1h30, c’est tellement peu, c’est trop rien, quand on est face à la beauté, la poésie, la grâce, l’inventivité et l’émotion… Vous trouvez que j’en jette beaucoup ? Il est vrai que, parfois, la demi mesure et moi, on fait trente six, quand ce n’est pas trente sept. Surtout lorsque j’éprouve une émotion ou un choc esthétique.

Soyons clair. J’ai rarement pleuré devant un spectacle vivant et Dieu sait pourtant que j’ai eu maintes occasions de m’extasier, ayant eu la chance d’avoir des parents qui aimaient la culture : ainsi, Tambours sur la digue d’Ariane Mnouchkine ou L’Hymne aux fleurs qui passent du Legend Lin Theater (vu trois fois à la Biennale de la Danse !) sont deux spectacles qui m’ont durablement marquée, visuellement. Au théâtre, je n’ai jamais versé une larme même aux vers ou passages qui me faisaient le plus vibrer lorsque je les lisais, même avec des comédiens de la trempe de Caubère, Arditi ou Sandre (ah peut-être à la fin de Célimène et le Cardinal et encore…) Même si j’aime beaucoup le théâtre, je suis, au fond – et particulièrement récemment -, souvent déçue et peu enthousiaste par les choix de mise en scène.

Les deux seules fois où j’ai pleuré comme une madeleine, c’était en fait à l’opéra, genre dans lequel je suis pourtant novice de chez novice : pour La Traviata, puis pour La Bohème. Mais ce genre de spectacle est tellement complet (costumes, décors, beauté de la musique et des voix) qu’on est soudain pris à la gorge par une émotion indescriptible qui fait naturellement jaillir les larmes. Et la troisième fois, c’est ce soir, devant Au revoir parapluie, la troisième création de James Thierrée, acrobate, chorégraphe, mime… et petit-fils de… Spectacle également complet, mêlant mime, danse, art du cirque…

James Thierrée, je n’en avais jamais entendu parler avant d’avoir vu le film Ce que mes yeux ont vu dans lequel sa brève présence muette mais habitée m’avait intriguée (évidemment, je ne vous parle pas de sa « gueule » ténébreuse et séduisante ^^). Je regrette de n’avoir pu voir ses précédentes créations tant celle-ci m’a transportée. Et quand je dis « transportée », c’est littéralement. J’ai été projetée dans un monde onirique et magique, un monde de contes d’enfance (d’ailleurs, il y avait des enfants dans la salle, aussi ravis et émerveillés que leurs parents) à la fois enchanteur et inquiétant, où un personnage (James Thierrée, sublimissime) fait face à la mort, incarnée par une femme qui fredonne un air récurrent et tente de détruire son bonheur familial en lui enlevant sa femme (du moins, c’est ce que j’ai compris.)

Un monde de cordes (symbolisant un arbre ?), dans lequel vivent les personnages, menacés par des bûcherons et parfois confrontés au dérèglement saugrenu de leur corps (incroyables danseurs capables de se désarticuler comme si c’était naturel !) : les voilà qui volent, sautent, virevoltent avec la grâce la plus folle et la légèreté la plus suave.

Un monde de musique, de magie, invisible et visible. Un monde où les farfadets se transforment en animaux.

Un monde très drôle : car l’univers de James Thierrée ne manque pas d’humour et l’on rit aux éclats devant son invention foisonnante, ses idées incroyables…

Tout est tellement beau qu’on en reste bouche bée, ému aux larmes par tant de beauté.

L’amour, le couple, la famille, le bonheur, la mort ; Orphée cherchant Eurydice, Dante désespéré par la disparition de Béatrice. L’histoire d’une vie, de la vie. C’est tout con mais qu’est-ce que c’est beau. Ce n’est jamais niais lorsque c’est romantique (le coeur de l’amoureux se met à battre jusque dans ses genoux), ce n’est jamais larmoyant lorsque c’est désespéré (ah ! cette chorégraphie crépusculaire et mélancolique avec la botte de roseaux !) et le finale, triste et gai, se déroule sous un chapiteau (hommage au cirque), dans un jeu dont la mort sort facétieusement gagnante…

Les cinq danseurs sont admirables de fluidité, de souplesse. Les costumes sont magnifiques (que d’idées !). L’éclairage superbe. La musique formidable. Que dire, que dire ? Tant de superlatifs s’entrechoquent encore dans ma tête.

Le public était debout. Quatre rappels. Deux enfants, au pied de la scène, mimaient avec entrain le combat au roseau. Formidable. Grandiose. Un spectacle somptueux que je voudrais recommander à tous, de 7 à 77 ans, parce que ce n’est ni prétentieux, ni élitiste, c’est universellement beau, étincelant, époustouflant, revigorant. Voilà ce qui me manque désormais au cinéma, cette magie primale, faite d’un rien et de tout, faite d’une tonne d’inventivité et d’astuce, cette magie artisanale à la Méliès : suggérer suffit à provoquer le rêve. On n’a pas besoin de voir les choses pour les voir. Je savais, avant même d’y aller, je savais que j’allais aimer ce genre de spectacle. J’ai été émerveillée au-delà des mots. Mr. A. en est ressorti aussi impressionné que moi.

Depuis, j’ai mon blues post événement-exceptionnel (le blues qui m’arrive quand j’ai vécu une trop forte émotion et que j’ai l’impression d’avoir eu un orgasme esthétique dont la suite ne peut être qu’une déprimante descente ^^) J’aspire à y retourner, ça va devenir une obsession, je vous préviens.

Ma nouvelle idole, c’est James (bientôt un site et un forum ! ^^)

MERCI BAZ !!!! (ma fournisseuse officielle de soirée)

Photo © Jean-Louis Fernandez

Critique Figaroscope

Critique NYtheatre.com

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Pour le plaisir des yeux :

  • Au revoir parapluie de James Thierrée
  • Vu les mercredi 23 et samedi 26 avril 2008 au Théâtre de la Ville (Paris)

Wahou. Je suis crevée moi.

J’ai passé un week-end tout pourri de merde, malade au fond de mon lit, à faire une diète forcée qui ne m’a fait perdre aucun kilo (ç’eût été trop beau, hein, saloperie de vie !)… Heureusement, j’ai quand même vu (un peu) Mr. A. qui a été malade en même temps que moi – hyper synchro ! – et avec qui j’ai vu le film Passe Passe de Tonie Marshall, tellement oubliable que je l’ai déjà oublié (de toute façon, Edouard Baer, je peux pas le blairer et Nathalie Baye est de plus en plus tirée) et pis aussi Manu, alias Manolo, alias Manolito, cinq minutes, qui a urbainement contribué à mon travail professionnel en me fournissant un article sur le marketing politique pour mon boss qui passait à la radio lundi matin (sur BFM, comment ça, vous ne l’avez pas entendu !!!) et qui m’a fait rire aux larmes en m’offrant un cadeau formidable : de la pâte à prout (on n’imagine pas la variété infinie et châtoyante de prouts que peut produire cette pâte !) (Ouf cette phrase est enfin finie.) Surtout que « prout » est l’une de mes onomatopées préférées. Cela a un peu égayé mon week-end.

Après avoir dormi comme un loir durant quasiment deux jours, je me suis réveillée à peu près fraîche et dispose le dimanche soir vers 20h ; du coup, j’ai passé ma nuit à jouer à des conneries sur Facebook (au secours, sortez-moi de làààààà !!!), notamment à des jeux fabuleux qui m’ont démontré une bonne fois pour toutes que j’ai un cerveau de poulpe, un sens logique de moule, une mémoire visuelle de taupe, une vivacité d’esprit d’escargot, bref, comme me l’a dit le test, il « me manque un lien » quelque part. Hyper vexée par ce jeu en flash débile, j’ai rejoué jusqu’à obtenir le cerveau d’un « genius », malheureusement loin derrière tous mes amis inscrits à ce jeu qui, eux, ont tous un cerveau « d’alien ». M’en fous, je vais m’acheter le jeu de l’entraînement cérébral Dr Kawashima et vous allez voir comment je vais tous vous niquer écraser, ah ah ah ! Donc après avoir passé une bonne partie de la nuit de dimanche là-dessus (à moins que ça ne soit hier, je sais plus) (ou les deux *_*), je me suis couchée à 2-3h du matin pour commencer quelques heures plus tard une journée pleine d’entrain et de dynamisme au boulot.

Dans la journée de lundi, hop-là, copine Baz, qui travaille au Théâtre de la Ville, m’envoie un mail : « Ca te dit d’aller voir avec Mr. A. la générale de Sidi Larbi Cherkaoui ce soir au Théâtre des Abbesses ? » Comment ça quoi qu’est-ce ? C’est qui ce Zarbi Mechoui ? Moi je ne dis jamais non à un pestacle gratuit, d’autant plus que la danse, c’est mon dada (en fait, non, mais bon, j’aime bien quand même) depuis mon stage à la Biennale de la Danse de Lyon que j’avais, soit dit en passant, torridement a-do-ré (et je pèse mes mots) (Guy Darmet est mon idole.) Donc le soir, on court on court au Théâtre des Abbesses. « Origine« , le pestacle il s’appelle. C’est magnifique. J’ai pas tout tout compris (la danse, c’est hyper conceptu-sensuel, c’est compliqué à décrypter) mais qu’est-ce que j’ai aimé ! Une vraie expérience sensitive et sensorielle : la musique, d’abord, mélange de chants (les deux voix féminines étaient à couper le souffle) aux sonorités arabes, andalouses, médiévales (?) voire celtes (?) m’a subjuguée. Et ensuite ce dialogue entre musique et danse, malgré 2-3 tableaux à plusieurs qui ne m’ont pas semblé hyper synchros (je critique alors que je n’y connais rien, hein), était magnifique. Plein d’idées, de trouvailles, d’inventivité, mais aussi d’humour, de violence… avec un danseur asiatique impressionnant, capable d’évoquer un pull à capuche, un fauteuil ou un aspirateur (!) Toute cette partie avec cette femme et cet homme qui se transforme en divers objets du quotidien, juste par la gestuelle, était d’une poésie à couper le souffle. Impossible à décrire, mais juste pour ce passage-là, celui-là particulièrement, je voudrais revoir cette chorégraphie. Je parle très mal de danse, c’est triste, mais c’était… wow… J’ai encore plus aimé que Preljocaj, qui avait été un gros coup de coeur (surtout L’Annonciation)…

(la vidéo ne donne en fait aucune idée de la chouetteté du spectacle !)

Ce soir, après re-une nuit de jeu (3h de dodo avec réveil stressé à l’arrache *____*), une journée bien remplie en Fourniret et un assoupissement en réunion chez notre client Total (hum) (NB : j’ai un ENORME problème : je m’endors lors des réunions, mon cahier est rempli de gribouillis informes indéchiffrables, mais j’ai comme un pilote automatique de sommeil qui m’indique que, lorsque c’est chiant, je peux rattraper mon sommeil de la nuit, ce qui est un peu embêtant face à de gros clients…), hop là, direction Le Point Ephémère (un souper chouette endroit) pour le concert de My Brightest Diamond. Quoi ? Vous ne connaissez pas Shara Worden, la chanteuse de ce groupe, INCROYABLE ? Bon, pour cette découverte, il faut quand même que je remercie Benj’ qui bosse chez le label qui a distribué en France ce groupe et qui m’avait offert le CD promo à l’époque parmi d’autres (genre Coco Rosie et cie.) Comme il savait que j’aimais bien Tori Amos, PJ Harvey et cie, il m’avait dit : « Tiens, écoute ça. » J’ai écouté, j’ai aimé, je suis allée trois fois la voir en concert et j’ai emmené deux fois chacun Marius et Manolo. Marius est devenu fan aussi et, ce soir, j’ai invité Manolo en remplacement de mon frère qui préférait réviser son concours, le fou. Eh bien on a passé une super soirée. Concert assez « expérimental », je dirais même à la limite du lynchien parfois : c’était l’anniversaire de Shara qui, seule en scène avec son pianiste Charlie O.(leg), avec un chapeau pointu sur la tête, distribuait des côtillons et ballons au public au son d’un orgue Bontempi ! Complètement différent des deux précédents, moins rock (exit basse et batterie), mais mettant d’autant plus en valeur sa voix réellement extraordinaire et son aptitude dégueulasse à jouer de la guitare et du ukulélé. Totalement déjantée et géniale, drôle et ne se prenant pas au sérieux, elle nous a gratifié d’une reprise incroyable de « When doves cry » de Prince surpassant carrément l’original. Ce qui est drôle, c’est que deux chansons plus tôt, je pensais justement à Prince, va savoir pourquoi, en l’écoutant (d’ailleurs, aujourd’hui, j’ai eu toute la journée en tête « Let the Sunshine » au boulot, à tel point que je l’ai mis en fond sonore et dans le métro, un mec passe et siffle… « Let the Sunshine » !!! *____*) (je vais bientôt mourir !)

Un concert vraiment extra, formidouble, fantastisch, de toute façon, je suis fan ! En plus avec Manolo, la classe internationale quoi. J’ai croisé Benj’ à la sortie, cinq minutes chrono. Funny.

Le pire c’est que ça pourrait s’arrêter là MAIS NON ! J’ai pas les yeux en face des trous, j’accumule le retard de dodo mais cette semaine est folle. Demain soir, adieu Nouvelle Star. Entre Cédric et James Thierree, désolée, mais je choisis James. James, o James ! Peu de monde le connaît mais moi si, nananananère. Enfin, pas personnellement, ça serait miraculeux, mais depuis que je l’ai découvert dans cet obscur petit film « Ce que mes yeux ont vu« , je rêvais de le voir dans l’un de ses spectacles qui ont l’air sublime (dont l’un a raflé 4 Molière.) Rêve assouvi grâce à Bazou, une fois de plus, qui m’envoie aujourd’hui un message – violent le message : « Urgent, deux places bien placées pour le spectacle de James Thierree, ça vous dit ? Vite ! » Là, j’ai sauté sur ma chaise, mon ordi et mon téléphone et je lui ai envoyé au moins trois messages : « JE SUIS AMOUREUSE DE JAMES !! » Donc voilà. Mercredi, c’est James Thierree. Vous me raconterez la Nouvelle Star, je compte sur vous ^^

(Cela n’a-t-il pas l’air magique ???!!!)

Quoi d’autre ? Jeudi soir, je vois Môman et Pôpa avant leur départ en Turquie (y’en a quand même qui s’en font pas !) avec Djé et l’une de mes cousines, qui vient ensuite squatter pour la nuit dans mon tout sale chez moi. Et vendredi soir, y’a pas sport car c’est les vacances – évidemment – donc je dîne avec Célia, une copine de Sephonnaud. Et dimanche, c’est l’anniversaire de Mademoiselle Thia (Joyeux anniversaire la grande, c’est aujourd’hui le 23 !!!)

Semaine de guedin comme dirait une djeun’s !

Bon, je fous rien samedi. Des idées ?

Wahou. Je suis crevée. J’ai passé un week-end tout pourri de merde, malade au fond de mon lit. Heureusement, j’ai quand même vu (un peu) Mr. A. qui a été malade en même temps que moi – hyper synchro ! – et avec qui j’ai vu le film Passe Passe de Tonie Marshall, tellement oubliable que je l’ai déjà oublié. Après avoir dormi comme un loir durant quasiment deux jours, je me suis réveillée à peu près fraîche et dispose le dimanche vers 20h du matin ; du coup, j’ai passé ma nuit à jouer à des conneries sur Facebook (au secours, sortez-moi de lààà !!!), notamment à des jeux fabuleux qui m’ont démontré une bonne fois pour toutes que j’ai un cerveau de poulpe, un sens logique de moule, une mémoire visuelle de taupe, une vivacité d’esprit d’escargot, bref, comme me l’a dit le test, il “me manque un lien” quelque part. Hyper vexée par ce jeu en flash débile, j’ai rejoué jusqu’à obtenir le cerveau d’un “genius”, malheureusement loin derrière tous mes amis inscrits à ce jeu qui, eux, ont tous un cerveau “d’alien”. M’en fous, je vais m’acheter le jeu de l’entraînement cérébral Dr. Kawashima et vous allez voir comment je vais tous vous niquer écraser, ah ah ah ! Donc après avoir passé une bonne partie de la nuit de dimanche là-dessus, je me suis couchée à 2-3h du matin pour commencer quelques heures plus tard une journée pleine d’entrain et de dynamisme au boulot.

Origine

Dans la journée de lundi, hop-là, copine Baz, qui travaille au Théâtre de la Ville, m’envoie un mail : “Ca te dit d’aller voir avec Mr. A. la générale de Sidi Larbi Cherkaoui ce soir au Théâtre des Abbesses ?” Comment ça quoi qu’est-ce ? C’est qui ce Sidi Zarbi ? Moi je ne dis jamais non à un pestacle gratuit, d’autant plus que la danse, c’est mon dada, depuis mon stage à la Biennale de la Danse de Lyon que j’avais, soit dit en passant, torridement a-do-ré (et je pèse mes mots) (Guy Darmet est mon idole). Donc le soir, on court on court au Théâtre des Abbesses. Origine, le pestacle il s’appelle. C’est magnifique. J’ai pas tout tout compris mais qu’est-ce que j’ai aimé ! Une vraie expérience sensitive et sensorielle : la musique, d’abord, mélange de chants (les deux voix féminines étaient à couper le souffle) aux sonorités arabes, andalouses, médiévales (?) voire celtes (?) m’a subjuguée. Ensuite ce dialogue entre musique et danse, malgré 2-3 tableaux à plusieurs qui ne m’ont pas semblé hyper synchros (je critique alors que je n’y connais rien, hein), était magnifique. Plein d’idées, de trouvailles, d’inventivité, mais aussi d’humour, de violence… avec un danseur asiatique impressionnant, capable d’évoquer un pull à capuche, un fauteuil ou un aspirateur (!) Toute cette partie avec cette femme et cet homme qui se transforme en divers objets du quotidien, juste par la gestuelle, était d’une poésie à couper le souffle. Impossible à décrire, mais juste pour ce passage-là, celui-là particulièrement, je voudrais revoir cette chorégraphie. Je parle très mal de danse, c’est triste, mais c’était… wow… J’ai encore plus aimé que Preljocaj, qui avait été un gros coup de coeur (surtout L’Annonciation)…

Ce soir, hop là, direction Le Point Ephémère pour le concert de My Brightest Diamond. Quoi ? Vous ne connaissez pas Shara Worden, la chanteuse de ce groupe, INCROYABLE ? Bon, pour cette découverte, il faut quand même que je remercie Benj’ qui bosse chez le label qui a distribué en France ce groupe et qui m’avait offert le CD promo à l’époque parmi d’autres (genre Coco Rosie et cie.) Comme il savait que j’aimais bien Tori Amos, PJ Harvey et cie, il m’avait dit : “Tiens, écoute ça.” J’ai écouté, j’ai aimé, je suis allée trois fois la voir en concert et j’ai emmené deux fois chacun Marius et Manolo. Marius est devenu fan aussi et, ce soir, j’ai invité Manolo en remplacement de mon frère qui préférait réviser son concours, le fou. Eh bien on a passé une super soirée. Concert assez “expérimental”, je dirais même à la limite du lynchien parfois : c’était l’anniversaire de Shara qui, seule en scène avec son pianiste Charlie O.(leg), avec un chapeau pointu sur la tête, distribuait des côtillons et ballons au public au son d’un orgue Bontempi ! Complètement différent des deux précédents, moins rock (exit basse et batterie), mais mettant d’autant plus en valeur sa voix réellement extraordinaire et son aptitude dégueulasse à jouer de la guitare et du ukulélé. Totalement déjantée et géniale, drôle et ne se prenant pas au sérieux, elle nous a gratifiés d’une reprise incroyable de « When doves cry” de Prince surpassant carrément l’original. Ce qui est drôle, c’est que deux chansons plus tôt, je pensais justement à Prince, allez savoir pourquoi, en l’écoutant (d’ailleurs, aujourd’hui, j’ai eu toute la journée en tête “Let the Sunshine” au boulot, à tel point que je l’ai mis en fond sonore et dans le métro, un mec passe et siffle… “Let the Sunshine” !!! *____*). Un concert vraiment extra, formidouble, fantastisch, de toute façon, je suis fan ! En plus avec Manolo, la classe internationale quoi. J’ai croisé Benj’ à la sortie, cinq minutes chrono.

Le pire c’est que ça pourrait s’arrêter là MAIS NON ! J’ai pas les yeux en face des trous, j’accumule le retard de dodo mais cette semaine est folle. Demain soir, adieu la nouvelle Star. Entre Cédric et James Thierrée, désolée, mais je choisis James. James, ô James ! Peu de monde le connaît mais moi si, nananananère. Enfin, pas personnellement, ça serait miraculeux, mais depuis que je l’ai découvert dans cet obscur petit film Ce que mes yeux ont vu, je rêvais de le voir dans l’un de ses spectacles qui ont l’air sublimes (l’un d’entre eux a raflé 4 Molière.) Rêve assouvi grâce à Baz, une fois de plus, qui m’envoie aujourd’hui un message – violent le message : “Urgent, deux places bien placées pour le spectacle de James Thierrée, ça vous dit ? Vite !” Là, j’ai sauté sur ma chaise, mon ordi et mon téléphone et je lui ai envoyé au moins trois messages hystériques : “JE SUIS AMOUREUSE DE JAMES !!” Donc voilà. Mercredi, c’est James Thierrée. Mon Dieu, n’est-ce pas magique ?

Semaine de guedin ! Bon, je fous rien samedi soir. Des idées ?

Jeudi soir, c’était soirée « Gastronomic Kampuchea ».

Papa m’avait envoyé un mail de 12 mots pour me vanter les mérites culinaires d’un restau cambodgien « génial pas cher excellent près de chez toi, mais il faut réserver » quelques jours auparavant ; je me suis dit que ce serait un bon endroit à tester avec Mimine qui passait encore par la case maison jeudi, avant de s’envoler le lendemain pour Barcelona (rappelons que le mois précédent, elle passait chez moi avant d’aller couler une douce et ensoleillée semaine à Malte, la cochonne.)

Nous en avons profité pour convier Papatte.

Eh bien, je confirme, voilà une très bonne adresse. Cadre chaleureux, décoré avec goût (en dépit d’une peinture bizarre pleine de gros doigts effrayants), accueil convivial, ambiance sympathique (apparemment, c’est toujours bondé), plats appétissants, carte diversifiée et attrayante, tout y est agréable. Après avoir hésité sur moults plats, nous avons pris deux « grandes assiettes ‘découverte’ pour deux personnes » (entrées), dont l’une avec des fruits de mer, accompagnées d’un petit Gamay tout simple mais gouleyant et nous avons passé notre soirée à nous extasier sur la finesse des mets (aaahh, cette sauce miellée à l’abricot !) Afin de pouvoir tout goûter, nous avons partagé chaque chose le plus également possible – on est communiste ou on ne l’est pas. Ce n’est pas forcément pratique lorsqu’on est plus de deux et ces assiettes n’existent malheureusement pas pour une personne – mais elle peuvent convenir comme plat simple. Nous avons ensuite tergiversé un bon moment sur la salade à la fleur de bananier ou un dessert individuel et avons finalement opté pour cette solution : un flan au taro (une sorte de patate douce) pour Papatte, délicieux et léger, une mangue sur riz gluant recouverte de lait de coco pour moi (bien mais sans plus, la mangue n’étant pas extraordinaire) et banane à la noix de coco pour Mimine (basique.)

Pour les petits porte-monnaies, il est donc plus intéressant de venir en nombre pair pour bénéficier des plats ‘découverte’ pour deux, sinon, à la carte, c’est un peu plus cher. Personnellement, j’ai regretté qu’il n’y ait pas un menu « petite bourse » : le menu Pol Pot, par exemple, à base de racines et de vers de terre (le genre de blague qui fait moyennement rire Mimine, la pauvre, qui m’a dit qu’on avait de la chance que j’aie une tête d’asiatique, sinon, on se serait fait virer manu militari avec mes blagues pourrites sur les Cambodgiens ^___^) Cela dit, ce n’est pas excessif (compter entre 15 et 30€ environ par personne) et c’est vraiment succulent. Une excellente soirée gastronomique, donc.

MONDOL KIRI 159 avenue de Choisy Tel : 01.53.79.75.96 (fermé le lundi)

La prochaine fois j’y emmène Mr. A. Et pourquoi pas Cuauhtli, si elle veut tenter (je dois toujours te remercier de m’avoir aidée à porter mon piano !!)

Mondol Kiri

Ce week-end, je me suis baladée en solitaire dans Paris.

Hier, après m’être paumée autour de chez moi en cherchant une librairie musicale dont j’avais oublié et le nom et l’adresse, je suis allée faire un tour chez Falado, une autre petite libraire musicale, toute mignonne (il faut juste repérer la devanture bleue dans la micro rue Léopold Robert, que j’ai parcourue deux fois avant de la voir !) que j’ai dévalisée en partitions de piano. Je suis repartie avec des paretoches de classique pour « amateurs avancés » (Erik Satie – ma nouvelle idole du moment – et du baroque transcrit pour piano – sur les bons conseils du monsieur) et de variété (les recueils de Starmania et Michel Polnareff) et je m’en vois VRAIMENT pour déchiffrer tout ça. Question rythme, c’est la catastrophe. Dire que je me suis mangé 7 ans de solfège pour tout oublier au final… Bref, c’est quand même pas demain qu’on pourra faire des soirées chansonnette, je vous le dis tout de suite. Et ce n’est pas avec le peu de temps que j’ai pour pratiquer que je vais progresser vite… 🙁

Aujourd’hui, je suis partie à la découverte de mon quartier, le quartier « chnow », que je ne connaissais pas du tout, n’ayant jamais osé dépasser la Place d’Italie (moi, les Chinois, je m’en méfie !) Maman m’avait dit que c’était rigolo, ça m’a motivée, d’autant plus que j’ai vraiment envie de partir en Asie un de ces quatre (bah oui, quand même…) Je ne suis pas sûre d’être allée au bon endroit car, en fait, je n’ai pas vu grand chose en dehors de 2-3 restaus asiat’. Maman m’avait parlé d’un temple, j’ai eu beau marcher 1h30 entre Place d’It et Porte de Choisy, je pense que je me suis gourée.

J’ai pu néanmoins voir « Notre Dame de Chine » :

Notre Dame de Chine

Ainsi qu’un McDo relooké au style asiatique :

McDo chinois

Des barres d’immeubles bizarres :

Dégradé

De la pub pour des candidats locaux très locaux (spéciale dédicace à Valentin qui avait tripé sur ce brave Félix) (un nom très chinois, comme on peut le constater ^^) :

Félix Wouhou

Une ambiance « cerisiers japonais » :

Cerisiers

Ensuite, je suis allée du côté du Palais Royal…

Petit Ours Brun était perdu :

Petit ours brun

Deux mariés cherchaient à faire des photos en évitant la pluie et la boue :

Mariage

Et puis toujours ce calme paisible :

Palais Royal

Galerie Vivienne, je me suis un peu réchauffée :

Autoportrait

Devant la Bourse :

Bourse

Voilà, c’était un week-end très « outdoors » pour une fois. Prendre l’air m’a fait un bien fou, même si c’est encore et toujours dans Paris (moi aussi j’aurais voulu aller à Barcelone *_*)

Mais bon, malgré tout, j’aime Paris !

En ce moment, c’est cool, j’ai une nouvelle activité : ramasser les gens par terre.

Il y a quelques semaines, je descends dans la rue et que vois-je en bas de chez moi, à quelques mètres à peine de la porte d’entrée de mon immeuble ? Un corps humain étalé de tout son long sur le trottoir. Un type, sur le ventre, face contre terre. Le plus drôle, dans ce genre de scène, n’est pas tant l’incongruité du corps barrant le passage que la (non) réaction des passants : les gens se contentaient de dépasser la chose en la regardant d’un air curieux tout en s’en écartant légèrement ; on sait jamais, la mort (car il paraissait mort), c’est vachement contagieux.

A première vue, le piètre état de ses vêtements ne laissait que peu de doute sur l’identité du pauvre bonhomme qui gisait là, comme une merde, avec un petit filet de bave sous la joue. Peu probable qu’il vînt de Neuilly, çui-là. La pauvreté et la saleté empêchent-elles l’humanité ? Dans d’autres cas, chochotte comme je suis, j’eusse certainement dit oui, mais là, quand même, on ne pouvait pas imaginer qu’il aimait rester couché sur le bitume glacial, le nez dans la poussière. Et s’il était vraiment mort, comment accepter que personne ne s’en préoccupât ?

Nous fûmes trois à nous arrêter à ses côtés : un jeune, une dame – qui, tout de même, ne s’approcha pas trop, de peur peut-être d’attraper le choléra (mais que croyez-vous chère madame, moi aussi j’ai eu peur d’attraper une maladie vénérienne en touchant ce monsieur qui sentait très fort la pisse et la vinasse !) – et moi. Nous commençâmes par l’appeler doucement, comme on le fait dans ces cas-là : « Monsieur, ouhou, monsieur, vous nous entendez ? Monsieur, si vous nous entendez, parlez ! (Et là, combien j’ai de doigts ???!!!) » En mon for intérieur, je me disais que je pouvais me la péter en essayant de le mettre en position latérale de sécurité, histoire de voir si je savais encore faire, mais son odeur réfréna mes élans de secouriste.

Enfin, la chose humaine bougea dans son anorak. Il vivait ! (Chouette, je pouvais partir sans le toucher !) Mais non, on lui demande : « Monsieur… Monsieur, vous voulez qu’on vous aide à vous mettre debout ? » (Comme s’il allait nous répondre : « Non merci, laissez-moi dormir comme une crotte sur le béton froid, je suis très confort… ») – « Ah bin oui, j’veux bien, vous êtes bin braves… »

C’est parti pour le tenir, le soutenir, le soulever… Ouhlà, ça tangue !!! Ouuuuhhh, il a pas bu que du jus de raisin, le bougre. Tant bien que mal, on arrive à l’asseoir. Il a pas l’air très net. On lui demande s’il veut qu’on appelle les pompiers, ce que le jeune fait, de toutes façons. Le type veut qu’on appelle l’hôpital Cochin : « Ils me connaissent bien là-bas, dites-leur de venir me chercher ! » Heuuuhh… Pendant que le djeun’s explique la situation aux pompiers par téléphone, notre ami décide de se lever pour aller pisser, sans plus de manières, dans la poubelle en face de nous. Et vaz-y qu’il sort son kiki dans la nuit hivernale, pour se soulager tant bien que mal devant nous. Sympa.

Finalement, les pompiers ne sont pas venus puisque notre homme était conscient et valide, nous n’avons pas appelé Cochin et nous l’avons laissé, assis sur le trottoir, comme un SDF qu’il était, sans savoir que faire. Sentiment bizarre et un peu déprimant.

Il y a quelques temps, que se passe-t-il dans le métro, juste à côté de Nico, Ishmael et moi ??? Paf !!! Un clochard qui tombe au ralenti juste à côté de moi, comme une chiffe molle !!! Evidemment, que fait-on ? On le ramasse (d’une main puisque je tenais de l’autre un précieux éclair au chocolat que je ne voulais pas salir !) et on le pose, assis, un peu plus loin… Tout cela nous a pris un certain temps mais le métro a semblé nous attendre (ou ai-je rêvé ??)

Enfin, aujourd’hui, sortant du Ministère de la Justice, je marchotte rue Saint Honoré, rêvassant à une boulangerie-pâtisserie. J’avise, sur le trottoir d’en face, une supérette. Chic, me dis-je, je vais m’acheter un Yop et des brioches (je sais, j’ai des pensées palpitantes.) Soudain, toujours comme au ralenti, j’entends juste derrière moi, simultanément, deux cris, un coup de frein, un dérapage, un grand fracas de plastique écrasé et en même temps que je tourne lentement mon regard du côté de l’agitation, je vois rebondir devant moi, sur le sol, sur un mètre, un type d’une cinquantaine d’années, accroché à un scooter qui continue de glisser sur la route avec deux jeunes filles branchouilles dessus. Wow l’image. Le mec est venu s’aplatir comme une crêpe juste à mes pieds, ses lunettes ayant volé un peu plus loin. Je me baisse pour le ramasser, comme dans un rêve. Plusieurs personnes sortent sur le palier de leurs boutiques : « Vous voulez qu’on appelle les pompiers ? Le Samu ? Les Urgences ? » Heureusement, il y a plus de peur que de mal et le type s’exclame même, alors qu’on le relève : « Mes lunettes ! Où sont mes lunettes ???!! »

Les deux nénettes font moins les malignes avec leurs petits talons, dans leurs petits leggings et derrière leurs lunettes de soleil. La conductrice, complètement K.O., se relève péniblement, ses petites chevilles toute tordues et ses petits coudes tout endoloris. Le piéton n’est pas content, même si c’est lui traversait en freestyle : « Je me suis déporté exprès pour les laisser passer et elles m’ont foncé dessus (sous-entendu « ces petites dindes ») ! » En même temps, je ne vais pas lui jeter la première pierre puisque je suis la première à toujours traverser n’importe comment. Je lui demande s’il va bien. « Oui, oui », grogne-t-il, amène comme un ours qu’on vient de sortir brutalement d’hibernation. Il a juste les deux paumes bien arrachées et sanguinolantes, le dos de sa parka tout griffé et plein de sang dans la bouche, mais à part ça, ça va. Je lui file un mouchoir pour qu’il s’essuie et puis les commerçants du coin commencent à rappliquer, donc je m’éclipse discrètement, contente d’avoir ramassé mon troisième bonhomme en deux mois, et pars acheter mon Yop et ma brioche en songeant que, tout de même, je ne me suis même pas évanouie en voyant son sang et que, décidément, c’est rare de tester la position latérale de sécurité.

Quoiqu’il en soit, ça ne m’a sûrement pas dégoûtée du scooter (au contraire ^^)

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