Jeunes et cons

cpe © 2006 nemo

Ptêt que j’ai jamais été jeune en fait.

Même quand j’avais leur âge, je trouvais les jeunes globalement moches et cons. Moi aussi, d’ailleurs, mais différemment. Ce que je n’aimais pas chez les jeunes, c’était leur instinct grégaire doublé d’un côté arrogant et insolent (« la jeunesse emmerde les profs, le gouvernement, les parents, etc. »).

Marrant mais moi, j’ai jamais eu envie d’emmerder personne. Je dois manquer d’un instinct de révolte primaire inhérent à la majorité des jeunes. En revanche, j’ai toujours trouvé ridicules les péteux (bourgeois ou non) de 18 ans qui prétendaient avoir tout compris aux problèmes de société et te toisaient – voire t’insultaient – avec mépris si tu ne pensais pas comme eux.

A une soirée chez des copines de l’IEP (haut lieu du militantisme bien-pensant de la gauche caviar), j’avais croisé un type tête-à-claques de ce genre : un militant infect des JPS qui, en secouant sa tête couverte de cheveux gras lui tombant romantiquement dans les yeux, donnait à trois dindes énamourées une leçon de géopolitique pour régler le conflit israelo-palestinien.

Ce genre de jeune qui semble ne jamais douter de rien et surtout pas de sa supériorité intellectuelle sur les questions cruciales du monde qui nous entoure me donne froid dans le dos.

Les manifs de l’époque me laissaient déjà de marbre quand elles ne me tapaient pas sur le système. Suivre un leader boutonneux gueulard en scandant d’un air satisfait des slogans à la con, a priori, bof.
Alors les manifs anti-CPE du moment, on ne risque pas de me voir dedans.

Le CPE, je trouve ça déprimant, au même titre que le CDD, l’interim, l’emploi jeune, le stage longue durée, le CNE qui n’ont pas attendu la naissance du nouveau bébé pour institutionnaliser la précarité !

Mais j’en ai marre, depuis des jours et des jours, d’entendre des étudiants et des lycéens (!) se prendre pour les Che Guevara de la jeunesse française. Marre des petits Staline voulant imposer leur point de vue à d’autres qui ne pensent pas comme eux. Marre des syndicats qui essayent de manipuler un gros tas de moutons trop contents de ne pas aller en cours et ravis d’imaginer qu’ils refont mai 68, en voulant prolonger le mouvement.

Si un jour, un jour, on pouvait régler les problèmes par un bon et gentil consensus poli avec poignées de mains au départ et embrassades à l’arrivée, ce serait quand même plus cool, non ?

Ptêt que je suis une vieille conne en fait.

Laisser un commentaire