Alors là, trop bonne journée aujourd’hui. Jamais, plus jamais, je ne partirai précipitamment de chez moi, qui plus est pour aller faire la queue à la Poste !

Ce matin, de bonne heure et de bonne humeur, je me réveille, prête à commencer une journée bien remplie : coiffeur pré-fêtes de fin d’année, courses de Noël, recherche d’un système d’accrochage pour mes affiches de cinéma… Et avant toute chose : Poste, histoire de récupérer le super bridge Fuji FinePix S5000 que je me suis offert pour un prix dérisoirissime (90€ !!!) sur LDLC, et l’un de moults cadeaux que j’ai achetés pour mon frère.

Lalala, je prends mon sac, mes sacs poubelles, mes bouteilles à jeter, trouloulou, je vois mon portable, oh bof, je vais pas m’en encombrer, la Poste est à deux pas, et clac, je claque la porte derrière moi ! Pas la peine de fermer à clé, hein, la Poste est à deux pas, je viens de vous dire !

Je descends mes poubelles et là, je m’aperçois que je suis coincée dans la cour car je n’ai pas mes clés. Un peu troublée, je sors par le café qui se trouve juste en bas de mon immeuble, sous l’oeil amusé des poivrots matinaux et je me rends à la Poste, en fouillant mon sac en tous sens. Ah bah là, c’est clair que j’ai pas l’air d’avoir mes clés. Un peu embêtée, je vais quand même récupérer mon colis, puis je retourne chez moi, pensant avoir peut-être jeté les clés avec mes poubelles. Je repasse par le café, sous l’oeil goguenard des piliers de comptoir et hop, je passe 5 minutes penchée au dessus des poubelles, à soulever les dégueulasseries qui s’y trouvent, de plus en plus désespérée à l’idée d’avoir à appeler un serrurier.

Rien n’y fait, pas l’ombre d’un trousseau. Direction la cabine téléphonique pour appeler mon père, dont j’ai heureusement le numéro dans mon agenda papier. Un dépanneur est appelé, « Ca te fera 86,50€ si la porte est juste claquée » m’annonce Papa, à qui la mésaventure est déjà arrivée deux fois sur Paris. Les boules ! Et mon coiffeur ? Et mes courses de Noël ?

Le dépanneur arrive et là, blam ! Mes serrures sont bin compliquées, dites donc ! La simple feuille en plastique ne suffit pas et les passes, ça n’existe que dans les films américains, me dit le serrurier sérieux. Va falloir percer un trou dans la porte pour le verrou du bas et dévisser celui du haut. Mon voisin, le vieux monsieur espagnol, en profite pour sortir sur le palier à ce moment-là, ayé, je vais pas y couper, faut que je rentre chez lui, que je m’assoie, que je discute. Pendant ce temps, le serrurier perce, dévisse, frappe, tape. Et mon cerveau fait trente six mille tours par seconde, si je dois payer 200€, je n’aurai pas l’argent, si c’est plus, je suis bonne pour finir à la rue. Le serrurier, ça le fait marrer : « Mais non, je vous laisserai pas dormir dehors, une jolie fille comme vous ! »

Mouais.

J’appelle Super Papa : « Allô papa, ça prend du temps, le monsieur démonte tout, je vais devoir t’emprunter de l’argent car je ne pourrai pas payer. » Déjà que 86,50€, ça me déprimait, là, je frôle la dépression.

Finalement, le serrurier réussit à ouvrir ma porte : c’est tout crados de partout, j’ai un chouette trou dans ma porte, ma serrure du haut en a pris un sacré coup et la peinture et une infime partie du mur autour s’est carrément effritée. Mais je peux entrer chez moi !

Prête à me ruiner, je sors mon chéquier et là, le serrurier, HYPER SYMPA me dit : « Ecoutez, je vais vous faire l’intervention 95€, je pense que c’est pas mal, je peux pas faire moins, mais vous auriez pu avoir plus, un autre aurait pu carrément défoncer votre porte et vous en auriez eu pour 2000€ ! » – Moi : « 95€ ? Waoww… C’est hyper gentil, je… » – Lui : « Et même, si vous me donnez du liquide maintenant, je ne vous fais payer que 80€ ».

Alors là !!! Encore moins que le tarif de base ! Evidemment, je cours, je vole, en priant que mon compte soit encore assez garni pour me permettre de retirer l’argent. Quand je reviens, en courant, le serrurier prend mes billets et me dit : « Et sportive en plus ! Continuez à faire du sport, vous resterez aussi jolie ! » Alors là, je pense que j’ai eu un tarif spécial « tête du client ». Pour une fois que ça m’arrive !

Comme m’a dit Maman plus tard, heureusement qu’il ne m’a proposé de le payer en nature ^____^

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En remontant, qui m’attend sur son palier ??? M. Sanchez (le nom est changé) !!!! La porte ouverte. Alors que je voudrais juste m’effondrer sur mon clic clac après toutes ces émotions et cette matinée complète passée dans le froid à appeler et attendre un dépanneur.

« Entrez, entrez », me dit-il d’un ton qui n’admet pas le refus, la porte grande ouverte sur son petit chez lui qui sent le renfermé, le pas très propre et d’autres trucs que je ne veux pas savoir. Il est gentil, M. Sanchez, mais il me fait un peu peur. Il s’est pris d’amitié pour moi, ou alors il se sent seul : toujours est-il que, chaque fois qu’il me voit, patatra, je dois absolument entrer chez lui, regarder ses nouvelles fabrications (il était menuisier), écouter ses histoires que je ne comprends pas bien car il mêle l’espagnol au français avec un accent exceptionnel, bref… Ca me stresse un peu.

Donc je rentre, faible et docile, me maudissant intérieurement de mon peu de fermeté. Non, j’ai plein de trucs à faire, merde, j’ai pas que ça à faire, merde ! merde ! Et me voilà assise, d’office, sur une petite chaise, dans sa petite cuisinie, devant son four à micro-ondes où chauffe une assiette de riz et de légumes. Qu’est-ce que je fous là ?

Soudain, M. Sanchez s’approche de moi. Mon Dieu ! Il va me violer ou me demander de lui faire un truc pas catholique, sous l’oeil de toutes ses icônes religieuses trop flippantes !! Au secours !

Mais non, M. Sanchez attrape ma tête entre ses mains, applique ses paumes sur mon front et l’arrière de mon crâne et se livre à des manipulations cabalistiques. Au bout de cinq fois, j’ai l’impression de vivre un truc surréaliste. Où sont les caméras cachées, allez les mecs, sortez !

M. Sanchez s’asseoit enfin, après s’être lavé les mains. « Je suis un peu magnétiseur » me dit-il avec son accent impossible. « Vous êtes stressée, pressée, il faut que vous évacuiez cette énergie négative. Vous vous sentez plus soulagée maintenant ? » « Heuh… »

« Vous savez, je fais aussi de la voyance » ajoute-t-il, en sortant d’un tiroir de grandes cartes cornées. « Donnez-moi votre main. »

« Mais… » (trop flippant, quoi !!!)

Il examine ma main. La relâche et me décrit, les yeux dans les yeux, mon caractère :

« Vous avez une grande force en vous, même si vous l’utilisez pas encore, et même si vous ne le savez pas, vous êtes protégée d’En Haut (sic)… Vous avez vécu quelque chose, un échec ou une déception, quelque chose qui a encore un impact négatif dans votre vie, qui vous ramène en arrière. Il faut que vous vous en débarrassiez pour aller de l’avant…. Vous êtes quelqu’un de très sensible, sincère, honnête et droit. (Si vous le dites…) Vous êtes aussi très intelligente… Dans votre travail, ou les travaux que vous avez faits jusqu’à présent, vous avez de grandes facilités. (Mais oui, c’est tout moi ça, ah ah ah !) Vous travaillez dans un milieu ou vous êtes en contact avec les gens, vous aimez les autres. (Et là, la phrase qui m’a définitivement convaincue tant elle me résume !) Vous êtes autoritaire, à votre façon, pourtant, vous ne pensez pas qu’on puisse commander avec autorité. Vous préférez que les autres viennent à vous et les « mener » par la gentillesse car vous n’aimez pas le conflit. (C’est exactement ça !!!) Au fond, vous êtes quelqu’un d’anxieux. »

M. Sanchez, je ne lui ai parlé que 3 fois et jamais de moi !

Il m’a dit : « Je peux voir en cinq minutes à quel genre de personne j’ai affaire : croyez bien que si j’avais pensé une seconde que vous pourriez me causer des ennuis, vous n’auriez jamais mis les pieds chez moi. »

Si j’aurais su !… 🙂

Non, n’empêche, ça m’a fait bizarre. Au bout d’une heure, j’ai enfin pu rentrer chez moi, après avoir décliné trois fois son invitation à déjeuner avec lui son assiette de riz / ratatouille – que j’ai quand même dû gouter pour lui faire plaisir, oh la la. Et si je veux, la prochaine fois (ça promet de chouettes moments !), il me tire les cartes, ou étudie la photo d’un proche, me dit si mon copain est celui qu’il me faut, si j’aurai un boulot qui déchire ou plein d’enfants plus tard !!!!

C’est donc crevée et sonnée que je suis rentrée dans mon appartement enfin ouvert et ai finalement commencé ma journée à 16H.

Enfin, pour 80€, j’ai eu un déblocage de serrure et une semi-voyance ! J’ai plus une thune mais j’aurais quand même tort de me plaindre, hé !

Centre Pompompidou

de James Gray

Il faut croire que le polar à la sauce tragédie (sheakespearienne, grecque) (voir le dernier Lumet 7H58 ce samedi-là efficace et réussi malgré quelques afféteries de réalisation) est au goût du jour. En même temps, le polar est par essence poisseux et spleeneux. Donc plutôt cinégénique, pour peu qu’on ait le sens de l’atmosphère atmosphère.

De James Gray, je n’avais rien vu auparavant, étant mystérieusement passée entre les mailles des pourtant célébrés Little Odessa et The Yards, mais je le savais réalisateur doué dans le genre.

Il est certain que la Nuit nous appartient est formellement un très beau film. La photo, superbe, sublime, installe une ambiance véritable, une tension presque palpable et quelques scènes impressionnantes de maîtrise marqueront les esprits : celle où Joaquin Phoenix cherche à coincer le trafiquant de drogue, la course poursuite en voiture sous une pluie battante dans des couleurs gris bleu du plus magnifiquement triste effet, la battue finale dans les roseaux… Le film jouit entre outre d’une bande originale des 80’s explosive et d’un casting affriolant à souhait : Joaquin Phoenix, Robert Duvall, Mark Walhberg et Eva Mendes, qui ne sert pas à grand chose mais est très décorative.

Mais, sur un sujet finalement assez convenu (l’affrontement de deux frères rivaux – sur fond de montée de la mafia russe – et la « rédemption » finale – très rapide – du « mauvais fils »), James Gray peine à dépasser le cliché et à faire naître l’émotion. Trop léché et trop mélo pour réellement toucher, trop classique pour totalement étonner, presque artificiel, la Nuit nous appartient n’est pas le chef d’oeuvre que j’espérais. Tout au plus un bon film (ou un excellent exercice de style par un réalisateur sans conteste doué), dont l’amertume et la tristesse finales ne masquent pas complètement le côté vaguement moralisateur.

de Laurent de Bartillat

Tout était prometteur dans ce premier film d’un jeune réalisateur français : un très beau titre énigmatique, une affiche  graphiquement impactante, un casting brillant enthousiasmant (Sylvie Testud, une grande, et Jean-Pierre Marielle, un grand, évidemment) et un synopsis original et aguichant : l’enquête de Lucie, étudiante en histoire de l’art, sur un mystérieux personnage féminin toujours représenté de dos dans les peintures de Watteau ; sa confrontation avec son professeur ; sa rencontre décisive avec un mime sourd-muet et sa découverte de la vérité.

Le thème s’annonçait passionnant : la recherche historique et scientifique autour d’une oeuvre et des intentions de son auteur, l’insondable mystère inhérent à toute oeuvre d’art… Malheureusement, quelle frustration au sortir du film ! Malgré l’intérêt réel que suscite la recherche autour de l’oeuvre de Watteau, servie par une réalisation soignée, le thriller attendu s’avère non seulement très mou mais également assez vide. Vide de mots – le film est assez peu dialogué -, vide d’explications – le cheminement intérieur de l’étudiante n’est pas très explicite -, voire de sens – mais à quoi sert donc le personnage de James Thiérrée ?!!

De coïncidences énormissimes (la rencontre du mime sourd-muet qui fréquentait une école où se trouvait un tableau qui fera avancer l’enquête de Lucie) en allusions évasives et vaseuses (la Bièvre), le film avance lentement pour se terminer étrangement rapidement. Plus embêtant : l’émotion reste relativement absente (est-ce dû à la photographie très belle mais un peu froide ?), alors que l’émotion est intimement liée à l’Art.

En cherchant, peut-être, à préserver l’aspect onirico-fantasmatique de ce « polar pictural », le réalisateur rate un peu son film, très ambitieux et néanmoins honorable. Son grand mérite : donner envie de décortiquer les toiles que l’on voit. On est loin du Da Vinci Code. Ouf !

Leçon n°1

Gribouiller Yu-Gi-Oh en A4 en quelques coups de crayon… Epate et coolitude assurées (bon, en même temps, je rappelle que mon public cible a SIX ans et n’est pas trop regardant sur les ratés…) ^-^

de Laurent de Bartillat

Tout était prometteur dans ce premier film d’un jeune réalisateur français : un très beau titre énigmatique, une affiche  graphiquement impactante, un casting brillant enthousiasmant (Sylvie Testud, une grande, et Jean-Pierre Marielle, un grand, évidemment) et un synopsis original et aguichant : l’enquête de Lucie, étudiante en histoire de l’art, sur un mystérieux personnage féminin toujours représenté de dos dans les peintures de Watteau ; sa confrontation avec son professeur ; sa rencontre décisive avec un mime sourd-muet et sa découverte de la vérité.

Le thème s’annonçait passionnant : la recherche historique et scientifique autour d’une oeuvre et des intentions de son auteur, l’insondable mystère inhérent à toute oeuvre d’art… Malheureusement, quelle frustration au sortir du film ! Malgré l’intérêt réel que suscite la recherche autour de l’oeuvre de Watteau, servie par une réalisation soignée, le thriller attendu s’avère non seulement très mou mais également assez vide. Vide de mots – le film est assez peu dialogué -, vide d’explications – le cheminement intérieur de l’étudiante n’est pas très explicite -, voire de sens – mais à quoi sert donc le personnage de James Thierrée ?!!

De coïncidences énormissimes (la rencontre du mime sourd-muet qui fréquentait une école où se trouvait un tableau qui fera avancer l’enquête de Lucie) en allusions évasives et vaseuses (la Bièvre), le film avance lentement pour se terminer étrangement rapidement. Plus embêtant : l’émotion reste relativement absente (est-ce dû à la photographie très belle mais un peu froide ?), alors que l’émotion est intimement liée à l’Art.

En cherchant, peut-être, à préserver l’aspect onirico-fantasmatique de ce “polar pictural”, le réalisateur rate un peu son film, très (trop) ambitieux. Il a néanmoins un mérite : donner envie de décortiquer les toiles que l’on voit.

Et voilà, c’est bien triste, mais sans doute y’a-t-il un temps pour tout…

Le temps des piercings, des tatouages, de la fausse rebellitude qui consiste à faire au final exactement ce que font tous les autres. Quoiqu’il en soit, phénomène de mode mis à part, j’aime les piercings – comme j’aime les tatouages maoris depuis le film L’Âme des guerriers de Lee Tamahori en 1996 – et je trouve toujours cela très joli sur certaines personnes. Mais il était temps que je m’en sépare.

A force de tomber plus ou moins malade beaucoup plus facilement et souvent qu’avant depuis que j’ai mes 10 trous dans le corps, d’être tout le temps fatiguée, à force de m’entendre dire, par ma mère, les médecins ou d’autres personnes, que c’est mauvais pour la santé, que c’est une agression contre le corps, que c’est autant de trous par lesquels s’échappe l’énergie, que c’est possiblement dangereux si ça touche un point d’acupuncture, que c’est moche, que ça ne sert à rien et que ça ne m’apporte rien (voire que c’est limite ridicule à mon âge canonique), à force, enfin et surtout, de faire infections sur infections au cartilage depuis plus de trois ou quatre ans sans que jamais ce piercing n’ait cicatrisé, j’ai fini par lâcher l’affaire. Et après avoir retiré – à regret – mon labret (le seul que je garderais si l’on me proposait de choisir) suite à mon embauche dans une agence de com, je viens de me débarrasser de trois piercings supplémentaires. Le résultat, c’est que je me tape un chouette chéloide (petite boule toute moche sur le cartilage, signe d’une mauvaise cicatrisation) ! Mais au moins, la mini douleur (lancinante mais supportable) que je ressentais a disparu. LIIIIIBRE !!!

Est-ce que ma vie va changer ? Est-ce que je vais être plus en forme ? Plus dynamique ?

Bizarrement, je me sens soudain toute vieillotte. C’est idiot, mais je m’aime mieux avec des trucs en métal sur le visage et les oreilles (mon rêve, c’était le bridge, mais bonjour les lunettes). Mais bon.

Objectivement, il est clair que je ne vois pas pourquoi on s’inflige tout ça, juste pour se croire plus beau que les autres (ou plus beau pour soi-même), alors qu’on est juste aussi con que les autres…

Heureusement, il me reste encore 6 trous. Ouf ! 🙂

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