Nadia

Il y a quelques mois, elle m’avait demandé de retirer d’un vieux site, sur lequel je postais des images de soirées plus ou moins arrosées, toutes les photos où elle apparaissait. Elle craignait que ses amis, sa famille ou – pire ! à l’heure où elle songeait à une reconversion professionnelle – de potentiels recruteurs ne tombent sur son sourire immense, rendu plus éclatant encore par l’alcool et/ou la beu.

Car Nadia aimait faire la fête, aimait boire, aimait fumer, surtout des trucs qui rendent joyeux. C’était une bonne vivante, vive, gaie, pétillante, nature. Un peu bordélique aussi, au-delà de sa cool attitude. Elle avait sans doute hérité du caractère fantasque et sympathique de sa mère, qu’elle nous décrivait un peu fofolle, un peu bohème, un peu artiste. Nad était de la même trempe : diplômée d’une ESC, parce qu’il faut bien faire des études, mais ses dents rayaient plus ses clopes que le parquet et son rêve secret était de partir bourlinguer, un jour, en Afrique, dans un truc humanitaire style l’Arche de Zoé mais en moins chelou, sans doute qu’elle irait, ouais ouais.

Elle était entrée dans nos vies, à Cynthia et moi, en janvier 2003, lorsqu’elle avait effectué son stage dans la même société de distribution audiovisuelle que nous. Nous avions vite formé un trio solidaire et, quatre ans après ces six mois passés ensemble, nous nous écrivions encore et nous retrouvions de temps à autres, autour d’un verre, d’une raclette ou d’un pétard… qu’elle finissait par fumer seule en se marrant.

Après ces vacances d’été, Cynthia s’était inquiétée de ne pas avoir de nouvelles, alors qu’elles s’appelaient en moyenne une fois par mois, quand elles ne se voyaient pas. En octobre, découvrant que le numéro de notre copine n’était plus attribué, Cynthia, troublée, avait tenté de la contacter par mail puis, en désespoir de cause, avait envoyé une lettre à son adresse postale, chez son copain Moma.

La nouvelle, brutale, cruelle, lui est parvenue jeudi par mail. Une triste nouvelle de 1e novembre. Tandis que Cynthia la cherchait et s’interrogeait, Nadia était déjà six pieds sous terre, depuis fin août.

Malheureusement, personne n’a pensé à nous prévenir, même pas Cynthia, qui était pourtant une bonne copine et avait envoyé une carte en août. Du coup, nous n’avons pas pu aller à ses obsèques et il nous faut accepter, comme ça, qu’elle n’existe plus depuis déjà plus de deux mois. Comment faire le deuil aussi vite ? La mort d’une aussi jeune personne, même si elle est du domaine du possible et peut toucher n’importe qui n’importe quand, a toujours quelque chose de terrible et révoltant.

Nadia, je ne la voyais que quatre fois par an, en général et on ne s’écrivait que ponctuellement. Mais l’idée de son absence irrémédiable me rend malade et insondablement triste. Mes pensées vont à sa famille, déjà touchée il y a quelques années par la perte d’une jeune cousine de Nadia de 16 ans, et à son ami, Moma, avec qui elle avait des projets sérieux.

Elle avait 27 ans, un accident vasculaire suivi d’une hémorragie interne l’a bêtement fauchée et je n’ai même plus de photos d’elle sur mon ordi.

Ciao petite Nadia.

3 comments / Add your comment below

  1. Dur dur comme d’habitude. Même si tous ces décès de « jeunes » ne devraient pas être une habitude…

    Bon courage à toi, et aux autres par extension…

  2. Je suis triste d’apprendre cette mauvaise nouvelle. Un peu choqué, même si nous n’étions pas proches (une connaissance, via tes cop’s). Je pense surtout à ta peine à son sujet, plus lourde que la mienne forcément. Et également aux souvenirs des moments où elle était de ce monde. Difficile de croire en cette réalité parfois trop cruelle. Paix à son âme…

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