Lassitude générale, flemmite aiguë, déprime hivernale. Envie de chaleur, de soleil, de ciel bleu et même de plage. Deux ans sans voir la mer, c’est trop long. En plus, ce mois-ci, j’ai décidé de me passer de la carte orange. Situation tolérable lorsque l’on vit dans Paris intra muros, mais quand on est à 25 minutes à pied de Porte d’Orléans et encore plus loin du cinéma UGC le plus proche, forcément, on est moins motivé pour sortir, surtout le soir. Par conséquent, février fut le mois de la misère cinématographique, tandis que mon frère me narguait avec ses critiques de Brokeback Mountain, Le nouveau monde ou encore Match Point (qui ne me dit rien du tout, vu que je n’aime plus Woody et que je hais – gratuitement – cette blondasse plastifiée de Scarlett Johanson.) Bref, petit coup de blues général.

Par bonheur, je suis quand même un peu sortie.

Il y a deux semaines, Matt et moi sommes allés à l’Opéra voir Rigoletto, cadeau de mes parents pour Noël. Ce n’est que la troisième fois que je vais à l’opéra (après La Bohème et La Traviata) mais je crois, définitivement, que j’aime bien ça. Autant je n’ai pas de plaisir particulier à en écouter en CD, mais à voir sur scène, c’est un bonheur intense. Le plus complet et parfait des spectacles si les voix et la mise en scène nous touchent. Il est rare que j’aie la larme à l’oeil au théâtre. A l’opéra, j’ai trois fois pleuré comme une grosse madeleine. Pas forcément parce que c’est triste. Honnêtement, le livret de Rigoletto, tiré du Roi s’amuse de Victor Hugo, est agaçant. Excusez-moi, mais une fille qui se fait séduire (pour ne pas dire violer) par un duc volage et se sacrifie pour lui à la fin est une co**e. Donc son agonie finale dans un sac à patates, près de son père éploré m’a laissée plutôt de marbre. En revanche, la beauté des voix, notamment de Rigoletto (le père) et de Gilda (la co**e, donc) m’ont vraiment retourné tous les poils un à un. C’était beau. Il n’y a que la musique qui peut nous faire accepter sans rire qu’un personnage chante d’une voix pure : « je me meuuuuurs, je ne peux plus parler, adiiiooooo » pendant 10 minutes ^^ En tout cas, le spectacle était grandiose et la mise en scène de Jérôme Savary, magnifique. Et pour une fois, nous étions bien placés. Pour finir la soirée en beauté, un petit Quick, huuuum, rien de meilleur (j’ai des goûts culinaires très élaborés.)

Jeudi soir, après les larmes, le rire : nous sommes allés voir Nicolas Canteloup (l’imitateur rasé qui imite si bien Jean-Pierre Bacri) dans le cadre du Festival de l’Humour de Bagneux. Car chez nous, entre deux séances de torture, on aime bien rigoler aussi. Un vice dont je parle peu est mon admiration pour les imitateurs. J’ai déjà entraîné Matt, Thia (et Nang) voir Yves Lecocq puis Eric Baert (un imitateur très doué qui a malheureusement fini dans une pub pour les dragées Fucca contre la constipation *_*) et là, quand j’ai su que Nicolas passait juste en bas de chez nous pour un tarif dérisoire, j’ai bien sûr repéré l’affaire du siècle 😉 Je ne connaissais pas ses sketches mais je n’ai pas été déçue. J’ai rigolé de bon coeur, peut-être un peu moins que pour Yves Lecocq (qui est excellent) et même Eric Baert (qui avait l’humour parfois en dessous de la ceinture), mais très fort tout de même. Nicolas a des sketches travaillés et bien écrits, dont aucun n’est jamais grossier ou vulgaire. Tout au plus s’autorise-t-il parfois à être un peu méchant (ses imitations de Gilbert Montagné ou Michel Petrucciani peuvent éventuellement choquer) mais même son imitation de Jean-Paul II chantant des tubes comme « 1, 2, 3 Maria » ^^ a fait hurler de rire la salle entière. Il y avait parfois de bonnes trouvailles, quelques longueurs aussi, mais dans l’ensemble, Nicolas nous a offert un spectacle d’excellente facture, avec quelques références à l’actualité immédiate (le Chikungunya) et surtout des imitations frôlant la perfection (de Villepin, mémorable.) Extrêmement sympathique et visiblement respectueux du public, Nicolas a encore le temps de s’améliorer car il a l’étoffe d’un grand. A suivre, donc. A noter qu’en première partie, nous avons eu droit à cinq courts-métrages dont Omnibus, hilarant, de Sam Karmann et celui-ci, qui m’a beaucoup plu : J’attendrai le suivant de Philipe Orreindy, avec Sophie Forte, très touchante.

Lundi soir, enfin, je vais au concert privé de Placebo pour Canal +. Thia a gagné une place et n’ayant pas envie d’y aller, elle a tout « naturellement » pensé à moi… Entretenue, oui, je suis entretenue. C’est génial car j’aime beaucoup Placebo – nous étions d’ailleurs allées les voir ensemble à Bercy en 2003. Je suis trop contente et excitée même si aller seule à la Plaine Saint Denis ne m’emballe pas des masses. En plus je parie que je vais me paumer avant de trouver ce fameux studio 104. Enfin bon. On verra. Je penserai à Mimine lorsque je verrai Braïou et sa coupe ridicule de kiki. J’espère que ce sera bien, d’autant plus que je ne comptais pas spécialement aller les voir en mars, lors de leur passage parisien. De toute façon, je crois qu’à la même date, Matt et moi serons au concert de Joan Baez (youuuuhhhhooouu !) Je vous raconterai !

Pour finir dans les bonnes nouvelles, il y a quelques semaines, je suis retournée aux SPRS avec Cuau et Panthère (un autre lutensienne) où nous avons été accueillies avec moults sourires et gracieusetés, comme si nous étions des super clientes alors que – en ce qui me concerne – j’ai dû acheter une fois un parfum chez eux et même pas de la gamme des « exclusifs. » Après une nouvelle présentation du maquillage par le vendeur adorable, j’ai eu le bonheur d’apprendre par l’autre vendeuse charmante que, lorsque j’achèterai (enfin, huhu) un parfum dans le fameux flacon « cloche », la gravure de mes initiales ou de mon prénom me serait offerte !!! LA CLASSE. Le seul problème, c’est que pour l’instant, je n’ai rien trouvé qui pourrait éventuellement détrôner mon Douce Amère adoré. Mais ça m’a fait plaisir, d’autant plus que j’avais auparavant toujours peur d’aller seule dans la boutique. Maintenant, je me sens plus à l’aise, acceptée.

Finalement, même si ce mois de février m’a semblé morne et grisâtre, je me rends compte que je me suis pas mal amusée.

Comme quoi, on n’est jamais content.

En ce moment, je suis une femme entretenue et je l’assume 🙂 C’est la dèche. J’ai décidé de ne pas acheter la carte orange, du coup, je me déplace très peu. L’autre jour, c’est Nang qui, gentiment, est venu jusqu’à la maison pour passer l’après-midi avec moi. En même temps, ce fut beaucoup plus sympa et douillet qu’une rencontre dans un bar (gâteau et pipi-room à volonté !) et nous avons pu parler de plein de choses en toute quiétude. Hier, c’est Cuauhtli qui m’a invitée à aller manger une pizza dans notre « Q.G. » Place d’Italie. Nous sommes ensuite allées (à pied !) aux Salons du Palais Royal où l’accueil a été assez génial. Je suis allée dans cette boutique – dont je fais pourtant la pub – seulement 3 ou 4 fois et toujours accompagnée pour passer inaperçue au milieu des autres, dans ce lieu qui m’intimide. Maintenant, les vendeurs, qui se sont gentiment moqués de ma peur ridicule, connaissent la tête de quelques membres du forum SL et je crois que nous serons toujours reçus amicalement. Nous avons pu voir en détail le superbe maquillage conçu par SL. Moi qui étais sceptique, je suis tombée à genoux devant tant d’élégance et de beauté ! Voilà qui fait regretter de ne pas être riche… mais pas d’être une femme ;( Je plains les hommes qui ne peuvent s’extasier devant la forme biseauté d’un rouge à lèvre à la teinte chaude et profonde ou rêver devant un boîtier laqué de fond de teint à la texture séduisante ! 🙂 Pour revenir à des choses moins futiles, ces derniers temps, j’ai lu quelques livres plutôt pas mal bien que toujours décevants quelque part : j’ai décidé de m’intéresser un peu plus à la littérature contemporaine. Récemment, Magnus de Sylvie Germain a réussi à retenir mon attention, malgré une fin symbolique lourdeaude et des insertions de « fragments » pseudo-modernes et surtout superflus. Un autre livre, de David Lodge, que j’ai bien aimé, est Jeu de Société, malheureusement encore desservi par une fin nunuche à souhait, happy end et compagnie… Pfff… Alors que tout le reste est brillant, d’une ironie délicieuse, les dernières pages sont très décevantes. Côté polar, le thriller qui m’a récemment fait frissonner, est Shutter Island de Dennis Lehane (auteur de Mystic River), bien ficelé, hyper efficace, distillant une atmosphère glauque et angoissante assez jouissive. J’ai adoré la fin, qui n’a pas fait l’unanimité, cependant, parmi les personnes que je connais qui l’ont lu. Mais tout de même, c’est assez original et prenant pour tenir agréablement en haleine pendant quelques heures. Voilà pour ceux que j’ai lus et qui m’ont plu. Les autres m’ont laissé peu de souvenirs. Maintenant, je lis en parallèle deux livres d’Anny Duperey (actrice fort sympathique et écrivain agréable) et Le petit copain de Donna Tartt qui traînait dans ma bibli depuis deux ou trois ans, sans que j’aie le courage de l’entâmer (en fait, je déteste lire un énorme bouquin, je préfère les poches…) Les louanges de quelques lutensiens ont fini par me décider à prendre mon courage à deux mains et c’est avec un grand plaisir que j’en lis plusieurs pages chaque soir. C’est vrai, c’est bien écrit, bien narré, il n’y’a rien à redire pour l’instant. Côté BD, j’ai enfin lu le dernier Blacksad Ame rouge et le tome 7 de De Cape et de Crocs offerts par mon frère. Le premier est fidèle aux deux premiers tomes, pas trop de surprises, ni bonnes ni mauvaises : ambiance polar et dessin d’une beauté écoeurante. Le scénario m’a moins convaincue mais demeure tout de même honorable ; le second continue dans sa veine érudito-drôlatico-aventuresque. Un bonheur de chaque page, avec toujours ce graphisme à pleurer, ces références amusantes (bientôt l’apparition de mon cher Cyrano ?) et cette mise en couleurs somptueuse. Ayroles et Masbou, les deux auteurs, passent en dédicace à la FNAC Bellecour à Lyon vendredi après-midi. J’enrage de ne pouvoir y être mais Vic, la copine de mon frère, devrait y aller pour moi. Sinon mon frère fera tout pour essayer d’en obtenir une (quitte à ne pas aller en cours ? Hum, j’aime qu’on se sacrifie pour moi ! ^^) Et sinon, j’ai lu les deux tomes de Quartier lointain de Tanigushi, sensibles et beaux. Ca frôle le chef d’oeuvre mais il y a quelque chose qui me retient juste un peu d’être dithyrambique : en fait, je trouve absolument incohérent que le père n’ait jamais gardé contact avec ses enfants qu’il prétend aimer de tout son coeur. Mais bon… Sur le plan ciné, c’est la cata : n’ayant plus de carte orange, je me rabats sur les dvd et les divx. Le dernier film que j’ai vu en salle, avec Matt, Djé et Vic, est la véritable Histoire du petit chaperon rouge, un film d’animation d’une laideur confondante, sauvé par son scénario malin et accrocheur. Un film toutefois qui mérite d’avoir sa chance, puisqu’il est réalisé par un studio indépendant et donc sans gros moyens. A la maison, je me suis enfin décidée à regarder Nana, the movie, le film tiré du manga éponyme. C’est mauvais, mais mauvaiiiiiis ! Heureusement que je suis fan du manga, ce qui m’a permis d’apprécier un peu chaque scène pauvrement calquée. Mais tout est d’une platitude sans nom, que ce soit le jeu des acteurs, en dessous du niveau de la mer, complètement coincés dans leurs cosplays de faux punks et ayant, pour la plupart, à peine plus de deux mots à prononcer en deux heures de film, la réalisation (simple collage de moments essentiels du manga) ou les décors, puant justement le décor à 10 km… Bref, un magnifique navet sauvé par la beauté plastique de certains acteurs (finalement, j’aime bien Ryuhei Matsuda, que j’avais touvé redoutablement laid dans Tabou, mais qui n’est pas si mal en Ren…), notamment Mika Nakashima à laquelle toute asiatique normalement constituée rêve de ressembler (même si, en fait, pas maquillée, elle a une sale peau et une sale tête) (oui, je suis une langue de vipère, et après…) J’ai aussi revu avec joie les excellentissimes Aventures de Rabbi Jacob, un film drôle et humaniste qui, en ces temps où l’obscurantisme semble refaire surface, devrait être projeté un peu partout. Je n’ai plus l’envie de vous parler des expos que j’ai vues, sur Isabelle Huppert (pas mal, mais faut aimer Isabelle, quoi) et de Ron Mueck, vaste supercherie qui m’a coûté 4,50 € pour voir 5 sculptures. Même monumentales et impressionnantes, c’était du foutage de gueule. Voilà.

Ce qui est chouette, quand on fait un site de fan comme celui que je fais sur Serge L., c’est que non seulement on s’éclate à le créer, le mettre en page et à jour, mais en plus, il se trouve toujours 2-3 personnes sympas qui décident de vous en remercier – alors qu’il n’y a vraiment pas de quoi. Depuis la création de mon site, malgré quelques menus problèmes réglés avec l’aide de mon équipe de modérateurs de choc, je n’ai eu globalement que des satisfactions : tout d’abord le bonheur de rencontrer des personnes adorables et intéressantes, devenues pour certaines des amis ; ensuite, la joie de recevoir, parfois, des marques d’amitié pour le moins touchantes. L’an passé, pour mon anniversaire, une dizaine de personnes du forum s’étaient côtisées pour m’offrir un magnifique parfum (Cuir Mauresque) des Salons du Palais Royal – parfum que je ne me serais, seule, jamais acheté au vu de son prix ! J’avais également reçu des cartes, une peluche… Bref, tout cela avait été tellement extraordinaire que je n’attendais plus rien cette année. Et pourtant, rebelote. Ma chère Cuauhtli m’a offert le livre que je zyeutais depuis plusieurs mois, sur les bibliothèques rose et verte (superbement illustré) et Fruitopia, un charmant lutensien que j’ai vu, en chair et en os, en tout et pour tout quatre fois, m’a invitée… au concert de Goldfrapp !

Lorsque je lui ai dit que je me sentais comme une femme entretenue, il m’a sorti cette magnifique phrase : « Je pense qu’on mérite tous, de temps en temps, d’être des femmes entretenues » qui a fait sauter mes dernières résistances dans un éclat de rire et dont je compte faire ma devise de temps à autres ;p

Finir par aller ensemble à un concert était peut-être prévisible ? Après tout, la première fois que nous nous sommes vus, c’était au concert de Tori Amos et, pour celui de Mylène Farmer, je n’avais pu trouver de places le même soir que lui… Cette fois, c’était la bonne !

Nous nous sommes donc vus hier pour la cinquième fois au génial concert de Goldfrapp, duquel je ne m’attendais pas à sortir aussi enchantée ! Un excellent moment assez imprévu, car je ne pensais pas que j’aimerais autant sur scène une musique qui me paraissait très (trop) nette sur CD – bien que très agréable. Alison Goldfrapp a une voix envoûtante, les rythmes sont entêtants et nous avons bougé nos petits corps sans arrêt pendant deux heures. J’étais tout devant la scène, un peu excentrée, à 10 cm des enceintes, autant dire que j’en ai pris plein les noreilles ! Un concentré de rythme (surplombé par la très belle voix de la chanteuse) qui donnait envie de se tortiller les fesses jusqu’au bout de la nuit. D’ailleurs, les presque 2H de concert sont passées comme 30 min.

Alison était vêtue de noir, avec une espèce de capeline kitchissime rose attachée aux poignets, ondulant dans le vent (du ventilo placé devant elle), parfois entourée de 4 danseuses aux visages masqués (soit par des têtes de loup, de cheval, ou des masques…) Je pense qu’elle était un peu camée car elle avait l’air bizarre.

Mais elle chantait super bien !

Parmi tous les morceaux interprétés (en vrac : « Lovely Head », « Utopia », « Fly Me Away », « Train », « Satin Chic », « Number 1 » , « Strict Machine » etc.), « Ride On a White Horse » (ma préférée), « Ooh la la » et Black Cherry ont particulièrement bien déchiré. Enfin, tout était vraiment génial et j’ai beaucoup plus aimé que sur les albums…

En bref, un grand moment de bonheur – et en plus, j’ai bien aimé la première partie, The Debt machin-chose, une sorte de pop super bucolique, rétro et kitsch, agrémentée parfois par l’horrible son d’un ridicule piano à bouche.

A la fin du concert, après avoir croisé quelques connaissances de Fruitopia, nous sommes tous deux allés échouer au McDo. J’en ai profité pour lui glisser opportunément deux vapos à remplir de Mandorlo di Sicilia et Arancia, deux parfums d’Acqua di Parma absolument fabuleux… (vu qu’il bosse chez Sephora, huhu…)

Une belle surprise, un bon concert, un beau souvenir.

Merci ô Fruitopia.

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