The Hours

de Stephen Daldry

Rapidement – parce que ça ne mérite que ça -, une petite opinion un peu sèche et méchante sur le film de Stephen Daldry, nominé tout plein des fois aux Oscars et même que c’était ultra conventionnel comme nominations, ça.

The Hours… Ou l’histoire de trois destins de femmes entremêlés, par delà les époques, les générations et les lieux. Virginia Woolf, d’une part, écrivain torturé des années 20, campée par une Nicole Kidman qui, on le sent, à l’impression de grave composer avec sa belle prothèse nasale – Meuh nan, Nicole, il ne suffit de prendre un air grave et froncer les sourcils pour faire croire que tu es Virginia ! – D’ailleurs, sa prothèse, c’est bien simple, on ne voit qu’elle. Donc oui, Virginia Woolf, d’un côté, sombrant peu à peu dans la folie, tandis qu’elle écrit son livre le plus célèbre, Mrs Dalloway.

Laura (?) (Julianne Moore, qu’on préfèrera largement dans Loin du Paradis), d’autre part, dans les années 40-50, bourgeoise coincée dans une vie chiantissime qui lui pèse, malgré un mari aimant et un fiston adorable. La lecture du roman de Virginia lui donne des idées de liberté qui auront des conséquences tragiques…

Clarissa (Meryl Streep, la plus convaincante des trois actrices), enfin, de nos jours, la cinquantaine active, dont la vie ressemble étrangement à celle du personnage de Mrs Dalloway. Lesbienne, comme il se doit (c’est tellement plus chic !) et amie intime d’un homosexuel (c’est tellement in !) atteint du sida.

Tous ces petits personnages se débattent dans une histoire méli-mélo un poil trop appliquée pour être émouvante et un poil trop surjouée pour ne pas agacer. Ed Harris, en particulier, est assez énervant en sidéen-artiste-tout-croûteux-et-en-peignoir-sale.

Pour le reste, tout est très convenu, académique, même la musique (que j’adore cependant). On sent qu’il y a eu de l’effort là-derrière mais ça sent un peu trop la sueur, justement. Le montage est plutôt réussi, l’enchaînement des différentes époques se fait assez bien, mais de nombreuses liaisons pseudo-symboliques plombent la mise en scène : ainsi, les trois baisers de femme-à-femme sont lourdingues. Ces jeux de clins d’oeil à répétition finissent par lasser le spectateur qui a eu la mauvaise idée d’aller voir le film à la séance de deuxième partie de soirée.

Au final, rendons tout de même justice à ce film loin d’être un navet fumant. Tout simplement, The Hours ressemble étrangement au premier film de Stephen Daldry : Billy Elliot. Pas désagréable mais surestimé.

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