I just don’t know what to do with myself

Johann Heinrich Füssli, Silence (1799-1801)

Lassitude générale, flemmite aiguë, déprime hivernale. Envie de chaleur, de soleil, de ciel bleu et même de plage. Deux ans sans voir la mer, c’est trop long. En plus, ce mois-ci, j’ai décidé de me passer de la carte orange. Situation tolérable lorsque l’on vit dans Paris intra muros, mais quand on est à 25 minutes à pied de Porte d’Orléans et encore plus loin du cinéma UGC le plus proche, forcément, on est moins motivé pour sortir, surtout le soir. Par conséquent, février fut le mois de la misère cinématographique, tandis que mon frère me narguait avec ses critiques de Brokeback Mountain, Le nouveau monde ou encore Match Point (qui ne me dit rien du tout, vu que je n’aime plus Woody et que je hais – gratuitement – cette blondasse plastifiée de Scarlett Johanson.) Bref, petit coup de blues général.

Par bonheur, je suis quand même un peu sortie.

Il y a deux semaines, Matt et moi sommes allés à l’Opéra voir Rigoletto, cadeau de mes parents pour Noël. Ce n’est que la troisième fois que je vais à l’opéra (après La Bohème et La Traviata) mais je crois, définitivement, que j’aime bien ça. Autant je n’ai pas de plaisir particulier à en écouter en CD, mais à voir sur scène, c’est un bonheur intense. Le plus complet et parfait des spectacles si les voix et la mise en scène nous touchent. Il est rare que j’aie la larme à l’oeil au théâtre. A l’opéra, j’ai trois fois pleuré comme une grosse madeleine. Pas forcément parce que c’est triste. Honnêtement, le livret de Rigoletto, tiré du Roi s’amuse de Victor Hugo, est agaçant. Excusez-moi, mais une fille qui se fait séduire (pour ne pas dire violer) par un duc volage et se sacrifie pour lui à la fin est une co**e. Donc son agonie finale dans un sac à patates, près de son père éploré m’a laissée plutôt de marbre. En revanche, la beauté des voix, notamment de Rigoletto (le père) et de Gilda (la co**e, donc) m’ont vraiment retourné tous les poils un à un. C’était beau. Il n’y a que la musique qui peut nous faire accepter sans rire qu’un personnage chante d’une voix pure : « je me meuuuuurs, je ne peux plus parler, adiiiooooo » pendant 10 minutes ^^ En tout cas, le spectacle était grandiose et la mise en scène de Jérôme Savary, magnifique. Et pour une fois, nous étions bien placés. Pour finir la soirée en beauté, un petit Quick, huuuum, rien de meilleur (j’ai des goûts culinaires très élaborés.)

Jeudi soir, après les larmes, le rire : nous sommes allés voir Nicolas Canteloup (l’imitateur rasé qui imite si bien Jean-Pierre Bacri) dans le cadre du Festival de l’Humour de Bagneux. Car chez nous, entre deux séances de torture, on aime bien rigoler aussi. Un vice dont je parle peu est mon admiration pour les imitateurs. J’ai déjà entraîné Matt, Thia (et Nang) voir Yves Lecocq puis Eric Baert (un imitateur très doué qui a malheureusement fini dans une pub pour les dragées Fucca contre la constipation *_*) et là, quand j’ai su que Nicolas passait juste en bas de chez nous pour un tarif dérisoire, j’ai bien sûr repéré l’affaire du siècle 😉 Je ne connaissais pas ses sketches mais je n’ai pas été déçue. J’ai rigolé de bon coeur, peut-être un peu moins que pour Yves Lecocq (qui est excellent) et même Eric Baert (qui avait l’humour parfois en dessous de la ceinture), mais très fort tout de même. Nicolas a des sketches travaillés et bien écrits, dont aucun n’est jamais grossier ou vulgaire. Tout au plus s’autorise-t-il parfois à être un peu méchant (ses imitations de Gilbert Montagné ou Michel Petrucciani peuvent éventuellement choquer) mais même son imitation de Jean-Paul II chantant des tubes comme « 1, 2, 3 Maria » ^^ a fait hurler de rire la salle entière. Il y avait parfois de bonnes trouvailles, quelques longueurs aussi, mais dans l’ensemble, Nicolas nous a offert un spectacle d’excellente facture, avec quelques références à l’actualité immédiate (le Chikungunya) et surtout des imitations frôlant la perfection (de Villepin, mémorable.) Extrêmement sympathique et visiblement respectueux du public, Nicolas a encore le temps de s’améliorer car il a l’étoffe d’un grand. A suivre, donc. A noter qu’en première partie, nous avons eu droit à cinq courts-métrages dont Omnibus, hilarant, de Sam Karmann et celui-ci, qui m’a beaucoup plu : J’attendrai le suivant de Philipe Orreindy, avec Sophie Forte, très touchante.

Lundi soir, enfin, je vais au concert privé de Placebo pour Canal +. Thia a gagné une place et n’ayant pas envie d’y aller, elle a tout « naturellement » pensé à moi… Entretenue, oui, je suis entretenue. C’est génial car j’aime beaucoup Placebo – nous étions d’ailleurs allées les voir ensemble à Bercy en 2003. Je suis trop contente et excitée même si aller seule à la Plaine Saint Denis ne m’emballe pas des masses. En plus je parie que je vais me paumer avant de trouver ce fameux studio 104. Enfin bon. On verra. Je penserai à Mimine lorsque je verrai Braïou et sa coupe ridicule de kiki. J’espère que ce sera bien, d’autant plus que je ne comptais pas spécialement aller les voir en mars, lors de leur passage parisien. De toute façon, je crois qu’à la même date, Matt et moi serons au concert de Joan Baez (youuuuhhhhooouu !) Je vous raconterai !

Pour finir dans les bonnes nouvelles, il y a quelques semaines, je suis retournée aux SPRS avec Cuau et Panthère (un autre lutensienne) où nous avons été accueillies avec moults sourires et gracieusetés, comme si nous étions des super clientes alors que – en ce qui me concerne – j’ai dû acheter une fois un parfum chez eux et même pas de la gamme des « exclusifs. » Après une nouvelle présentation du maquillage par le vendeur adorable, j’ai eu le bonheur d’apprendre par l’autre vendeuse charmante que, lorsque j’achèterai (enfin, huhu) un parfum dans le fameux flacon « cloche », la gravure de mes initiales ou de mon prénom me serait offerte !!! LA CLASSE. Le seul problème, c’est que pour l’instant, je n’ai rien trouvé qui pourrait éventuellement détrôner mon Douce Amère adoré. Mais ça m’a fait plaisir, d’autant plus que j’avais auparavant toujours peur d’aller seule dans la boutique. Maintenant, je me sens plus à l’aise, acceptée.

Finalement, même si ce mois de février m’a semblé morne et grisâtre, je me rends compte que je me suis pas mal amusée.

Comme quoi, on n’est jamais content.

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