Rock is not dead

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Marilyn Manson – They said that hell’s not hot

Non, franchement, je ne comprends pas pourquoi certaines personnes sont effrayées par Marilyn Manson… Certes, il a un air légèrement glauque, mais dites-vous bien, petites âmes sensibles, que sous son maquillage, ce cher Marilyn n’est qu’un homme, un tantinet bouffi par les ans, comme vous et moi – surtout vous d’ailleurs -, qui fait caca comme vous et moi, même si c’est peut-être plus laborieux pour lui d’enlever ses déguisements avant d’aller aux toilettes.

Il ne faut donc pas prendre son personnage gothico-rebelle au premier degré de la lettre ! Marilyn Manson est un monsieur fort intelligent (Télérama lui avait d’ailleurs consacré une interview de 2 pages il y a quelques années, donc hein !!!), au coeur sensible, comme il le confesse lui-même dans son dernier album Eat Me, Drink Me que je me suis empressée d’acheter hier avant son concert de ce soir.

Car OUI ! j’adore Marilyn Manson ! Je le trouve plus touchant que méchant. Et sa musique n’est pas si atroce qu’on a voulu le faire croire puisqu’elle n’a cessé d’évoluer vers des registres plus rock / pop / glam / funk (commerciaux, donc, pour certains…) Peu importe. Marilyn Manson est également cultivé et son univers musical et visuel s’inspire de moultes choses passionnantes dans les domaines de la littérature ou du cinéma. C’est ce qui le rend si intrigant et intéressant.

J’ai découvert MM un peu par hasard lors de la sortie de Mechanical Animals, album que j’avais vaguement écouté à la FNAC en me disant que tiens, je n’aurais pas imaginé que Marilyn Manson pût être aussi écoutable. Cela dit, je n’avais pas non plus été époustouflifliée puisqu’à l’époque, j’étais plutôt fan d’Elton John et du Roi Lion (aujourd’hui, j’ai appris que rien n’était définitivement inconciliable…)

Deux ans plus tard, en 2000, v’là-t-y pas que je retombe sur Marilyn au rayon nouveautés musicales. La pochette d’Holy Wood m’intrigue et me fascine. Ni une ni deux, j’achète le CD, je regarde les images, provocantes mais fabuleuses, j’écoute la première chanson que je juge bof et je range le tout dans ma CDthèque, au milieu d’autres CD écoutés une ou deux fois. Et puis un jour, je sais pas pourquoi, je me décide à redonner une chance à ce disque mal aimé. Et là, coup de foudre ! C’est bizarre, c’est sombre, c’est beau, c’est rageur, c’est mélancolique… wow… Ca bouillonne savamment dans tous les sens et c’est diablement efficace.

Depuis, je suis tous les albums de M. Manson avec un réel intérêt et ils me plaisent quasiment tous même s’ils sont parfois boursouflés et à la limite du ridicule – le dernier est à ce titre assez déroutant mais finalement plaisant, très abordable pour quelqu’un qui ne connaît pas Marilyn Manson. Au moins, ce type ose, il tente, il prend des risques, ne se cantonnant pas au style qui a fait sa gloire à ses débuts. Bravo.

Pour la première fois, ce soir, je l’ai vu en concert et je n’ai pas été déçue, bien qu’il chante parfois un peu faux (enfin, chanter est un grand mot : il crie beaucoup aussi, HuHu…) et que la synchro musique / voix ait parfois été approximative. Petit bémol : l’album étant sorti la veille, personne ne connaissait très bien les nouvelles chansons, du coup, l’ambiance retombait de temps à autres (et moi, je déteste ne pas connaître les chansons que j’entends en concert !)

J’ai entraîné dans cette soirée gothico-métalleuse le pauvre Mr. A., curieux, mais au final peu enthousiaste : il s’attendait à un méga show subversif et sulfureux et il a vu un type maquillé s’égosiller et courir très simplement, sur une scène décorée très simplement… En effet, on aurait pu s’attendre à quelque chose de plus grandiose, mais Manson vieillit aussi, j’imagine. Mr. A. est donc resté statique toute la soirée, au milieu de djeun’s pogotant, dont moi, sautant comme une puce surexcitée et je me suis dit que, pour quelqu’un qui ne connaissait absolument pas la musique de MM, ce concert devait frôler le supplice auditif.

Je parlais hier d’égarement collectif… Eh bien j’adore les concerts pour cette sensation. D’ailleurs, je déteste assister à un concert en gradins, il faut que je sois dans la fosse, parmi les plus sauvages, les plus hystériques, pour vibrer avec eux et communier le temps de quelques chansons. J’adore cet état d’esprit. La perte de contrôle, le laisser-aller complet pendant quelques heures… Surtout dans les concerts de « gros rock », là où les pogoteurs s’en donnent à coeur joie, là où le plaisir se mêle à l’adrénaline. Sentiment confus et excitant. Contre les gros bourrins, on joue presque sa peau. Enfin surtout lorsqu’on mesure 1,58m. Il faut encaisser les coups d’épaules, de coudes, se bloquer sur le mode « ne pas tomber », tout cela au son d’une musique furieuse, qui met presque en transe… TROP BIEN !!!! Presque un retour à l’animalité, une façon comme une autre de se défouler. Après de tels concerts, on ressort vidé, avec l’impression d’avoir fait 3H de sport – ce qui est très intéressant pour la non-sportive que je suis.

Je dois avoir une conception bizarre des concerts mais lorsque je vais écouter des groupes comme Marilyn Manson ou Muse, ce n’est pas pour rester le derrière vissé sur une chaise en tapant des mains sagement ! Sinon, je vais voir Michel Sardou, ça revient au même.

Ce soir, en tout cas, j’ai été largement servie. J’ai sauté, hurlé, brandi le poing, sué, poussé, été poussée, j’ai le dos en compote et les jambes en marmelade – d’autant plus que j’ai une grosse crève depuis quelques jours. J’ai pas vu grand chose (dur dur d’être petite en concert), j’ai pas pu me faufiler comme je voulais mais je suis heureuse. Le concert a été très chouette, malgré l’absence de plusieurs de mes chansons préférées – c’est toujours le problème lorsque le répertoire d’un artiste s’allonge : on a tous le concert rêvé en tête 🙂 D’ailleurs, comme j’ai été honteusement privée de « The Nobodies » (qui avait pourtant été jouée en Italie), je mets le clip ici :

En résumé, un show rock bien rôdé mais sans grande audace, une belle voix (même si pas toujours juste – ouïe ouïe mes oreilles sur « Great Big White World », chanson pourtant magnifique), une batterie présente et des guitares bien lourdes – et un public, grimé, looké, très beau à regarder (j’aime cette jeunesse néo-romantique décadente, ultra-tatouée – une fille avait trois ou quatre visages de Manson tatoués dans le dos !! -, over-piercée…)

Un peu court pour 42€ (1H30) mais bon, pour mon premier concert mansonien, je suis plutôt ravie. Vivement le prochain !!! 😀

EDIT : j’ai retrouvé la fameuse interview de Télérama dans mes archives et je l’ai scannée. Elle est bien ! La preuve !

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