Equilibrium

de Kurt Wimmer

Alors, bon, on va tout de suite vous mettre en garde : ne vous fiez pas à l’affiche toute *pourrite* avec deux personnages habillés en noir à la Matrix. Parce que si, éventuellement, le style vestimentaire des protagonistes peut, de loin (et de très loin, en fait), évoquer l’univers de Matrix, Equilibrium n’en est pas du tout, mais alors pas du tout sa pâle copie !!!

L’histoire, puisant apparemment ses références science-fictionnelles dans Bradbury (Fahrenheit 451) ou George Orwell (1984), nous décrit une société ayant éradiqué toute violence (enfin… disons, toute guerre, parce que la violence, elle existe quand même, justement du côté de ceux qui la combattent) en supprimant la source même de la violence : les sentiments humains. Toute forme de passion (colère, jalousie, haine, mais également joie, amour…) est annihilée par un médicament, une sorte de drogue qui maintient tout le monde dans un état léthargique sous le contrôle d’une sorte de gourou nommé « le Père ».

Dans cet univers déshumanisé, un homme, John Preston (incarné par un Christian Bale impressionnant), est l’un des meilleurs « ecclésiastes » (d’où la tenue noire), chargé d’appliquer la loi. Implacable, mâchoire serrée, oeil noir et visage impassible. Jusqu’au jour où sa « foi » vacille…

Cette quête d’humanité ne se fait pas sans quelques longueurs ni quelques gros symboles un peu pesants (et vive la musique pompeuse !), toutefois, Equilibrium est vraiment une bonne surprise, surtout pour les amateurs de films de SF et/ou d’action. Car, en plus d’un message pas idiot du tout et mené plutôt adroitement (des petits rebondissements plus ou moins attendus), le film est assez réussi esthétiquement (ambiance grise et glauque à souhait) et les combats sont assez spectaculaires… Le combat dans le noir du début est original et celui au pistolet avec Le Père est carrément scotchant (enfin, moi j’ai trouvé ça super bien, moins frimeur que Matrix et tout aussi élégant et punchy).

Enfin, notons la performance de Christian Bale, crédible et émouvant dans le rôle d’un type qui comprend peu à peu combien sa vie n’a pas de sens sans ce qui lui donne son humanité.

En conclusion : ce n’est pas le film du siècle, mais, dans le genre, je sens bien que ce petit film « obscur » (car dans l’ombre de Matrix, hélas) risque un jour de devenir culte. Pour moi, un film aussi intéressant dans le propos que Bienvenue à Gattaca et qui mérite amplement l’attention, pour peu qu’on aime la SF et les combats.

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