Suite à une petite erreur de commande chez cdiscount et malgré mes tentatives (appels surtaxés) pour annuler la transaction (attention, c’est IMPOSSIBLE sur ce site), je me retrouve avec un peu beaucoup de DVD…

Tas 1 : pour moi (dont l’intégrale de Lady Oscar !)

Tas 2 : cadeau pour Djédjé (dont l’intégrale d’Ulysse 31 et la première partie de Sous le signe des mousquetaires)

Heureusement qu’il y a quand même pas mal de films qui me disaient bien et qui font envie :

Soirées frissons kitsch en perspective 🙂 (En bas à droite : Psychose de Hitch…)

*

Aucun rapport, une photo prise lors de mon dernier week-end à Lyon :

Djé, La Sucrière, Lyon, mai 2008

Il faut que je vous dise, cette année, j’ai eu une pure révélation artistique : la DANSE. Attendez, je vous explique. Enfin, j’essaie.

Il y a quelques années, le hasard m’avait fait faire un stage à la Biennale de la Danse de Lyon, stage que j’avais adoré, pour diverses raisons. J’y avais rencontré Mlle Baz, une copine débarquée de Corée elle aussi, une tripotée de journalistes asiatiques dont nous étions toutes deux les interlocutrices privilégiées et chouchoutées et, cerise sur le clafouti, j’avais timidement découvert un art qui m’avait longtemps paru obscur et hermétique.

Mais ce n’est que cette année que, soudain, la danse m’est apparue dans tout son mystère charnel et son émouvante beauté.

Je ne parle pas des ballets classiques qui, à mes yeux, restent encore empreints de cucuterie (trop de formalisme tue le formalisme et l’académisme « tutu / collants-moule-boules », c’est pas trop ma cup of tea :-}) mais de danse contemporaine.

Même si j’ai eu, en quelques années, le privilège de voir quelques uns des grands noms de la danse contemporaine, de Pina Bausch à Mathilde Monnier en passant par Gruppo Corpo, Jean-Claude Gallotta ou la Alwin Nikolais Dance Company (je ne parle même pas de tout ce que j’ai vu durant la Biennale 2000), cette année 2007-2008 a été un véritable feu d’artifice de talent, de beauté et de poésie, grâce à Baz, qui n’a pas lésiné sur les invitations (royalement placées en plus) au Théâtre de la Ville.

Après Angelin Preljocaj, après Sidi Larbi Cherkoui et après James Thierrée qui, tous trois, à leur manière, m’avaient impressionnée, voire bouleversée, pouvais-je être encore touchée par la danse ?

Eh bien oui !! Triple oui !!! Ce nouvel éblouissement – et quel éblouissement ! – a eu lieu vendredi soir, devant Bahok, une pièce du chorégraphe Akram Khan, d’un magnétisme et d’une intensité à couper le souffle.

Comment bien vous parler de la danse alors que c’est un art qui, comme la musique, parle directement à mes sens et que je serais bien en peine d’analyser ? D’où vient cette émotion chavirante qui me donne soudain des frissons devant un geste ou un mouvement dansé allié à la musique adéquate ? Il faut que j’essaie d’en apprendre plus sur cet art qui peut toucher au sublime pour réussir à partager avec vous mon embrasement passionnel. Il y a quelque chose comme un serrement de coeur devant la perfection instantanée et éphémère ; la conscience heureuse et douloureuse d’avoir vu, entendu, ressenti quelque chose de magnifiquement beau, trop fugacement. Et l’ébahissement de voir le corps, machine ô combien admirable et merveilleuse, se plier avec une grâce insoupçonnée à tous les mouvements les plus impensables. Il y a des choses à dire là-dessus, je vais me renseigner 😉

En tout cas, chez moi, l’émotion devant la danse, lorsque la chorégraphie me parle, est très physique : poils qui se dressent sur les bras, frissons, gorge serrée, larmes aux yeux, sans que ce soit forcément triste. La magie de la pure Beauté.

Quoiqu’il en soit, le spectacle d’Akram Khan est une véritable merveille. Dans un espace vide, où trônent seulement quelques chaises et un tableau d’affichage d’aéroport, une petite dizaine de danseurs, de différentes origines et nationalités, attendent. Attendent un vol qui n’en finit pas d’être reporté. Alors, dans ce no man’s land impersonnel et déprimant, ils (se) parlent. Dans leurs langues. Anglais. Coréen. Chinois. Espagnol. Et à travers leurs dialogues – qui sont souvent des monologues, incompris des autres -, surgissent des thèmes universellement touchants : l’incommunicabilité, le déracinement, les origines, le sentiment d’appartenance, l’étranger, le rejet, la solitude… et le partage, aussi, dans la danse. Les chorégraphies de groupe, sur la musique hypnotique et entêtante de Nitin Sawhney, sont absolument époustouflantes (voir la vidéo vers 2’47 pour en avoir un aperçu !) ; les danseurs sont renversants ; le thème est passionnant.

« What are you carrying ? » interroge à la fin le tableau sur lequel s’inscrit tout sauf une destination. « Hope ». Une lettre change. « Home ».

La force, l’énergie et la poésie qui se dégagent du spectacle sont captivantes. Le public l’a bien ressenti, qui a réservé à la troupe une ovation de plusieurs minutes (5 rappels au moins). Que ceux qui peuvent aillent le voir (moi je voudrais bien le revoir mais je crois que c’est fini à Paris). Vraiment. Encore une fois, on ne devrait jamais se priver d’instants de beauté dans la vie.

Critique du Monde

Article des Echos

Article de Paris-art.com

Critique du TimesOnline

de Steven Spielberg

POUR (mon avis à moi que j’ai)

Franchement, on ne va pas le nier, quand le film commence, on ne peut s’empêcher d’avoir une banane étirée jusqu’aux deux oreilles. La perspective de retrouver un vieil ami est toujours réjouissante et Indy est un ami d’enfance ! Aussi savoure-t-on avec une délectation teintée d’excitation les premières minutes de sa quatrième aventure tant attendue.

L’ouverture est impeccable : une course de voitures insouciante et ensoleillée entre des jeunes et un cortège militaire, que Spielberg s’est amusé à filmer dans tous les reflets possibles et imaginables (rétroviseurs, jantes…) avec son habileté habituelle. En fond sonore : Elvis. Nous voici dans les années 50. Quelques minutes plus tard, après avoir ramassé son chapeau tombé par terre, sur les premières notes du célèbrissime et joussifissime thème composé par John Williams, le Dr Jones apparaîtra enfin. Un peu flétri par les ans, mais il suffira que l’aventure démarre pour qu’il retrouve tout son charme bourru.

Et de l’aventure, il y en a ! Il n’y a que ça, en fait. On n’a pas besoin de réfléchir, ça court, ça tombe, ça explose, ça s’écroule dans tous les sens : on est emporté, comme dans un jeu vidéo géant ou un simulateur de sensations, dans un tourbillon d’action, plutôt entraînant, jusqu’aux dernières minutes. De la jungle touffue aux cascades géantes, des sables mouvants aux temples poussiéreux, des fourmis tueuses aux momies mystérieuses, des méchants méchants aux peuplades inconnues, aucun de nos fantasmes d’aventure n’est oublié.

Je le dis comme je le pense, contrairement à toutes les critiques déçues ou mitigées que j’ai lues ou entendues ici ou là, j’ai trouvé le film très distrayant et très amusant – j’ai beaucoup rigolé. A vrai dire, je ne comprends même pas trop d’où peut venir la déception, tant ce quatrième « Indiana Jones » ressemble quasiment en tous points à ses prédécesseurs et donc, à ce que nous – fans d’Indy – avons tant aimé : de l’action (beaucoup), de l’humour (un peu), de la violence qui fait peur (aux enfants de 10 ans) (un chouïa), de l’amour (soft !), une intrigue complètement tirée par les cheveux et imbitable, des messages codés que seul Indy peut comprendre en 30 secondes – comme si c’était naturel de parler Maya -, des vieilles légendes mythiques, des décors en carton pâte exotiques, des méchants qui veulent prendre le contrôle de tout, des traîtres, une femme fatale (Cate Blanchett, la pauvre ! mais toujours très belle, même emperruquée) et, depuis « La dernière Croisade », le thème de la filiation (ah, Indy prend un coup de vieux et nous aussi… Nostalgie, nostalgie…) Je ne me suis non seulement pas sentie dépaysée mais encore moins trahie, étrangement, alors même que la fin, complètement hallucinée (vas-y que Steven nous sort ses extra-terrestres de derrière les fagots) aurait pu/du me faire rire cyniquement.

Bref. C’est peut-être ce qu’on lui reproche : de ne pas s’être trop foulé. Mais bon ! Céline Dion, c’est Céline Dion et Indy, c’est Indy. Spielberg n’allait pas nous infliger une débauche d’effets spéciaux, il a eu raison de rester dans le côté un peu « old school » de la réalisation (les décors artificiels avec leurs grosses toiles d’araignée), comme son personnage. Au contraire, cela rend son héros touchant et attachant.

L’adulte que je suis a beaucoup aimé cette vieillesse assumée. Et l’enfant que je suis restée tout au fond de moi a adoré cette grosse BD qui rassemble tout ce pour quoi elle a vibré dans sa jeunesse : « Les mystérieuses Cités d’or » et, surtout, « Tintin ».

Car, je suis surprise que personne ne l’ait souligné avant, cette quatrième aventure d’Indy ressemble étrangement, sur certains aspects, à – au moins – deux albums du génialissime Hergé : « Le Temple du soleil » (le temple caché derrière la cascade) et « Vol 714 pour Sydney » (l’écroulement final avec extra-terrestres) !!! Evidemment, il y a la « patte Spielberg » (on connaît son intérêt pour les petits hommes verts-en-fait-gris-et-moches depuis « E.T. », « Rencontre du 3e type » et « La Guerre des mondes ») mais celui-ci n’est-il pas aussi un grand admirateur de « Tintin » ??? – dont il prépare d’ailleurs une adaptation !!!

Forcément, étant moi-même une amatrice de BD et particulièrement de « Tintin », j’ai beaucoup aimé et le parallèle m’a sauté aux yeux. Je vous laisse (re)lire ces classiques, je serais quand même étonnée que Spielberg n’ait pas eu des réminiscences en écrivant son scénario !!!

Ce n’est sans doute pas le meilleur Indy de la série (le meilleur étant « La dernière Croisade », pour moi, Sean Connery oblige), non, mais il se se laisse regarder si l’on accepte de garder ses yeux d’enfant (des années 80), pas encore blasé par tous les films d’action actuels.

Et même si Shia LaBeouf ne sert pas à grand’ chose (on est loin du face-à-face Ford/Connery), même si le happy end final est un peu cucul (je rêve où il y a une fine allusion à l’homosexualité des deux amis d’Indy ?), même si une ouverture éventuelle vers un « Le Fils d’Indy le retour » reste possible (quoique…), je trouve que tous les défauts de ce film qui termine cette trétalogie d’anthologie font justement son chouette charme.

C’est un peu désuet, mais ça colle à l’univers. Et même avec ses cheveux gris, Harrison Ford garde un sourire d’enfer !

*

Pour faire balance avec ma critique d’enfant de 10 ans, je vous mets une critique d’une copine (pas fausse et bien tournée ^^)

*

CONTRE (La critique de Célia)

Il faut abattre le soldat Spielberg. Cette ordure qui se prend pour un Père Noël en nous pondant un quatrième Indiana Jones a tué un personnage, que dis-je, un mythe, un fantasme (oui oui…).

Bref, Spielberg a commis une immonde daube qui aurait pu être un film chouette. Il aurait ravi tous les nostalgiques de cette époque bénie qu’étaient les années 80. Ca commençait bien d’ailleurs : Pour la crédibilité du personnage vu l’âge avancé de Harrison Ford, l’action se déroule en 1957. Jusqu’ici, tout va bien. L’ambiance oscille entre l’insouciance de l’après-guerre (et là, déjà, on se dit : « Putain, les 2, Spielberg et Lucas, ils se fatiguent pas trop. Ils nous refont « American Graffiti ») et le MacCarthysme de la guerre froide. Mais bon, c’est crédible. Jusqu’à ce que, contraint et forcé par une dominatrice du KGB (Cate Blanchett) à retrouver une mystérieuse momie, on voie un alien de Roswell, et on a l’impression d’être dans X-Files. Et là, c’est le drame.

A partir de là, tout part en sucette : Un môme de 20 ans qui apporte à Indy une lettre barbouillée de symboles lui permettant de retrouver l’Eldorado lui affirme que Ford connaît sa mère, et là, on flaire plus qu’une embrouille facile. Et merde, on est dans « La Guerre des Etoiles », et on imagine déjà la phrase qui tue : »Je suis ton père », prononcée à un moment critique un peu plus tard.

… Merde, merde, merde… Le film s’enfonce, malgré de l’action en-veux-tu-en-voilà (jamais très crédible, comme les adaptations de Comics). Ils retrouvent l’Eldorado et les extra-terrestres, qui repartent sur leur planète et tuent la méchante ambitieuse au passage.

Le film se termine par un « happy end » : Le mariage de Indy et Marion, la mère du petit con, qui se trouve être l’héroïne des Aventuriers de l’Arche Perdue. Trop facile comme fin. Bref, une jolie petite famille comme les Ingalls en moins larmoyant repart vers l’aventure. Ou pas. Il ne vaudrait mieux pas, en fait.

Tout ça pour dire que Spielberg pourrait faire des remakes géniaux à très gros budgets de « La Soupe aux Choux » et « Le Gendarme et les Extraterrestres », mais cet Indiana Jones 4 est une Eldoradaube (désolée pour le jeu de mots facile. On va mettre ça sur le compte de la fatigue et de l’énervement).

EDIT du 09/06 : Suite à une remarque de Cuauhtli me demandant si j’avais noté une confusion entre Incas et Mayas (à vrai dire, non, n’ayant absolument pas compris le parcours géographique de notre ami Indy – et ayant une très vague culture en histoire Inca/Maya – quelle honte pour quelqu’un qui rêve d’aller au Pérou – bref -), je me suis renseignée et suis tombée sur cet article du Monde très intéressant : « Indiana Jones fâche les Péruviens » (écrit pas une étudiante de ma promo de l’IEP cocoricooo !)… Bon, Steven, il a quand même vraiment bâclé son film ! 😉

Aujourd’hui, entre midi et deux, Kunie m’a appelée. Elle était à Frankfurt, prête à quitter le sol européen pour une période indéterminée. Retour au Japon. Elle voulait me dire “au revoir” et “merci” (merci pour quoi ?) après un séjour entre la Suisse, la France, l’Allemagne, l’Italie et la République Tchèque. Un dernier “Sayonara”, tellement gentil, avant nos prochaines retrouvailles – en avril 2009, j’espère ! J’y travaille, mochiron ;-)

Ce week-end, elle était sur Lyon. Moi aussi *_* Elle a essayé de m’appeler plusieurs fois et je n’ai jamais décroché (j’aime pô les numéros que je connais pô.) Flûte. En même temps, j’avoue n’avoir pas été très disponible pour quiconque ces deux jours : deux jours, c’est trop court et je suis égoïste (mais bon, promis, la prochaine fois, je me rattrape ! J’irai voir Ryan, Mag et sa deuxième fille, Nico…)

En fait, très égoïstement, j’avais très envie de voir…

… une expo qui se trouvait justement à Lyon…

OUR BODY A corps ouvert

Our Body

(Cliquez sur l’affiche pour voir une vidéo de l’expo « Bodies » à Pittsburgh – USA)

Une exposition de corps “écorchés” sujette – comme partout où elle passe – à controverse.

J’ai donc embarqué Djé et Vic dans cette sortie culturelle follement intrigante (bizarrement, Nico n’a pas voulu venir, “Beurk” m’a-t-il sms-é.)

Que dire ?

Avant toute chose, balayons d’un revers de main désinvolte les inutiles polémiques qui entourent l’expo :

1/ Tout d’abord sur la provenance des corps : tous d’origine chinoise, ils ont, d’après les organisateurs, été légués à la science par leurs “anciens propriétaires”. Evidemment, il faut toujours des chipoteries de la part de rabat-joies : est-ce qu’ils auraient aimé se retrouver dépecés puis exposés devant des milliers de visiteurs, ces pauvres corps ? Franchement, je ne vois pas l’intérêt de cette question. Dans la mesure où l’on donne son corps à la science, on accepte d’être un cobaye. Morte, est-ce qu’une personne se rend compte de ce qu’elle est devenue ? L’exposition ne ridiculise pas ces corps, ni ne les dégrade, au contraire. On va bien voir des momies sorties de leurs tombeaux : ont-elles donné leur accord ? Bien moins que ces personnes ayant légué leur corps à la science, me semble-t-il.

2/ Ensuite, s’agit-il de prisonniers chinois ? Tant qu’on n’en sait rien, pourquoi se perdre en conjectures ?

3/ Enfin, est-il éthique de faire une exposition artistique avec des cadavres ? Là, il s’agit de lever une ambiguïté : cette exposition – contrairement à ce que je pensais au départ – se veut indépendante du travail (de l’oeuvre ?) de Gunther Von Hagens, l’inventeur de la plastination, qui permet de conserver presque indéfiniment des corps. Gunther Von Hagens a été le premier – je crois – à proposer une exposition, Körperwelten (Body Worlds), dans laquelle il met littéralement en scène des cadavres écorchés, faisant prendre aux corps qu’il travaille diverses positions, réalisant parfois ce qui s’apparente à de vraies prouesses techniques, sulfureuses et sensationnalistes : le dépeçage d’un cheval entier, sur lequel il a assis un cavalier lui-même écorché ; la plastination de femmes enceintes de foetus de plusieurs mois… Toujours entouré d’un parfum de scandale, Günther Von Hagens aurait également procédé à une autopsie publique… Ici, rien de tel. Ou en tout cas, rien d’aussi macabrement spectaculaire. En dehors d’une ou deux positions inutiles (un joueur d’échecs, un homme assis sur un vélo), j’ai trouvé cette expo avant tout scientifique. D’abord à ma déception (j’avoue ^^), ensuite à mon soulagement.

Très loin des images figées, des schémas abstraits d’un livre de biologie, nous voici, tels des médecins ou scientifiques, face à notre nous interne !

Avant de pénétrer dans la première salle, malgré l’écriteau qui nous rassure quant au côté totalement inodore de l’expérience, on se sent tout de même un peu anxieux à l’idée de se retrouver confronter à nos organes mis à nu.

Le choc est bien réel. Dès la première salle, un homme, muscles, organes, tendons, nerfs, os et tout et tout apparents, nous fixe de ses yeux éteints. Son visage émacié par le dépeçage paraît encore reconnaissable. Par bonheur, grâce à la technique de plastination, son corps légèrement brillant semble comme plastifié et nous permet de rester à distance de sa réalité de cadavre. A ses côté, un autre homme, épluché comme un oignon, offre ses différentes couches de muscles durs et séchés à tous vents, ouverts en corolle tout autour de lui, comme une fleur étrange et morbide.

L’homme, dans cette exposition, ressemble à un poulet dont on essaie de découper les parties tendres. Le corps est complètement désacralisé.

Et, paradoxalement, alors même que nous sommes violemment mis devant notre condition de viande un peu écoeurante, nous ne pouvons nous empêcher d’être émerveillés par la complexité de ce corps, qui semble à la fois si fort et si fragile. Les mains, les pieds, sont des mécaniques absolument merveilleuses. L’emboîtement parfait des organes, l’incroyable réseau de nerfs, de veines, de vaisseaux minuscules qui passent les uns sous les autres… Mais quelle sublime machine est un corps vivant !

Dans des vitres, tous les organes de notre corps sont exposés, séparés les uns des autres, classés selon le système auquel ils appartiennent : cardio-vasculaire, uro-génital, nerveux, etc. Les organes paraissent étrangement petits : la vésicule, le canal cholédoque… Les os, en revanche, paraissent énormes : la colonne vertébrale, les hanches sont absolument impressionnantes. On n’ose à peine imaginer comment se déroule une opération de la hanche et son remplacement par une prothèse !!!

Le clou de l’expo ? Une peau humaine, tanée comme un vieux tapis, étalée de tout son long, comme un costume fripé que l’on viendrait de retirer. Et surtout, comble de l’horreur et de la fascination ! trois corps, entièrement découpés en tranches égales – comme du jambon ! – sur toute la hauteur : de face, de profil et horizontalement. Là, le malaise peut prendre à la gorge. On ne voit pas grand chose des organes ; on a juste l’impression de contempler de grandes côtelettes et surtout, d’être obligé d’applaudir à la prouesse technique (mais quel outil peut bien pouvoir découper aussi parfaitement des corps humains ??)

Our Body

Du coup, entre les mises en situation un peu surperflues et le découpage façon charcuterie, mes deux compagnons d’exposition se sont sentis agressés, mal à l’aise et ont trouvé l’objectif de cette expo in fine assez douteux.

Au-delà du titillement de notre goût pour le macabre et notre curiosité morbide, moi, j’avoue que j’ai trouvé ça très intéressant, réellement fascinant, même si l’on n’apprend, hélas, pas forcément grand chose : les descriptions / explications sont malheureusement assez sommaires, on manque d’explications animées pour comprendre comment tout est relié. C’est en cela qu’on peut regretter que l’entreprise ait été plus pensée comme un spectacle que comme un véritable enseignement pédagogique. L’expo ne m’a toutefois pas empêchée de dormir et, au contraire, je pense maintenant à mon moi intérieur avec pas mal de tendresse et de respect :-) (et aux chirurgiens avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’admiration.)

A voir, pour vous faire votre propre avis. Ca ne vous laissera, en tout cas, pas indifférent.

(NB : pour ne pas choquer le public pour cette première exposition française, on ne voit aucun foetus, enfant, maladies…)

  • Entrée tarif normal : 15,50€
  • Entrée tarif réduit : 13,50€

Site de l’expo complète : OUR BODY The universe within

Article Le Monde

Article Libé

%d blogueurs aiment cette page :