Dolls

By in Dites, qu'avez-vous v/lu ? on 6 mai 2003

Dolls

de Takeshi Kitano

Vous, amateurs – voire admirateurs – de KITANO Takeshi, je vais sans doute vous décevoir si je vous dis que le dernier film de ce dernier m’a plus que pelée. Pourtant, hélas, il faut l’avouer : il s’agit de l’un des films les plus ennuyeux qu’il m’a été donné de voir depuis… In the mood for love… Tous les *tics* kitanesques (qui faisaient la force et la beauté de ses précédents films) sont regroupés au fil de deux longues, interminables heures et lorsqu’enfin, la chute (c’est le mot) survient, on en vient presque à soupirer de soulagement.

Or donc, Kitano a opté pour trois histoires d’amour éterneeeelleeeuh, basées sur des spectacles traditionnels japonais de marionnettes (japonaises itou.) Après une ouverture assez étrange et onirique, nous assistons avec curiosité à une représentation de l’un de ces fameux spectacles. Il n’y a pas à dire, les marionnettes japonaises écrasent notre Guignol local. Celles-ci introduisent (assez bien, quoique ce prologue soit un poil longuet) (sans doute à cause de la musique, très, heuh, japonaise) les trois histoires suivantes, qui s’entremêlent, plus ou moins finement :

  • un jeune homme s’occupe de sa fiancée dont il a brisé le coeur (et l’âme),
  • une vieille dame attend son amoureux chaque jour sur un banc public, banc public,
  • un jeune aveugle prend soin d’une star de la chanson défigurée.

Et ?… Bah, il ne se passe quasiment rien. Ah, si ! Les deux premiers personnages traversent tout le film en marchant, liés l’un à l’autre. Ce qui donne lieu à de formidables plans fixes de trois minutes durant lesquels on les voit traverser l’écran de gauche à droite ou de bas en haut… Au bout de 10 séquences du même genre, on a envie qu’une voiture les écrase !!! Le côté nonchalant, débonnaire, propre aux anciens films de Kitano (A Scene at the sea, Hana-Bi, L’Eté de Kikujiro) est accentué à l’extrême, écrasé, « poidslourdisé » par un symbolisme exacerbé, à la limite du supportable. Les images sont travaillées, les couleurs sont belles (tiens, les personnages changent de vêtements – ils sont cools, d’ailleurs, leurs vêtements – à chaque instant, comme dans In the mood…), les paysages aussi (aaahh, ces forêts rougeoyantes, qui se marient si bien avec le costume de l’héroïne !!)… mais tout est désespérément creux, plat. Il y a bien quelques beaux passages (l’histoire des deux vieux est la plus réussie) mais à trop étirer le rythme et l’émotion, le réalisateur finit par lasser.

Le film en soi n’est pas totalement mauvais, certes, mais décidément, ce nouveau maniérisme asiatique m’agace de plus en plus. Cet esthétisme clinquant a malheureusement déteint sur l’oeuvre de Kitano, qui en perd son charme, sa saveur. On regarde l’écran d’un oeil quelque peu détaché, et sa montre avec un peu plus d’impatience chaque minute. Dommage…

On est en droit d’attendre mieux et plus percutant de Beat Takeshi.

PS : les costumes sont vraiment hyper, hyper bien… Signés Yamamoto !

One thought on “Dolls

  1. Verlinde Mildred
    1

    Déterrage d’article 13 ans plus tard !! Et bien moi j’avais pleuré à la fin du film, cela dit je me souviens que j’étais super déprimé donc j’ en aurais peut-être fait de même devant « la neige tombait sur les cèdres » ;). Le pauvre Kitano on l’oublie un peu aujourd’hui.

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