Le mystère de la chambre jaune – Bruno Podalydès

Voilà un roman que j’ai dû lire au moins quatre fois entre l’enfance et l’adolescence, sans jamais réussir à me souvenir – et ce, jusqu’aux toutes dernières pages – du dénouement de cette intrigue défiant toute logique… C’était donc pour moi une joie chaque fois renouvelée de redécouvrir comment le mystérieux assassin avait pu perpétrer son crime dans une pièce impénétrable… Après avoir vu l’adaptation par Bruno Podalydès de cette fameuse énigme et, malgré ma satisfaction, je dois me résigner à me rappeler toujours, maintenant, de l’identité du criminel…

Mise à part cette petite déception, je me suis vraiment bien amusée, tout au long de cette enquête très très mystérieuse et assez comique… Un petit avertissement, toutefois, pour ceux qui s’attendraient à un super-suspense-de-la-mort-qui-tue et des gags-de-la-mort-qui-tue-aussi : Le Mystère de La Chambre Jaune est assez lent et long, mais c’est justement dans son ambiance désuète et son atmosphère résolument rétro, qu’il faut goûter son charme.

L’interprétation des acteurs est grandiose : Claude Rich, Pierre Arditi, Michael Londasle et surtout, Denis Podalydès, le frère du réalisateur, que je ne cesse de découvrir avec ravissement… Tous font leurs numéros pince-sans-rire avec conviction et, on le sent, enthousiasme (on croirait même voir Arditi se fendre la poire, lors de sa première confrontation avec Podalydès)…

Comble du plaisir, la mise en scène est d’une fluidité remarquable, d’une élégance et légéreté rares dans le paysage du cinéma français : lumières impressionnistes, trouvailles visuelles pertinentes (le petit train), un plan-séquence impressionnant entre présent et passé (Rouletabille relatant à Sainclair la soirée à laquelle il a surpris Mathilde et Robert)…

Au final, l’ensemble possède une parenté bédéesque évidente avec l’univers de Tintin… Les amateurs de cette BD-là (ligne claire) seront sans aucun doute ravis par ce film, ludique et attachant. On rit souvent, on s’interroge beaucoup aussi et, ô joie, le mystère ne semble pas s’arrêter là… (fin ambiguë qui laisse espérer l’adaptation de Le parfum de la Dame en Noir ????)

A voir, donc !

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