clair que le film annonce le retour de The X files le 30 juillet au cinema ( mais faut pas s’attendre à du grand cinema le 1er film était deja nul et la série est partie en vrille sur la fin …. mais j’irais quand meme nostalgie oblige !)

    ps / on se voit quand , j’ai une palce UGC valable jusqu’à finjuin que je garde exprès pour un ciné avec toi ?

  2. Thia >> Ouiiiii et si tu veux qu’on y retourne ensemble, je suis partante (désolée, finalement, je devais aller au ciné avec Mr. A. hier et, au dernier moment, ça ne s’est pas fait… et le seul truc bien qui passait en bas de chez moi, c’était Indy.)
    Sinon, j’ai bien envie de voir « Sagan » avec Sylvie Testud (que j’adore) !!!
    On se voit cette semaine ! 🙂

  3. Il y a aussi John Hurt qui fait le professeur Tournesol… Il s’est grillé quelques cartouches pour son futur Tintin c’est assez net. Je suis d’accord sur le fait que ce n’est pas foncièrement différent des autres à part la photographie, la violence en mois, et les SFX numérique dégueux… Mais j’avais déjà trouvé que revoir la trilogie Indy c’était TRES douloureux pour les souvenirs d’enfance.
    Sinon la mère Ilsa Blanchett et une Marion devenue petite mégère n’aide pas la place de la femme assez pauvre chez Spielberg, j’ai même tendance à penser que justement mis à part la Marion des « Aventuriers », il y a des relans de myso assez net dans son cinéma.

  4. Bah moi en sortant du cinoche (pour voire « rec ») j’ai vu benjamin de la nouvelle star,une fille s’est fait photographier avec lui,puis il s’est mis à tracer genre « ouais,je veux pas etre harcelé moi la grande star benjamin”

  5. partante pour Sagan !!!! Sylvie Testud à l’air d’avoir fait un énorme travail …
    ps pas dispo ni mardi ni mercredi ( jeudi c sport mais ça termine à 20 H so … )

  6. Ishmael >> Exact pour Hurt/Tournesol. Ca fait longtemps que je n’ai pas revu la trilogie Indy. Je garde un excellent souvenir de « La dernière Croisade » (drôle, enlevé et sans le côté gore/sanguinolant du « Temple maudit », le plus faible – car outrancier – de tous, à mon avis…) « Le Temple maudit » et « Les Aventuriers de l’arche perdue » n’étaient de toute façon pas des chefs d’oeuvres, mais de chouettes films familiaux. Et Harrison Ford, cette sexy beast, était l’âme des films. A la limite, la trilogie des « Retour vers le futur » est bien mieux ficelée ! (même si on ne peut pas trop comparer…)
    OK aussi sur le côté misogyne de l’oeuvre de Spielberg, encore qu’il ait fait un effort avec « La Couleur pourpre ». Son cinéma est quasiment exempt de figures féminines et quand il y en a, elles ont soit 5 ans (E.T.), soit sont mortes (A.I.), soit sont égoïstes (Catch me if you can).
    Pour moi, Spielberg fait du cinéma-BD-de-papa : longtemps, la BD s’est majoritairement intéressée aux héros masculins et longtemps, ça n’a pas choqué grand monde de lire les aventures emblématiques de Tintin, Spirou, les Schtroumpfs (série horriblement misogyne envers la Schtroumpfette dans l’album éponyme), Astérix, Boule et Bill (il y avait la maman, mais que même le mari appelle « maman » !!!), Gaston Lagaffe etc. sans personnage féminin de premier plan, voire aucun – ou alors avec des femmes hystériques (Castafiore, Bonemine…) ou moches (Moizelle Jeanne, Calamity Jane in Lucky Luke ^^) Spielberg, c’est pareil. C’est un peu le concept du « héros » : le héros est une figure plutôt masculine… asexué, presque, chez Spielberg !
    Plutôt que misogynie, je me hasarderais presque à parler d’une espèce de pathologie (un secret de famille comme pour Hergé ?) : à mon avis, Spielberg a des problèmes de sexualité, ou des problèmes avec les femmes en général, il s’en est arrêté à un monde complètement infantile où les seules choses qui le font fantasmer sont des petits bonshommes verts et des personnages qui ont 15 ans d’âge mental !!! HuHuHu…

    Val >> C’était bien « Rec » finalement ? Et t’as pas vomi en le voyant, Benjamin, toi qui le hais ?

    Thia >> Oui, j’espère que ça ne fera pas trop performance à la Marion « La Môme » Cotillard. Mais j’aime beaucoup Sylvie, je suis donc curieuse de voir ce qu’elle a fait de ce personnage assez hors-normes qui a fini comme une pauvre chose droguée et moquée (par Desproges…)
    « Bonjour tristesse » est un livre magnifique : penser qu’elle avait à peine 18-19 ans quand elle a écrit ce chef d’oeuvre, court mais intense, me rend terriblement jalouse. Elle avait, déjà pour son âge, un don pour l’analyse psychologique, une finesse d’écriture, et un sens de la cruauté incroyables. C’était sans aucun doute une femme brillante !
    En revanche, je pense qu’il faudra remettre cette sortie à la semaine prochaine car je ne suis pas dispo jeudi (et si vendredi je pouvais aller au sport, pour la 9e fois de l’année, avant que les cours finissent, ce serait cool !!!)

    Malphas >> Bonyour vous !

  7. oui rec c’est bien.J’ai jamais eu l’impression de vivre un cauchemare au cinema à ce point,aussi bien que « la secte sans nom » du meme real

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